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negationnisme

  • Les deux visages du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

    Docteur Mazen et Mister Abbas :

    [Article paru en janvier 2011 qui reste d'actualité...]

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    Quand Alain Finkielkraut se disait "impressionné par la sincérité du leader palestinien Mahmoud Abbas" et par sa "culture de la paix", lors de la récente visite de celui-ci en France, il ne faisait que reprendre un poncif véhiculé par les médias occidentaux depuis de nombreuses années. On peut bien entendu déplorer qu'un intellectuel comme Finkielkraut ne fasse pas preuve d'un minimum d'esprit critique, mais il faut dire à sa décharge qu'il est loin d'être le seul… Récemment encore, on a ainsi pu entendre l'écrivain et Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel expliquer, sur les ondes d'une radio juive parisienne, que Mahmoud Abbas incarnait "l'aile modérée" palestinienne, avec laquelle Israël pouvait parvenir à la paix. Et même un spécialiste de géopolitique averti comme Frédéric Encel répète doctement, depuis plusieurs années, qu'Abbas est un "dirigeant courageux" qui a choisi la voix des négociations…. Mais, derrière ce langage convenu et ces clichés, quelle est la réalité ?

     

     

    Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?

     

    A la veille de la constitution du gouvernement palestinien dirigé par Mahmoud Abbas, en mars 2003, le docteur Rafael Medoff, spécialiste de l'histoire de la Shoah, publiait un article intitulé "Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?" Il y rappelait des faits bien connus (mais peu souvent mentionnés) concernant la formation universitaire de Mahmoud Abbas. Celui-ci a en effet achevé un doctorat à l'université Patrice Lumumba de Moscou, en 1982, portant sur le sujet "La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes, 1933-1945". Dans cette thèse, Abbas soutenait l'idée d'une collusion entre le sionisme et le nazisme et d'une responsabilité conjointe des sionistes et des nazis dans la Shoah.

     

    Mais Abbas ne s'arrêtait pas là… Il contestait également le nombre de 6 millions de victimes juives de la Shoah, en citant notamment les travaux de "l'historien" Robert Faurisson ! Dans ces circonstances, on comprend pourquoi le docteur Medoff concluait son article de 2003 par ces mots : "Si Abbas est promu au poste de Premier ministre de l'Autorité palestinienne, la communauté internationale tout entière sera confrontée à la question de savoir si Abbas mérite d'être traité différemment de Tudjman, de Haider et de Le Pen". >>>

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  • Négationnisme : Shlomo Sand contre-attaque et insulte ses détracteurs - Pierre I. Lurçat

    La lecture de la réponse de Shlomo Sand à Eric Marty, publiée hier soir dans Le Monde est édifiante. On y constate que Sand n'apprécie pas que son livre soit critiqué... Il commence par accuser ses détracteurs de ne pas l'avoir lu et par se plaindre d'avoir été "ignoré par la critique pendant six mois" et victime d'un "mur du silence" ! Affirmation assez stupéfiante quand on sait que le livre de Sand avait été annoncé par de nombreux médias et sites Internet en France (il avait ainsi fait l'objet d'un grand article élogieux du Monde diplomatique) avant même sa parution !

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    L'edition originale du livre de Sand


    Dans la suite de l'article, Sand reprend les arguments qu'il a déjà développés ailleurs, expliquant notamment qu'il "ne traite pas directement de l'histoire des juifs mais analyse l'historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève d'un empilement [sic] de mythes mobilisateurs...". Avec sa houtzpa habituelle, Sand invoque pour sa défense Raymond Aron, qui s'interroge dans ses Mémoires : "Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l'on parle du "peuple juif", on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas".

    La citation de Raymond Aron – Juif non sioniste mais très attaché à l'Etat d'Israël – est évidemment à mille lieues de la thèse extrémiste (et antisioniste) de Shlomo Sand. Aron s'interroge sur la notion de peuple juif, et conclut à l'unicité du "peuple juif", que l'on ne saurait assimiler aux autres peuples. Cette conclusion tout à fait pertinente est diamétralement opposée à celle de Sand, qui conteste l'existence du peuple juif, dans sa tentative de "déconstruction" de l'historiographie sioniste et de l'histoire juive tout entière. Mais qui trop étreint, mal embrasse... C'est justement l'hybris intellectuelle de Sand qui l'entraîne trop loin : voulant attaquer le sionisme, il s'en prend au peuple juif tout entier...

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    R. Aron


    Ce qui nous amène à la question du négationnisme. Je me flatte d'avoir été l'un des premiers à comparer la démarche intellectuelle de Sand à celle des négationnistes, employant à son égard l'expression de "Faurisson israélien". Eric Marty a lui aussi comparé l'entreprise de Sand au négationnisme. Il n'est pas surprenant que Sand s'en offusque, allant jusqu'à qualifier ses détracteurs de "démagogues prosionistes"... Mais lorsque j'écrivais que Sand est un négationniste, il ne s'agissait pas d'une injure, mais bien d'une analyse (1). Sa démarche intellectuelle, comme celle des négateurs de la Shoah, relève en effet de la construction idéologique, et pas de l'histoire. Comme eux, il conteste l'évidence (la Shoah dans un cas, l'existence du peuple juif dans l'autre). Comme eux, il vise un objectif politique (remplacer l'Etat juif par un Etat de "tous ses citoyens" c'est-à-dire un Etat binational). Enfin, j'ajoute qu'à mes yeux la négation du peuple juif est encore plus grave que la négation de la Shoah, car elle ne s'en prend pas seulement au passé et à l'histoire juive, mais au présent et à l'existence du peuple juif aujourd'hui...
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    Sand - Le "Faurisson israelien"?

    Si cette comparaison a pu choquer, c'est parce que dans la vulgate politique contemporaine, la négation de la Shoah est très mal vue, tandis que la négation du peuple juif à laquelle se livre Sand est au contraire acceptée par l'intelligentsia occidentale avec un empressement et une unanimité suspecte (2). A quelques jours de Pessa'h, je conclurai par ces trois mots qui, loin d'être un slogan politique sioniste, comme le croit M. Sand, expriment une réalité humaine, sociologique et ontologique que les Juifs du monde entier démontreront lorsqu'ils s'attableront, mercredi soir, pour raconter la sortie du peuple juif d'Egypte : Am Israël Hai ! Le peuple juif est vivant !
    Source : CAPE  Copyright © 2008 JCPA

    Notes
    1. Je renvoie à mon article intitulé "Le négationnisme 'soft' d'un nouvel historien israélien" paru sur le site de l'UPJF.
    2. Ce sujet est abordé par Shmuel Trigano dans l'interview qu'il donne au dernier numéro d'Israël Magazine

     

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