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samarie

  • Un rapprochement entre la droite israélienne et l'extrême-droite européenne ?

    Un récent reportage de Canal + et d’innombrables articles sur le Net tentent d’accréditer l’idée d’une alliance entre Israël et l’extrême-droite européenne, au nom d’une soi-disant « alliance contre l’islam »… Au-delà des slogans simplistes, la réalité politique est évidemment plus complexe. L’extrême-droite européenne (et française) demeure, comme elle l’a toujours été, extrêmement divisée sur la question d’Israël. Pour en savoir plus sur ce sujet brûlant, j’ai interviewé dans le dernier numéro d’Israël Magazine David Haivri, responsable du Bureau de liaison de Samarie, qui a participé à la récente délégation israélienne en Europe qui avait rencontré Filip De Winter, suscitant les foudres des associations juives locales… Deux conclusions : les Juifs de Samarie et la droite israélienne en général n’ont pas d’affinité élective avec l’extrême-droite européenne. Ils sont désireux de recevoir le soutien de tous les partis politiques en Europe. Haivri m’a d’ailleurs déclaré souhaiter organiser une visite en Samarie avec des députés français de l’UMP… Affaire à suivre. P.I.L

    Extrait de l'interview de David Haivri

    Haivri et Dewinter a Anvers.jpg

    PHOTO D.R. David Haivri et Filip De Winter à Anvers

    "Je l’interroge ensuite sur la visite en Europe, que certains médias ont décrit comme une ‘alliance entre l’extrême-droite israélienne et l’extrême-droite européenne…’ Tout a commencé par une visite en Israël de parlementaires de plusieurs pays européens, en décembre 2010. A l’époque, le dirigeant du Vlaams Belang flamand, Filip Dewinter, avait été applaudi à la Knesset en déclarant notamment qu'Israël menait « notre lutte contre les fondamentalistes islamistes et contre le terrorisme » et que « nous devons unir nos forces pour combattre l'islamisme ici et chez nous ». La récente visite en Europe s’inscrit donc dans la suite de ce voyage en Israël des parlementaires européens. Y ont pris part, outre David Haivri, le professeur Hillel Weiss et le rabbin Chalom Wolpe, qui dirige le mouvement « Eretz Israël Chelanou » (« Eretz Israël nous appartient »). Je demande à David s’il n’est pas dommage que les parlementaires européens participant à ces rencontres soient tous à la droite de la droite… Il m’explique que ce sont les parlementaires européens qui ont initié ces rencontres, en raison de l’emprise grandissante de l’islam en Europe.

    Les partis qu’ils représentent sont certes, à l’instar du Vlaams Belang flamand (ex Vlaams Block), situés à l’extrême droite, ce qui contraint Haivri et ses collègues à « vérifier » attentivement qu’il ne s’agit pas de partis antisémites… Mais, d’un autre côté, tous les partis politiques européens sont touchés par l’antisémitisme et la haine d’Israël. Récemment encore, le député druze Ayoub Kara (Likoud) s’est rendu à Anvers sur l’invitation de Filip Dewinter, ce qui a suscité l’émotion de certains médias juifs locaux. Ces rapprochements entre certains éléments de la droite israélienne et de la droite radicale européenne sont symptomatiques de l’évolution de la situation politique, tant en Europe qu’en Israël. Alors que les partis politiques européens mainstream ont tous sur Israël un discours assez convenu et prudent, il n’est pas rare aujourd’hui d’entendre des déclarations « sionistes » fracassantes de la part de représentants de partis politiques très à droite, qui ont actuellement le vent en poupe (tel le Vlaams Belang, devenu le 2e parti politique flamand).

    David Haivri et Filip Dewinter.jpgDans ce contexte, l’objectif du Bureau de liaison de Samarie est de favoriser le dialogue politique avec tous les amis d’Israël, tout en restant prudent. David Haivri me fait part de son désir de voir des parlementaires français de l’UMP se rendre en visite en Samarie, pour apprécier la situation géopolitique de leurs propres yeux. « Tous les hommes politiques qui viennent ici, participer à une visite de la région, en reviennent transformés »...

     

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  • Visite en Samarie, au coeur d'Eretz Israël

    Pierre Itshak Lurçat

     

    Après le tragique assassinat de 5 membres de la famille Vogel à Itamar par des monstres ‘palestiniens’, je mets en ligne ce reportage en Samarie publié dans Israël Magazine en octobre 2008. Que le souvenir des victimes de la barbarie arabe soit béni.

     

    Avec David Haivri.JPGPendant les fêtes de Souccot, je me suis rendu en Samarie, avec un groupe de touristes américains. Notre guide, David Haivri [photo ci-contre], habitant de Tapoua'h, dirige le "bureau des relations extérieures du Shomron" – organisme créé récemment pour tenter d'améliorer l'image des localités juives de la région et de leurs habitants dans les médias israéliens et internationaux – tache qui n'a rien d'évident quand on connaît l'hostilité de la presse, en Israël comme à l'étranger, envers les habitants des "implantations"...

     

    La première étape de notre périple en Samarie est la localité d'Amona. Pour nous y rendre, nous sortons de Jérusalem en passant par le quartier de Pisgat Zeev, banlieue-dortoir au nord de la capitale, et franchissons le barrage de Tsahal qui indique que nous entrons dans les "Territoires" – euphémisme désignant les régions bibliques de Judée et de Samarie. En arrivant à Amona, nous grimpons au sommet d'une tour d'observation qui domine les alentours et permet de comprendre la situation géographique et stratégique des lieux. Un habitant du village, la Bible à la main, nous explique que nous nous trouvons sur un axe important, emprunté à l'époque de la Torah par les voyageurs qui se rendaient de Beit El à Jérusalem et à Hébron – et notamment par les Patriarches Avraham, Itshak et Yaakov...

     

    Une famille d'Amona nous offre l'hospitalité dans sa soucca, à peine plus petite que la caravane où elle habite, et nous allons ensuite voir les ruines des maisons détruites en janvier 2006, sur ordre du gouvernement israélien. Ce sont des monceaux de pierres et de bois, bordant une route, qui ne laissent pas deviner la violence des événements qui se sont déroulés ici, lorsque des manifestants juifs ont voulu s'opposer à la destruction de leurs habitations et que la police les a réprimés sans ménagement... Un drapeau israélien flotte sur les ruines d'une maison, de manière presque ironique, comme pour dire : "voilà ce dont est capable un Etat qui retourne ses armes contre ses propres citoyens...".

     

     

    Givot Olam, la première ferme biologique d'Israël

     

    Givot Olam - la ferme.JPGProchaine étape, après Amona, celle de Givot Olam, une implantation agricole spécialisée dans la fabrication de produits "bio". Peu de gens savent en effet que beaucoup des produits biologiques israéliens proviennent de cet endroit bucolique, juché sur une colline de Samarie. Nous visitons l'élevage de chèvres et achetons des produits laitiers. Dans l'autobus, David Haivri m'a raconté l'histoire de la ferme biologique et de son fondateur, Avri Ran, figure bien connue du monde des "implantations" et des "jeunes des collines". Ran, né dans un kibboutz, est venu vivre en Samarie par amour de la terre et de l'agriculture, pas par idéologie. Son grand-père, Natan Rabinovitch, était lui aussi un agriculteur, et sa grand-mère était une actrice du théâtre Habima. Ran a servi dans une unité d'élite de Tsahal, a été blessé, puis a travaillé comme entrepreneur à Tel-Aviv. Avant de tout quitter pour aller cultiver la terre en Samarie.

     

    Il y a quelques années, un conflit de voisinage avec des Arabes s'est conclu par une décision du tribunal lui interdisant d'habiter sa ferme. Pendant plusieurs mois, il est devenu un fugitif, se cachant dans des grottes pour ne pas être contraint de quitter sa maison. En fin de compte, la cour suprême lui a donné raison et il a regagné sa ferme. Avri Ran a été surnomé par les médias israéliens le "père des jeunes des collines" [c.-à-d. les jeunes Juifs qui vivent dans des localités juives non autorisées en Judée-Samarie]. Mais il s'élève contre les stéréotypes utilisés par les médias – israéliens ou étrangers – pour décrire cette jeunesse idéaliste qui habite les "ma'ahazim", les avants-postes créés aux alentours des localités juives bien établies. "Ces jeunes sont souvent des pères de famille, des soldats d'unités d'élite, parfois des pilotes de l'armée de l'air. Contrairement à ce que racontent les médias, ils ne sont pas des extrémistes, mais des jeunes gens qui ont appris à élever des animaux, à aimer et à aider leur prochain", explique Ran. Une chose est certaine : les produits biologiques de Givot Olam ont conquis le marché israélien, au point que certains sont vendus par Tnuva, la coopérative laitière, sous un autre nom...

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  • Une nouvelle guerre civile israélienne ?

     

    Dans la paracha que nous lirons demain, nous assistons aux retrouvailles émouvantes entre Joseph et Yehouda, qui scellent la réconciliation entre les frères ennemis. Mais cet épisode de l'histoire biblique ne signifie pas que les différends internes au peuple juif auraient miraculeusement pris fin. Toute notre histoire est en effet jalonnée par les scissions, les conflits idéologiques ou politiques, qui ont parfois pris la figure d'affrontements sanglants et d'une véritable guerre civile intrajuive. L'histoire moderne d'Israël – depuis les débuts du sionisme politique jusqu'à la création de l'Etat et au-delà – est elle aussi marquée par des conflits incessants, dont nous vivons aujourd'hui le dernier épisode en date.

     

    Shavei SHomron.jpgLa mort tragique d'un habitant de Chavé Chomron – localité juive portant le nom tellement évocateur et lourd de sens de "Ceux qui reviennent en Samarie", construite sur les ruines de l'antique ville de Chomron, ancienne capitale du royaume de Judée – tué par des assassins arabes à 500 mètres d'un barrage militaire supprimé sur ordre du ministre de la Défense, en signe de "bonne volonté" pour récompenser les Palestiniens (de quoi ?) et pour plaire aux Américains, est la dernière et tragique illustration de l'aveuglement des dirigeants israéliens – de droite comme de gauche, car Barak et Nétanyahou sont exactement du même avis – lorsqu'ils font passer la guerre politique contre leurs opposants avant l'impératif vital de défense de tous les citoyens d'Israël.

     

    barak bibi.jpg

     

    Plus de quatre ans après le traumatisme de l'expulsion des familles juives du Goush Katif – dont beaucoup sont toujours privées d'habitation – sur l'ordre du Premier ministre Ariel Sharon, qui se trouve toujours entre la vie et la mort, comme s'il avait été frappé d'un terrible chatiment divin, les leçons de cet épisode tragique n'ont pas été tirées. Bien au contraire : le ministre de la Défense Ehoud Barak voudrait, avec l'encouragement des élites postsionistes qui dirigent les principaux médias et la Cour suprême, parachever la sinistre entreprise de déjudaisation du cœur historique et spirituel d'Eretz Israël, en expulsant des milliers de familles juives de Judée et de Samarie pour édifier, à D. ne plaise, un nouveau Hamastan à quelques kilomètres de Tel Aviv et de Jérusalem...

     

    tanktef.jpgL'avenir dira si ces projets funestes aboutiront, ou si le peupe d'Israël, hostile dans sa majorité à cette politique, parviendra à les contrecarrer. Le récent débat sur les yechivot hesder a montré une nouvelle fois que les forces vives de la nation – ces jeunes hommes qui allient l'étude de la Torah au service militaire dans les unités d'élite – sont devenus l'ennemi à abattre pour l'establishment politique incarné par les deux Barak. En voulant utiliser nos soldats pour ses basses besognes politiques, Ehoud Barak détruit non seulement les meilleures unités de Tsahal, qui se sont illustrées et ont versé leur sang au Liban en 2006 et à Gaza il y a un an, mais il risque aussi de détruire toute notre armée et d'entamer l'esprit de sacrifice des meilleurs de nos fils. Un récent sondage a montré que la majorité des Israéliens considéraient les habitants de Judée-Samarie comme les nouveaux Hasmonéens. Prions pour que l'esprit des Makkabim triomphe encore une fois contre celui des Mityavenim et contre la volonté autodestructrice d'une partie des élites israéliennes ! Netsa'h Israël lo-Yishaker.

    Itshak Lurçat

     

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