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shlomo sand

  • La gauche occidentale, de la sympathie pour Israël vers le rejet et la détestation de l'État juif. Le cas Tony Judt. Pierre Itshak Lurçat

    [Article paru dans le dernier numero de Controverses, l'excellente revue dirigée par Shmuel Trigano, dont la réputation n'est plus a faire]. Titre original :

    Tony Judt (1948-2010)

    Un alterjuif au parcours emblématique

     

    tony_judt1.jpgL'historien Tony Judt, décédé le mois dernier à New-York, n'était pas seulement un représentant de l'intelligentsia de gauche américaine. Son parcours intellectuel et politique permet de comprendre comment une certaine frange de la gauche en Occident a évolué au cours du demi-siècle écoulé, du soutien et de la sympathie pour Israël vers le rejet et la détestation de l'État juif.

     

    Né à Londres en 1948 – la même année que l'État d'Israël – de parents juifs assimilés, originaires de Lituanie et de Russie, il a fait sa carrière aux États-Unis, sa patrie d'adoption, et a consacré une dizaine d'ouvrages à ses deux domaines de prédilection : l'histoire de l'Europe d'une part 1 et l'histoire des idées et en particulier celle des intellectuels français d'autre part 2.

     

    Dans un article paru dans la New York Review of Books 3, dont il était un collaborateur régulier, Judt décrit son engagement sioniste socialiste et sa progressive désaffection pour Israël, qui le conduira à prendre des positions radicales et à prôner un État binational à la place de l'État juif. Adolescent, il passait ses étés en Israël, au kibboutz, et fréquentait un mouvement de jeunesse sioniste, le Dror, dont il fut brièvement le secrétaire national en Angleterre. Il adhère alors à l'idéologie sioniste socialiste, qui sanctifie le travail de la terre et aspire à créer un Nouveau Juif, ou plutôt un Nouvel Hébreu, dans le droit fil des courants utopistes européens du début du siècle.

     

    En 1966, âgé de 18 ans, il passe six mois au kibboutz Ma'hanayim, en Haute Galilée. La description qu'il fait dans la New York Review of Books de son séjour au kibboutz évoque les livres d'Amos Oz. Comme ce dernier, Judt reproche aux membres du village collectiviste leur étroitesse d'esprit et les décrit comme des êtres frustres, occupés essentiellement à convoiter les biens et les femmes de leurs voisins… Il y a toutefois une difference entre Tony Judt et Amos Oz : ce dernier critique le kibboutz (et Israël) de l'intérieur, adoptant la position du prophète de malheur, chère à Yeshayahou Leibowitz. Judt, lui, est amené progressivement à rejeter toute identification avec l'idéal sioniste de gauche qu'il a partagé dans sa jeunesse.

     

    "Je préfère les marges et les bordures" – Cette déclaration qui fait penser à l'attitude d'un Michel Warschawski (dont l'autobiographie s'intitule Sur la frontière 4), s'accompagne d'un éloge du cosmopolitisme et des "villes cosmopolites", parmi lesquelles Judt cite, pêle-mêle, Alexandrie, Tanger, Odessa, Salonique, Beyrouth… Il manque évidemment, dans cette énumération sortie d'un guide touristique du pourtour de la Méditerranée, Tel-Aviv et Jérusalem, qui sont pourtant tout aussi cosmopolites.

     

    Tony Judt, Edward Saïd et Shlomo Sand

     

    edward_said_lanceur de pierres.jpgDans ce même texte, Judt fait référence à la figure tutélaire de l'intellectuel "libéral" américain, Edward Saïd [sur la photo ci-contre, en train de lancer des pierres contre Israel...], dont il préfacera le livre D'Oslo à l'Irak 5. Politiquement, Judt (qui est historien des idées) se définit comme un social-démocrate, "en porte-à-faux avec [ses] collègues radicaux". Mais sur la question d'Israël, il en vient pourtant, dans les années 2000 – à l'époque de la deuxième Intifada et de la radicalisation du débat en Occident – à adopter des positions extrêmes qui ressemblent à celles de son collègue Shlomo Sand (lui aussi historien des idées et spécialiste de l'Europe).

     

    Comment en est-il arrivé là ? Tout récit autobiographique comporte nécessairement une part de mensonge, fut-ce par omission. Quand Judt décrit sa désillusion envers Israël, il prétend découvrir soudain une réalité différente de celle qu'il croyait connaître (le kibboutz, société étriquée et provinciale, ou l'armée israélienne, macho et chauvine). Mais il omet d'expliquer comment il a, lui, changé de point de vue… Comme l'amant qui cesse d'adorer sa maîtresse, il veut croire que c'est l'objet de son amour qui est devenu autre, alors que c'est lui qui a cessé d'aimer.

     

    L'attitude de Judt pourrait bien illustrer celle de toute une partie de la gauche européenne, qui aimait autrefois Israël et qui l'abhorre aujourd'hui. Dans un article publié en octobre 2003, Judt expliquait en quoi Israël était devenu "anachronique 6":

     

    Dans un monde où les nations et les peuples se mêlent de plus en plus et où des mariages interraciaux sont monnaie courante ; où les obstacles culturels et nationaux à la communication se sont pratiquement tous effondrés ; où nous sommes de plus en plus nombreux à avoir de multiples identités électives, et où nous nous sentirions injustement entravés si nous devions n’en avoir qu’une, dans un tel monde, Israël est vraiment un anachronisme

     

    A l'heure du "village global" et du multiculturalisme, nous dit Judt, Israël en tant qu'État juif est anachronique. Il convient donc de le remplacer par un État de tous ses citoyens, c'est-à-dire par un État binational… "Je suis suspicieux – écrit-il dans sa description du kibboutz – à l'égard de la politique de l'identité (identity politics) sous toutes ses formes, et juive par-dessus tout". Cet aveu en dit plus long qu'il n'y paraît : son rejet de l'État nation, motivé par son analyse dépassionnée d'historien de l'Europe, est avant tout, comme il le dit lui-même, un rejet de l'État juif et de la nation juive… Comme si sa prise de position de l'automne 2003 était motivée par le rejet de sa propre identité ! (il se décrit ailleurs comme un "Juif mal à l'aise avec la judéité").

     

    Ainsi, son rejet sans appel du projet sioniste, auquel il a autrefois adheré, n'est pas tant le fruit d'un raisonnement intellectuel (en quoi Israël serait-il moins légitime en 2003 qu'il ne l'était quarante ans plus tôt ?) que d'un règlement de comptes avec son propre parcours, une manière de couper les liens avec sa famille et son peuple, au moment où il devient de plus en plus difficile d'être Juif sur les campus américains, sinon en adoptant la posture de l'alterjuif, c'est-à-dire du Juif contre Israël…

     

    Conclusion : un alterjuif emblématique

     

    Le rejet de l'Etat-nation est une idée à la mode qui s'est imposée dans de larges secteurs de la gauche européenne et américaine, et au-delà. Mais c'est dans le cas d'Israël seulement que cette conception a des conséquences radicales – éliminer l'Etat juif pour édifier sur ses ruines un Etat binational – projet politicide qui a trouvé des supporters de plus en plus nombreux depuis une vingtaine d'années. L'attitude de Tony Judt, ancien sioniste de gauche devenu un militant antisioniste, partisan d'un Etat binational est emblématique de celle d'une partie non négligeable du monde intellectuel occidental et de la gauche en particulier. C'est en raison du travail de sape d'intellectuels comme Tony Judt qu'Israël est ainsi devenu, dans la vulgate occidentale contemporaine, le "Juif des Etats", pour reprendre l'expression parlante de Paul Giniewski.

    Pierre Itshak Lurçat

    Notes

    1. Voir notamment Après guerre, une histoire de l'Europe depuis 1945, Hachette 2009.

    2. Un passé imparfait, Les intellectuels en France 1944-1956, Fayard 1992.

    3. "Kibbutz", 11/2/2010, www.nybooks.com

    4. Sur Warshawski, je renvoie à mon article "Michel Warshawski : s'identifier à l'ennemi d'Israël" paru dans le numéro 4 de Controverses, février 2007.

    5. Paru chez Fayard en 2005.

    6. "Israel : The Alternative", 23/10/2003, traduction française de Menahem Macina, parue sur le site www.upjf.org.

  • Négationnisme : Shlomo Sand contre-attaque et insulte ses détracteurs - Pierre I. Lurçat

    La lecture de la réponse de Shlomo Sand à Eric Marty, publiée hier soir dans Le Monde est édifiante. On y constate que Sand n'apprécie pas que son livre soit critiqué... Il commence par accuser ses détracteurs de ne pas l'avoir lu et par se plaindre d'avoir été "ignoré par la critique pendant six mois" et victime d'un "mur du silence" ! Affirmation assez stupéfiante quand on sait que le livre de Sand avait été annoncé par de nombreux médias et sites Internet en France (il avait ainsi fait l'objet d'un grand article élogieux du Monde diplomatique) avant même sa parution !

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    L'edition originale du livre de Sand


    Dans la suite de l'article, Sand reprend les arguments qu'il a déjà développés ailleurs, expliquant notamment qu'il "ne traite pas directement de l'histoire des juifs mais analyse l'historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève d'un empilement [sic] de mythes mobilisateurs...". Avec sa houtzpa habituelle, Sand invoque pour sa défense Raymond Aron, qui s'interroge dans ses Mémoires : "Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l'on parle du "peuple juif", on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas".

    La citation de Raymond Aron – Juif non sioniste mais très attaché à l'Etat d'Israël – est évidemment à mille lieues de la thèse extrémiste (et antisioniste) de Shlomo Sand. Aron s'interroge sur la notion de peuple juif, et conclut à l'unicité du "peuple juif", que l'on ne saurait assimiler aux autres peuples. Cette conclusion tout à fait pertinente est diamétralement opposée à celle de Sand, qui conteste l'existence du peuple juif, dans sa tentative de "déconstruction" de l'historiographie sioniste et de l'histoire juive tout entière. Mais qui trop étreint, mal embrasse... C'est justement l'hybris intellectuelle de Sand qui l'entraîne trop loin : voulant attaquer le sionisme, il s'en prend au peuple juif tout entier...

    aron.jpg
    R. Aron


    Ce qui nous amène à la question du négationnisme. Je me flatte d'avoir été l'un des premiers à comparer la démarche intellectuelle de Sand à celle des négationnistes, employant à son égard l'expression de "Faurisson israélien". Eric Marty a lui aussi comparé l'entreprise de Sand au négationnisme. Il n'est pas surprenant que Sand s'en offusque, allant jusqu'à qualifier ses détracteurs de "démagogues prosionistes"... Mais lorsque j'écrivais que Sand est un négationniste, il ne s'agissait pas d'une injure, mais bien d'une analyse (1). Sa démarche intellectuelle, comme celle des négateurs de la Shoah, relève en effet de la construction idéologique, et pas de l'histoire. Comme eux, il conteste l'évidence (la Shoah dans un cas, l'existence du peuple juif dans l'autre). Comme eux, il vise un objectif politique (remplacer l'Etat juif par un Etat de "tous ses citoyens" c'est-à-dire un Etat binational). Enfin, j'ajoute qu'à mes yeux la négation du peuple juif est encore plus grave que la négation de la Shoah, car elle ne s'en prend pas seulement au passé et à l'histoire juive, mais au présent et à l'existence du peuple juif aujourd'hui...
    Faurisson israelien.jpg
    Sand - Le "Faurisson israelien"?

    Si cette comparaison a pu choquer, c'est parce que dans la vulgate politique contemporaine, la négation de la Shoah est très mal vue, tandis que la négation du peuple juif à laquelle se livre Sand est au contraire acceptée par l'intelligentsia occidentale avec un empressement et une unanimité suspecte (2). A quelques jours de Pessa'h, je conclurai par ces trois mots qui, loin d'être un slogan politique sioniste, comme le croit M. Sand, expriment une réalité humaine, sociologique et ontologique que les Juifs du monde entier démontreront lorsqu'ils s'attableront, mercredi soir, pour raconter la sortie du peuple juif d'Egypte : Am Israël Hai ! Le peuple juif est vivant !
    Source : CAPE  Copyright © 2008 JCPA

    Notes
    1. Je renvoie à mon article intitulé "Le négationnisme 'soft' d'un nouvel historien israélien" paru sur le site de l'UPJF.
    2. Ce sujet est abordé par Shmuel Trigano dans l'interview qu'il donne au dernier numéro d'Israël Magazine

     

  • Le négationnisme de Shlomo Sand démonté par Eric Marty

    Je reproduis ici l'excellent article d'Eric Marty, publié dans Le Monde hier soir, sous un titre anodin (qui provient sans doute de la rédaction du Monde, et qui ne fait pas justice au contenu de l'article). Les médias ont joué un role néfaste dans la diffusion du livre négationniste de ce Faurisson israélien qu'est Shlomo Sand. Je constate qu'Eric Marty fait, tout comme moi, le rapprochement entre la négation du Peuple juif par S. Sand et la négation de la Shoah. (Voir mon article le concernant, Le négationnisme 'soft' d'un nouvel historien israélien). P.I.L

    marty-Eric.jpgEric Marty

     
    Les mauvaises raisons d'un succès de librairie, par Eric Marty
    LE MONDE | 28.03.09 | 14h11  •  Mis à jour le 28.03.09 | 15h24

    out le monde se souvient de quelques énoncés qui, jadis, firent scandale : selon une rumeur venue d'Europe, les chambres à gaz n'avaient jamais existé, selon une autre, émanant du monde arabe, le Temple juif de Jérusalem était une invention des colons sionistes, malgré son attestation par le Coran décrivant Jésus y priant "debout".

     

    Mais avec le siècle qui vient, et qui s'annonce comme redoutable, on aura compris que ces négations-là ne relevaient que du détail. Le livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé : de la Bible au sionisme(Fayard, 2008), règle la question de manière définitive. Le peuple juif n'existe pas : divine surprise !

    Inutile de faire l'apprenti chimiste pour déclarer l'innocuité du Zyklon B, inutile de jouer à l'archéologue pour faire du Mur des lamentations une excroissance de la Mosquée Al-Aqsa, car si le peuple juif n'est qu'une invention du XIXe siècle sous le paradigme occidental de l'Etat-nation, alors la question est réglée. Certains pourront en conclure d'ailleurs qu'il est bien naturel qu'un peuple qui n'existe pas invente à l'infini des légendes pour attester sa pseudo-existence.

    Ce n'est pas ici le lieu de dénoncer les confusions, et surtout le caractère naïvement massif de la thèse du livre de Shlomo Sand. Des spécialistes l'ont fait. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien autodidacte dont les informations sont de seconde main, qui mêle les approximations à des choses connues, mais qui sont présentées sous l'angle biaisé de découvertes sulfureuses.

    Sand présente le fait qu'il n'y a pas de race juive comme une découverte qui fait du peuple juif une invention historique. Mais ce faisant, il confond deux catégories étrangères l'une à l'autre, celle de "race" et celle de "peuple". La tradition d'Israël n'est pas une tradition raciale comme la Bible l'atteste (l'épouse non juive de Moïse, Séphora, Ruth, l'étrangère, ancêtre du roi David), tradition perpétuée par l'actuel Israël, comme tout visiteur peut le constater en admirant dans le peuple juif son extraordinaire pluralité : juifs noirs, jaunes, blancs, orientaux, blonds, bruns... La substitution race/peuple est révélée par le titre : Comment le peuple juif fut inventé... Or tout le livre consiste à vouloir prouver que les juifs actuels ne sont pas "génétiquement" les descendants des Hébreux.

    On dira que le peuple juif n'a jamais cessé d'être "inventé" : par Abraham, par Jacob, par Moïse... Mais aussi par chaque juif. Car l'invention même du peuple juif, loin d'être une preuve de son inexistence, est une preuve radicale - irréfutable - de la singularité radicale de son existence propre. Existence fondée sur le principe abrahamique de son invention ou de sa vocation, puisque cette existence est réponse à un appel.

     CONCLUSION PERVERSE

     Peuple unique en ce qu'il est fondamentalement logocentrique - lié au langage, lié au nom - et textocentrique, lié à un texte : la Torah. Que la filiation soit constitutive du peuple juif ne peut apparaître comme un élément ontologique. Le principe de filiation n'est que la régulation civile de l'existence historique de ce peuple, des conditions de possibilité d'une perpétuation qui autorise son inscription dans le temps chronologique, dans le temps de l'histoire humaine. Voilà pourquoi il y a un peuple juif, voilà pourquoi il n'y a pas de "race juive", même s'il est patent que les Cohen et les Lévy du monde entier ont quelques liens incarnés. C'est ce qu'on peut appeler très simplement la facticité juive : le fait d'être juif.

    Le livre de Sand manifeste là l'indigence de son "épistémologie". Sand est un "moderne". Il voudrait devenir le Michel Foucault du XXIe siècle. Il espère, en proclamant que le peuple juif est une "invention du XIXe siècle", reproduire, en le mimant, le Foucault de jadis affirmant que l'homme était "une invention récente". Mais, pour Foucault, il était fondamental, à l'intérieur du discours philosophique moderne même, de réfléchir méthodiquement à cette "invention" dans les savoirs - l'homme - et de la déconstruire.

    Or c'est sur ce point que le livre de Sand se révèle vide. Car s'il dénie aux juifs une aspiration, qu'ils n'ont jamais eue comme peuple, à se constituer en race, il ne déconstruit pas la notion de race. Au contraire, il lui confère, à dessein ou non, un statut de vérité qui se donne comme vérité ultime. En effet, la conclusion, proprement perverse, de son livre est d'attribuer au peuple palestinien ce qui a été dénié aux juifs, à savoir qu'ils sont - eux, les Palestiniens - les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires !

    Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l'inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiques. On peut, dès lors, en déduire qui est l'occupant légitime du pays. En ne déconstruisant pas radicalement la notion d'héritage génétique, en en faisant, au contraire, bénéficier le peuple palestinien, Sand révèle tout l'impensé qui obscurément pourrit ce qu'il tient pour être une entreprise libératrice. Il montre que la méthode substitutive qu'il emploie est tout simplement mystificatrice, et ce d'autant plus qu'elle voudrait être au service de l'entente entre les ennemis.

    Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens.


     

    Eric Marty est écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot

     

    On a pu comparer Jabotinsky aux plus grands noms de la littérature russe. Admirateur juvénile de Shakespeare et de Pouchkine, traducteur de Baudelaire et de Poe, profondément imprégné des cultures russe et latine, cet enfant terrible du sionisme ne perd jamais ce regard tendre et sévère, plein de justesse, qu’il a pour décrire ses rencontres avec des personnages publics (Herzl, Weizmann, Delcassé, Herbert Samuel) ou bien des inconnus. Malgré la parution récente en France de ses deux romans, Les Cinq et Samson, aux Éditions des Syrtes (2006), Jabotinsky demeure mal connu du public français. Son autobiographie permettra de découvrir de l’intérieur un personnage hors du commun et de comprendre en profondeur la source d’un courant politique si nécessaire et si mal compris de la vie israélienne aujourd’hui.

    Histoire de ma vie de Vladimir Zeev JabotinskyEditeur : Les Provinciales

     david haivri,samarie,de winter

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