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  • Irène Némirovsky : commémorer une Juive antisémite ? - Pierre Itshak Lurçat

    A l'occasion de la sortie du film Suite française, adapté du roman d'Irène Némirovky, je remets en ligne cet article paru en 2010. P.I.L

    shoah,nemirovsky,juifs,antisemitisme"Il était petit, maigrichon, grelé, roux, clignait à tout moment ses yeux minuscules et roux eux aussi, avait le nez long et courbe et n'arrêtait pas de tousser". Cette description du Juif par Tourgueniev, dans son récit du même nom, m'est revenue en mémoire en lisant sous la plume de Myriam Anissimov comment Irène Némirovsky avait appris la technique romanesque chez l'écrivain russe. Elle a repris de son illustre aîné la manière de camper ses personnages, qu'elle créait et faisait vivre avec des précisions innombrables, avant même d'entamer l'écriture de son roman. Hélas, cet amour du détail et ce perfectionnisme psychologique n'ont pas leur pendant lorsqu'il est question des Juifs qui, sous sa plume, comme sous celle de son maître, demeurent des personnages falots, superficiels et caricaturaux, toujours détestables et moralement abjects, mais dénués de toute consistante ou de profondeur.

     

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    La polémique sur l'antisémitisme d'Irène Némirovsky vient de rebondir avec l'ouverture d'une exposition consacrée par le Mémorial de la Shoah à l'écrivain, dont la Suite française a connu un succès posthume inattendu, après son sauvetage miraculeux et sa parution en 2004. La vraie question n'est sans doute pas de savoir si Irène Némirovsky était antisémite (elle ne s'en cache pas du tout), que de comprendre quels étaient les ressorts de son attitude négative envers les Juifs. "Décrivant l'ascension sociale des Juifs", écrit M. Anissimov, "elle fait siens toutes sortes de préjugés antisémites… Sous sa plume surgissent des portraits de Juifs, dépeints dans les termes les plus cruels et péjoratifs, qu'elle contemple avec une sorte d'horreur fascinée…" Il s'agit donc d'un antisémitisme de plume, que Némirovsky a hérité de ses maîtres russes et qui va lui permettre de se faire une place dans le paysage littéraire de la France de la fin des années 1920 et du début des années 1930.

     

    Les gros sabots russes de Tourgueniev

     

    Olivier Philipponnat, biographe de Némirovsky (qui est aussi le commissaire scientifique de l'exposition du Mémorial) a certes raison d'observer qu'on ne peut juger Némirovsky à l'aune de ce que l'on sait aujourd'hui. Il faut, pour comprendre son personnage et son attitude envers ses origines, tenter de se replacer dans la France de l'entre-deux guerres, où l'antisémitisme faisait partie de la culture, à un point tel que les écrivains juifs eux-mêmes n'en étaient pas exempts, comme le fait remarquer Anissimov, citant Proust et Romain Gary. Toute la différence entre Proust et Némirovsky, c'est que même lorsque l'auteur de la Recherche du temps perdu attribue à Swann des stéréotypes, il le fait avec subtilité. Chez Némirovsky, point de finesse proustienne, mais la brutalité et les gros sabots russes d'Ivan Tourgueniev…

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  • Ben Ari : « L’Alyah des Juifs de France est une priorité nationale»

    Je reproduis l'article de mon confrère et ami Meir Ben-Hayoun sur un sujet essentiel. P.I.L

    Ben Ari, Alyah, France, JuifsC’est une première sur la scène politique israélienne. Lors d’une réunion électorale à Ashdod le 26 décembre, un membre de la Knesset, le docteur Michaël Ben Ari, numéro 2 du parti Otzma LeIsraël, a déclaré que l’Alyah des Juifs de France est une priorité nationale. Il en a exposé les principes.

    Le député Michaël Ben Ari, numéro 2 du parti Otzma LeIsraël, a rencontré le public, dont des Francophones, à Ashdod mercredi 26 décembre.

     Ben Ari a déploré l’abandon des principes du sionisme et a immédiatement enchainé sur la situation du judaïsme de France.

     « La Communauté juive de France est sur une poudrière, pas seulement les Juifs, mais la France toute entière est sur une poudrière ». L’assistance acquiesce, Olim comme sabras. Une des personnes présentes prononce le mot résumant tout cela : « Toulouse ».

     « Il faut revenir a nous-même et à ce que l’Etat d’Israël est censé être, le pays des Juifs qui les accueille et les intègre.» poursuit Michaël Ben Ari, « Les Juifs de France sont une communauté chaleureuse et dont beaucoup n’aspirent qu’à vive à Sion. Il faut les encourager à cela. Ils ont besoin de nous et nous avons besoin d’eux. C’est un jeu « win win » où tout le monde gagne, et l’Etat d’Israël, c’est-à-dire nous tous, et les Juifs de France. L’Alyah des 700 000 Juifs de France doit être une priorité nationale. On doit y consacrer réflexion à tous les niveaux, tous les efforts et tous les moyens. N’a-t-on pas consacré 14 milliards de shekels pour l’abandon de la Bande de Gaza et pour se retrouver  sous des pluies de missiles ? Et la solution qu’on vous a fourni ici à Ashdod, c’est d’aller vous cacher sous terre comme des rats ? Voilà à quoi ont servi ces 14 milliards ! Ces budgets phénoménaux, n’auraient-il pas mieux servi pour l’Alyah des Juifs de France ?»

     

     

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  • Chaïm Potok, un Hassid en littérature

    Chaïm Potok (1929-2002) occupe une place de choix parmi les écrivains juifs américains du vingtième siècle. Il est en effet - aux côtés d’Isaac Bashevis Singer, de Bernard Malamud, de Saül Bellow ou de Cynthia Ozik – un des représentants les plus talentueux de cette « école juive de New York » qui a produit certains des plus grands romans du siècle passé. Mais il est aussi un de ceux qui ont donné le contenu le plus juif et le plus universel à cette forme particulière de l’écriture romanesque, devenue presque un genre littéraire sui generis : le roman juif américain.

     

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    Né en 1929 à New York, dans le Bronx, Herman Harold Potok est le fils d’immigrants juifs de Pologne. Son père, Benjamin Max, est horloger et bijoutier. Ses parents lui donnent une éducation juive orthodoxe. Très jeune, il se met à dévorer les auteurs classiques américains (Ernest Hemingway, William Faulkner) et européens (James Joyce, Thomas Mann, Evelyn Waugh). Il poursuit ses études juives jusqu’à son ordination comme rabbin (par le Jewish Theological Seminary, affilié au courant conservative), à l’âge de 25 ans. Parallèlement, il obtient un diplôme de littérature anglaise à la Yeshiva University. Son intérêt pour le judaïsme et pour l’écriture va déterminer sa carrière rabbinique et littéraire.

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