24.03.2009
Un kahaniste à la Knesset
"Ceux qui ne voulaient pas du Rav Kahana à la Knesset risquent de voir son successeur siéger au gouvernement... Kahana n'avait pas raison, mais aujourd'hui il triomphe".
Ces lignes sont celles de l'éditorial publié le mois dernier par le journal Ha'aretz. L'éditorial (non signé, comme ceux du Monde, équivalent français du Ha'aretz), appelle la Knesset et l'ensemble des Israéliens à "se révolter" contre la présence d'un député qui se réclame ouvertement du Rav Kahana. Ce député, Michael Ben Ari, rabbin et docteur, a en effet déclaré être le disciple du Rav Meir Kahana, dont le parti Kach fut privé du droit de siéger à la Knesset en 1986, accusé de "racisme". Jusqu'à ce jour, aucun autre parti n'a été exclu de la Knesset pour ce motif, pas même les très extrémistes partis arabes, dont les députés s'opposent ouvertement à l'existence d'un Etat juif et utilisent la Knesset comme tribune pour leurs discours anti-israéliens.
Ces députés arabes se rendent pourtant régulièrement en visite dans les territoires palestiniens et dans les pays arabes, et ils déclarent sans se cacher partager le combat du Hamas et du Hezbollah. Il y a quelques mois encore, le député arabe Azmi Bishara a été inculpé de trahison, après avoir fourni des informations au Hezbollah pendant la guerre du Liban... Mais il s'est enfui avant d'être arrêté par la police israélienne. Et la Cour suprême a récemment rejeté les demandes d'interdiction déposées contre son parti et contre les autres partis arabes antisionistes.
La victoire posthume des idées kahanistes
Dans ces circonstances, il est pour le moins étrange de voir Haaretz s'indigner de la présence d'un député kahaniste à la Knesset... Le quotidien des élites post-sionistes ferait bien de nous expliquer en quoi le transfert de population est "raciste" lorsqu'il concerne des citoyens arabes (selon le programme du parti Kach), mais est légitime lorsqu'il concerne des citoyens juifs (ceux du Goush Katif, dont le transfert a été approuvé à la Knesset à la majorité et soutenu par Haaretz).
En réalité, que l'on apprécie ou non la personnalité controversée du Rabbin Kahana z.l., force est de reconnaître que ses idées, loin de disparaître après son assassinat (à New York en 1990, par un islamiste d'Al-Qaida), ont au contraire fait des émules de plus en plus nombreux. Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beitenou, et grand vainqueur des dernières élections, constitue en quelque sorte une version "soft" ou une imitation du leader assassiné, dont il a, à défaut des idées, adopté le langage populaire (certains diront populiste) et politiquement incorrect. De ce point de vue, l'entrée à la Knesset - et demain peut-être au gouvernement – du parti Ihoud Leoumi et de Michael Ben Ari est bien, comme le déplore Haaretz, une victoire posthume pour les idées tellement vilipendées du rav Meir Kahana z.l.
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