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  • « Aimer, souffrir et aimer encore » : Rahel la poétesse, 1890-1931

    A l'amie retrouvée


    "Même pauvre, allant humblement,
    Le cœur meurtri par l’exil,
    Te trahirai-je, oublierai-je
    L’amour du printemps de ma vie ?"

     

    תמונה-אהבת-רחל.jpgLa troupe du Teatron ha-Ivri (théâtre hébraïque) a mis en scène une pièce racontant la vie de la poétesse Rahel, sous le titre « Ahavat Ra’hel » : l’amour de Rahel. Le résultat est une très belle pièce, donnant un aperçu saisissant de la vie courte et tragique de la grande poétesse, servi par une excellente interprétation. Les scènes de la vie de Rahel sont entrecoupées de chansons dont les paroles sont certains de ses poèmes les plus fameux, qui ont inspiré les plus grands chanteurs israéliens.

    Née le 20 septembre 1890 à Saratov, en Russie, Rachel Blaustein est la petite-fille (par sa mère) d’un rabbin de Kiev. Son père, Isser-Leib, a été enrôlé de force dans l’armée du Tsar, où il a servi 25 ans, avant d’être libéré et de devenir un commerçant aisé, père d’une famille nombreuse. Rahel grandit dans une atmosphère juive traditionnelle associée à l’intérêt pour la littérature et la musique. A quinze ans, elle écrit ses premiers poèmes en russe.

    A l’âge de 19 ans, elle se rend en visite en Eretz-Israël avec une de ses sœurs, et décide d’yimages.jpg rester. Après avoir travaillé dans les vergers de Rehovot, elle se fixe dans la kvoutsa de Kinneret, où elle apprend le travail de la terre dans la ferme-école de Hannah Meisel. Au bout de deux ans, elle part en France, étudier l’agronomie à l’université de Toulouse, où elle est la seule femme et la seule juive, jusqu’à l’arrivée de Rahel Yanait Ben-Zvi.

    Quand la guerre éclate, elle est contrainte de regagner la Russie, où elle connaît la pauvreté et la maladie, enseignant à des enfants juifs réfugiés à Odessa. C’est seulement après la Première Guerre mondiale qu’elle peut revenir en Eretz-Israël, sur le Rossland, premier navire en partance de Russie en 1919, qui marque le début de la Troisième Alyah.


    Elle s’installe tout d’abord à Degania, mais ne peut y rester une fois qu’elle apprend être atteinte de la tuberculose. (C’est lors de ce tournant tragique de sa brève existence que démarre la belle pièce du Teatron ha-Ivri). Elle s’installe alors brièvement à Jérusalem (rue des Prophètes), en 1925, puis à Tel-Aviv où elle vit dans la pauvreté en donnant des leçons d’hébreu et de français. Elle y meurt le 16 avril 1931 à l’âge de 40 ans.

     

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    La tombe de Rahel à Kinneret

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  • Une visite au tombeau de Rahel

    Rahel, litteratureDepuis combien de temps ne s’était-il pas rendu sur le tombeau de Rahel, notre mère, sur la route allant de Jérusalem à Beit-Léhem : dix, quinze ans ? La dernière fois, ce devait être lorsqu’il était encore étudiant, ou bien peut-être durant son service militaire, avec le programme de découverte du pays pour les soldats ? A l’époque, la route n’était pas encore coupée par un barrage de l’armée, et on n’avait pas encore érigé ces murs de béton hauts de cinq ou six mètres, qui défiguraient le site et l’avaient transformé en un véritable bunker !

    Qu’aurait dit notre mère Rahel – si elle avait pu parler – en voyant sa tombe, autrefois située dans un cadre pastoral qui avait inspiré des générations d’écrivains et de poètes, et devenue maintenant une place forte dont l’aspect évoquait plus l’ancien mur de Berlin que la dernière demeure d’une des matriarches ? Depuis des lustres, les Juifs venaient ici épancher leur cœur, car une tradition affirmait que Rahel intercédait en leur faveur auprès du Tout-Puissant et qu’aucune prière prononcée sur sa tombe ne demeurait vaine.

    En arrivant à proximité du Lieu saint, il comprit pourquoi il était aujourd’hui ainsi protégé : le sol était jonché de pierres jetées par-dessus la muraille par des habitants arabes des faubourgs de Beit-Léhem, la ville chrétienne jadis réputée pour sa relative tolérance envers les fidèles de toutes les religions, devenue maintenant une « zone autonome » et placée sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Sur le coup, la vue des projectiles éparpillés sur la route le plongea dans une colère noire.

    Le plus scandaleux à ses yeux n’était pas même le fait que des fidèles juifs furent la cible de pierres lancées par des jeunes Arabes, dont certains n’avaient sans doute pas dix ans – car il en avait toujours été ainsi : la lapidation des « infidèles » faisait pour ainsi dire partie de leur culture – et il n’avait jamais eu la naïveté de croire que les accords de paix signés par Israël pouvaient modifier de quelque manière cette réalité millénaire. La nature humaine était immuable ; elle n’avait pas changé depuis l’époque de la Bible, quand Caïn tuait son frère Abel !

    Rahel, litterature


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