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12.05.2010

SHABBAT A HEBRON!

VENEZ PASSER UN CHABBAT INOUBLIABLE A HEBRON, VILLE DES PATRIARCHES!

RENSEIGNEMENTS DAVID 054-687 82 17 (APRES 18H)

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02.01.2009

Operation Plomb Durci: Je protege nos soldats combattant a Azza...

Je relaie l'appel de l'association Hessed de HEBRON pour aider les soldats de Tsahal.

"Chers freres et soeurs de part le monde, Shalom,

la tension monte a Azza et nos soldats combattants vont bientot devoir rentrer se battre. Barouch Hachem, nos tehilim les soutiennent et protegent deja beaucoup mais nous voulons tous qu'ils reviennent en bonne santé et vivants.

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Notre association, www.hessed.fr , situee a Hebron a déja commencé a distribuer des talit katan a nos soldats combattants dans les bases militaires. Cette grande mitsvah les protegera face aux balles ennemies. Nous avons besoin de votre aide pour acheter plus de Talit Katan car la demande est enorme. Chaque talith coute 20 ILS. Nous pouvons vous fournir des recus israeliens..

https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=2206542

Nous comptons sur eux, Ils comptent aussi sur nous. Nous sommes tous responsables les uns des autres..

Rejoignez notre groupe sur facebook http://www.facebook.com/home.php#/group.php?gid=109404165...

Yair Mimouni

07.12.2008

Hébron et la haine des origines, Pierre I.Lurçat

"Ce serait une erreur terrible de ne pas repeupler Hébron, voisine et sœur aînée de Jérusalem, et de ne pas y faire venir le plus grand nombre possible de Juifs". Qui a dit cela ? Le rabbin Levinger ? Ou peut-être Daniella Weiss ? Ni l'un ni l'autre : il s'agit de David Ben Gourion, comme le rappellait récemment le journaliste Nadav Shragai dans les colonnes d'Haaretz ¹. En lisant cette déclaration de l'ancien Premier Ministre, juif laïque par excellence, mais dont la Bible était le livre de chevet, on mesure combien le consensus sioniste autour d'Eretz Israël s'est effrité avec le temps et combien se sont répandues l'ignorance, l'indifférence et la détestation, parmi les élites intellectuelles, politiques et médiatiques israéliennes, à l'égard de la ville qui fut la première capitale du Royaume de David. Comment en sommes-nous arrivés là ?

 

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Au-delà de ses aspects juridiques et politiques, l'affaire du "Bayit ha-Shalom" (la "Maison de la Paix") de Hébron est révélatrice d'une dimension fondamentale, et souvent méconnue, du conflit interne qui divise le peuple juif et l'Etat d'Israël. Pour comprendre la décision du ministre de la Défense, Ehoud Barak, prise avec l'aval de la cour suprême, d'ordonner l'expulsion violente des familles juives vivant pacifiquement dans cette maison – achetée au prix fort et située en un endroit stratégique (sur la route qui relie la ville juive de Kyriat Arba et le Caveau des Patriarches) – il faut la replacer dans le cadre de ce qui constitue le cœur même du "Kulturkampf" israélien, qui ressemble de plus en plus, ces dernières années, à une guerre entre Juifs : la haine des origines.

 

Hébron au cœur du Kulturkampf israélien

 

Israël est un tout petit pays, dont la largeur ne dépasse pas 80 km. Mais les distances qui séparent certains lieux sont incommensurablement plus grandes que celles mesurées sur une carte. Et la distance entre Hébron et Tel-Aviv est encore beaucoup plus grande que celle qui sépare Tel-Aviv et Jérusalem. Dans son chef d'œuvre publié en 1945, Tmol Shilshom ("Hier et avant-hier", traduit en français sous le titre "Le chien Balak"), l'écrivain israélien S. J. Agnon décrivait l'opposition entre Jérusalem, ville trimillénaire symbole de la Tradition et du "Vieux yishouv", et Tel-Aviv, ville nouvelle édifiée sur le sable par les pionniers du sionisme laïc. Cette opposition fondamentale s'est perpétuée jusqu'à nos jours, de même que les sentiments d'étrangeté, d'indifférence et d'hostilité d'une grande partie des élites sionistes et israéliennes envers la capitale du peuple Juif, qui se sont manifestés récemment encore lors des élections municipales. Mais dans le cas de Hébron, cette hostilité est bien plus marquée et prend des formes presque pathologiques, comme en attestent les récentes déclarations de plusieurs dirigeants israéliens, ou la manière dont les médias crient au "pogrome" (anti-arabe, bien entendu) chaque fois que des Juifs de Hébron ont une altercation avec leurs voisins arabes...

 

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Cette haine de Hébron n'est pourtant pas propre aux dirigeants israéliens actuels, et elle transcende les clivages politiques traditionnels. Elle caractérise en fait l'attitude de certains Juifs qui refusent d'assumer leur vocation et qui voient dans la Cité des Patriarches une menace pour leur désir de ne pas être Juif, ou encore d'incarner un "Nouveau Juif", coupé de ses racines, de la Tradition et de l'héritage transmis par la chaîne des générations, qui remonte jusqu'aux Patriarches. Tout ce que Hébron symbolise, précisément... En effet, le conflit essentiel qui divise et déchire la société israélienne aujourd'hui n'est peut-être pas tant celui qui oppose Juifs et Arabes, ou Juifs de gauche et de droite, ou encore Juifs religieux et Juifs laïques... Il est plutôt celui qui oppose, pour reprendre la terminologie pertinente de J.C. Milner, les "Juifs d'affirmation" et les "Juifs de négation" ².

 

Le projet sioniste, on le sait, est traversé tout entier par une ambivalence fondamentale, présente dès l'origine du mouvement politique créé par Herzl (et l'attitude du "Visionnaire de l'Etat" a souvent été mal comprise, voire déformée à dessein à des fins idéologiques, comme l'a montré brillamment Georges Weisz ³), et qui se trouve jusqu'à aujourd'hui au cœur du débat politique et intellectuel. Cette ambivalence tient au fait que le sionisme politique se définit tantôt comme la continuation de l'histoire juive, et tantôt comme sa négation (négation de l'exil, du judaïsme diasporique, voire du judaïsme tout entier, comme chez le mouvement "cananéen").

 

C'est dans ce contexte que l'on doit examiner la récente affaire de Hébron, dont l'enjeu dépasse de loin, on s'en doute, celui de la propriété d'une maison. Cette affaire – je l'ai écrit avant son issue tragique, mais provisoire – est avant tout politique, malgré l'habillage "juridique" que veulent lui donner ceux qui prétendent toujours parler au nom du "Droit" (oubliant que les pires ennemis d'Israël, à toutes les époques, ont eux aussi invoqué le Droit pour justifier leurs crimes, et que la notion hébraïque du Droit, le "Tsedek", ne se confond jamais avec un instrument de l'arbitraire du pouvoir). Mais à un niveau encore plus profond, au-delà du politique, il s'agit d'une affaire d'identité, à la fois collective et individuelle. Ce n'est pas un hasard si les dirigeants du parti postsioniste Kadima – créé de toutes pièces par Ariel Sharon et Shimon Pérès sur les ruines du Likoud et du parti travailliste – avaient déjà, il y a quelques années, fait de la haine de Hébron un élément central de leur politique.

 

Guy Sorman, un alterjuif en visite à Hébron

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Sorman : L'Etat d'Israel est une erreur

 

Dans un numéro spécial de la revue Controverses consacré aux "Alterjuifs", j'ai analysé le cas d'un intellectuel juif français, dont la détestation d'Israël s'est manifestée pour la première fois, comme il l'avoua lui-même avec une franchise étonnante, à l'occasion d'un voyage à Hébron 4 . Guy Sorman, essayiste talentueux et Juif déjudaïsé, raconte dans son livre Les Enfants de Rifaat, qui relate son périple à travers le monde arabo-musulman, comment il a "découvert" que l'Etat d'Israël était "voué à disparaître"... Dans le chapitre intitulé "Fin du peuple juif", Sorman fait cette déclaration apparemment étonnante : "Avant Hébron, je ne m'étais jamais trop interrogé sur l'Etat d'Israël... Depuis Hébron j'ai une conviction bien ancrée : l'Etat d'Israël est une erreur historique, les Juifs n'avaient pas vocation à créer un Etat". Pour justifier cette conclusion extrême, l'intellectuel raconte cette anecdote :

 

"Etes-vous juif?" Au cours de ma déjà longue existence protégée d'intellectuel français né après l'Holocauste, cette question ne me fut jamais posée qu'une seule fois, sur un mode agressif. C'était en Palestine [sic], en l'an 2000, à l'entrée de la ville d'Hébron... Le soldat était un Israélien d'origine éthiopienne : un Falacha, reconnu comme Juif en un temps où Israël manquait d'immigrés nouveaux pour meubler les bas échelons de la nation... A l'entrée du tombeau dit d'Abraham, il me fallut à nouveau arbitrer entre les trois confessions issues de cet ancêtre... Je fus un instant tenté par l'islam chiite ; mon compagnon palestinien m'en dissuada. Je m'en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race...

 

Cette description de l'arrivée au caveau des Patriarches à Hébron est pétrie de préjugés anti-israéliens, auxquels se mêle une hostilité visible au judaïsme. La clé de cette attitude paradoxale est en effet la prise de conscience par Sorman de son judaïsme, destin inéluctable auquel il ne peut échapper (à défaut d'être une vocation librement assumée). Car le judaïsme n'est pas une simple "religion", à laquelle on pourrait renoncer en se déclarant athée... En entrant dans le caveau des Patriarches, Sorman comprend soudain la nature quasi-indestructible des liens qui l'unissent – malgré lui – à la nation juive et à son père fondateur, Avraham. Mais cette compréhension, loin de susciter un quelconque "retour au bercail", se traduit chez lui par une hostilité décuplée et par la conviction que les Juifs doivent "disparaître"...  Ainsi, la visite à Hébron fait de l'intellectuel déjudaïsé un Alterjuif, c'est-à-dire un Juif qui refuse d'être juif, et qui transforme sa haine de soi en arme polémique, à l'instar de la philosophe Simone Weil 5.

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Le cas de Guy Sorman est révélateur, parce qu'il montre bien comment le rejet des origines conduit à douter de l'avenir d'Israël, et à remettre en cause le droit à l'existence de l'Etat juif. L'analyse du discours de Sorman et des autres "Alterjuifs" permet de comprendre la maladie qui atteint aujourd'hui une grande partie de l'establishment politique israélien : le refus d'assumer l'héritage national juif et la haine des origines. C'est en effet, avec parfois des différences de degré, la même attitude pathologique – qualifiée par le philosophe juif allemand Theodor Lessing de "haine de soi juive" – qui est à l'œuvre chez certains dirigeants actuels d'Israël : le refus d'être juif (qui conduisit Otto Weininger jusqu'au suicide) se traduit au niveau collectif et national par le refus d'assumer le destin collectif de l'Etat juif. La haine de Hébron – et à travers elle, la haine des origines de la nation juive – est le symptome le plus frappant de la pathologie suicidaire de ces élites israéliennes postsionistes.

 

Notes

1. Ha'aretz, 24/11/08.

2. Jean-Claude Milner, Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier 2003, p.

3. Voir le beau livre de Georges Weisz, Theodor Herzl, une nouvelle lecture, L'Harmattan 2006, récemment traduit en hébreu.

4. Voir mon article "Guy Sorman et le souhait d'un monde sans Juifs", publié sous le nom de plume de David Kurtz, Controverses, février 2007.

5. Je renvoie au livre très actuel de Paul Giniewski, Simone Weil ou la haine de soi, Berg International 1978.

30.11.2008

Hébron : les dessous de l'affaire de la "Maison de la Paix"

Interview de Pierre Lurçat par Claire Dana-Picard (Aroutz 7)

Maison de la Paix à Hébron : un débat antidémocratique ?

Bet Hashalom, la Maison de la Paix, est une bâtisse de trois étages qui se trouve sur la route empruntée par les fidèles de Kiriat Arba, lorsqu'ils descendent vers  Hébron pour prier à la Maarat Hamahpela, le Caveau des Patriarches. Cette maison a été achetée par des Juifs à un Arabe et plusieurs familles s'y sont installées il y a plus d'un an. Depuis quelques temps, ces familles sont menacées d'expulsion par les instances du gouvernement et la propriété de la maison est contestée. Pierre Lurçat, avocat et journaliste, nous donne des précisions sur cette affaire qui suscite beaucoup d'émotion en Israël.

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Claire Dana-Picard : Cette maison a été achetée à un Arabe par des Juifs qui en sont donc devenus les propriétaires. Vous pouvez nous dire en quelques mots comment s'est passée la transaction ?

Pierre Lurçat : Toute la transaction a été filmée, et on voit le vendeur qui reçoit l'argent des acheteurs. Cela rappelle un peu la transaction d'Avraham Avinou (le patriarche), qui a été relatée dans la Paracha que nous avons lue la semaine dernière (lorsqu'il a acheté la Maarat Hamahpela). Cette transaction a été parfaitement documentée, à dessein bien évidemment, en pensant qu'un jour, il y aurait certainement des contestations comme c'est souvent le cas dans cette région d'Israël. Par ailleurs, il est important de préciser que l'argent qui a permis de financer cette acquisition n'est pas n'importe quel argent. C'est l'argent d'un Juif américain, qui n'est pas un riche millionnaire comme ceux qui soudoient bien souvent, malheureusement, nos hommes politiques ces derniers temps. Il s'agit d'un donateur qui a "cassé sa tirelire", qui a utilisé toutes les économies de sa retraite parce que son grand-père faisait partie de ces Juifs de Hébron qui avaient été massacrés en 1929 lors du tristement célèbre pogrom.

CDP : Et c'est une maison qui a coûté cher, je crois qu'elle a coûté un million de dollars, n'est-ce pas ?

PL : Oui. L'argent a été payé, il n'y a aucune contestation possible sur le paiement et il n'y a aucun vice juridique. Ce qui est en jeu, ce n'est pas tellement la légalité de la transaction. C'est bien au-delà de cela : c'est le droit des Juifs à habiter et à acheter des maisons à Hébron.

CDP : Il est peut-être important de souligner que le vendeur arabe est passé par un intermédiaire jordanien : pourquoi toutes ces précautions, pourquoi a-t-il tenu à garder l'anonymat ?

PL : Parce que – on le sait, même si les médias israéliens et les autres médias ne le rappellent jamais - la peine de mort est infligée par l'Autorité palestinienne et dans beaucoup d'autres pays arabes à toute personne qui vend un bien à un Juif. Il y a des lois antisémites, qui ressemblent à celles de l'Allemagne nazie, qui sont en vigueur tout près de chez nous en Jordanie et même dans l'Autorité palestinienne.  Et cela, évidemment, les médias ne le rappellent pas assez. C'est cela, à mon avis, le vrai scandale. C'est contre cela que devrait s'élever la Cour suprême et le pouvoir israélien s'ils avaient un semblant de logique et de justice dans leur attitude.

CDP : Revenons maintenant à la vente de la maison. Dans le cas présent,  pourquoi le titre de propriété a-t-il été contesté ? Et s'il s'agit d'une affaire judiciaire, comment se fait-il que le gouvernement y soit mêlé ? En quoi cette affaire le concerne ?

PL : A priori, elle ne le concerne pas du tout. Dans un Etat de droit, ce sont les tribunaux qui doivent trancher sur ce genre de litiges, si litige il y avait. Mais en fait, on s'aperçoit en grattant un peu à la surface que ce n'est pas du tout un problème de propriété et de justice; il s'agit d'un problème politique. On le voit bien d'ailleurs puisque c'est la Cour suprême qui s'en mêle alors que normalement, la compétence pour ce genre de litiges incombe aux tribunaux de première instance et de grande instance. Et là, tout d'un coup, c'est la Cour suprême qui s'en mêle parce que c'est Hébron, parce que c'est la ville symbole, symbole de notre attachement et de notre présence en Eretz Israël. Pour une certaine frange de l'establishment politique et juridique en Israël, elle est une ville détestée et considérée comme une ville arabe, comme l'écrivait ce matin (lundi) Nadav Shragaï dans le quotidien Haaretz. Pour eux, Hébron est la ville des Arabes alors que nous savons que c'est la ville des Patriarches, c'est la ville qui est le symbole même de notre présence ici (en Israël) avant même Jérusalem. C'était la première capitale du royaume de David.

 

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CDP : Est-ce que cela veut dire qu'il y a une crise sérieuse dans le système juridique  israélien ?

PL : Oui, vous avez raison. Si on veut vraiment comprendre les dessous de cette affaire, on est obligé finalement de se poser la question suivante : comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on aujourd'hui un système judiciaire, dans un Etat qui se dit démocratique, qui est capable de prendre une telle décision. Parce qu'il y a un déni de droit qui est évident pour toute personne quelque peu objective. Je pense que tout le monde s'aperçoit qu'il y a un déni de droit fondamental. Et si on veut comprendre, à mon avis, les motivations profondes, on est obligé de se demander au nom de quoi cette décision est prise par la Cour suprême (Bagatz) et au nom de quoi elle est appliquée d'une certaine manière, tout à fait extrémiste, par le procureur de l'Etat et par le ministre de la Défense Ehoud Barak qui considère que c'est la priorité alors qu'on sait par ailleurs qu'il est incapable de mettre fin aux tirs de Kassam. Comme si la priorité aujourd'hui, pour le gouvernement israélien, était d'empêcher une famille juive de vivre dans une maison à Hébron.   

CDP : Finalement, quelle a été exactement la décision de la Cour suprême ?

PL : La Cour suprême a dit que tant que la question de la propriété n'était pas tranchée, les Juifs n'avaient pas le droit d'habiter dans cette maison. Donc, elle laissait la porte ouverte à une expulsion sans dire qu'il fallait les expulser immédiatement : cela, c'est une interprétation faite par Ehoud Barak et par d'autres personnes au gouvernement et auprès du Procureur de l'Etat.

Mais déjà, en soi, cette décision était à mon avis gravissime. Et on est amené à s'interroger sur la nature même du système judiciaire en Israël. Pendant de nombreuses années, pendant plusieurs décennies, en fait depuis la révolution constitutionnelle du juge Aaron Barak, on pensait qu'il y avait cette notion d'Etat juif et démocratique, tout à fait problématique d'ailleurs, mais qui constituait malgré tout un semblant de consensus, de pacte social sur lequel pouvait   s'édifier et vivre la démocratie israélienne. D'abord, on s'est aperçu que l'Etat juif et démocratique n'était pas juif, le juge Barak l'a dit lui-même. Il a dit que l'Etat juif, c'était ce que lui et les membres de "l'élite éclairée" considéraient comme juif. Ce sont ses propres termes et c'est lui qui parlait d'une "'élite éclairée", qui se considérait comme le représentant de "l'élite éclairée". Donc, on s'est aperçu que l'Etat juif et démocratique n'était pas juif, et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il n'est même pas démocratique. Les juges n'ont même pas l'élément fondamental du Tsedek, de la justice, qui est à la base de tout système de droit démocratique.

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A.Barak

CDP : En fait, cela semble être devenu un débat politique entre la gauche et la droite.

PL : A mon avis, il transcende le clivage entre la gauche et la droite. Il s'agit pour moi d'un débat politique entre les tenants d'une véritable démocratie et les tenants de ce que le politologue Jacob Talmon a appelé il y a déjà assez longtemps la démocratie totalitaire, c'est-à-dire le pouvoir accaparé par une petite élite qui est prête à employer tous les moyens pour faire triompher sa conception du Droit et sa conception de ce que doit être l'Etat d'Israël.

CDP : On a la nette impression que tout est fait pour tenter de prouver que les militants de droite sont des gens violents, qui ne respectent pas la loi. Comment faire, dans ce cas, pour ne pas céder aux provocations ?

PL : Je pense qu'il y a toujours ces provocations et des actes qui sont montés en épingle par les médias et on peut souvent suspecter qu'ils sont le fait de provocateurs du Shin Bet. On l'a déjà vu par le passé. La majorité des habitants juifs de Hébron sont pacifiques comme tous les Juifs de Judée–Samarie et on essaie de les présenter aux yeux du public et de l'opinion internationale comme des gens violents, comme des délinquants, alors que la violence, en fait, est de l'autre côté. La violence, c'est celle d'un pouvoir illégitime qui voudrait expulser les gens de leur maison, comme l'ont bien compris un certain nombre de commentateurs et les Juifs de Hébron eux-mêmes qui ont dit : "Si on ne peut pas habiter cette maison, acheter cette maison, cela veut dire que les Juifs n'ont plus le droit d'habiter à Hébron". C'est gravissime d'en arriver à cette situation, dans l'Etat juif souverain revenu sur sa terre.

CDP : Vous avez certainement entendu qu'il y a un grand mouvement de solidarité qui vient d'être lancé pour que cette maison ne soit pas évacuée. Vous croyez qu'on arrivera à éviter une confrontation ?

PL : Je l'espère, bien entendu. J'espère que la mobilisation du public juif israélien va arriver à faire reculer le pouvoir dans cette démarche totalement antidémocratique et quasiment totalitaire, consistant à vouloir interdire aux Juifs d'habiter Hébron qui était la première capitale de l'Etat juif.    

28.09.2008

Des photos inédites du pogrome de Hébron

Le site Internet de la ville juive de Hébron (www.hebron.org.il) met en ligne des photos inédites du pogrome de 1929, témoignage important et émouvant de cet événement qui a marqué l’histoire des Juifs dans la Cité des Patriarches et, au-delà, celle du Yishouv tout entier. La découverte de ces photos est en elle-même une histoire rocambolesque, relatée par Nadav Shragai dans les colonnes du journal Haaretz.

 

« Il y a 20 ans, l’historien Gershon Gera a reçu la visite inopinée d’un vieux Juif, qui lui a remis une liasse de photos en lui disant : ‘tu sauras quel usage en faire’, avant de repartir sans dire son nom. Ces 111 photos étaient celles des victimes juives du pogrome de Hébron, prises quelques instants après leur assassinat, et des nombreux blessés. Pendant 20 ans, elles sont restées dans un tiroir, dans la maison de l’historien, jusqu’à ce que sa veuve décide de les remettre à Noam Arnon, porte-parole de la communauté juive de Hébron ».

 

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Victimes juives du pogrom de Hebron, 1929

Le Yishouv juif de Hébron a décidé de mettre toutes ces photos en ligne, en prévision du 80e anniversaire des « événements de Tarpat » qui aura lieu l’an prochain. Décision salutaire, au moment où les ennemis d’Israël intensifient leur propagande contre la présence juive en Judée-Samarie, aidés par les organisations « pacifistes » comme Chalom Archav et autres. Lorsque, il y a à peine un mois, un enfant juif de 9 ans a failli être assassiné par des terroristes arabes à Yitshar, ce sont les habitants juifs qui ont été qualifiés de « pogromistes » par certains médias israéliens, et même par l’ancien Premier Ministre Ehoud Olmert ! Les photographies mises en ligne aujourd’hui ne sont pas seulement un document historique irremplaçable. Elles rappellent aussi aux Juifs et au monde entier qui sont les véritables pogromistes.

Victime juive du pogrom de 1929.jpg

La meilleure réponse a nos ennemis de l'intérieur comme de l'extérieur est de renforcer la présence juive a Hébron, en s'y rendant en visite et en soutenant financierement les Juifs valeureux qui y habitent! Dons en ligne sur le site de la communauté juive de Hébron.

 Pierre Lurçat

NB Sur l'histoire des Juifs de Hebron, voir le livre de mon ami E. Attlan, Le Livre de Hébron, TR éditions, 2003, 223 p. 150 NIS. Distribué en Israël par Liora, 054-685 06 24.

 
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