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01.01.2012

La guerre d’Israël contre le Hamas: trois ans plus tard...

gaza,hamas,israelRelisant trois ans plus tard cette chronique de la guerre contre le Hamas, on ne peut s'empêcher de s'interroger : pourquoi Israël ne trouve un semblant d'unité que dans la guerre? Est-ce notre destin d'être sans cesse ballotés entre une guerre extérieure et les appels à la guerre civile? Sujet grave sur lequel je reviendrai très bientôt. P.I.L



De plomb, des toupies et de l’héroïsme juif

Pierre Itshak Lurçat


Les opérations militaires déclenchées samedi dernier par Israël contre le Hamas ont reçu le nom d’opération « Oferet yetsouka », c’est-à-dire « plomb fondu ». Les médias étrangers ont tous repris cette dénomination, sans s’interroger généralement sur sa signification. « Oferet », le plomb en question, évoque en français celui dont sont faites les balles, ou encore les soldats de plomb… Mais en hébreu, l’expression « plomb fondu » fait référence à tout autre chose : il s’agit d’une allusion à une chanson écrite par le poète Bialik sur la fête de Hannoukah, dont une strophe dit : « mon oncle m’a offert une toupie, une toupie de plomb fondu ».

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Haim Nahman BIALIK

Certains commentateurs en Israël n’ont pas manqué d’ironiser sur le choix de ce nom donné aux opérations militaires. Une toupie, pour désigner une guerre meurtrière contre le Hamas ? Une chanson de Bialik, le « poète de la renaissance nationale juive », qui est enseigné aujourd’hui surtout aux enfants des écoles maternelles et primaires ? S’agit-il d’un trait d’humour mal placé de la part d’un membre de l’état-major ? La tendance israélienne à se moquer de tout - et surtout de soi-même – et la manie très actuelle de briser tous les mythes, même les plus beaux et les plus essentiels à notre survie en tant que nation, ne doivent pourtant pas masquer ce qu’il y a de vrai et de profond dans ce choix, qui exprime mieux que des longs discours l’attitude juive envers la guerre et envers l’héroïsme militaire.

Israël uni dans la prière et dans la guerre

Dan Margalit écrivait ce matin (dimanche) dans les colonnes du journal Israeli Hayom qu'il y avait des jours, en Israël, où chaque Juif était plongé dans la prière, qu'il soit pratiquant ou non, « dati » ou « hiloni ». En vérité, il n'existe pas de Juif 100 % « hiloni », de Juif qui soit totalement sourd au langage de la prière, qui est sans doute le plus beau cadeau que le peuple Juif a offert à l'humanité. Hier, à Jérusalem, au Kottel où je m'étais rendu pour demander à l'Eternel de protéger nos soldats, il n'y avait pas foule, en cette soirée de sortie du shabbat. Pourtant, on sentait confusément que le pays tout entier partageait cette prière.

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Et le soir même, le porte-parole de l'armée, le général Avi Benayoun, déclara à la télévision que « tous les citoyens d'Israël étaient unis dans la prière pour le salut de nos soldats », mots qui n'étaient pas des paroles convenues, mais qui exprimaient véritablement la réalité intime du pays en cette heure grave. Le lendemain, tous les journaux publiaient en première page la photo des combattants de Tsahal lisant la prière spéciale rédigée par le rabbin de l'armée, avant de partir au combat. Le quotidien Maariv relatait l'émotion de ces jeunes soldats, au moment où ils recevaient la bénédiction du rabbin de Tsahal, venu les accompagner avant qu'ils entrent dans Gaza.

Ce soir, alors que s'achève la première journée de combats terrestres, avec aussi, hélas, les premières victimes dans les rangs de nos soldats, ce sont les versets des Psaumes qui sont prononcés dans des milliers de maisons juives, dans tout Israël. Voici ce qu'écrivait le Roi David, et qui prend aujourd'hui un sens nouveau : « Ô Dieu, c'est toi qui me procures vengeance, qui fais tomber des peuples à mes pieds ; qui m'arraches à mes ennemis, me fais triompher de mes agresseurs, et échapper aux hommes de violence » (dans l'hébreu du Tanakh, violence se dit « Hamas »). Si vous n'avez pas encore lu un Psaume pour nos soldats, faites-le sans attendre !

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27.09.2011

DEVENIR AGENT IMMOBILIER EN ISRAEL, C'EST POSSIBLE!

 

 

 

 

LU SUR LE SITE ISRAEL VALLEY :

Le nombre de personnes qui veulent passer l’examen pour être agent immobilier en Israël atteint un record : 2 000 candidats.

Lors des années précédentes, on constatait en Israël entre 1 200 et 1 600 postulants à un test. L’examen en question se tient quatre fois par an en Israël, et est une conséquence directe de la Loi sur les agents immobiliers qui a été adoptée dans les années 1990. La certification des agents immobiliers en Israël est sous la juridiction du ministère de la Justice.

Selon Etti Moyal, rattaché au ministère qui gère ces accréditations, « l’augmentation du nombre de demandeurs vient de plusieurs facteurs, notamment la reprise de la demande ». Une autre raison de ce succès serait liée à l’amélioration permanente du statut de la profession.

Néanmoins, Moyal rappel qu’environ 20% de ceux qui tentent ce test échouent et doivent le tenter de nouveau, ce qui pourrait aussi expliquer l’augmentation du nombre des demandeurs.

D’autres facteurs ont été avancés pour expliquer l’augmentation des postulants à ce poste : l’amélioration permanente des conditions de la profession, le niveau académique requis n’est pas forcément très élevé et ceux qui réussiront ce test auront la possibilité de posséder leur propre entreprise.—

ATTENTION - LE PROGRAMME DE L'EXAMEN VA CHANGER EN 2012! N'ATTENDEZ PAS POUR LE PASSER...

DEBUT DES COURS LE 1er NOVEMBRE - INSCRIPTION IMMEDIATE! 054 807 64 00 - pierre22@012.net.il

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03.07.2011

La persécution des rabbins en Israël et l’art d’écrire sur la loi juive, Pierre Itshak Lurçat

Israël, une démocratie totalitaire ?

JACOB TALMON.jpg« Démocratie totalitaire » - ce concept forgé par le politologue Jacob Talmon dans les années 1950 permet de comprendre un des aspects cruciaux du Kulturkampf déjà ancien, qui se fait à nouveau jour à travers l’affaire de l’arrestation des rabbins Dov Lior et Yaacov Yossef, et du conflit de valeurs fondamental qui ressurgit à cette occasion avec une intensité qui relègue presque au second plan la flottille de Gaza. Israël est en effet confronté, depuis sa renaissance en tant qu’Etat (et même avant 1948) à un double conflit, dont les deux éléments sont étroitement liés et interdépendants. Le premier oppose le Yichouv, puis l’Etat hébreu à ses voisins et à leurs alliés de l’intérieur et de l’extérieur. Le second est le conflit entre les tenants d’un Etat juif et les partisans d’un Etat de « tous ses citoyens ».

L’observateur, même le moins averti, de la vie politique israélienne – dont la complexité ne peut être déchiffrée sans connaître l’histoire du sionisme au cours des cent dernières années – ne peut en effet qu’être frappé par le parti-pris des médias israéliens et par l’injustice flagrante de l’arrestation des rabbin Dov Lior et Yaacov Yossef, accusés d’avoir donné leur imprimatur à un ouvrage de halakha soupçonné de « racisme », alors même que les universités israéliennes sont le principal vivier d’où sortent les contempteurs les plus radicaux du sionisme et de l’Etat d’Israël et les organisateurs du boycott antijuif sur la scène internationale, sans que le moindre professeur israélien antisioniste ait jamais été inquiété par la police israélienne pour ses opinions radicales et potentiellement meurtrières !

 

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Le rabbin Dov Lior, enseignant, possek et survivant de la Shoah

 

L’explication de cet état de fait est simple : si les membres de l’establishment judiciaire israélien et des élites médiatiques ne protestent pas contre les déclarations des professeurs antisionistes des universités de Beershéva ou de Haïfa, c’est parce que leurs opinions sont à peu de choses près conformes aux leurs... Aharon Barak, un des hommes qui a le plus contribué à former le visage des élites israéliennes actuelles et un des plus farouches opposants au caractère juif de l’Etat, est en effet – peu de gens le savent – un ami intime du juge Richard Goldstone… J’ai décrit ailleurs le rôle néfaste joué par le juge Barak, notamment au moyen de la « révolution constitutionnelle » dont il fut le promoteur.

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27.06.2011

ISRAEL - La liberté d’expression des rabbins en danger ?

Apprenant a l'instant l'arrestation du rav Dov Lior; je remets en ligne cet article premonitoire ecrit il y a 4 mois et paru dans ISRAEL MAGAZINE

LIRE AUSSI L'ARTICLE D'ISRAEL 7

L’Affaire du rav Dov Lior :

La société israélienne se caractérise par la grande vigueur du débat politique et par la liberté d’expression quasiment absolue qui y règne, ce qui est loin d’être le cas d’autres pays démocratiques, comme la France par exemple. Il n’est ainsi pas rare d’entendre des professeurs ou des artistes israéliens qualifier le Premier ministre ou le ministre des Affaires étrangères de tous les noms, les comparer à des animaux de basse-cour (dans le meilleur des cas) ou accoler des épithètes peu élogieuses aux soldats de Tsahal, notamment dans les colonnes du quotidien de gauche Ha’aretz. Dans ce contexte, il est difficile de voir dans la récente décision du procureur de l’Etat de diligenter une enquête et de menacer d’arrestation le rabbin Dov Lior, autre chose que le signe inquiétant d’une grave atteinte à la liberté d’expression.

RavLior01.jpgL’affaire du rav Dov Lior a commencé par une très banale ‘haskama’ – c’est-à-dire une sorte d’imprimatur donné par le rabbin Lior à un ouvrage traitant de halakha (loi juive), signifiant que cet ouvrage était sérieux et méritait d’être lu et étudié. Le livre en question, intitulé Torat Ha-Melekh (“La loi du Roi”) aborde, il est vrai, un domaine bien particulier de la loi juive : celui du droit de la guerre et notamment les cas dans lesquels un soldat juif a le droit de tuer un ennemi non Juif. Il expose la conception juive traditionnelle du droit de la guerre, qui est évidemment très différente de celle du juge Goldstone, ou de son ami israélien Aharon Barak, ancien président de la Cour suprême. Et c’est là que le bât blesse…

[...] On se souvient des images choquantes du rav Itshak Shapira, auteur de l’ouvrage, conduit au tribunal avec les menottes aux pieds comme un vulgaire assassin ou violeur d’enfants ! On a du mal à croire que l’Etat juif réserve à d’inoffensifs rabbins un tel traitement, qui évoque des pays comme l’ex-Union soviétique de triste mémoire.

Pour comprendre cette attitude, il faut se rappeler que la gauche israélienne – qui demeure majoritaire dans des secteurs clés comme les medias ou la justice – est largement issue des courants socialistes et communistes, férocement opposés à la religion et au judaïsme en particulier. Dans l’affaire du rabbin Lior, comme dans celle de la lettre des rabbins, c’est la liberté d’expression des rabbins qui est menacée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le rav Lior a refusé d’obtempérer à la convocation de la police, chargée par le Procureur de l’Etat d’enquêter sur le livre. Sa décision s’explique non pas, comme on a pu le lire – y compris dans la presse religieuse – par un mépris pour la justice et pour les institutions de l’Etat, mais au contraire par la volonté de ne pas cautionner un dévoiement et un détournement de ces institutions, utilisées à des fins politiques pour museler la droite religieuse sioniste, sous prétexte de ‘racisme’ et ‘d’incitation à la haine’…

Israël, une “démocratie totalitaire” ?

La lecture des commentaires sur cette affaire dans les colonnes de Ha’aretz (ou de Yediot) permet de mesurer à quel point les tenants de la gauche “éclairée et laïque” sont ignorants et emplis de haine envers le public sioniste-religieux (plus encore qu’à l’égard du public religieux non sioniste). Car le rav Lior incarne au plus haut point tout ce que les éditorialistes de cette presse détestent : il est en effet rabbin de Kyriat Arba, la ville des Patriarches qui cristallise et focalise la haine d’une large partie de la gauche israélienne. Cette affaire réunit ainsi tous les ingrédients du ‘kulturkampf’ Israélien actuel (dont les racines historiques sont aussi anciennes que le sionisme) : d’un côté, les rabbins sionistes, attachés à la loi juive et à la présence juive en Eretz-Israël, de l’autre les tenants de la démocratie occidentale (ou plutôt de la “démocratie totalitaire”, selon le concept de Jacob Talmon), qui voudraient transformer Israël en Etat de tous ses citoyens….

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09.06.2011

Jean Lurçat, Georges Goldstein et les débuts de la tapisserie en Israël

Quand un artiste communiste français exprimait son soutien à Israël

Pierre Itshak Lurçat

JEAN LURCAT.jpgLes extraits de la lettre qu’on lira ci-dessous sont un document d’histoire. Histoire familiale tout d’abord, car Jean Lurçat (1892-1966) était mon grand-oncle, et je me plais à imaginer qu’il aurait été heureux de savoir qu’une partie de sa famille vit en Israël, pays qu’il connaissait et qu’il aimait. Histoire de l’art contemporain et de la tapisserie française et israélienne ensuite, et surtout témoignage inédit sur une époque révolue où l’on pouvait affirmer et afficher son soutien à Israël, tout en étant un artiste reconnu appartenant au parti communiste français…

Jean Lurçat n’était pas juif, mais il était – comme son frère l’architecte André Lurçat (1894-1970) et comme d’autres intellectuels communistes ou ‘compagnons de route’, parmi lesquels Henri Wallon ou encore Jean-Paul Sartre – profondément philosémite, notamment depuis qu’il avait côtoyé des Juifs strasbourgeois dans la Résistance. Or, être philosémite, au lendemain de la guerre et de la Shoah, cela voulait dire soutenir le jeune Etat d’Israël*, en proie à l’hostilité de ses voisins qui rêvaient (et rêvent encore) de parachever le travail d’Hitler et d’étouffer dans l’œuf le petit Etat juif, comme leurs dirigeants – et Gamal Abdel Nasser en premier lieu - s’en vantaient publiquement.

 

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Goldstein devant une tapisserie de Lurcat dans son atelier

 

C’est ainsi que Jean Lurçat se rendit à plusieurs reprises en Israël, où il se lia d’amitié avec un jeune peintre et cartonnier, Georges Goldstein, élève de Gromaire, qu’il encouragea à développer la tapisserie en Israël. Lurçat participa activement aux débuts de la tapisserie israélienne, avec l’aide du Docteur Haim Gamzu, directeur du musée de Tel-Aviv, qui organisa l’exposition des Tapisseries de France en présence de l'artiste français, et avec le soutien financier de l’industriel Ephraim Ilin. Cette aventure aboutit à la création du premier atelier de tapisserie, à Nazareth-Ilit, dont l’existence fut éphémère (1964-1966) en raison de la crise économique précédant la guerre des Six Jours...

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30.05.2011

Interview de Philippe Karsenty par Véronique Chemla

http://www.veroniquechemla.info/2011/05/interview-de-philippe-karsenty.html

Philippe Karsenty est un intellectuel Juif et un élu francilien. C'est un analyste des médias et le fondateur/directeur de Media-Ratings qui épingle les partis pris des médias français. En 2004, il a écrit que France 2 et Charles Enderlin avaient mis en scène l'incident al-Dura en 2000, dans la bande de Gaza. Il a été poursuivi pour diffamation. Il a perdu le procès en première instance en 2006, mais il a gagné devant la Cour d'appel de Paris en 2008. Grâce à lui, une partie des rushes de France ont été rendus publics. Philippe Karsenty a aussi gagné un procès pour diffamation contre la chaine française Canal +, en 2010. En 2008, il a été élu sur une liste de centre-droit comme conseiller municipal, adjoint au Maire de Neuilly-sur-Seine. Il est candidat pour l'élection des députés représentant les Français de l'étranger au sein de l'Assemblée nationale, une des deux chambres du Parlement français.


Cet article a été publié en américain par Ami magazine.
That article was published in American by Ami magazine.




Quelles sont les circonstances de votre candidature ?
Je mène une campagne électorale dans une circonscription nouvellement créée qui comprend les citoyens français vivant à l'étranger, principalement en Israël, en Italie, en Grèce et en Turquie. Les Israéliens représentent la part la plus importante de la population de cette circonscription.

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11.05.2011

Lettre ouverte à un rabbin qui ne célèbre pas Yom Ha’atsmaout

La population juive d’Israël, contrairement à l’image qu’en donnent souvent les medias (qui donnent presque toujours la parole aux franges ultra-laïque et ultra-religieuse minoritaires), est constituée dans sa grande majorité de Juifs traditionnalistes, pratiquant à des degrés divers mais respectueux de la tradition et des fêtes juives. Yom Ha’atsmaout est sans doute la fête la plus célébrée, qui unit dans une même ferveur et allégresse des Juifs de toutes obédiences, ‘datim et ‘hilonim, et même des Juifs orthodoxes parfois hâtivement qualifiés d’antisionistes. (Il suffit de voir le nombre de drapeaux bleu et blanc aux fenêtres des maisons de Bait Vegan à Jérusalem, pour s’en convaincre). En réalité, l’antisionisme juif religieux est largement, tout comme le sionisme marxiste du Hachomer Hatzair, une relique du passé…

 


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[Yom Ha'atsmaout a Tel-Aviv, photo P.I.Lurcat]

Dans ce contexte, il est affligeant d’écouter le cours du rabbin Ron Chaya, qu’un ami juif de France m’a envoyé hier, intitulé “Doit-on célébrer Yom Ha’atsmaout ?”. Je n’ai pas pour habitude de polémiquer avec des rabbins, sauf dans des cas exceptionnels. Ce cours, que j’ai visionné en plein jour de Yom Ha’atsmaout, m’a tellement choqué que j’ai décidé de faire exception à cette règle. Je ne ménage pas mes critiques envers certains dirigeants ou partis politiques israéliens, et pourtant je n’ai jamais pensé que l’on pouvait disqualifier certaines parties du peuple Juif en les qualifiant de “Erev rav”. Ce concept mystique doit être employé avec précaution, comme le rabbin Chaya devrait le savoir, et on ne peut s’en servir pour rejeter en bloc, comme il le fait, tous les penseurs sionistes et les dirigeants, actuels ou passés, de l’Etat d’Israël.

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La dernière partie du “cours”, dans laquelle il relate une ‘anecdote’ et compare Zeev Jabotinsky à Hitler (!), est une insulte aux disciples du fondateur du Betar, dont je fais partie, et au peuple Juif tout entier. Jabotinsky est aujourd’hui révéré par l’ensemble de la classe politique en Israël, y compris chez les héritiers de David Ben Gourion, qui avait autrefois employé les mêmes mots que le rabbin Chaya pour qualifier son redoutable opposant (alors même qu’il avait signé un accord avec lui en 1934, qui fut désavoué par son propre camp). Plus personne - sauf peut-être parmi les intellectuels d’extrême-gauche qui celèbrent la “Naqba” au lieu de Yom Ha’atsmaout - n’oserait aujourd’hui parler du Roch Betar en ces termes.

 

Je connais certes les légendes qui circulent dans le monde ‘haredi antisioniste sur nos grands hommes – Theodor Herzl notamment – qui sont décrits comme des Juifs assimilés détestant la religion dans le meilleur des cas, et comme des “faux Juifs” ou des représentants du “Erev rav”, pour reprendre les termes du rabbin Chaya. S’il prenait la peine d’étudier l’histoire du sionisme, au lieu de se contenter de colporter les rumeurs qui circulent dans certains milieux, il saurait que ces légendes ne valent pas mieux que celles que rapportaient autrefois les mitnagdim au sujet des Hassidim, ou que ces fausses rumeurs que nos ennemis ont diffusées à notre sujet pendant des millénaires, avec les conséquences que l’on sait.

herzl2.jpgHerzl était un grand Juif, un “nouveau Moïse”, comme l’a montré le Dr Weisz dans son ouvrage “Herzl, une nouvelle lecture”. Jabotinsky était lui aussi un Juif fier, certes éloigné de toute pratique religieuse (ce qui ne l’a pas empêché de se rendre chaque jour à la synagogue pendant l’année du décès de son père, mort alors qu’il avait seulement six ans, comme il le relate dans son Autobiographie, que j’ai eu le plaisir de traduire en français). Qualifier Herzl de “Erev rav”, ou accoler au nom de Jabotinsky celui du plus grand ennemi de notre peuple n’est pas seulement une insulte à tous les Juifs, disciples du Roch Betar ou non, c’est une insulte à l’intelligence. C’est une insulte qui porte atteinte au respect que l’on doit à nos grands hommes et, par ricochet, cette insulte rejaillit sur ceux qui prononcent de telles paroles.

M. Ron Chaya a le droit de ne pas fêter Yom Ha’atsmaout, de ne pas dire le Hallel, avec ou sans bénédiction, et de continuer à vaquer en ce jour sacré à ses occupations comme si de rien n’était… Il s’exclue ce faisant de la majorité de notre peuple qui, en Israël comme dans la Gola, se réjouit de voir la fin de notre exil et le début de notre délivrance, “Rechit Tsmi’hat Géoulatenou”. On m'objectera sans doute que ses propos sont des inepties ne méritant aucune réponse, mais cela serait une erreur. Car de nombreux jeunes Juifs qui ont soif de Torah et de connaissance vont étudier dans sa yéchiva, et ils sont exposés, entre deux pages de Guemara, à son fiel antisioniste. Le plus affligeant est de voir que le miracle de la création d’Israël et du Rassemblement des exilés est aujourd’hui reconnu par de plus en plus de personnes, juives ou non, et que ce sont précisément des rabbins de son obédience qui demeurent obstinément aveugles face aux Hauts faits de l’Eternel… Comme il est dit dans les Psaumes du Roi David, “Ils ont des yeux et ne voient pas, ils ont des oreilles et n’entendent pas..”. Hag Hatsmaout Saméa’h !

Pierre Itshak Lurçat

24.04.2011

La Vision d’Ezéchiel et l’Etat d’Israël

loulek.jpgDans un passage de sa magnifique autobiographie, récemment traduite en français (sous le titre Loulek, l’histoire d’un enfant de Buchenwald qui devient grand rabbin d’Israël), le rav Meir Lau relate son séjour à Ecouis, dans une maison de l’OSE, avec 500 enfants rescapés de Bergen-Belsen et de Buchenwald. Un jour, un des plus âgés du groupe, Aharon Feldberg, s’adresse aux enfants et leur parle du Livre d’Ezéchiel et de la prophétie des Ossements desséchés, qui l’a accompagné pendant toutes les années de la guerre. Il conclut son discours par ces mots : “Nous sommes les ossements desséchés… L’Europe est notre cimetière. D.ieu a dit au prophète Ezéchiel qu’Il ouvrirait les tombes pour nous extraire de ce charnier et nous ramener en Terre d’Israël”.

Ce sentiment d’avoir vécu dans leur chair la résurrection évoquée par le prophète Ezéchiel a été partagé par de nombreux rescapés de la Shoah. Et même le lecteur né après la Shoah et la création de l’Etat d’Israël ne peut s’empêcher de penser, en lisant la prophétie d’Ezéchiel, aux événements fondateurs pour la conscience juive contemporaine que sont la destruction des Juifs d’Europe et la renaissance du peuple Juif souverain sur sa terre.

 

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La main du Seigneur se posa sur moi et le Seigneur me transporta en esprit et me déposa au milieu de la vallée, laquelle était pleine d’ossements. Il me fit avancer près d'eux, tout autour; or, il y en avait un très grand nombre à la surface de la vallée, et ils étaient tout desséchés. Il me dit: "Fils de l'homme, ces ossements peuvent-ils revivre?" Je répondis "Seigneur Dieu, tu le sais." Et il me dit: "Prophétise sur ces ossements et dis-leur: Ossements desséchés, écoutez la parole de l'Eternel ! Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements: Voici que je vais faire passer en vous un souffle, et vous revivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître autour de vous de la chair, je vous envelopperai d'une peau; puis je mettrai en vous l'esprit, et vous vivrez; et vous reconnaîtrez que je suis l'Eternel." Je prophétisai comme j'en avais reçu l'ordre. Il se fit une rumeur, comme je prophétisais, puis un frémissement, et les os se rapprochèrent en s'ajustant l'un à l'autre. Je vis qu'il y avait sur eux des nerfs, qu'une chair s'était développée et qu'une peau s'étendait par-dessus, mais de souffle, il n'y en avait point encore. Il me dit fais appel à l'esprit, fais appel, fils de l'homme, et dis à l'esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu'ils revivent...

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22.04.2011

Humains, trop humains... Réflexions après le carnage d’Itamar

En chaque homme juif se trouve profondément enfouie la tendance à interpréter un malheur qui le frappe comme l’expiation d’une faute commise”.

Theodor Lessing

victime-terrorisme-israel-boys_ap-300x216.jpgLe terrible attentat d’Itamar pose à nouveau, dans toute son horreur, la question ancienne et sans cesse récurrente de la haine d’Israël. Depuis 2000 ans et plus que nos ennemis nous tuent, depuis des siècles de massacres, de pogroms, de persécutions, de bûchers de l’Inquisition et de bains de sang, la même question revient toujours sur nos lèvres : “Pourquoi ?” Curieusement, le peuple Juif qui n’a jamais connu de répit dans son histoire bimillénaire et qui est sans doute le peuple le plus expérimenté au monde en matière de souffrance, reste toujours aussi surpris et étonné face à ses ennemis. Pourquoi nous haïssent-ils ?

La réponse juive traditionnelle à cette question est que Esaü (et Ishmaël) nous détestent depuis les origines de notre histoire, parce que nous sommes le peuple élu par D.ieu, destinataire de sa Torah. Plus précisément, comme l’explique le Rav Ben Ishaï – dont la fille, le gendre et trois petits-enfants ont été assassinés à Itamar – ils nous haïssent parce qu’ils veulent s’attaquer à D.ieu lui-même. Mais cette explication s’est souvent accompagnée d’une autre interprétation, opposée, voulant faire de nos ennemis l’instrument de la colère divine : s’ils nous haïssent, c’est parce que nous sommes coupables !

Rejetant ces explications théologiques, le sionisme politique a lui aussi voulu répondre à cette question. Sa réponse a pris la forme d’un constat lucide et désabusé : la haine des Juifs est éternelle. Il ne nous sert donc à rien de vouloir nous assimiler parmi les nations. Recouvrons notre indépendance et nous pourrons nous défendre contre nos ennemis. C’est ce pessimisme lucide et ce refus de la passivité juive traditionnelle qui ont été les moteurs essentiels du mouvement sioniste. Pourtant, l’idée que la haine d’Israël pouvait n’être que passagère et que nous en étions les principaux responsables n’a pas disparu. Elle est même revenue sur le devant de la scène avec le processus d’Olso.

lapaixmaintenant.jpgLe plus grand mensonge du “processus de paix” réside en effet dans la croyance, totalement irrationnelle et sans cesse démentie par les faits – croyance qui relève du faux messianisme de “La Paix maintenant”, aussi dangereux que le fut en son temps le sabbatéisme – que nos ennemis sont en train de changer. Comme s’il suffisait d’être humains et généreux et de leur faire des “concessions douloureuses” pour qu’ils cessent de nous haïr et de nous tuer… Or le carnage d’Itamar montre une fois de plus – une fois de trop – que nos ennemis ne changeront pas. Leur haine ne disparaîtra jamais, quoi que nous fassions. Car elle est éternelle, comme l’avaient bien compris les pères fondateurs du sionisme politique, et comme le disait un des dirigeants les plus lucides d’Israël, Itshak Shamir, dans son style imagé : “la mer sera toujours la mer et les Arabes seront toujours les Arabes”.

Cessons de nous comporter en agneaux dans un monde de loups !

Nos ennemis ne changeront pas. C’est donc à nous de changer ! Cessons de nous comporter en modèles d’humanisme, en agneaux dans un monde de loups. Devenons une fois pour toutes, comme l’exigeait Jabotinsky, une ‘race fière et cruelle’. Cessons de vouloir faire de Tsahal l’armée “la plus morale du monde” * et contentons-nous d’en faire l’armée la plus efficace pour défendre notre pays contre ses ennemis ! Retirons à la Cour suprême la compétence exhorbitante (et illégale) que se sont arrogée les juges Aharon Barak (ami personnel du Juif renégat Richard Goldstone) et Dorit Beinich, de prétendre dire aux officiers de Tsahal ce qu’ils ont le droit de faire et de ne pas faire dans leur mission sacrée de défense d’Israël.

 

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[...]

LIRE LA SUITE DANS LE DERNIER NUMERO D'ISRAEL MAGAZINE.

* Voir notre article, “Tsahal, l’armée “la plus morale du monde”, Ashdod Aujourd’hui, février 2010.

28.02.2011

Stéphane Hessel récidive… et relativise la Shoah !

hessel shahid.jpgAprès le succès phénoménal (osons le mot, kolossal!) de son premier “livre”, Hessel récidive… Le vieillard indigné publie aux éditions de l’Aube “Engagez-vous !”. Selon l’éditeur, “ce nouvel ouvrage réunit les entretiens qu’il a eu avec Gilles Vanderpooten, un jeune diplômé de 25 ans, permettant de mieux saisir l’originalité de sa personnalité [sic] et la profondeur de ses engagements” [re-sic].

 

Etant donné le succès d’édition inespéré de son premier “livre”, on comprend l’empressement que les éditeurs en quête de best-sellers éprouvent à publier la suite des élucubrations de Stéphane Hessel… Je fais le pari que ce nouvel opuscule ne sera pas le dernier et qu’il publiera encore plusieurs tomes dans les prochains mois. Suggérons quelques titres, toujours dans la même veine : “Rengagez-vous” (allusion à Astérix…), “Boycottez Israël!” (plus explicite), “Scandalisez-vous !”

 

A noter : La journaliste Elisabeth Lévy signalait récemment sur son site la stupéfiante déclaration de M. Hessel, faite à un journaliste allemand :

 

« La politique d’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec la politique d’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une politique relativement inoffensive, si l’on fait abstraction d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art. »

 

Curieusement, Mme Levy a éprouvé le besoin d’ajouter (par crainte d’un procès en diffamation ?) la précision suivante :

 

« N’ayant pas le temps de l’interroger, je précise que je ne crois nullement que Stéphane Hessel fasse montre ici de la moindre complaisance avec le nazisme, mais la comparaison avec l’occupation israélienne est pour le moins ébouriffante ».

 

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J’ai vérifié les propos de Hessel dans l’original allemand [« Die deutsche Besatzung war, wenn man sie vergleicht zum Beispiel mit der heutigen Besetzung von Palästina durch die Israelis, eine relativ harmlose, von Ausnahmen abgesehen wie den Verhaftungen, Internierungen und Erschießungen, auch vom Raub der Kunstschätze. »] : il n’y a pas d’erreur. Herr Hessel a bien affirmé que l’occupation allemande était inoffensive par rapport à l’occupation israélienne! De tels propos sont non seulement une insulte au peuple juif et israélien, mais ils constituent aussi une dangereuse relativisation (pour ne pas dire une négation) du crime contre l'humanité que constitue la Shoah. Par ces propos tenus dans un journal allemand, M. Hessel montre son visage véritable, celui d'un digne émule de Le Pen et de Faurisson!

 

On imagine le tollé que de tels propos auraient suscité dans la bouche de Marine Le Pen, par exemple… Mais tout est permis à Stéphane Hessel, ancien “résistant” devenu un collabo actif de la dénonciation des Juifs et d’Israël ! On attend encore une condamnation de ses propos négationnistes… Indignez-vous, qu’y disaient…

Itshak Lurçat

 

P.S. Signalons l’initiative salutaire de l’éditeur David Reinharc qui publie une réponse à Hessel, sous le titre « J’y crois pas ».

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