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  • De l'affaire Enderlin a l'affaire Gouguenheim

    De l'affaire Enderlin a l'affaire Gouguenheim : dans les 2 cas, des hommes seuls affrontent une corporation entiere agissant au nom de la défense d'intérets corporatistes (les journalistes dans l'une, les historiens dans l'autre) et revendiquant une conception totalitaire et post-moderniste de la vérité (pas de vérité objective, mais une vérité officielle, de l'histoire dans un cas, de l'actualité dans l'autre). Sylvain Gouguenheim comme Philippe Karsenty ont voulu faire éclater la Vérité, alors que leurs adversaires ne croient pas a l'existence de la Vérité, et agissent au nom du politiquement correct et de l'islamiquement correct. Dans les deux cas, Enderlin et les detracteurs de Gouguenheim ont eu recours au procédé stalinien de la petition universitaire, a laquelle les chers collegues ajoutent leur nom sans hésiter, par un réflexe quasi pavlovien, obéissant aux ordres du Parti, de la doxa ou du "parti des médias"...  Dans l'interview ci-dessous, l'historien Gouguenheim explique comment, mis au ban de l'université en France, il a recu le soutien d'historiens polonais qui ont reconnu chez ses detracteurs les methodes soviétiques...

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    (Interview publiee dans L'Express)
    La polémique éclate au mois d'avril. Le Monde mentionne favorablement le livre de Sylvain Gouguenheim intitulé Aristote au Mont-Saint-Michel (Seuil). L'auteur, professeur d'histoire à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Lyon, y développe l'idée que l'héritage grec a été transmis à l'Europe chrétienne médiévale directement aux xie et xiie siècles, et non par l'intermédiaire des philosophes arabes, notamment Averroès, grand commentateur d'Aristote.

    Ce point de vue, à contre-courant de la recherche contemporaine, fait aussitôt scandale. Un collectif international de 56 philosophes et historiens publie dans Libération une pétition qui dénonce une « démarche » qui « n'a rien de scientifique » et « relève d'un projet idéologique aux connotations politiques inacceptables ». Spécialiste reconnu de la philosophie au Moyen Age, Alain de Libera ironise dans Télérama sur une hypothèse qu'il relie à l'« islamophobie ordinaire ». Il est aussi reproché à Gouguenheim d'avoir cité dans ses remerciements un auteur d'extrême droite. A la demande d'enseignants de l'école, un conseil scientifique de l'ENS Lyon est chargé d'évaluer l'ouvrage et d'en discuter avec l'auteur, le 19 juin.

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    En attendant, Sylvain Gouguenheim a interrompu son enseignement. Il vient de recevoir l'appui d'historiens polonais de l'université Copernic de Torun, qui font référence à la censure des recherches à l'époque soviétique. « Est-ce que l'historiographie française se dirige vers ces pratiques ? » s'inquiètent-ils.

    Vous n'êtes pas un spécialiste d'Aristote, mais des chevaliers Teutoniques. Comment vous est venue l'idée de ce livre ?

    Elle m'est venue à l'occasion d'un cours, il y a cinq ou six ans, sur les échanges culturels en Méditerranée aux xie et xiie siècles. J'étais alors totalement convaincu par la thèse que je critique aujourd'hui. J'adhérais à l'idée que le Moyen Age occidental avait redécouvert Aristote et le savoir grec par la traduction des textes arabes en latin grâce à la filière espagnole, notamment à Tolède dans la seconde moitié du xiie siècle. En voulant améliorer ce cours, et en marge de mes recherches, je tombe sur l'article d'un historien italien consacré à Jacques de Venise. Pour moi, c'est une découverte. Il fait état d'une série de traductions directes du grec au latin par Jacques de Venise et d'autres auteurs anonymes, au Mont-Saint-Michel et dans la France du Nord. A ces travaux s'ajoutaient les premiers commentaires de l'oeuvre même d'Aristote, du moins de textes qu'on ne connaissait plus en Occident, la Physique, la Métaphysique ou De l'âme. J'étais surpris de ne pas retrouver ces faits dans la plupart des manuels de base.

    Vos détracteurs affirment qu'il n'y a aucune preuve de la présence de Jacques de Venise au Mont-Saint-Michel...

    L'historien italien auquel j'ai fait référence n'est pas catégorique. Il y a quand même un indice dans la chronique du Mont-Saint-Michel rédigée par l'abbé du Mont Robert de Thorigny. Vers 1150, il rajoute en marge de son récit une phrase évoquant le travail de traduction d'Aristote par Jacques de Venise vers 1127. Ce n'est pas une preuve absolue de sa présence, d'autant moins qu'on connaît mal sa vie. Mais cette note interdit de dire qu'il n'y a jamais mis les pieds. Indiscutable, en revanche, est la circulation de nombreuses copies de Jacques de Venise parmi les cercles savants au xiie siècle.

    Votre démarche vise-t-elle principalement le philosophe arabe Averroès, présenté comme le passeur d'Aristote vers l'Occident ?

    Non. Je ne sous-estime pas l'influence d'Averroès, en particulier au xiiie siècle. Je dis simplement qu'il y a un rééquilibrage à opérer. Je me suis appuyé sur les meilleurs spécialistes de l'Islam. Et j'ai eu le sentiment d'une grande différence entre les articles des savants et les manuels scolaires. Ce qu'on diffuse dans le public est tronqué : on parle de l'intermédiaire arabe, pas de la « filière grecque ». J'ai donc conçu le projet d'un gros article. Il y a trois ans, j'en ai discuté avec un éditeur qui m'a encouragé à publier un livre en ce sens. Cela n'a pas eu de suite. Puis, il y a deux ans, j'ai été contacté par une éditrice du Seuil pour un ouvrage sur les croisades. De fil en aiguille, nous en sommes venus à parler de mon projet sur Aristote. Elle l'a lu, et elle m'a dit d'accord.

    Votre livre remet en question la figure d'un Averroès qui serait un pont entre l'Islam et l'Occident, au profit d'une version plus conflictuelle de la pensée du philosophe arabe. Est-ce que ce n'est pas cela qui choque ?

    Sans doute, bien que je ne sois pas le premier à l'écrire ! Je dis une chose simple : il faut voir les hommes du Moyen Age tels qu'ils étaient vraiment. Averroès est un grand génie du Moyen Age, mais il ne faut pas en faire un homme du xxe siècle. Je pense la même chose de saint Thomas ou de Maimonide. Ne les transformons pas en « agnostiques » ou en « tolérants », notions anachroniques. Je ne suis pas pour autant un partisan de Samuel Huntington et de sa théorie du « Choc des civilisations ». On m'a reproché de prendre l'hellénisation comme un critère de supériorité. Ce n'est pas le cas. J'adore le Japon ou la Chine, qui n'ont rien de grec ! L'hellénisation est un critère de distinction. Je ne suis pas contre les ponts entre les civilisations. Mais on ne les construira pas en s'appuyant sur un Moyen Age de fiction. A cette époque, l'idée de dialogue des civilisations n'existait pas.

    N'accréditez-vous pas l'opposition d'un bon usage occidental des Grecs et d'une absence d'usage des mêmes en Islam ?

    L'Europe et l'Islam du Moyen Age ont filtré, choisi ce qu'ils voulaient reprendre des Grecs. Il est nécessaire, en outre, de distinguer l'islam comme religion ou comme civilisation. L'héritage grec est repris dans la dernière acception : les philosophes musulmans connaissent Aristote, mais aussi Plotin ou Euclide, le mathématicien. Mais les théologiens ne semblent pas avoir suivi le même chemin.

    Comment expliquez-vous l'ampleur de la polémique provoquée par votre livre ?

    J'ai mis en cause, sans violence, une doxa. J'ai aussi dérangé ce qu'on appelle le mandarinat. Pour les spécialistes, je ne suis pas habilité à m'exprimer sur le sujet. Je ne serais pas compétent car je suis sorti de mon domaine habituel. Ce n'est pas accepté. On ne me le pardonne pas. J'ai seulement voulu m'adresser au grand public. Ce que je regrette, c'est qu'à un livre qui peut être discuté on répond par des pétitions et le lynchage médiatique. 

  • Enderlin accuse le CRIF et s'enfonce dans la theorie du complot

    Acculé, désavoué par le Cour d'appel de Paris, Charles Enderlin s'affole et accuse le CRIF de complot! C'est le journal israélien francophone Hamodia qui divulgue l'information en page 2, dans sa derniere édition. Le journaliste de France 2, qui semble perdre les pédales apres la décision de la Cour d'appel de Paris qui a donné raison a ses détracteurs en estimant fondées les accusations de manipulation et de mise en scene portées contre France 2, n'a pas trouvé mieux que de réagir en recourant aux théories du complot juif... La direction de France 2 serait bien inspirée, au lieu de se pourvoir en cassation, d'admettre enfin son erreur et de renvoyer son correspondant dans le placard dont il n'aurait jamais du sortir! P. LURCAT

    Le journaliste Charles Enderlin accuse le CRIF de « complot » !

    De plus en plus acculé par ceux qui l’accusent de « supercherie » dans l’affaire Al-Dura, Charles Enderlin se pose désormais en victime d’un « complot ». Sur son blog, en effet, le correspondant de France 2 à Jérusalem accuse en effet rien moins que le CRIF de « vouloir sa tête » - sans doute le contrecoup du sévère camouflet que vient de lui infliger la justice française…

     Mercredi dernier, huit ans après la diffusion du reportage controversé sur la mort de Mohammed al-Dura, Charles Enderlin a finalement perdu devant la cour d'appel son procès en diffamation contre Philippe Karsenty, qui affirmait que le reportage avait été « truqué ». « Cette campagne est soutenue par des organisations de droite pro-israéliennes, américaines et françaises, ainsi que par le CRIF dont le président, Richard Prasquier, était présent aux côtés de Philippe Karsenty lors de la dernière audience, accuse ainsi le journaliste de France 2 dans un billet publié sur son blog le dimanche 25 mai […]. Le message que ces organisations envoient aux professionnels qui sont sur le terrain est clair : “Si vous diffusez des images ou publiez des informations qui portent atteinte à l’image d’Israël, nous lâcherons la meute”… » C’est pourtant la 11e chambre de la cour d’appel de Paris – une instance peu soupçonnable d’être « sous influence sioniste » - qui a estimé que Philippe Karsenty, le directeur de Media Ratings (www.m-r.fr), une agence française de notation et d'évaluation des médias, avait « exercé de bonne foi son droit de libre critique », et « n'a pas dépassé les limites de la liberté d'expression ». Mieux, dans son arrêt, la cour relève que « l'examen des rushes [de ce reportage-NDLR] ne permet plus d'écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure » - avis qui avaient mis en doute l'authenticité du reportage. Voilà en tout cas un sacré coup porté à la réputation de Charles Enderlin, puisque la justice française reconnaît implicitement que sa version de la mort de Mohammed al-Dura, diffusée au tout début de la seconde Intifada en septembre 2000, était peut-être un « bidonnage » et une « pure et simple mise en scène », comme l’affirme Philippe Karsenty. Une hypothèse également soutenue par plusieurs enquêtes menées aussi bien par des journalistes comme Denis Jeambar, Daniel Leconte, Luc Rozenszweig ou l’agence de presse « Mena », que par des experts militaires israéliens comme le général Yom Tov Samia. Mais pour Charles Enderlin, un tel acharnement à vouloir sa perte ne peut être le fait que d’une « campagne déclenchée » contre lui par des forces obscures… Il se garde pourtant – pour l’instant ? - d’évoquer un « complot judéo-sioniste » contrairement, par exemple, à un Dieudonné. Mais la frontière avec un éventuel délire de persécution est mince… surtout lorsqu’Enderlin insinue sur son blog que « visiblement, cette campagne est destinée à occulter la réalité que je présentais à mes lecteurs et à mes téléspectateurs ». Auteur de plusieurs ouvrages mettant en cause le discours officiel et le « double langage » israéliens, Charles Enderlin avait pourtant cru bon de placer en exergue de son blog une citation du journaliste américain Thomas Friedman : « Au Moyen-Orient, si vous ne pouvez pas expliquer une chose par la théorie du complot, n’essayez pas de l’expliquer ! Les gens, là-bas, ne vous croiront pas ». Mais c’était avant que sa version de l’histoire ne s’ébrèche sérieusement : le voilà désormais lui aussi contraint d’utiliser les « grosses ficelles »… Serge Golan

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