23.02.2011
Les Frères musulmans et la question palestinienne, Paul Landau
L'implication des Frères musulmans dans la question palestinienne est étroitement liée à leurs relations avec le Haut Comité arabe et son dirigeant, le Mufti de Jérusalem Haj Amin Al-Husseini. Le Guide des Frères musulmans et le Mufti partagent une même vision du monde, une même haine des Juifs et de l'Angleterre, et une même admiration pour les régimes fasciste et hitlérien. Dès 1935, le frère du Guide suprême, Abd Al-Rahman Al-Banna, se rend en Palestine, où il rencontre Al-Husseini. De son côté, Hassan Al-Banna écrit au Mufti pour l'assurer de son soutien 24. Les deux hommes vont établir une collaboration étroite, et des liens personnels qui se poursuivront jusqu'à la mort d'Al-Banna en 1949. Leur collaboration se traduit par une aide réciproque : les Frères musulmans collectent des fonds pour le Haut Comité arabe de Husseini, et ce dernier leur apporte une justification idéologique et des thèmes de propagande, grâce auxquels les Frères musulmans galvanisent les foules égyptiennes et attirent des milliers de membres et de sympathisants. Jusqu'au milieu des années 1930, la question palestinienne n'avait joué quasiment aucun rôle dans la politique égyptienne. Certains écrivains et hommes politiques égyptiens avaient même exprimé leur intérêt et leur admiration envers les pionniers sionistes, à l'instar du célèbre penseur musulman Rashid Rida, rédacteur en chef du journal Al-Manar 25. Mais les émeutes de 1936 fomentées par le Mufti de Jérusalem et leurs répercussions en Egypte vont profondément modifier la situation.
Au début de l'été 1936, le Haut Comité arabe envoie des émissaires en Egypte, afin de mobiliser les autorités religieuses, gouvernementales et les médias en faveur de la cause arabe en Palestine 26. Pour sensibiliser l'opinion arabe, ils prétendent que les Juifs ont voulu profaner les Lieux saints musulmans à Jérusalem, prétendument pour « reconstruire le troisième Temple sur l'emplacement de la mosquée d'Omar ». Cette rumeur est répercutée par les mosquées, dans lesquelles les prédicateurs déclarent que c'est une obligation religieuse pour chaque musulman de s'engager dans le jihad en faveur de la Palestine. La campagne de propagande est relayée par des comités de solidarité, qui organisent des manifestations et des collectes en faveur de leurs « frères » arabes en Palestine. Certains membres des Frères musulmans égyptiens prennent part aux émeutes antijuives en Palestine entre 1936 et 1939 25. Lors de la première guerre israélo-arabe de 1947-48, l'engagement des Frères musulmans se manifestera par l'envoi de volontaires pour « combattre les Juifs ». Nous reviendrons sur cet épisode, dans lequel Said Ramadan, gendre d'Al-Banna et père de Tariq Ramadan, a joué un rôle important 27.
Très rapidement, la cause arabe en Palestine sert de prétexte à de violentes attaques contre les Juifs égyptiens, accusés d'être une « cinquième colonne » sioniste. En mai 1936, les Frères musulmans appellent au boycott des magasins juifs en Egypte, instaurant ainsi une pratique que l'on retrouvera en Europe lors de la nouvelle vague d'antisémitisme des années 2000-2002 28. Des tracts sont distribués, appelant au boycott des marchandises et des magasins juifs. Le journal Al-Nadhir publie une rubrique régulière intitulée « Le danger des Juifs d'Egypte ». Il publie également les noms et adresses des hommes d'affaires juifs et de journaux accusés d'être « aux mains des Juifs ». Quant à l'organe des Frères musulmans, Jaridat al-Ikhwan al Muslimin, il publie à la fin des années 1930 de nombreux articles accusant les Juifs de conspirer contre l'Islam. Il les accuse tantôt d'avoir intrigué contre le prophète, reprenant les thèmes de l'antijudaïsme musulman traditionnel, tantôt de « comploter en vue de détruire le monde » et d'être les instigateurs du mouvement communiste international 29.
La campagne de boycott des magasins juifs en Egypte, organisée tout d'abord par les Frères musulmans, est très vite reprise par d'autres mouvements et partis politiques, parmi lesquels Jeune Egypte, qui en fait sa principale activité politique à partir de 1939. Un comité pour le boycott des Juifs d'Egypte est également constitué à l'université Al-Azhar, distribuant des tracts aux étudiants. Ces appels au boycott se traduisent fréquemment par des violences physiques à l'encontre des Juifs, les manifestants se rendant souvent dans le quartier juif du Caire pour trouver un exutoire à leur haine. L'hostilité envers les Juifs s'exprime également par la multiplication des menaces et des mises en garde envers les Juifs égyptiens, appelés à se dissocier publiquement du sionisme dans des articles et des lettres ouvertes publiées dans la presse 30.
De son côté, Al-Husseini dirige les émeutes anti-juives en Palestine, qui redoublent d'intensité en 1936. Obnubilé par l'idée d'une alliance stratégique avec l'Allemagne nazie, il multiplie les contacts avec ses représentants diplomatiques. Dès 1933, il entre ainsi en contact avec le consul allemand à Jérusalem, peu de temps après l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler 31. Dans l'esprit d'Al-Husseini, il s'agit de mettre fin à l'installation des Juifs en Palestine, mais aussi de combattre le « judaïsme mondial » en s'alliant avec Hitler. Après la promulgation des lois raciales de Nuremberg, les télégrammes de félicitations affluent de Palestine et d'autres pays arabes.
24. Voir T. Ramadan, Aux sources du renouveau musulman, p.206, Tawhid 2002. Sur le rôle du frère d'Al-Banna, voir Mitchell, op. cit. p.55.
25. Krämer, op. cit. p.144.
26. Olivier Carré et Michel Seurat, op. cit. p. 31. Voir aussi Richard Mitchell, The Society of the Muslim Brothers, p. 55
27. Voir chapitre 3, Said Ramadan et l'implantation des Frères musulmans en Europe.
28. Voir Itshak Landau, « La nouvelle campagne de boycott d'Israël », bulletin no. 4/5 de l'Observatoire du Monde juif.
29. Sur les liens entre Haj Amin Al-Husseini et Hitler, voir notamment K. Timmerman, Preachers of Hate, chapitre 5, Crown Forum, New York 2003 ; Joseph Schechtman, The Mufti and the Fuehrer, Thomas Yoseloff, New York 1965.
30. Voir James Jankowski, « Zionism and the Jews in Egyptian Nationalist Opinion », in Egypt and Palestine, A Millenium of Association, Ben Zvi Institute, Jérusalem 1984.
31. J. Jankowski, art. cit. p. 328.
[EXTRAIT DU LIVRE DE PAUL LANDAU, "LE SABRE ET LE CORAN", EDITIONS DU ROCHER 2005]
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09.02.2011
Hassan Al-Banna et la création des Frères musulmans, Paul Landau
L'importance des Frères musulmans pour l'islamisme est comparable à celle que le parti bolchévique a représenté pour le communisme 2 : jusqu'aujourd'hui, c'est ce mouvement qui sert de référence idéologique et organisationnelle à tous les groupes islamistes, y compris le réseau Al-Qaida (au point que Sayyid Qutb, un des principaux théoriciens des Frères musulmans, a été surnommé le « cerveau de Ben Laden » 3). Gilles Kepel, auteur d'importants travaux sur les mouvements islamistes contemporains, qualifie les Frères musulmans de « matrice de l'islamisme moderne » 4. Un autre auteur les qualifie de « maison-mère de toutes les factions du mouvement islamiste contemporain » 5. (Nous verrons comment Tariq Ramadan esquive - ou escamote - ce point essentiel).
Le contexte dans lequel fut créée l'organisation était celui d'un immense désarroi dans le monde musulman, faisant suite à l'abolition du califat ottoman d'Istambul par Mustafa Kemal, en 1924 6. Symbole depuis près de treize siècles de l'unité des croyants de l'Islam à travers le monde, le califat fut remplacé par une république turque, nationaliste et laïque. La création des Frères musulmans visait notamment à remplir le vide créé par la disparition du califat. Une page Internet affiliée aux Frères musulmans affirme ainsi que la « renaissance » islamique est entrée dans une phase active avec la création de la Confrérie, « peu de temps après la plus grande calamité jamais survenue, avec la dislocation du califat [en 1924] et la déclaration de guerre contre toutes les formes de l'Islam dans la plupart des pays musulmans » 7. Un autre exemple frappant de référence à l'événement de 1924 comme élément-clé du discours islamiste est cette cassette vidéo diffusée par Ben Laden le 7 octobre 2001, évoquant « l'humiliation endurée par l'Islam depuis plus de quatre-vingts ans » 8. (Nous serons amenés à voir comment le discours islamiste attribue la fin du califat à une conspiration, allant jusqu'à faire de Mustafa Kemal Atatürk un « membre d'une secte juive »…9). Le mouvement des Frères musulmans fut aussi créé en réaction à l'occupation britannique en Egypte, comme la plupart des partis politiques qui sont apparus à la même période. Cependant, la composante nationaliste a très vite été effacée par la composante islamiste ; c'est cette dernière qui a assuré aux « Frères » leur succès à l'intérieur et à l'extérieur des frontières égyptiennes, et qui explique leur longévité politique jusqu'aujourd'hui.
Hassan Al-Banna et la création des Frères musulmans
L'organisation des Frères musulmans (Al-Ikhwan Al-Muslimoun) a été fondée en 1928 en Egypte par Hassan Al-Banna. Al-Banna est né en 1906 à Mahmudiyya, petite ville du delta du Nil proche d'Alexandrie. Son père était horloger et enseignait le Coran dans la mosquée de la ville. C'etait un musulman rigoriste, formé à l'université Al-Azhar, où il fut l'élève de Mohammed Abduh, fondateur du mouvement salafiste 10. A l'âge de douze ans, le jeune Hassan adhère à la « Société pour la conduite morale », groupement religieux qui encourage au respect scrupuleux des prescriptions de l'islam, en punissant toute infraction par un système d'amendes et de peines 11. A la même époque, il est attiré par le soufisme, et devient membre de la confrérie al-Husafiyya. Impressionné par le spectacle du dikhr - la danse mystique des soufis - il franchit tous les échelons de la confrérie, jusqu'à l'initiation totale en 1922. Ce double aspect rigoriste et mystique marquera profondément la personnalité d'Al-Banna, même lorsqu'il aura délaissé la mystique pour la politique. [...] SUITE>>>
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24.08.2010
ISLAMISATION - Et les associations juives, quand se réveillent-elles ?
EXCELLENT ARTICLE DE RIPOSTE LAIQUE QUI POSE UNE QUESTION IMPORTANTE. J'y avais apporté des éléments de réponse dans mon article "Les Juifs pro-minarets", publié au lendemain de la votation suisse, critiquée par le grand-rabbin Bernheim. J'y écrivais notamment les lignes suivantes, qui n'ont malheureusement rien perdu de leur actualité... PIL
"L'attitude du rabbin Bernheim est d'autant plus incongrue qu'il incarne au plus haut point la survivance de cette idéologie aujourd'hui désuète – dans ce qu'elle a de plus démodé mais aussi de meilleur – que fut le franco-judaïsme. Or rien n'est plus contraire à l'esprit du franco-judaïsme que l'idée selon laquelle les religions pourraient s'exhiber en public – comme le font les Musulmans à Paris tous les vendredis, transformant des rues entières en mosquées – et causer des nuisances, sonores ou autres, à leurs concitoyens par l'appel public à la prière du haut des minarets.
J'ai du mal à croire que M. Bernheim, Juif érudit et Français cultivé, ignore tout cela... En rejetant le vote d'une majorité de citoyens suisses, de concert avec les élites politiques et médiatiques en France, il accrédite aussi l'idée fausse et dangereuse que les Juifs appartiendraient aux élites et seraient coupés du peuple, donnant ainsi raison à ceux qui critiquent la lutte exclusive contre l'antisémitisme d'organisations et de personnalités juives, qui restent étonnamment muettes face au racisme antiblanc et anti-occidental qui sévit aujourd'hui en France et en Europe..."
APERO REPUBLICAIN 4 SEPTEMBRE
Et les associations juives, quand se réveillent-elles ?
lundi 23 août 2010, par Salomon Edzot
Fidèle lecteur de votre journal (et parfois modeste contributeur), je me félicite de votre initiative du 4 septembre. Je trouve en effet que c’est une bonne idée, quelques semaines après votre apéro saucisson-pinard très controversé (j’étais sur les Champs-Elysées, et j’avais trouvé cela très bien) de reprendre immédiatement l’initiative, et d’avoir choisi cette date pour commémorer le 140e anniversaire de la naissance de la IIIe République. 70 ans après l’appel du 18 juin, 140 ans après la naissance du 19 juin, il ne vous reste plus qu’à trouver quelque chose, en 2011, qui marque un 210e anniversaire. Je vous souffle une idée : le concordat de 1801 !
Je redeviens sérieux, malgré tout. J’ai bien regardé les noms des associations qui appelaient à cette initiative. J’ai lu que la liste n’était pas close. Je l’espère bien, car des absences me posent problème. Et l’une d’elle particulièrement : les associations juives ! Elles ne sont pas concernées par la montée de l’islam, et par l’ampleur de son offensive contre la République laïque ? Elles n’ont pas remarqué que la montée de l’antisémitisme, en France, progressait avec le détricotage de notre République une et indivisible ? Les revendications communautaristes des musulmans, la progression du voile, y compris chez les fillettes, le débat sur la burqa, l’offensive du halal, les mosquées où on enseigne la charia, les prières dans les rues, le refus de la mixité à l’hôpital, les manifestations en faveur de Gaza où on crie "Mort aux Juifs", et où on brûle le drapeau d’Israël en le nazifiant, cela ne les fait pas sortir de leur sommeil ?
J’avais vu avec plaisir que des loges du Bnai Brith avaient invité des représentants de Riposte Laïque à plusieurs conférences. C’est fort bien, mais cela suffit-il ? C’est dans la rue qu’il faut se montrer, et les associations juives auraient tout à gagner à sortir de leur isolement, et à se joindre à cette initiative, qui défend des idéaux partagés par la majorité des Juifs qui se reconnaissent dans la République laïque, une et indivisible.
J’espère qu’au moins on verra nombre d’entre eux le 4 septembre, et que des associations juives vont se réveiller, et signer cet appel. C’est juste notre survie, et surtout celle de nos enfants, sur le territoire français, qui est en jeu...
Salomon Edzot
11:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : islam, france, juifs, crif
03.12.2009
Les Juifs pro-minarets, hier et aujourd'hui
Réponse au rabbin Bernheim et à Richard Prasquier
Pierre Itshak Lurçat
Pourquoi donc ces juifs et ces ex-juifs se rallient-ils aux Turcs ou aux musulmans, à tel point qu'en Europe, sinon en Turquie, leur attitude pro-turque passe pour un fait avéré ?
B. Lewis, Les Juifs pro-islamiques *
Dans un article écrit il y a plus de quarante ans, l'historien de l'islam Bernard Lewis analysait un phénomène curieux et peu connu, celui de l'attirance que de nombreux Juifs éprouvaient au dix-neuvième siècle pour les études islamiques, pour l'islam en général et pour l'islam turc en particulier. Cette attirance concernait principalement des intellectuels et des érudits, parmi lesquels on peut citer Gustav Weil (auteur d'une biographie de Mahomet), James Darmesteter, Evariste Levi-Provençal, ou Ignaz Goldhizer – le plus fameux de tous – au sujet duquel un historien turc disait, de retour d'Europe, que ce qu'il y avait vu de plus étonnant était "un professeur juif expliquant le Coran à une classe d'élèves chrétiens..."
Cette anecdote racontée par Lewis m'est revenue à l'esprit, en lisant les déclarations stupéfiantes (et consternantes) de plusieurs dirigeants juifs français au sujet du référendum suisse sur les minarets. Les circonstances ne sont évidemment plus les mêmes, et les motivations qui conduisent Richard Prasquier (au nom du CRIF) et le grand rabbin Bernheim à "déplorer" le résultat de la votation suisse sont avant tout politiques, alors que l'attrait d'un Darmesteter ou d'un Goldhizer pour l'islam était avant tout intellectuel. La comparaison n'est pourtant pas dénuée de sens, car il subsiste sans doute chez Prasquier et chez Bernheim, comme chez Goldhizer, les traces de ce vieil atavisme juif achkénaze qui amenait nos ancêtres de Pologne et d'ailleurs – ayant beaucoup souffert sous le joug d'Esau – à porter un regard empli d'une naïve bienveillance sur notre cousin Ishmaël, réputé plus tolérant...
Dans son article cité plus haut, Lewis aborde brièvement le thème du mythe andalou – c'est-à-dire de la coexistence pacifique entre le judaïsme et l'islam et de la soi-disant tolérance dont bénéficiaient les Juifs et les chrétiens en terre d'islam – mythe auquel succombèrent plusieurs savants juifs au dix-neuvième siècle. Cette croyance romantique était partagée par beaucoup d'écrivains et d'intellectuels non Juifs, qui portaient sur l'islam un regard plein d'intérêt, voire de fascination (contrairement à la thèse mensongère d'Edward Said, qui a connu le succès que l'on sait). Or ce mythe andalou a perduré jusqu'à nos jours et il est aujourd'hui au cœur de la construction politique euroméditerranéenne, à laquelle l'historienne Bat Ye'or a donné le nom d'Eurabia.

On en trouve le lointain écho dans le propos convenu du grand rabbin de France, qui parle de "notre mission de dialogue, de lutte contre les préjugés et de construction d'un avenir commun". Le président du CRIF est plus insidieux, lorsqu'il attribue le résultat de la votation suisse à une "réaction populiste"... Je dois avouer que je ne suis guère surpris d'une telle réaction – avec tout le mépris qu'elle renferme pour l'expression démocratique d'une nation et l'ignorance des motivations véritables qui ont amené les Suisses à interdire la construction de minarets sur leur sol. Dans un livre paru il y a quelques années, Shmuel Trigano avait montré comment le CRIF avait – depuis l'époque Mitterrand – été instrumentalisé par le pouvoir politique français, dans le combat contre l'extrême-droite qui permit au président d'alors de laminer la droite républicaine. Cette instrumentalisation se poursuit aujourd'hui dans le "dialogue judéo-musulman", dont un des épisodes les plus lamentables fut la rencontre CRIF-UOIF, erreur monumentale sur laquelle le CRIF accepta de revenir (du bout des lèvres), lorsqu'il finit par comprendre qu'il était inutile et illogique de dialoguer avec les Frères musulmans en France, tout en approuvant (avec raison) le refus israélien de dialoguer avec le Hamas, branche palestinienne des mêmes Frères musulmans...

Le propos du grand rabbin est certes plus nuancé, puisqu'il convient que "l'opinion des Suisses doit être entendue". Mais il conclut cependant en affirmant qu'il "nous faut agir pour que les Européens changent d'opinion sur l'islam". Cette idée que les Juifs (ou les hommes de religion) auraient un rôle à assumer pour "changer l'image de l'islam" en Europe peut paraître saugrenue, voire scandaleuse. On peut y voir une résurgence de l'attitude de ces Juifs pro-islamiques dont parlait Lewis, qui "firent beaucoup pour inculquer aux esprits d'Occident une appréhension de l'islam ou entraient moins de préjugé et plus de sympathie". Mais ces savants juifs parlaient, eux, du fond de leur bibliothèque, à une époque qui n'avait pas encore connu le réveil de l'islam, sous ses formes les plus radicales et les plus guerrières, du Mufti pronazi al-Husseini jusqu'aux attentats du 11 septembre **.
L'attitude du rabbin Bernheim est d'autant plus incongrue qu'il incarne au plus haut point la survivance de cette idéologie aujourd'hui désuète – dans ce qu'elle a de plus démodé mais aussi de meilleur – que fut le franco-judaïsme. Or rien n'est plus contraire à l'esprit du franco-judaïsme que l'idée selon laquelle les religions pourraient s'exhiber en public – comme le font les Musulmans à Paris tous les vendredis, transformant des rues entières en mosquées – et causer des nuisances, sonores ou autres, à leurs concitoyens par l'appel public à la prière du haut des minarets. J'ai du mal à croire que M. Bernheim, Juif érudit et Français cultivé, ignore tout cela... En rejetant le vote d'une majorité de citoyens suisses, de concert avec les élites politiques et médiatiques en France, il accrédite aussi l'idée fausse et dangereuse que les Juifs appartiendraient aux élites et seraient coupés du peuple, donnant ainsi raison à ceux qui critiquent la lutte exclusive contre l'antisémitisme d'organisations et de personnalités juives, qui restent étonnamment muettes face au racisme antiblanc et anti-occidental qui sévit aujourd'hui en France et en Europe...

Le rabbin Bernheim serait bien inspiré de lire les ouvrages du juriste musulman suisse Sami Aldeeb, farouche opposant aux minarets qui, en conclusion de son livre sur l'avenir des Musulmans en Europe, donne en exemple les Juifs qui ont accédé à la citoyenneté en acceptant les lois de l'Etat. Car c'est bien de cela qu'il s'agit aujourd'hui, en Suisse comme en France : les Musulmans doivent choisir entre la charia et la loi des pays où ils vivent. La question des minarets n'est qu'un aspect restreint de cette question beaucoup plus large, comme l'ont bien compris des millions de citoyens suisses, et comme refuse de le voir notre éminent rabbin. En conclusion, la prise de position de MM. Prasquier et Bernheim ne sert ni les intérêts de la France et de l'Europe, ni ceux des Musulmans en Occident, ni ceux des Juifs et d'Israël.
* In Judaïsm, XVII, 1968, repris dans Le retour de l'islam, Gallimard 1985.
** Voir sur ce sujet le livre fort instructif de Matthias Kuntzel, Djihad et haine des Juifs, éditions de l'Oeuvre 2009.
19:02 Publié dans Islamisation | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : islam, islamisation, suisse, minarets, crif, prasquier
28.08.2009
France : Coca-Cola sous la pression d'associations musulmanes
L'article du Figaro reproduit ci-dessous met en lumiere un phénomeme inquiétant, auquel j'ai donné le nom [tres politiquement incorrect] d'islamisation des esprits. Retour des rumeurs (antijuives et autres), appels au boycott de produits accusés d'être 'contraires a l'islam' ou de 'financer le sionisme'... Tout cela est loin d'être anodin. Et il y a un lien évident entre ces rumeurs islamistes et le discours anti-israélien, lui aussi fondé sur la rumeur et sur la calomnie qui se développe actuellement en Europe. P.I.L.

Une canette de Coca-Cola écrite en arabe (photo Aziz1005, domaine public).
Tout commence il y a deux ans, par une rumeur insistante : le Coca-Cola contiendrait de l'alcool. Accusation farfelue mais immédiatement reprise par les sites musulmans, de forums en articles plus ou moins étayés. Associations et médias communautaires, dont le blog Al-Kanz, très en vogue, assaillent Coca-Cola France de questions. Et reçoivent une réponse standard : «Nos boissons sont reconnues comme non alcoolisées par les autorités gouvernementales de chaque pays.» Une missive qui laisse insatisfaits les plus intransigeants. La législation française considère en effet qu'une boisson est «sans alcool» lorsqu'elle en contient moins de 1,2 %. Qu'en est-il alors du fameux breuvage à la recette secrète ?
Après quelques hésitations, la direction de Coca-Cola France décide de faire appel à «l'organisme de certification de la mosquée de Paris», explique Philippe Marty le porte-parole de la firme. Celle-ci commande une analyse du Coca par un laboratoire indépendant. «Ensuite, nous avons garanti que Coca Cola était parfaitement sans alcool et donc halal», détaille le chef de la certification à la mosquée, Al Sid Cheikh, qui regrette de voir fleurir «beaucoup d'accusations sans aucun fondement religieux. C'est plutôt politique. Mais les sociétés s'inquiètent pour leur notoriété».
Appels au boycott sur le Net
Des listes de produits à boycotter circulent sur le Net, leurs fabricants se voyant accusés de financer l'État d'Israël… Coca-Cola en fait partie. «Coca est haram (“interdit”)», peut-on lire sur des forums, comme celui de Bladi.net où les injonctions comme «Boire Coca revient à encourager la politique de l'État terroriste d'Israël», alternent avec des messages de bon sens, certains s'insurgeant de voir le Coca haramisé parce que «déclaré juif».
Des familles entières «évitent le Coca par précaution» assure le secrétaire de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) qui a convié le PDG de Coca France, Christian Polge, à s'expliquer en juin dernier. L'intéressé s'est présenté à Drancy, espérant clore l'incident avec son certificat Halal. Mais il a dû justifier «la position de Coca-Cola dans le conflit au Moyen-Orient». Il a rappelé que Coca œuvre à Ramallah, «où nous sommes l'un des plus gros employeurs».
Depuis, les gages donnés par l'entreprise semblent avoir calmé les rumeurs et l'UAM assure qu'elle ne prône pas le boycott mais juste la «transparence sur des sujets importants pour que les musulmans puissent former leur jugement».
D'autres marques subissent elles aussi la pression communautaire, entre requêtes sérieuses sur la composition et stigmatisations. Des milliers de SMS ont accusé en janvier McDonald's de reverser ses recettes du jeudi à l'État hébreu pour acheter des obus (sic !). Masterfood, le fabriquant des barres chocolatées Snickers et Bounty, a dû précipitamment démentir l'usage de graisse animale dans ses produits pour éviter la mise au ban. Tandis que médicaments, yaourts et cosmétiques précisent maintenant qu'ils ne contiennent ni alcool ni gélatine animale pour éviter la désaffection d'un public chaque jour plus soucieux de la norme religieuse.
16:24 Publié dans Islamisation | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : coca-cola, islam, rumeurs, boycott
15.06.2009
« Pour Sarkozy, l’islamisation de l’Europe est inéluctable »
Les propos stupéfiants du Président Nicolas Sarkozy, cités par Philippe de Villiers et rapportés par Famille chrétienne, ont été - cela n'est pas étonnant - totalement passés sous silence par les grands médias francais... Preuve supplémentaire que tout ce qui concerne l'islamisation de la France et de l'Europe est aujourd'hui tabou... Je vous invite à vous rendre à la conférence sur ce sujet qui se tiendra demain soir (mardi) à Paris, sous l'égide de l'Association France-Israel. (VOIR CI-DESSOUS)
Philippe de Villiers pousse un coup de gueule sur la Turquie. Pour lui, les élites politiques connaissent bien le phénomène de l’affaiblissement démographique européen et de « l’inéluctable » progression des populations musulmanes sur le continent.
Sommaire
Pourquoi êtes-vous autant focalisé sur le thème de la Turquie et de l’islamisation ?
Tout simplement parce que nous verrons les premières transformations d’églises en mosquées dans les trois ans qui viennent. En tout cas, c’est ce que m’a dit Nicolas Sarkozy.
Quand ?
J’ai eu une discussion de fond avec lui à l’Elysée à la fin de l’année dernière ; il m’a dit : « Toi tu as les intuitions, moi j’ai les chiffres. Et tes intuitions sont confirmées par mes chiffres. L’islamisation de l’Europe est inéluctable. » Attention : c’est un processus qui ne se fera pas instantanément, mais qui prendra quelques décennies.
Pourquoi cette question vous paraît-elle centrale ?
La plupart des hommes politiques ont une douce ignorance de ce qu’est l’islam et se proposent de transformer l’Europe en supermarché des religions concurrentes. Sans prendre conscience que l’islam n’est pas seulement une religion, mais que, confondant le temporel et le spirituel, il impose un droit. Mais derrière cette douce ignorance des hommes politiques, il y a ceux qui savent. Et ceux qui savent ont rédigé le livre vert paru en 2000, qui est un outil stratégique de la Commission de Bruxelles. Il fait le constat suivant : dans les années qui viennent se prépare un effondrement démographique qui porte sur des dizaines de millions de bras manquants. Pour y faire face, l’Union européenne propose un apport de peuplement nouveau – c’est dit en toutes lettres. La réalité c’est que nous allons vers un chassé-croisé avec, d’un côté en Europe l’avortement de masse et la promotion du mariage homosexuel et, de l’autre, l’immigration de masse qu’on appelle maintenant l’immigration choisie et qui ajoute à l’absurdité du déracinement un élément moralement scandaleux qui consiste à piller les élites des pays pauvres.
Vous n’exagérez pas les dimensions du phénomène ?
Non. Le fond de la question est simple : l’Europe refuse son propre avenir démographique. Pour cela, elle a une arme redoutable, présente dans la charte des droits fondamentaux annexée au Traité de Lisbonne : la promotion du mariage homosexuel. Ce qui se fait par le principe de non-discrimination et la dissociation du mariage et du sexe des époux (qui figure dans l’article 7 de la Charte des droits fondamentaux). En réalité, il y a deux armes utilisées par les dirigeants européens pour tuer l’Europe démographiquement : la promotion du mariage homosexuel et l’avortement de masse. Et une troisième : le recours à une immigration à 80% islamique pour remplacer le peuplement manquant. Enfin, la Turquie va entrer dans l’Europe : la France dit qu’elle n’y est pas favorable mais il n’empêche. Nous étions à deux chapitres (sur les trente-cinq que compte le processus d’adhésion) il y a deux ans, à dix actuellement et à douze juste après les élections européennes. C’est sous la présidence française que les deux chapitres les plus importants ont été ouverts. On est en train de tromper les Français en leur expliquant que l’UMP est hostile à l’entrée de la Turquie. En réalité, l’UMP accélère le processus. On voit bien qu’il y a un double langage. D’un côté, on vous dit à titre privé « je suis contre l’entrée de la Turquie », de l’autre, la négociation continue sur l’adhésion, et pas sur le partenariat privilégié.
Jean-Claude Bésida
RAPPEL
CONFERENCE DE PAUL LANDAU LE MARDI 16 JUIN 2009
L’islamisation de l’Europe : Conversions, subversion et soumission
Conférence-débat par Paul LANDAU Ecrivain et chercheur spécialiste des mouvements islamistes qui présentera et dédicacera son dernier ouvrage Pour Allah jusqu’à la mort Editions du Rocher
Mardi 16 juin 2009 à 20h30 Salon Amphi Pereire 100 Bld Pereire 75017 Paris
Métro : Pereire – ligne 3 – RER : Ligne C PAF : 12 € -PAF parcouple : 20 € Nombre de places limitées – réservation demandée - Entrée libre pour les étudiants Inscriptions au 01 47 20 79 50 contact@france-israel.org
22:03 Publié dans Islamisation | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, islam, de villiers
30.04.2009
Des mosquées à n’en plus finir en France et en Europe ! (M. Vidal)
Je reproduis l'article de Maurice Vidal de l'excellent site RIPOSTE LAIQUE qui aborde un sujet sensible et quasiment tabou : l'islamisation de la France, sous couvert de "droit au respect" et d'exercice du culte musulman. Et qui pose LA question : "Quand les mosquées seront la Charte de la nouvelle Europe, que sera donc l’Europe ?"
Voilà pourquoi « il paraît souhaitable que des lieux officiels et « ouverts » soient créés » afin que les musulmans puissent adorer leur Dieu sans se cacher, quitte à ce que les municipalités aident « de manière indirecte ces lieux de culte à se créer en toute visibilité ».
Ainsi parle Philippe de Longevialle, président du Modem de l’Isère – qui incarne, à l’égard de l’islam, la position de la plupart des maires de France.
Evidemment, ce monsieur est en accord avec sa conscience d’élu : agissant en fonction des demandes de la population dont il a la charge, il respecte le jeu démocratique. Et l’on comprend soudainement pourquoi la laïcité est lettre morte à Mayotte, où la population est musulmane à 90 % ! Certes, ce monsieur avoue contourner la loi de 1905, dont l’article 2 stipule que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », mais ce n’est pas grave : faute avouée est à moitié pardonnée ! Et puis, tout le monde sait qu’en favorisant un islam de tolérance, on en limite un autre, dont on dit qu’il est radical. Ce faisant, on oublie que le second n’existerait pas sans le premier... mais passons : le confort mental mérite bien quelques simplifications !

Il reste que de nombreuses questions demeurent. Comment se fait-il, par exemple, qu’il faille surveiller les imams ? Surveillons-nous les rabbins, les prêtres ou les pasteurs ? Surveillons-nous les Témoins de Jéhovah, les Mormons, les évangélistes, les bouddhistes, les Adventistes du Septième Jour ? La laïcité leur est-elle un problème ? En conséquence, comment se fait-il qu’elle en soit un pour les musulmans, et pire, pour nos élus eux-mêmes sitôt qu’ils se trouvent confrontés à des musulmans ? Par quelle aberration la solution à ce problème ne vise-t-elle qu’à éviter la colère de ces derniers ? Pourquoi cette colère effraie-t-elle nos élus au point de n’être expliquée que par la sempiternelle « marginalisation d’une population en voie de radicalisation », pour reprendre les propos de Louis Marie Joguet, vice-président du Modem-Vendée et maire de la commune de Mallièvre ? Que peut, par ailleurs, signifier le terme de « marginalisation » appliqué à une population qui, en France, atteindra vingt millions d’âmes avant 2020 ? Plus encore, comment mettre sur un pied d’égalité l’identité de la République laïque et celle d’un ordre politico-religieux étranger à nos valeurs ? Et si nous savons qu’il y a là une dangereuse antinomie, pourquoi nous y enfonçons-nous toujours plus ? Pourquoi soutenir avec Pierre le Guérinel, président du Modem des Yvelines, que « la loi de 1905 ne concerne pas, à proprement parler, la laïcité – qui relève d’un autre domaine – mais la séparation des pouvoirs » (sic !) ?
Bref, pourquoi déshabiller Marianne ? Pour la revêtir plus aisément d’une burqa ?
A coups de billevesées aussi énormes, il semble bien que cela soit possible. Et d’ailleurs, qu’est-ce qui ne serait pas possible pour des élus de cet acabit ? L’inconvénient, c’est que lorsque tout est possible, les scénarios catastrophes le sont aussi, et, n’en déplaise à quiconque, la France des mosquées en est un !
Comment ? Les musulmans n’ont-ils pas le droit d’avoir leurs lieux de culte ? Chaque religion n’a-t-elle pas ce droit-là ?
Oui, mais il serait peut-être utile de se demander ce que cultive le culte, car si le « culte » est un « hommage rendu à la divinité », cet hommage dépend de la divinité honorée.
On l’aura compris : tous les cultes ne véhiculent pas le même message, car ils n’honorent pas tous le même Dieu. Il suffit donc qu’un Dieu promette le feu éternel à ceux qui n’obéissent point à sa Parole (Sourate 4, verset 14), ou établisse l’inégalité des sexes (Sourate 4, verset 34), pour que son lieu de culte devienne ipso facto un problème ! Et ce problème ira en s’aggravant tant que nos élus ne seront pas capables de le penser comme problème.
Pourtant, il y a urgence : alors que Vincent Delahaye, maire de Massy, inaugure solennellement le panneau du permis de construire d’une mosquée-minaret gigantesque, une association musulmane, membre de l’Union des Organisations Islamiques de France, écrit dans son bulletin mensuel que « des gens modestes, sortis du désert d’Arabie avec comme seule puissance celle de leur foi, ont pu conquérir le monde » ! Alors que le ministère de l’Intérieur nous apprend que les pouvoirs publics apportent désormais 30 % des fonds nécessaires à l’édification des lieux de culte musulmans, un nombre considérable d’élus persistent à fouler aux pieds les lois de la République en finançant la construction de mosquées. Alors que l’invraisemblable vient de se produire dans l’enceinte des Nations Unies, où une séance de travail a débuté par la prière musulmane ( !), nous continuons à ancrer l’Europe dans l’islam en en matérialisant la présence par la construction de mosquées.
Mais ne comprendrons-nous jamais qu’il y a dans cette exigence musulmane de constructions de mosquées la volonté affichée de notre éradication culturelle ? Quand les mosquées seront la Charte de la nouvelle Europe, que sera donc l’Europe ? Les minarets ne sont-ils pas déjà les marqueurs idéologiques d’une Europe revue et corrigée par les musulmans ? Quelle autre religion exige sans cesse la construction de lieux de culte ? Quelle autre religion se pense en termes d’implantation territoriale ? Comment pouvons-nous avoir des yeux et ne pas voir ? Si encore nous modérions l’islam en le sortant des « caves » ! Mais c’est l’inverse qui est vrai : plus l’islam est visible, plus il est fort. Plus il est fort, plus il entend être visible ! Faut-il rappeler ce qu’est l’islam en terre d’Islam ? N’est-ce pas en terre d’Islam qu’il a la visibilité maximale ? N’est-ce pas là qu’il applique la charia dans ce qu’elle a d’incompatible avec le monde occidental, comme le montrent la répudiation, la polygamie, le voile, les châtiments corporels, la lapidation ou la décapitation ?
L’absence de modération de l’islam ne provient pas de ce qu’il serait relégué dans des « caves » : elle provient de son texte fondateur. Or, ce texte n’est pas rectifiable : il est la « rectitude » même, c’est-à-dire la « droiture », et cette « droiture » vaut en tout temps et en tout lieu, car elle émane de Dieu ! Pour le musulman, la religion ne saurait être un concept : c’est le réel en acte. Faire un pas sur cette terre, c’est marcher dans le champ d’Allah. La France, comme l’Europe, appartient à ce champ ! Voilà ce que nos responsables politiques n’ont toujours pas saisi, ou s’entêtent à ne pas vouloir saisir ! Voilà le sens des demandes permanentes de mosquées en France et en Europe !
Maurice Vidal
20:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : islam, islamisation, france
18.04.2009
Dalil Boubakeur et Israel, l'interview qui fait scandale
Je mets en ligne les propos de Dalil Boubakeur au magazine SVP-ISRAEL (qui les a retires de son site pour des raisons que j'ignore). Propos courageux, qui valent aujourd'hui à M. Boubakeur d'etre attaqué par les islamistes de France, et notamment par le "Collectif Cheikh Yassine" qui a organisé récemment une manifestation violente devant la mosquée de Paris. Mme Alliot-Marie a promis de "soutenir M. Boubakeur contre les attaques de l'islam radical"... Espérons qu'elle tiendra parole. Une premiere décision utile serait d'interdire les associations de soutien au Hamas en France, comme le collectif Yassine ou le CBSP (sans parler de l'UOIF)... Car l'influence grandissante des islamistes au sein de la population musulmane en France est largement le fruit de l'attitude des gouvernements francais depuis de nombreuses années, qui ont favorisé - par ignorance ou par calcul - les islamistes au détriment des modérés comme Dalil Boubakeur. Il n'est pas trop tard pour changer de politique... P.I.L
Il est l'actuel recteur de la Grande Mosquée de Paris et fut le Premier président du Conseil Français du Culte Musulman.
Homme remarquable par son intelligence, sa culture et son ouverture d’esprit, il a bien voulu répondre aux questions de notre Guide-Magazine israélien.
– SVP-Israël :
Vous étiez présent à la Synagogue de la Victoire, lors de l’intronisation récente de Gilles Bernheim, nouveau Grand Rabbin de France. Que ressentez-vous lorsque vous assistez à un tel évènement intéressant la communauté juive?
– Dalil Boubakeur : J’ai éprouvé du bonheur, car j’étais entouré d’amis très chers dont Gilles Bernheim que j’admire pour sa grandeur d’esprit, sa sensibilité et sa vision d’avenir. Je suis également très admiratif par la formidable énergie déployée par Joël Mergui, le Président du Consistoire Central, J’ai toujours aimé cette grande sensibilité qui est la qualité première des juifs. Une sensibilité souvent empreinte de souffrance et même d’inquiétude qui m’émeuvent. J’espère ainsi apporter par ma présence, cette fraternité réconfortante et nécessaire, car j’ai toujours pensé que nous sommes faits pour nous entendre et partager les mêmes valeurs. –
Personnellement et par rapport à votre fonction, quels liens entretenez-vous avec la communauté juive de France?–
J’ai toujours tenu à préserver ma liberté de dire les choses telles que je les pense, les ressens et les voie. J’ai ainsi éprouvé, envers ma chère communauté juive, une affection extraordinaire que je souhaite communiquer aux autres. C’est une expérience exceptionnelle que j’ai vécue tant au niveau de la compréhension et des échanges qu’au contact de l’Intelligence. Ce qui m’a d’ailleurs valu pas mal d’hostilité de la part de mes propres amis, notamment lorsque je reçus l’ancien ambassadeur d’Israël en France, pour évoquer le rôle éminent de la Mosquée de Paris pour sauver de nombreux juifs durant la seconde guerre mondiale.Que voulez-vous ? J’ai toujours admiré et rencontré de très nombreuses personnalités juives et israéliennes de très haut niveau, car leurs vies furent un exemple. Plus généralement, je suis convaincu que l’amitié judéo-musulmane en France peut être un exemple pour le monde entier et même pour nos frères du Moyen-Orient. C’est après tout notre sagesse sémitique commune qui a laissé émerger l’idée de D. pour le monde entier. Qu’attendons-nous pour faire ressurgir cette spécificité et cet héritage ?
– Cette perception et ce sentiment sont-ils partagés par la communauté musulmane de France?
– Il y a, venant des musulmans, un grand mouvement en marche qui tend à leur faire comprendre et respecter ce peuple inscrit dans le Coran et qui a reçu la parole de D. Cette attirance, lorsqu’elle s’affirmera, ravivera l’amitié judéo-musulmane et servira l’intérêt de la paix que D. a voulue. Quand on comprend et respecte, on est compris et respecté par l’autre. La communauté juive est ainsi faite qu’elle rend heureux ceux qui fraternisent et communient avec elle. – Pour se limiter au contexte français, il faut regretter le manque de passerelles entre les deux communautés…
Comment concevoir ce dialogue, cette connaissance de l’autre et les actions à mener en commun qui restent à construire?
– J’ai toujours déploré la pauvreté du dialogue judéo-musulman en France, qui est la conséquence directe du conflit au Proche-Orient. Ceci est d’autant plus regrettable que lorsque Juifs et Arabes s’unissent, ils font un travail merveilleux. Concernant les derniers évènements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d’Israël, elles suscitent forcément des réactions d’Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsables et très dangereux.Pour répondre à votre question portant sur les actions à mener ensemble, il suffit de reprendre nos sources pour voir à quel point le Coran est apparu comme un jalon et dans le droit fil du message biblique d’Abraham ou de Moïse. C’est pourquoi, je souhaiterais aller très loin dans notre identité commune judéo-arabe. D’ailleurs, dans le Coran, il est écrit que le peuple juif est le peuple que D. a choisi.
– Originaire d’Algérie, quel enseignement tirez-vous de la coexistence entre les deux communautés dans ce pays?
– J’ai grandi en Algérie. Je me rappelle que nous disions alors - lorsque des juifs s’installaient dans un village - que la richesse venait avec eux et que s’ils partaient, la misère revenait. Il faut savoir que l’antisémitisme n’est pas une invention arabe mais typiquement européenne. Car être antisémite pour un arabe n’a aucun sens, car ce serait pour un sémite être contre soi-même. Juifs et arabes sont donc amenés, par la nature des choses, à se tenir la main.
– Quelle image avez-vous d’Israël ?
– J’ai souvent été invité en Israël et j’ai promis d’y aller. J’estime pourtant - étant donné ma fonction - que je dois auparavant convaincre ma communauté de l’intérêt de ce voyage. Concernant Israël, je le voie et l’admire comme un pays en pleine expansion et qui a d’énormes *possibilités grâce à l’intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… Israël est l’expression même de l’homme livré à la nature. D’où l’importance à mes yeux, de la connaissance et de l’intelligence humaine.
par Gilles Sitruk
22:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : dalil boubakeur, islam, israel
10.03.2009
Islamisme, le discours de la haine
| Le sermon télévisé de l'ouléma Al-Naggar : Un exemple de discours islamiste contemporain - Pierre I. Lurçat |
(Article repris du site du C.A.P.E.)
Le sermon de l'ouléma Zaghloul Al-Naggar, diffusé le 6 janvier 2009 par la chaîne égyptienne Al-Rahma (et traduit en français par l'institut MEMRI) est un exemple frappant du discours islamiste contemporain. Sa thématique constitue, nous allons le voir, une incitation virulente à la haine des Juifs et d'Israël. Le CRIF a d'ailleurs saisi le C.S.A (1) , cette chaîne égyptienne étant diffusée par le fournisseur d'accès français Eutelsat.
1) Principaux thèmes du sermon
- Le thème du complot
Ce thème – récurrent dans le discours islamiste contemporain, notamment depuis Sayyid Qutb – se fonde à la fois sur l'antijudaïsme traditionnel du Coran et sur la théorie du complot moderne, importée de l'antisémitisme occidental (2). Selon Al-Naggar, "l'Occident a voulu se venger de sa défaite lors des Croisades ; il a donc rassemblé ses communautés juives dispersées – le rebut de la terre et la poubelle des nations - pour les installer au cœur du monde arabe".
- L'origine des Juifs actuels
Le second thème du sermon est celui de l'origine des Juifs actuels, qui sont selon Al-Naggar les descendants des Khazars, convertis au 10e siècle. "La plupart des personnes de confession juive aujourd'hui", explique-t-il, "sont d'origine khazare. Elles viennent des races mongoles tatares, qui n'ont rien à voir avec la région arabe [sic] ni avec Jacob, Abraham et Moïse. C'est pourquoi la revendication juive portant sur cette terre est sans aucun fondement".
Cet argument polémique pseudo-historique est très souvent employé dans le discours arabe et islamiste pour s'opposer au sionisme, et on le retrouve même sous la plume d'un historien israélien antisioniste contemporain, Shlomo Sand, dont le dernier livre est devenu un outil de propagande contre Israël en Occident (3).
Dans le reste de son sermon, Al-Naggar développe le thème du djihad, "seule solution pour régler le problème", car "avec les Juifs, on n'arrive à rien au moyen d'accords et de relations diplomatiques... Ce sont des démons à forme humaine".
2) Qui est Zaghloul Al-Naggar.
Il est intéressant de se pencher sur la formation et les activités de l'auteur de ce sermon radical. On constate en effet qu'il s'agit d'un islamiste formé en Occident, géologue de profession, qui s'enorgueillit d'être membre de nombreuses associations professionnelles, y compris l'Association américaine pour le développement de la Science !
Né en Egypte en 1933, Al-Naggar a étudié à l'université du Caire, puis à l'université du Pays de Galles, où il a obtenu un doctorat en géologie. Il fait aussi partie des membres fondateurs de la Banque Al-Taqwa, impliquée dans le financement d'Al-Qaida. Il a donné des conférences dans plusieurs universités occidentales, et a même été "Visiting lecturer" à l'université de Californie.
En conclusion, nous voyons que l'ouléma Al-Naggar, loin d'être un illuminé, est un islamiste occidentalisé, dont le discours virulent contre Israël, contre les Etats-Unis et contre les Juifs va de pair avec une formation scientifique acquise en Occident. Cet islamiste radical mêle à une apparence de rationalité occidentale les thèmes antijuifs les plus délirants, et c'est ce mélange explosif qui le rend tellement dangereux.
Notes
1. Dans sa réponse au CRIF, Michel Boyon, Président du CSA, indique qu’il va procéder à un "contrôle approfondi du contenu diffusé par cette chaîne".
2. Voir notamment les travaux de Pierre-André Taguieff, présentés de manière synthétique dans L'imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne, Mille et une nuits 2006.
3. Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008. Je renvoie à mon analyse de ce livre, « Déconstruire le peuple juif: le négationnisme "soft" du "nouvel historien Shlomo Sand », publié sur le site de l'UPJF.
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09:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : islam, al-naggar, complot
28.01.2009
Qui expliquera à Franck Ribery qu’un terrain de football n’est pas une mosquée ? - Pierre Cassen
Je reproduis l'excellent article de Pierre Cassen, publie sur le site RIPOSTE LAIQUE :
Dans un article intitulé « Les prières de Ribery ont-elles leur place dans un stade », (1) j’avais expliqué que l’attitude prosélyte de l’international français, faisant ses prières avant le coup d’envoi, était contraire à l’esprit du sport et aux principes laïques de notre pays. Je m’étonne encore que personne, ministre des Sports, président de la Fédération française de football ou sélectionneur, ne le rappelle à l’ordre, quand il joue pour l’équipe nationale.
Manifestement, à lire l’interview qu’il a accordée à un journal italien, le garçon persiste et signe : nous aurons droit à ses prières, nul ne l’empêchera, dit-il, avant chaque match de football (2). Le parcours de ce joueur brillant, issu d’un milieu populaire, aujourd’hui idole des supporters du Bayern de Munich, est révélateur d’un ensemble de phénomènes nouveaux auquel est confrontée la société française.

Chaque sportif, comme chaque citoyen, a la parfaite liberté de croire, ou de ne pas croire, et cela relève de sa sphère privée. Mais à partir du moment où il affiche publiquement son engagement religieux, on est en droit de l’interroger : a-t-il été contraint à cette conversion, pour pouvoir épouser une musulmane ? Or, dans l’interview, il se refuse à répondre à cette question, ce qui prouve que la réponse est probablement oui, et confirme la pression que subissent de nombreux citoyens de nationalité française pour épouser un conjoint musulman : pas de conversion à la religion d’amour et de paix, pas de mariage !
Ses deux filles s’appellent Hizya et Chahinaz. Franck Ribery vient d’aller faire un pèlerinage à La Mecque. (3) Est-il excessif de dire que ce joueur est en train de devenir un militant musulman, prêt à utiliser sa renommée internationale pour faire de la propagande pour sa religion, en imposant ses prières à ses équipiers, à ses adversaires, et au stade entier ?
Faut-il signaler que l’équipe de France était, dans le dernier euro, celle qui comptait le plus de joueurs musulmans ? (4) Cela pourrait demeurer un choix privé… si la vie quotidienne du groupe n’en était transformée, devant s’habituer à des rites particuliers, à des comportements alimentaires spécifiques, et à des démonstrations de plus en plus visibles.
Ces derniers temps, même Thierry Henry, la vedette de l’équipe, meilleur buteur de tous les temps de l’équipe de France, a fait connaître son intérêt pour l’islam (5).
C’est donc dans ce contexte que Franck Ribery annonce que nous devrons continuer à subir ses prières, dans les stades, et ajoute, avec toute la subtilité dont il est capable : « Quand je récite mes prières, je me fous de ce que les gens en pensent ». Une nouvelle version de « Le voile c’est mon choix, c’est ma liberté ». On a su expliquer aux jeunes filles, en France, que l’école de la République nécessitait d’en préserver la neutralité, et de ne pas y exhiber leur voile. Qui expliquera à Ribery et à ses amis qu’il y a une différence entre un terrain de football et une mosquée ?
Devons-nous nous attendre, dans un contexte où La Marseillaise est sifflée par des citoyens nés en France dès que notre pays rencontre un pays d’Afrique du Nord, où les internationaux français sont conspués dès qu’ils touchent le ballon (sauf les convertis à l’islam), à ce que Ribery fasse des émules ? Un autre français, qui joue en Espagne, Frédéric Kanouté, qui ne cache pas son militantisme pour l’islam, à, lui, retiré son maillot, lors des événements de Gaza, pour exhiber un tea-shirt exprimant sa solidarité à la Palestine.
Dernièrement, l’international William Gallas exprimait son malaise, au lendemain de la pitoyable élimination de l’équipe de France, au dernier euro, devant le fossé qui se creusait entre générations. Il y décrivait l’arrogance de beaucoup de jeunes joueurs, déjà milliardaires à vingt ans, et leur absence de respect pour les anciens. (6)
Faut-il s’attendre à différents phénomènes de communautarisation, dans cette équipe où, outre les problèmes jeunes et anciens, on assiste à la montée d’un clan cimenté par la conversion à l’islam d’un nombre de plus en plus important de joueurs, qui, tels Ribery, imposent leurs pratiques à l’ensemble ?
Peut-on compter sur la Fédération Française de Football pour effectuer quelques élémentaires rappels à l’ordre républicain ? A voir son ridicule dernier clip, (7) surfant sur la vague Obama, ce n’est pas d’elle que peut venir ce sursaut.
Dix ans après le titre de champion du monde, on est bien loin de l’équipe de France de 1998, derrière laquelle tout le monde se reconnaissait. Aimé Jacquet n’aurait jamais accepté cela, et Zidane n’aurait jamais imposé une prière aux spectateurs. Faudra-t-il que les spectateurs en arrivent à siffler Ribery, dès qu’il touche un ballon, pour lui signifier ce qu’ils pensent de son attitude ?
Pierre Cassen
(1) http://www.ripostelaique.com/Les-prieres-de-Ribery-ont-el...
(2) http://algerienews.football.fr/2009/01/24/455-franck-ribr...
(3) http://www.paris-hallal.com/blog/index.php/2009/01/16/rib...
(4) http://www.algerie-dz.com/forums/sports/87907-musulmans-d...
(5) http://www.paris-hallal.com/blog/index.php/2008/12/22/thi...
(6) http://sansure.over-blog.com/article-25029637-6.html
(7) http://www.dailymotion.com/video/x83cy0_equipe-de-france-...
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