10.05.2012
Le dernier Bétari : Bentsion Nétanyahou et le général Eisenhower, par Haggaï Segal
Parmi les nombreux hommages rendus à l’historien Bentsion Nétanyahou, décédé la semaine dernière à Jérusalem, celui que lui rend le journaliste Haggaï Segal dans Makor Rishon est instructif et plein d’enseignements pour les Juifs aujourd’hui, y compris pour Benjamin Nétanyahou, dont beaucoup souhaitent qu’il n’oublie pas l’héritage glorieux et l’enseignement de son père.
« Le général et l’historien ».
Le 1er juillet 1947, une rencontre inhabituelle eut lieu au Pentagone. Le chef d’état-major américain Dwight "Ike" Eisenhower, héros de la Deuxième Guerre mondiale, reçut en entretien privé le jeune directeur de la branche américaine du parti sioniste révisionniste, le Dr Bentsion Nétanyahou.
L'invité juif dit au général qu’il était venu lui expliquer comment le programme de la création d’un Etat juif allait conforter les intérêts américains. Eisenhower l’interrompit : « Expliquez-moi auparavant quel est le motif de l’attachement profond que les Juifs nourrissent envers la Terre d’Israël… Ma famille a quitté l’Allemagne il y a une ou deux générations, et nous n’avons plus aucun rapport avec ce pays. Mais vous, après tant d’années d’exil, considérez encore ce pays comme votre patrie ? »

Le jeune historien Nétanyahou fut impressionné par cette question. Il répondit au général qu’à la différence des autres émigrants, les Juifs ne s’étaient pas intégrés totalement dans leurs pays d’accueil et qu’ils n’avaient pas pu, ou pas voulu s’y assimiler, ce qui les avait amenés à rester fidèles à leur ancienne patrie. Il lui dit ensuite que pour régler une fois pour toute le problème des Juifs, il fallait sans plus tarder créer un Etat juif dans les frontières historiques, « du désert syrien jusqu’à la Méditerranée ».
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01.05.2012
Une lettre de Jabotinsky au rav Milikovski, grand-père de Nétanyahou, Pierre Itshak Lurçat
Le document qu’on lira ci-dessous – inédit en français – est un témoignage exceptionnel. Outre son intérêt historique général, pour l’histoire du Yishouv et du mouvement sioniste, il permet de comprendre une des énigmes de l’historiographie 1 du parti sioniste révisionniste de Jabotinsky : l’alliance conclue entre le Hatsohar et le parti sioniste religieux Mizrahi, qui suscita une vive opposition parmi les partisans les plus fidèles de Jabotinsky, sionistes laïcs convaincus, opposés à toute alliance avec les représentants de la tradition juive…
Je publie ici la traduction en français de ce document, en guise de modeste hommage au grand historien, spécialiste du judaïsme espagnol médiéval, Bentsion Nétanyahou, qui a été conduit hier à sa dernière demeure à Jérusalem, à l’âge de 102 ans, et dont le destinataire de la lettre ci-dessous, le rav Nathan Milikovski 2, était le père. Il n’est pas anodin que ce soit précisément le grand-père de l’actuel Premier ministre d’Israël qui ait joué le rôle d’intermédiaire entre Jabotinsky, fondateur du mouvement sioniste révisionniste (ancêtre du Likoud actuel) et le rav Kook, père spirituel du courant sioniste religieux. J’ajoute que l’on comprend mieux l’attitude actuelle de Nétanyahou face à l’Iran quand on connaît la vie et l’œuvre de son père, Bentsion Nétanyahou z.l. P.I.L.

Londres, le 22 juin 1934,
Au Rav Milikovski, Jérusalem
Monsieur et cher ami,
Que vous dire ? J’ai vu hier qu’on vous accuse d’être le principal instigateur de la protestation des rabbins 3. Vous ne pouvez pas estimer vous-même la valeur de cette action… Outre son rôle décisif pour faire triompher la justice dans l’affaire Stavsky, elle aura des conséquences profondes et essentielles sur l’orientation politique et spirituelle du public hébreu en Eretz-Israël et en diaspora. Un exemple : j’ai déjà reçu plusieurs lettres demandant que je propose, lors de notre prochain Congrès mondial, une motion spéciale concernant les rapports entre l’Hatsohar [N.d.T. Organisation sioniste révisionniste] et la tradition religieuse.
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25.04.2012
Yom Ha’atsmaout 5772 – Retrouver l’esprit d’Entebbé, Pierre Itshak Lurçat
Parmi les familles endeuillées qui se rendront ce matin sur la tombe de leurs fils, tombés pour l’édification et pour la défense de notre Etat, il y a celle de l’officier Benaya Rein, tué pendant la 2e Guerre du Liban. La mère de celui-ci, Hagit Rein, a récemment raconté comment le corps de son fils, laissé sur le champ de bataille, avait été récupéré sous le feu de l’ennemi par un officier intrépide, qui n’a pas hésité à risquer sa vie pour accomplir le commandement sacré de porter la dépouille de Benaya Rein en terre en Israël. Cet officier s’appelle Chalom Eisner.
Oui, c’est bien ce même Eisner, lieutenant-colonel qui a été honteusement limogé sur ordre du chef d’état-major et du ministre de la Défense Ehoud Barak, pour avoir donné un léger coup de crosse à un militant pseudo « pacifiste » de l’organisation pro-Hamas ISM, dans la vallée du Jourdain, il y a une dizaine de jours… Cet incident et ses suites en disent long sur l’état d’esprit qui règne aujourd’hui dans les rangs de l’état-major de notre armée.
Le plus scandaleux dans cette affaire est que la décision de limoger Eisner a été prise sur le champ, sur la foi des images trompeuses filmées par les militants pro-palestiniens de l’ISM et diffusées par des chaînes de télévision arabes, puis reprises par la télévision israélienne qui les a diffusées en boucle (plusieurs dizaines de fois par jour !) jusqu’à ce qu’elles obtiennent le résultat escompté : la tête du colonel Eisner…
05:15 Publié dans Heroisme juif, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : netanyahou, tsahal, yoni










