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21.06.2011

Rencontre avec Arié Eldad, un député sioniste révolutionnaire

Arie ELDAD 2.JPGArié Eldad n’est pas un député israélien ordinaire. Médecin dans Tsahal, il est entré très tard en politique, pour défendre ses idées et pour poursuivre, avec d’autres armes, son combat pour Eretz Israël. S’il est classé à la droite de l’échiquier politique, cela n’empêche pas qu’il soit apprécié par beaucoup de ses collègues de tous les partis, en raison de son honnêteté et de sa droiture. Il a déclaré un jour qu’il se battait chaque matin contre la création d’un Etat palestinien, qu’il considère comme un danger mortel pour Israël, et chaque après-midi contre la corruption, danger non moins grave… Rencontre avec un homme de convictions.

 

Arié Eldad me reçoit dans son bureau de la Knesset, à Jérusalem. Sur le mur, deux photos en noir et blanc traduisent mieux que de longs discours l’origine de son engagement politique : celle de son père, Israël Eldad, et celle du rabbin Aryeh Levin, le fameux « rabbin des prisonniers » de l’Irgoun et du Lehi, qui fut son « sandak », c'est-à-dire son parrain lors de sa circoncision. Eldad appartient en effet, comme beaucoup d’autres hommes politiques actuels, à la génération des enfants des fondateurs de l’Etat, et des combattants des organisations clandestines juives dont l’histoire est sans doute une des pages les plus glorieuses et les plus dramatiques de l’aventure sioniste au vingtième siècle.

 

Arié Eldad est entré en politique relativement tard, et pour des raisons bien particulières, comme il me l’explique d’emblée. Général de brigade dans Tsahal et ancien chef des services de santé de l’armée, il a repris son travail de médecin, après 25 ans sous l’uniforme. Lorsque la Deuxième Intifada a éclaté, en l’an 2000, il se trouvait à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, qui était à l’époque surchargé de travail… « Nous avons accueilli plus de 3000 victimes d’attentats », se souvient Eldad, dont la spécialité – le traitement des brûlures – a malheureusement été très utile, pendant cette période difficile. C’est alors, m’explique-t-il, qu’il a compris qu’il était nécessaire de prévenir, au lieu de guérir… Et c’est cette conviction qui l’a décidé à abandonner la médecine pour se lancer dans la vie publique et dans la politique, avec cette idée fixe, qui ne l’a pas quitté depuis : « Si un Etat palestinien devait voir le jour à l’Ouest du Jourdain, les jours d’Israël seraient comptés »…

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24.03.2009

Un kahaniste à la Knesset

"Ceux qui ne voulaient pas du Rav Kahana à la Knesset risquent de voir son successeur siéger au gouvernement... Kahana n'avait pas raison, mais aujourd'hui il triomphe".

 

 

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Ces lignes sont celles de l'éditorial publié le mois dernier par le journal Ha'aretz. L'éditorial (non signé, comme ceux du Monde, équivalent français du Ha'aretz), appelle la Knesset et l'ensemble des Israéliens à "se révolter" contre la présence d'un député qui se réclame ouvertement du Rav Kahana. Ce député, Michael Ben Ari, rabbin et docteur, a en effet déclaré être le disciple du Rav Meir Kahana, dont le parti Kach fut privé du droit de siéger à la Knesset en 1986, accusé de "racisme". Jusqu'à ce jour, aucun autre parti n'a été exclu de la Knesset pour ce motif, pas même les très extrémistes partis arabes, dont les députés s'opposent ouvertement à l'existence d'un Etat juif et utilisent la Knesset comme tribune pour leurs discours anti-israéliens.

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Michael Ben Ari

 

Ces députés arabes se rendent pourtant régulièrement en visite dans les territoires palestiniens et dans les pays arabes, et ils déclarent sans se cacher partager le combat du Hamas et du Hezbollah. Il y a quelques mois encore, le député arabe Azmi Bishara a été inculpé de trahison, après avoir fourni des informations au Hezbollah pendant la guerre du Liban... Mais il s'est enfui avant d'être arrêté par la police israélienne. Et la Cour suprême a récemment rejeté les demandes d'interdiction déposées contre son parti et contre les autres partis arabes antisionistes.

 

La victoire posthume des idées kahanistes

 

Dans ces circonstances, il est pour le moins étrange de voir Haaretz s'indigner de la présence d'un député kahaniste à la Knesset... Le quotidien des élites post-sionistes ferait bien de nous expliquer en quoi le transfert de population est "raciste" lorsqu'il concerne des citoyens arabes (selon le programme du parti Kach), mais est légitime lorsqu'il concerne des citoyens juifs (ceux du Goush Katif, dont le transfert a été approuvé à la Knesset à la majorité et soutenu par Haaretz).

 

En réalité, que l'on apprécie ou non la personnalité controversée du Rabbin Kahana z.l., force est de reconnaître que ses idées, loin de disparaître après son assassinat (à New York en 1990, par un islamiste d'Al-Qaida), ont au contraire fait des émules de plus en plus nombreux. Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beitenou, et grand vainqueur des dernières élections, constitue en quelque sorte une version "soft" ou une imitation du leader assassiné, dont il a, à défaut des idées, adopté le langage populaire (certains diront populiste) et politiquement incorrect. De ce point de vue, l'entrée à la Knesset  - et demain peut-être au gouvernement – du parti Ihoud Leoumi et de Michael Ben Ari est bien, comme le déplore Haaretz, une victoire posthume pour les idées tellement vilipendées du rav Meir Kahana z.l.

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