27/12/2012
Ben Ari : « L’Alyah des Juifs de France est une priorité nationale»
Je reproduis l'article de mon confrère et ami Meir Ben-Hayoun sur un sujet essentiel. P.I.L
C’est une première sur la scène politique israélienne. Lors d’une réunion électorale à Ashdod le 26 décembre, un membre de la Knesset, le docteur Michaël Ben Ari, numéro 2 du parti Otzma LeIsraël, a déclaré que l’Alyah des Juifs de France est une priorité nationale. Il en a exposé les principes.
Le député Michaël Ben Ari, numéro 2 du parti Otzma LeIsraël, a rencontré le public, dont des Francophones, à Ashdod mercredi 26 décembre.
Ben Ari a déploré l’abandon des principes du sionisme et a immédiatement enchainé sur la situation du judaïsme de France.
« La Communauté juive de France est sur une poudrière, pas seulement les Juifs, mais la France toute entière est sur une poudrière ». L’assistance acquiesce, Olim comme sabras. Une des personnes présentes prononce le mot résumant tout cela : « Toulouse ».
« Il faut revenir a nous-même et à ce que l’Etat d’Israël est censé être, le pays des Juifs qui les accueille et les intègre.» poursuit Michaël Ben Ari, « Les Juifs de France sont une communauté chaleureuse et dont beaucoup n’aspirent qu’à vive à Sion. Il faut les encourager à cela. Ils ont besoin de nous et nous avons besoin d’eux. C’est un jeu « win win » où tout le monde gagne, et l’Etat d’Israël, c’est-à-dire nous tous, et les Juifs de France. L’Alyah des 700 000 Juifs de France doit être une priorité nationale. On doit y consacrer réflexion à tous les niveaux, tous les efforts et tous les moyens. N’a-t-on pas consacré 14 milliards de shekels pour l’abandon de la Bande de Gaza et pour se retrouver sous des pluies de missiles ? Et la solution qu’on vous a fourni ici à Ashdod, c’est d’aller vous cacher sous terre comme des rats ? Voilà à quoi ont servi ces 14 milliards ! Ces budgets phénoménaux, n’auraient-il pas mieux servi pour l’Alyah des Juifs de France ?»
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22/07/2012
Chaïm Potok, un Hassid en littérature
Chaïm Potok (1929-2002) occupe une place de choix parmi les écrivains juifs américains du vingtième siècle. Il est en effet - aux côtés d’Isaac Bashevis Singer, de Bernard Malamud, de Saül Bellow ou de Cynthia Ozik – un des représentants les plus talentueux de cette « école juive de New York » qui a produit certains des plus grands romans du siècle passé. Mais il est aussi un de ceux qui ont donné le contenu le plus juif et le plus universel à cette forme particulière de l’écriture romanesque, devenue presque un genre littéraire sui generis : le roman juif américain.

Né en 1929 à New York, dans le Bronx, Herman Harold Potok est le fils d’immigrants juifs de Pologne. Son père, Benjamin Max, est horloger et bijoutier. Ses parents lui donnent une éducation juive orthodoxe. Très jeune, il se met à dévorer les auteurs classiques américains (Ernest Hemingway, William Faulkner) et européens (James Joyce, Thomas Mann, Evelyn Waugh). Il poursuit ses études juives jusqu’à son ordination comme rabbin (par le Jewish Theological Seminary, affilié au courant conservative), à l’âge de 25 ans. Parallèlement, il obtient un diplôme de littérature anglaise à la Yeshiva University. Son intérêt pour le judaïsme et pour l’écriture va déterminer sa carrière rabbinique et littéraire.
12:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : potok, litterature, juifs
26/06/2012
"Nietzsche l'Hébreu": rencontre avec le professeur Yakov Golomb, Pierre Itshak Lurçat
Que pensait Nietzsche des Juifs ? Quelle fut l'influence du grand philosophe allemand sur plusieurs éminents penseurs et hommes de lettres, qui jouèrent un rôle décisif dans l'évolution culturelle et politique du judaïsme européen, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ? En quoi le sionisme politique est-il redevable à la pensée de Nietzsche ? La réponse à ces questions – qui peuvent paraître saugrenues au lecteur non averti – se trouve dans le dernier livre que vient de publier en Israël le professeur Jacob Golomb, "Nietzsche l'Hébreu". Ce livre n'est pas réservé aux seuls spécialistes de la philosophie, car son thème véritable, très actuel, est au cœur du combat pour l'identité culturelle de l'Etat juif : à savoir, la "transmutation des valeurs" opérée par les penseurs qui furent à l'origine de la création du sionisme politique. Rencontre avec un Juif nietzschéen.
Jacob Golomb me reçoit dans son appartement du quartier de Beit Hakerem, à Jérusalem. Dans sa bibliothèque très fournie, les écrits de Nietzsche côtoient ceux des penseurs sionistes et des grands philosophes européens. Golomb enseigne la philosophie à l'université hébraïque de Jérusalem, et il est devenu au fil des ans un spécialiste de Nietzsche, auquel il a consacré plusieurs ouvrages. Il a aussi édité ou traduit en hébreu de nombreux classiques de la philosophie européenne, comme Rousseau, Husserl, Sartre ou Lévinas. Golomb est né à Wroclav, en Pologne, en 1947, de parents rescapés de la Shoah qui avaient tous deux perdu toute leur famille. Il fait partie de ces enfants qu'une chercheuse israélienne a qualifiés de "bougies du souvenir" (ner zikaron) : enfants nés après la Shoah de parents qui avaient perdu tous leurs proches et ont voulu reconstruire leur vie, en fondant une nouvelle famille.
Yaakov Golomb
Mais Jacob Golomb préfère ne pas s'étendre sur ce sujet, pour entrer dans le vif du thème de notre entretien : son dernier livre, Nietzsche l'hébreu. Ce livre est le fruit d'une recherche approfondie, fondée notamment sur une bibliographie exhaustive de tous les livres et articles écrits en hébreu concernant le philosophe allemand, depuis 1892 (année de la parution du premier article sur Nietzsche, écrit par Micha Yosef Berditchevski) et jusqu'à nos jours. On constate que l'intérêt pour Nietzsche n'a pas faibli depuis cette époque lointaine, comme l'atteste le fait que la récente re-traduction en hébreu d'Humain, trop humain se soit vendue à 30 000 exemplaires. A la question de savoir ce qui justifie cet engouement pour le penseur allemand, Golomb me répond sans hésiter que la société israélienne se trouve, aujourd'hui encore, en plein processus de recherche d'identité, et que le thème de l'identité et de l'authenticité est précisément au cœur de l'œuvre nietzschéenne.
17:06 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nietzsche, juifs, sionisme











