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litterature

  • Une visite au tombeau de Rahel

    Rahel, litteratureDepuis combien de temps ne s’était-il pas rendu sur le tombeau de Rahel, notre mère, sur la route allant de Jérusalem à Beit-Léhem : dix, quinze ans ? La dernière fois, ce devait être lorsqu’il était encore étudiant, ou bien peut-être durant son service militaire, avec le programme de découverte du pays pour les soldats ? A l’époque, la route n’était pas encore coupée par un barrage de l’armée, et on n’avait pas encore érigé ces murs de béton hauts de cinq ou six mètres, qui défiguraient le site et l’avaient transformé en un véritable bunker !

    Qu’aurait dit notre mère Rahel – si elle avait pu parler – en voyant sa tombe, autrefois située dans un cadre pastoral qui avait inspiré des générations d’écrivains et de poètes, et devenue maintenant une place forte dont l’aspect évoquait plus l’ancien mur de Berlin que la dernière demeure d’une des matriarches ? Depuis des lustres, les Juifs venaient ici épancher leur cœur, car une tradition affirmait que Rahel intercédait en leur faveur auprès du Tout-Puissant et qu’aucune prière prononcée sur sa tombe ne demeurait vaine.

    En arrivant à proximité du Lieu saint, il comprit pourquoi il était aujourd’hui ainsi protégé : le sol était jonché de pierres jetées par-dessus la muraille par des habitants arabes des faubourgs de Beit-Léhem, la ville chrétienne jadis réputée pour sa relative tolérance envers les fidèles de toutes les religions, devenue maintenant une « zone autonome » et placée sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Sur le coup, la vue des projectiles éparpillés sur la route le plongea dans une colère noire.

    Le plus scandaleux à ses yeux n’était pas même le fait que des fidèles juifs furent la cible de pierres lancées par des jeunes Arabes, dont certains n’avaient sans doute pas dix ans – car il en avait toujours été ainsi : la lapidation des « infidèles » faisait pour ainsi dire partie de leur culture – et il n’avait jamais eu la naïveté de croire que les accords de paix signés par Israël pouvaient modifier de quelque manière cette réalité millénaire. La nature humaine était immuable ; elle n’avait pas changé depuis l’époque de la Bible, quand Caïn tuait son frère Abel !

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  • Chaïm Potok, un Hassid en littérature

    Chaïm Potok (1929-2002) occupe une place de choix parmi les écrivains juifs américains du vingtième siècle. Il est en effet - aux côtés d’Isaac Bashevis Singer, de Bernard Malamud, de Saül Bellow ou de Cynthia Ozik – un des représentants les plus talentueux de cette « école juive de New York » qui a produit certains des plus grands romans du siècle passé. Mais il est aussi un de ceux qui ont donné le contenu le plus juif et le plus universel à cette forme particulière de l’écriture romanesque, devenue presque un genre littéraire sui generis : le roman juif américain.

     

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    Né en 1929 à New York, dans le Bronx, Herman Harold Potok est le fils d’immigrants juifs de Pologne. Son père, Benjamin Max, est horloger et bijoutier. Ses parents lui donnent une éducation juive orthodoxe. Très jeune, il se met à dévorer les auteurs classiques américains (Ernest Hemingway, William Faulkner) et européens (James Joyce, Thomas Mann, Evelyn Waugh). Il poursuit ses études juives jusqu’à son ordination comme rabbin (par le Jewish Theological Seminary, affilié au courant conservative), à l’âge de 25 ans. Parallèlement, il obtient un diplôme de littérature anglaise à la Yeshiva University. Son intérêt pour le judaïsme et pour l’écriture va déterminer sa carrière rabbinique et littéraire.

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  • Courrier International boycotte la littérature israélienne

    juin 07- Zeruya Shalev 3.JPG"Le premier blog littéraire franco-israélien" : c'est ainsi que j'avais intitulé mon blog littéraire "Lettres d'Israël", créé en janvier 2008 sur le site de Courrier International. J'y rendais compte de l'actualité littéraire et y publiais mes recensions et interviews. En deux ans et demi d'existence, je peux me flatter d'avoir publié de nombreux portraits d'écrivains (Haim Gouri, Etgar Keret, Yehoshua Kenaz…) et interviewé en exclusivité plusieurs auteurs, comme par exemple Zeruya Shalev. [photo ci-contre] J'ai aussi été un des premiers à rendre compte du beau livre de Tatiana de Rosnay, Elle s'appelait Sarah (devenu depuis lors un best-seller international !) ou de celui de Gerald Tenenbaum, L'Ordre des jours (tous deux parus aux editions Héloïse d'Ormesson). Mon blog était un des plus fréquentés parmi ceux hébergés par le site Courrier international… jusqu'au mois de juin 2010.

    Le 26 juin dernier, j'ai reçu un message anonyme (une lettre anonyme !) m'annonçant que le "service d'hébergement de blogs" était interrompu… Naïvement, j'ai pensé que cette mesure concernait l'ensemble des blogs et j'ai cherché un autre hébergeur (sans pouvoir transférer la totalité de mes posts, ce qui aurait représenté un travail de Sisyphe…). Mais, rentrant de vacances quelques semaines plus tard, j'ai constaté que cette mesure de "fermeture" visait uniquement mon blog ! Courrier International (que j'avais choisi pour héberger mon blog car son nom était pour moi synonyme d'ouverture d'esprit et de tolérance… cruelle erreur !) continue d'héberger des blogs algériens, tunisiens, africains ou polonais…. Mais le blog Lettres d'Israël est fermé, en application de la politique inique et raciste du boycott d'Israël !

    Les responsables du site n'ont même pas eu la décence de me signifier les motifs de leur décision discriminatoire et scandaleuse (ce qu'ils auraient bien entendu été en mal de faire, sans avouer leur turpitude…). Mais il ne fait aucun doute à mes yeux qu'il s'agit d'un nouvel épisode du boycott culturel d'Israël. Un ami me faisait remarquer qu'il n'était pas étonnant que cette mesure de boycott émane de Courrier International, qui publie uniquement les articles de la presse israélienne d'extrême-gauche (Ha'aretz) et en particulier les articles de Gideon Levy (que P.A. Taguieff qualifie de "l'un des plus exaltés des accusateurs professionnels d'Israël"). Un peu comme si un journal israélien prétendait rendre compte de l'actualité française en se fondant uniquement sur les éditoriaux de Minute ou de L'Humanité

     

    A CINQ HEURES.jpgJ'ai souvent dénoncé dans les colonnes de mon blog la stupidité et l'inanité du "boycott culturel", notamment à l'occasion de la récente déprogrammation du beau film "À cinq heures de Paris" par le réseau indépendant Utopia. Je qualifiais à l'époque le boycott culturel de "Nouveau Statut des Juifs", sans me douter que j'en serais bientôt la nouvelle victime… Mais je continuerai d'écrire sur la littérature, israélienne notamment, dans les colonnes de mon nouveau blog, et partout où il restera possible d'écrire librement. Ceux qui empêchent des Israéliens de s'exprimer, dans des colloques universitaires (comme dans l'affaire de ma collègue Esther Orner), ou sur des blogs doivent savoir qu'ils trouveront face à eux tous les amis de la liberté, liberté d'écrire et de penser, liberté des écrivains et de la plume. Je continuerai quant à moi d'écrire et de me battre avec ma plume contre les ennemis de la liberté !

    Pierre Itshak Lurçat, Jérusalem

    NB Retrouvez mon nouveau blog LETTRES D'ISRAEL sur Overblog!

    ZERUYA SHALEV, PHOTO P.I.LURCAT

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