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  • Le Kaddish de Zeev Jabotinsky, par Pierre Lurçat

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    N.B. Je remets en ligne ce beau texte de Jabotinsky, dont j'ai compris toute la signification en célébrant la Azkara de mon père z.l., à l'occasion du Yahrzeit de Jabotinsky qui a été marqué la semaine dernière en Israël et aux Etats-Unis. Comme l'écrit Jabo, "nous devons nous demander, lorsque nous célébrons l'anniversaire du décès d'un grand homme, « Est-ce sérieux ? Suis-je prêt à suivre son exemple ? » Si c'est le cas, alors vous avez le droit de dire le Kaddish pour lui, car vous êtes son héritier."

    Dans de belles pages de son autobiographie, que j'ai eu le plaisir et l'honneur de traduire en français, Jabotinsky, le « Roch Betar » et le père fondateur de la droite israélienne, relate comment il a perdu son père, alors qu'il était encore un jeune enfant, et comment il a récité le Kaddish, pendant l'année de deuil, matin et soir à la synagogue. « Je ne me suis pas acclimaté », rapporte-t-il avec sincérité à propos de la synagogue des orfèvres qu'il a fréquentée à cette occasion. Dans la suite de sa vie, il n'a guère fréquenté la synagogue.

     

    Pourtant, loin d'être « l'ennemi du judaïsme » décrit par certains milieux juifs obscurantistes, Jabotinsky a toujours été un Juif attaché à son peuple et curieux de ses coutumes. Il avait une grande connaissance de la Bible, mais a aussi – fait peu connu rapporté par J. Schechtman dans sa biographie – étudié le Talmud afin de comprendre le « secret » de l'âme juive... Dans le texte ci-dessous, inédit en français à ma connaissance, « Jabo » explique la signification du Kaddish, la prière des endeuillés.

     

    Ce texte a été écrit à l'origine en yiddish, à l'occasion de l'anniversaire du décès de Joseph Trumpeldor, le héros de Tel-Haï qui a donné son nom au Bétar. On y trouve en quelques mots la quintessence de la conception que Jabotinsky se faisait du judaïsme : non pas des rites mécaniques dénués de sens, mais au contraire, des paroles profondes qui doivent engager tout notre être et notre vie. P.I.L

    « Lors de l'anniversaire du décès de quelqu'un, les Juifs disent le Kaddish. Quelle relation y a-t-il entre une louange adressée au Maître de l'Univers et la tristesse et le deuil ? La signification du Kaddish consiste probablement en le fait que le Nom Sacré, qui est loué, n'est pas celui de votre Dieu, mais celui du Dieu de la personne décédée. Cette sainteté pour laquelle il a vécu et pour laquelle il est peut-être décédé...

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    Jabotinsky (au centre) sur la tombe de Yossef Trumpeldor hyd

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  • Gallipoli 1915 : la Légion juive, première armée juive depuis l’Antiquité Pierre Itshak Lurçat

    Jabotinsky_gallery2_big.jpgBien avant que le nom de Tsahal ne devienne synonyme de courage et d’exploits militaires, avant la création de la Haganah et de l’Irgoun – généralement considérés comme les prémisses de l’armée israélienne – des soldats juifs se sont battus, pour la première fois depuis l’Antiquité, sous un drapeau hébraïque. C’était en avril 1915, à Gallipoli, sur le front turc, pendant la fameuse bataille des Dardanelles qui se solda par un échec retentissant pour les armées alliées franco-britanniques. Mais pour le modeste bataillon juif qui prit part à ces opérations, dans le cadre du « Corps des muletiers de Sion », ce fut un épisode glorieux, prélude à la création d’un régiment juif qui prit part à la conquête de la Palestine (Eretz-Israël) par le général Allenby. Retour sur une page d’histoire oubliée.

    Dans son autobiographie, que j'ai récemment traduite et publiée en français sous le titre Histoire de ma vie *, Vladimir Jabotinsky relate ainsi le rôle essentiel que joua la Légion juive dans l’histoire du sionisme : « Le modeste bataillon de Gallipoli parvint à percer la première brèche dans cette muraille. Il pénétra, fut-ce avec un seul doigt, dans ce champ de vision ensorcelé du monde en guerre. Le bataillon juif fut mentionné par tous les journaux européens ; presque tous les correspondants de guerre qui parlaient de Gallipoli, lui consacrèrent une page ou un chapitre de leurs reportages, puis de leurs livres. De manière générale, au cours de la première moitié de la guerre, le bataillon tint lieu d’unique manifestation qui rappelât au monde – et en particulier au monde militaire anglais – que le sionisme était ‘‘d’actualité’’ et qu’il était encore possible de le transformer en un facteur capable de tenir son rôle, même au milieu du vacarme des canons ».

    Jabotinsky, Trumpeldor et les « Muletiers de Sion »

    En réalité, le Corps des muletiers de Sion (Zion Mule Corps, connu sous l’abréviation ZMC) fut la création de trois hommes, trois personnages exceptionnels qui mériteraient chacun de faire l’objet d’un article entier. Le premier, le plus connu des trois, est évidemment Jabotinsky lui-même, enfant terrible du sionisme russe, écrivain talentueux devenu un dirigeant politique, orateur hors-pair, fondateur du mouvement sioniste révisionniste et du Betar. De toutes les réalisations qu’il accomplit au cours de son existence mouvementée, la Légion juive est sans doute une des plus importantes et « Jabo » est passé à la postérité en tant que soldat juif, tout autant que pour son œuvre politique.


    TRUMPELDOR.jpgLe second est Joseph Trumpeldor, le héros de Tel-Haï, premier Juif devenu officier dans l’armée russe, qui perdit un bras dans la bataille de Port Arthur et fut récompensé par quatre médailles de la Croix de Saint Georges. Le troisième est un militaire irlandais protestant, le colonel Henry Patterson, grand soldat et chasseur de lions dont le livre « Les mangeurs d’hommes du fleuve Tsavo » était devenu une véritable bible dans l’empire britannique au début du vingtième siècle. Ce sont ces trois hommes remarquables qui furent les fondateurs du ZMC, premier embryon d’armée juive au vingtième siècle. La décision officielle fut prise à Alexandrie, en Égypte, où Jabotinsky et Trumpeldor séjournaient dans un camp de réfugiés juifs d’Eretz-Israël, expulsés du pays par les autorités ottomanes.

     

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    Bataille de Krithia, 4 juin 1915

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  • "Le Lion de Tel-Haï" - Portrait de Joseph Trumpeldor par Jabotinsky

    A l'occasion du "Yom Tel-Haï" - la journée du souvenir des héros de Tel-Haï - qui sera commémorée demain en Israël, le journal Ha'aretz publiait récemment dans son supplément littéraire un article passionnant sur la correspondance de Joseph Trumpeldor. Dans une lettre émouvante adressée à son père, le héros de Port Arthur relate sa blessure et son amputation, ajoutant ces mots: "J'espère que mon bras droit, avec lequel j'écris la présente lettre, me servira fidèlement et rendra jaloux ceux qui ont leurs deux mains..." (20 janvier 1905). On constatera en lisant le portait de Trumpeldor dressé par Jabotinsky ci-dessous, que ces mots allaient s'avérer prémonitoires... Que soit béni le souvenir du héros de Tel-Haï! P.I.L

     

    TRUMPELDOR.jpgJe le trouvai chez lui : avec sa physionomie d'homme du Nord, si je l'avais rencontré dans la rue je l'aurais peut-être pris pour un Ecossais ou un Suédois. Sa taille était plus élevée que la moyenne ; mince, les cheveux couleur d'écorce et courts, peignés avec l'attention d'un homme ordonné et modeste ; sans barbe ni moustache ; les lèvres pâles et minces, arborant un sourire tranquille. Il parlait un russe limpide, même s'il était légèrement atteint de cette maladie de la langue « chantée » à laquelle les habitants d'Eretz-Israël ont du mal à échapper. Son hébreu s’écoulait goutte à goutte, lentement, pauvre en vocabulaire mais cependant précis ; une fois je l'entendis essayer de parler yiddish – le yiddish des monts du Caucase ? Crainte et frisson... Son niveau culturel pourra peut-être être décrit en utilisant le mot de « maskil », dans son ancienne acception, celle de la génération d'autrefois : c'était un érudit, instruit en littérature russe, connaissant des œuvres que je n'ai jamais feuilletées de ma vie : livres de droit, de morale et de recherche, écrits par des auteurs russes célèbres il y a deux générations, dont le souvenir est oublié depuis l'aube de notre époque, comme Potebnia et d'autres du même genre ; mais il les avait lus et n'avait pas oublié le contenu de ses lectures. Jusqu'à ce jour, j'ignore s'il faisait partie de ceux que nous avons la détestable habitude de qualifier, selon notre concept juif, du nom de « sagaces ». Peut-être pas.

     

     

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    Jabotinsky et un groupe de Betarim sur la tombe de Trumpeldor


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