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  • Propagande : quand l’AFP agite le spectre de la « théocratie » en Israël

    Chronique de la désinformation ordinaire

    afp.jpgAlors que la menace de la « flottille de la haine » et de nouveaux affrontements coûteux pour Israël en termes d’image s’estompe, grâce aux efforts diplomatiques couronnés de succès de Binyamin Nétanyahou et de son ministre des Affaires étrangères, les médias français cherchent désespérément d’autres moyens de calomnier et de diffamer l’Etat juif… L’observateur attentif de la désinformation aura d’ailleurs remarqué que c’est souvent dans les périodes d’accalmie que les journalistes occidentaux commettent leurs plus « beaux » chefs d’œuvre de propagande anti-israélienne, comme si l’actualité n’était qu’un prétexte pour accomplir leurs basses œuvres. C’est dans ce contexte que s’inscrit la dépêche publiée hier par l’Agence France Presse, signée Marius Shattner, sous le titre « Israël, le spectre de la théocratie ».

    L’idée que l’Etat hébreu serait une fausse démocratie ou encore une démocratie fragile menacée par le « spectre de la théocratie » n’est certes pas nouvelle, et d’autres propagandistes l’ont souvent agitée bien avant M. Shattner. Mais il faut reconnaître que c’est fort à propos que celui-ci ressort de derrière les fagots ce marronnier d’une certaine presse, alors que les médias français regorgent d’articles faisant l’éloge du « printemps arabe » et de la démocratisation en cours des pays arabo-musulmans (y compris, hélas, la récente tribune d’un grand rabbin fort peu lucide). L’idée qui sous-tend la dépêche est donc que le Moyen-Orient serait soumis à deux tendances contraires : démocratisation et laïcisation des pays arabes, et « théocratisation » en Israël…

    rav lior.jpgLe prétexte à ce morceau de bravoure de l’AFP est la récente affaire du rabbin Dov Lior, ou pour reprendre les termes de la dépêche, « le défi lancé à la justice par des rabbins ultranationalistes, minoritaires mais influents » qui « fait planer le spectre de la théocratie en Israël ou la religion n’a jamais été séparée de l’Etat »… On pourrait consacrer plusieurs pages d’analyse à ces quelques lignes, dignes de l’ancienne Pravda, mais je me contenterai de quelques remarques. Tout d’abord, notons le procédé cousu de fil blanc qui consiste à parler de « rabbins minoritaires mais influents », tout en reconnaissant quelques lignes plus bas que « le camp ultra-orthodoxe ne partage pas en règle générale les opinions radicales des deux rabbins »…

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  • La propagande antijuive du journal Ha'aretz

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    Dans un livre passionnant qui vient de paraître en France [1], le politologue Pierre-André Taguieff analyse le phénomène de la propagande anti-israélienne et antijuive contemporaine, à la lumière de l'histoire des idées – son domaine de spécialisation – et de l'histoire de la judéophobie (terme qu'il préfère à celui, historiquement marqué, d'antisémitisme), à laquelle il a consacré plusieurs de ses précédents ouvrages. Contrairement à une idée communément admise, en effet, la propagande actuelle contre l'Etat d'Israël et contre les Juifs accusés de le soutenir, n'a rien inventé : elle ne fait que remettre au goût du jour des thèmes anciens et des poncifs éculés de la propagande antijuive séculaire, dont les deux principaux, selon Taguieff, sont celui du "racisme juif" et celui du crime rituel.

     

    Une grande partie de son livre est consacrée à l'affaire Al-Dura, qu'il analyse méticuleusement, en montrant comment le "narratif" palestinien, repris sans la moindre distance critique par Charles Enderlin et diffusé dans le monde entier par France 2, constitue la réactivation du mythe du Juif tueur d'enfant. La propagande antijuive n'est pas l'apanage des ennemis extérieurs d'Israël, comme le montre l'affaire Al-Dura. Ceux-ci sont en effet aidés dans leur entreprise par des Juifs et des Israéliens renégats, qui défendent des opinions antisionistes radicales. Taguieff cite le cas de deux journalistes du quotidien israélien Ha'aretz, Amira Hass et Gideon Levy. Nous voudrions nous arrêter sur le cas de Gideon Levy, et l'illustrer par un exemple récent. Il s'agit d'un article paru vendredi 28 mai, dans le supplément de fin de semaine de Ha'aretz, dans lequel Levy décrit avec empathie les souffrances d'un jeune chameau, dont la mère a été abattue par deux soldats de Tsahal.

     

    L'article s'intitule "Les chameaux aussi", ce qui sous-entend que les soldats israéliens ne tuent pas seulement des Palestiniens – thème habituellement abordé par Gideon Levy dans sa chronique hebdomadaire, au titre presque wagnérien, "Zone de crépuscule" – mais aussi des animaux. Extrait : "Un jeune chameau, dont la mère a été tuée deux jours auparavant par des soldats, erre impuissant dans le désert. Parfois, il s'approche d'une autre chamelle, qui allaite son petit, mais celle-ci le repousse en le mordant sauvagement…. Le chameau orphelin reste abandonné, rejeté et affamé. Spectacle qui vous fend le cœur… Une jeep de la Croix Rouge est garée près de la tente. Ils ont eux aussi entendu parler des tirs, vendredi dernier, au cours desquels deux soldats de l'unité du Nahal harédi [2] ont tué la chamelle de la famille Kabana. Ils sont venus recueillir des témoignages pour les transmettre au siège de l'organisation, en Suisse".

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  • Le «blood libel» antijuif de la Mena sur les Juifs d’Hébron, M. Macina

    Je republie ici l'excellente analyse par Menahem Macina du "blood libel" antijuif de la MENA contre les Juifs de Hebron, et contre les Juifs religieux en general. La "Metulla News Agency", qui se pare du titre d'Agence de presse, a montre une fois de plus son vrai visage, celui, comme l'ecrit un de ses anciens abonnes, d'une officine de propagande antijuive.

    A l’heure où j’écris ces lignes, les informations les plus contradictoires circulent dans la presse et sur le Net à propos de ce qui s’est passé entre Palestiniens et Juifs d’Hébron.[.. .] Ce qui m’occupe ici ce sont les propos – que j’estime inadmissibles - de la Ména qui régurgite son hostilité recuite envers les Juifs observants, à l’occasion de ce qu’elle n’hésite pas à qualifier de «pogrom» (1), censé avoir été perpétré par des «fanatiques religieux». Ce long ressentiment s’est libéré sous la forme d’un éditorial nauséabond et incendiaire, qui révèle l'existence, au sein de cette officine de presse apparemment au-dessus de tout soupçon, d'un parti pris idéologique inquiétant et une insensibilité choquante aux dégâts que peuvent causer des propos aussi violents. Sous le titre, "Extrême engeance" (2), Ilan Tsadik, l’un des rédacteurs de la Ména, nous donne un échantillon navrant de ce qu’il appelle, sans complexe : « l’information qualité Ména ». Je laisse à nos lecteurs le soin de vérifier la justesse de cette appellation non contrôlée et surtout de mesurer le caractère destructeur des propos que je mets au pilori ci-dessous.

    ANALYSE


    1. Brefs extraits antireligieux

    [J’ai mis en rouge les mots et expressions ironiques, blessants, insultants, voire blasphématoires]

    « quelques [sic] 200 fanatiques religieux »

    « un groupe de jeunes filles, élèves d’une yeshiva (lycée religieux), qui préférèrent éviter de se frotter à la maréchaussée, au nom de leur devoir de pudeur et d’humilité » (3).

     « une centaine d’étudiants hilkhatiques [sic]… répétant frénétiquement certaines lignes de leurs livres de prières, entrecoupées des bénédictions "nazis !" et "brûlez en enfer !", jetées à la barbe des gardiens d’Israël… »

     « ces zélotes… »

    « pieux "défenseurs de la terre d’Israël" »

    « Des actes de vengeance, en fait préparés de longue date par les meneurs extrémistes, qui donnèrent lieu à des scènes abominables. »


    2. Désinformation par l’image

    L’article sous revue est illustré de la photo ci-dessous, légendée par la Ména

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    "Hébron : une adolescente et un gamin edennistes * [sic] s’en prenant, sans aucune raison, à une femme arabe" (Ména)


    En fait cette mention est doublement mensongère. Tout d’abord on se demande sur quelle base la Ména peut affirmer que ce mini-accrochage est "sans raison". Ensuite, ce qui est pire, il s’avère que le cliché qu’elle commente a été pris en
    janvier 2007, comme chacun peut le vérifier en consultant le site pro-palestinien, Protection Palestine, où il illustre un article de Yousef al-Shaeb, intitulé "Hébron : les Israéliens font un enfer de la vie des Palestiniens", daté du 14 janvier 2007.

     

    3. Descriptions rocambolesques et dramatisées des rixes entre Israéliens et Palestiniens, visant à diaboliser les premiers et à victimiser les seconds

    [On remarquera le vocabulaire agressif, et le recours massif aux comparaisons entre les actes des Juifs de Hébron et ceux commis par le Hamas, et pire ceux que subirent les Juifs du passé de la part des pogromistes russes et même des Allemands et des Ukrainiens !]


    " …El Soudi [correspondant palestinien de la Mena] assista à une rixe entre un Palestinien et un milicien ultra-orthodoxe. A un moment donné de leur altercation verbale, le milicien sortit un revolver d’une poche et tira sur l’Arabe. Ce qui eut pour conséquence de voir [sic] les amis de la victime se ruer sur le tireur et le rouer de coups de poings. Les appels au calme en arabe de notre courageux camarade étaient couverts par les cris de la foule : on frôlait le lynchage. Jusqu’à ce que d’autres miliciens zélotes se mirent à faire feu dans les airs [sic] pour dissiper l’attroupement et dégager leur complice. Trois Palestiniens furent modérément blessés lors de cet incident… 

    Pas loin de là, dans la ferme arabe la plus proche du bâtiment assaini, allait se dérouler une scène plus grave encore, si cela est encore possible. Les vingt membres de la famille Abou Saâfan, des femmes, des enfants et trois hommes, allaient subir la tragédie de leur vie.

    Il était 16 heures, lorsque débuta ce que nous sommes bien obligés d’appeler un pogrom. Trois douzaines de casseurs religieux, exactement cagoulés à la manière des miliciens du Hamas à Gaza, - marrant, non, les tueurs de civils se dissimulent toujours et partout le visage ? -  comme le rapporte El Soudi, qui sait de quoi il parle, commencèrent par incendier la buanderie attenante à la ferme. Ensuite ils entreprirent de mettre le feu à une chambre.

    Pendant que les assassins-pyromanes étaient à l’œuvre, leurs collègues cagoulés arrosaient copieusement la baraque de pierres, brisant le toit, les fenêtres et les portes, empêchant ainsi les occupants de fuir les flammes.

    Encerclant la scène du crime se tenait un service d’ordre imposant, venu de Kyriat Arba, tout comme les cagoulés, dont la fonction était de tenir des centaines d’autres Edennistes * à l’écart, de même que des Palestiniens, qui observaient l’horreur à distance respectable.

    Dans l’entre-temps [sic], un troisième groupe de miliciens edennistes * faisait la chasse aux cameramen, les empêchant de filmer le drame et détruisant leur matériel.

    Sami rapporte que les centaines d’Edennistes * spectateurs, pris d’une hystérie de meurtre, prodiguaient des conseils aux cagoulés sur les meilleures manières de tourmenter la famille arabe.

    Et toujours pas de forces de l’ordre ! On approchait de l’irréparable, lorsque les reporters présents, israéliens en majorité, prirent leurs responsabilités en forçant l’anneau de sécurité imposé par les pogromistes. Sous des volées de pierres, ils s’engouffrèrent dans la maison en feu pour en extraire les occupants. Des femmes et des enfants terrifiés, la mort dans les yeux, qui imploraient les valeureux confrères de leur sauver la vie.

    C’est alors, il était dix-sept heures, qu’arriva enfin un détachement spécial de la Police des frontières, qui dégagea les otages des bourreaux et de la foule et dispersa cette dernière en essuyant ses insultes. Les Edennistes * en voulaient aux policiers d’avoir troublé l’autodafé des civils arabes.

    Devant la ferme calcinée qui fumait encore, Sami El Soudi consolait une journaliste de la télévision israélienne qui ne parvenait pas à retenir ses larmes. La longiligne collègue était en état de choc ; elle disait au milieu de ses sanglots « pas ça », « pas des Juifs… », « c’est précisément ainsi que les Ukrainiens et les Allemands ont massacré les grands-parents de ces imbéciles », « j’ai honte, j’ai honte… ».

    Moi aussi, j’ai honte. Le récit posé, dit sur un ton presqu’apaisant [sic] par Sami au téléphone, m’a empli d’une terrible révolte."

    (Ilan Tsadik)

     

    3. Au final : une incitation à la haine entre Juifs

    Outre le fait troublant qu’un collaborateur de cette officine de presse qui diffuse une « information qualité Ména », et qui a fait des gorges chaudes du récit de Charles Enderlin, dans l’affaire al-Dura, en critiquant cruellement le fait que le correspondant de France 2 « n’était pas sur les lieux » et qu’il rapportait avec une confiance aveugle le récit de son caméraman « palestinien », force est de constater que la Ména fait de même en prenant pour argent comptant le récit du « témoin oculaire », qu’est leur correspondant « palestinien », Sami el-Soudi. La Ména a fait ici ce qu’elle a tant reproché à Enderlin et à France 2 : elle n’a pas pris la peine de recueillir d’autres témoignages susceptibles d’équilibrer ce reportage unilatéral. Pour al-Dura, il y a 8 ans, il eût fallu entendre ce qu’avaient à dire les soldats du poste israélien et les responsables militaires. Pour le « pogrom juif » de Hébron, il y a quelques jours, il eût fallu entendre ce qu’avaient à dire les Juifs qui vivent sur place, et au moins tenter de comprendre les raisons de leur déchaînement.

    Personnellement, je n’ai pas été témoin de ce qui a révolté Ilan Tsadik, par El-Soudi interposé. Je ne peux donc juger de la véracité du reportage de la Ména. Mais une chose au moins m’apparaît certaine. Comme ce fut le cas de la vidéo prétendant montrer la mort – réelle ou supposée – de l’enfant Mohammed al-Dura, le reportage grandiloquent, rocambolesque et mélodramatique d’Ilan Tsadik, n’est pas de nature à nous convaincre de sa parfaite objectivité. C’est le moins qu’on puisse en dire.

    Mais le plus grave n’est pas là. Il réside dans le caractère diffamatoire, insultant et même haineux envers leurs concitoyens observants et la foi religieuse qu'ils professent, de ce qu’on ne peut guère appeler autrement qu’un libelle, voire, comme disent les Anglo-saxons : un blood libel antijuif.

     

    Menahem Macina

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