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  • Tsahal, armée la plus morale du monde ? - Pierre Itshak Lurçat

    Sans être un fervent lecteur du journal Ha'aretz – pain quotidien des élites israéliennes postsionistes – je dois reconnaître que le commentateur militaire Amos Harel a raison lorsqu'il écrit, au sujet de la réponse d'Israël aux accusations calomnieuses du rapport Goldstone, que "l'affirmation répétée comme un mantra selon laquelle Tsahal serait l'armée la plus morale du monde" est problématique. Non pas certes, comme le pense sans doute Harel, qu'elle soit fausse... Au contraire ! Où a-t-on vu dans le monde une armée qui envoie des SMS aux habitants des immeubles qu'elle s'apprête à bombarder ? Si cette invention israélienne avait pu être utilisée à Londres, à Dresde ou à Hiroshima, elle aurait épargné la vie de millions d'être humains pendant la Seconde Guerre mondiale.

     

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    Cette affirmation est problématique précisément parce qu'elle est vraie. Elle pose un problème important, sans doute crucial, qui est celui de la morale et de la guerre. Nous autres Juifs, avons une fâcheuse tendance à nous complaire dans la posture de la victime, cédant ainsi à une tendance inhérente à la tradition juive (ou judéo-chrétienne). Nous avons certes le droit de nous flatter d'avoir une armée composée de soldats au visage humain, et non de soudards, qui est aussi efficace – sinon plus – pour sauver des vies humaines au Népal que pour lutter contre le Hamas à Gaza. Mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue que le but premier de Tsahal, comme de toute armée au monde, est de défendre et de protéger nos citoyens et notre Etat, et pas de gagner d'improbables concours de moralité…

     

    Cette problématique n'est pas nouvelle, loin s'en faut. Dans un article éclairant paru après la Deuxième Guerre du Liban dans la défunte revue Forum Israël, Eliezer Shargorodski avait montré comment les penseurs et dirigeants sionistes avaient depuis longtemps été écartelés entre deux conceptions de la morale. La première, d'inspiration judéo-chrétienne, abhorrait le recours à la force qu'elle considérait comme un danger mortel pour les "valeurs juives". Cette conception, autrefois très minoritaire, était défendue par des intellectuels juifs allemands renommés, comme Martin Buber et Hermann Cohen. Elle s'incarna dans un courant sioniste-pacifiste, dont les représentants furent à l'origine de la création de l'Université hébraïque de Jérusalem. Ces intellectuels poussèrent leur logique jusqu'à ses conséquences ultimes : Buber, un temps proche de Herzl, s'éloigna de lui pour soutenir la création d'un Etat binational, préférable selon lui à un Etat juif pour ne pas léser les droits des habitants arabes.

     

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  • Premières leçons de la guerre contre le Hamas - Pierre I. Lurçat

    Alors que la guerre contre le Hamas déclenchée par Israël pendant la fête de Hannoukah entre dans sa troisième semaine, il est certes encore trop tôt pour dresser un bilan, même provisoire, mais on peut déjà tenter de tirer quelques leçons, qui concernent notamment les aspects militaires, psychologiques, politiques et médiatiques de l'opération "Plomb fondu".

    I. Aspects militaires : un succès pour Tsahal

    Du point de vue strictement militaire, cette guerre apparaît d'ores et déjà  comme un succès indéniable de Tsahal. Même si le Hamas n'était pas totalement détruit (objectif difficile à atteindre) et s'il conservait, à l'issue des opérations en cours, la capacité de nuire et d'envoyer des missiles, il en sortira cependant très diminué : plus de 400 membres de l'organisation islamiste ont déjà  été éliminés, parmi lesquels plusieurs de ses dirigeants, ses infrastructures civiles et militaires ont été gravement endommagées, et sa capacité de riposte s'est avérée très réduite jusqu'à maintenant. Mais c'est surtout sur le plan psychologique que le Hamas a subi une défaite importante et que Tsahal a déjà remporté une victoire, qui efface très largement l'échec cuisant de la Deuxième Guerre du Liban.

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    A cet égard, la guerre actuelle apparaît de plus en plus comme la "revanche" de Tsahal, après l'échec subi à l'été 2006 face au Hezbollah et à ses patrons iraniens et syriens. En effet, si l'échelon politique israélien (et le Premier ministre Ehoud Olmert en premier lieu) n'avaient à l'époque pas voulu tirer les conclusions du rapport Winograd, l'armée, elle, a visiblement travaillé sans relâche, depuis deux ans, pour tirer les leçons de ses défaillances et pour combler les lacunes apparues au grand jour lors de la guerre du Liban. La liste – non exhaustive – ci-dessous illustre les leçons tirées par Tsahal :
    - Logistique et approvisionnement : les graves carences ont été comblées et le spectacle désolant de soldats privés de nourriture et d'équipement de base ne s'est pas reproduit.
    - Définition des objectifs : Tsahal a soigneusement défini ses objectifs, ("porter un rude coup au Hamas et améliorer la situation des habitants du Sud du pays"), sans fixer la barre trop haut. Ces objectifs, modestes mais réalistes, sont pour l'instant en voie d'être atteints.
    - Coordination tactique entre les différentes armes : à l'exception du cruel incident qui a coûté la vie à plusieurs soldats, atteints par un tir ami, elle s'avère excellente.
    - Présence des officiers supérieurs sur le terrain : Tsahal a retrouvé sa grande tradition – illustrée par le fameux commandement "Aharaï", "suivez-moi !" – de l'exemple donné par les officiers, de tous grades, sur le terrain. Le chef d'état-major Gaby Ashkénazi et le commandant de la région Sud, Yoav Galant,  se sont notamment illustrés par leur présence effective sur le terrain, suivant de près les opérations au jour le jour et d'heure en heure, au lieu de les suivre de loin sur un écran "plasma", confortablement installés au fond du "bor" (salle d'état-major à Tel-Aviv)...

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    - Frappes aériennes et renseignement : la réussite impressionnante des frappes menées pendant la première semaine des combats a été comparée par certains observateurs à la destruction de l'aviation égyptienne, aux premières heures de la guerre des Six Jours. Ce succès reposait sur la précision et l'exactitude des renseignements. Contrairement à la propagande du Hamas, souvent relayée par des médias occidentaux peu scrupuleux, le ratio entre les cibles militaires atteintes et les victimes collatérales dans la population civile (400 / 900 au jour où ces lignes sont écrites) est sans doute un des plus élevés jamais atteints dans une guerre de ce type, et l'Opération "Plomb fondu" deviendra certainement, à cet égard, un exemple qui sera étudié dans les écoles militaires.

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    II. Aspects psychologiques : la confiance retrouvée de Tsahal

    Mais c'est surtout sur le plan de la guerre psychologique que cette campagne militaire – quelle qu'en soit l'issue finale – s'avère d'ores et déjà  une victoire incontestable. Le Hamas s'est en effet préparé pendant longtemps à une éventuelle invasion de Gaza par Tsahal, minant les routes et piégeant les maisons. Mais il semble qu'il ne pensait pas que cette possibilité deviendrait une réalité, intoxiqué par sa propre propagande et croyant que Tsahal n'oserait pas entrer avec des forces terrestres à Gaza... Les soldats de Tsahal eux-mêmes, d'après les premiers témoignages que la presse commence à publier, redoutaient d'entrer à Gaza, après avoir entendu pendant des mois les médias israéliens claironner que le Hamas s'était préparé et qu'il les attendait de pied ferme... Le succès de la première semaine d'opérations au sol a de ce point de vue brisé le "mythe" de Gaza. Le Hamas, plus encore que le Hezbollah en 2006, a été défait dans tous les affrontements directs (qu'il a presque toujours cherché à éviter) et les "combattants" du Mouvement de la Résistance islamique se sont montrés sous leur vrai visage : celui de lâches qui se cachent derrière femmes et enfants, trouvent refuge dans des mosquées et des hôpitaux et mettent les civils en première ligne...

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    Psychologiquement, cette victoire militaire a effacé l'échec du Liban, redonné confiance à Tsahal dans ses propres capacités et dans celles de ses chefs et montré au pays – et accessoirement, au monde entier – que l'armée de Défense d'Israël était redevenue Tsahal, c'est-à-dire une armée capable de se battre avec force et détermination et de vaincre, y compris dans le cadre d'un conflit asymétrique 1. C'est en effet un lieu commun de la pensée militaire et stratégique contemporaine qui a volé en éclats ces deux dernières semaines : celui qui voudrait qu'un Etat  démocratique soit impuissant face à une "guérilla" (c'est-à-dire un mouvement insurrectionnel ou terroriste, comme le Hamas à Gaza ou Al-Qaida en Irak). La réalité est tout autre : Tsahal est en train de montrer qu'elle est capable de vaincre le Hamas, et sans doute de l'écraser, pour peu que le gouvernement lui en donne l'ordre et lui laisse le temps et les moyens nécessaires... Ce qui nous amène aux aspects politiques et médiatiques de ce conflit.

     

     

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    II. Aspects politiques et médiatiques : questions et incertitudes

    Depuis 1948, Israël a gagné presque toutes les guerres sur les champs de batailles. Mais c'est sur le terrain politique et diplomatique que les choses se sont révélées les plus difficiles. Les interventions de la communauté internationale, Etats-Unis, Russie et Europe principalement, ont souvent empêché Israël de transformer ses victoires militaires en victoires diplomatiques et ont parfois privé Tsahal des fruits de sa victoire. A cet égard, il est bien évidemment trop tôt pour juger de ce que sera l'issue de la présente guerre et savoir si Israël parviendra à transformer sur le plan politique l'essai qu'il est en passe de remporter sur le champ de bataille de Gaza. Aucun scénario ne peut être exclu à ce stade : poursuite des opérations jusqu'à l'écrasement quasi-total du Hamas, ou conclusion plus ou moins rapide d'un cessez-le-feu dans des conditions plus ou moins favorables à Israël... Il convient de souligner que la durée de la guerre (plus de 2 semaines) est déjà exceptionnelle, ce qui témoigne du choix fort opportun du moment de son déclenchement (entre l'élection et l'entrée en fonctions du nouveau président américain).

    Sur le front médiatique, beaucoup de commentateurs affirment qu'Israël a de nouveau "perdu la guerre"... Il convient de se montrer circonspect pour évaluer cet aspect, certes important, mais dont les enjeux sont délicats à apprécier. La guerre médiatique entre Israël et les palestiniens est devenue depuis plusieurs années un conflit asymétrique, dans lequel Israël est aujourd'hui le protagoniste le plus faible. Dans la guerre actuelle, le Hamas dispose en effet de nombreux avantages, parmi lesquels on peut citer l'utilisation cynique des civils comme "boucliers humains" et des victimes civiles, pour émouvoir l'opinion publique et la retourner contre Israël, et aussi la présence de populations musulmanes importantes – en Europe notamment – qui servent de caisse de résonance à la propagande du mouvement islamiste et donnent l'illusion que la majorité des habitants des pays occidentaux sont hostiles à Israël. L'examen attentif des manifestations de soutien au Hamas qui ont eu lieu ces derniers jours montre cependant que les participants étaient pour la plupart des musulmans ou des membres des partis d'extrême-gauche alliés de l'islam radical.

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    Conclusion

    En conclusion, en nous gardant d'émettre de jugement définitif, à ce stade, sur l'issue du conflit et sur ses conséquences, nous pouvons toutefois constater que Tsahal a tiré les leçons de la guerre du Liban. Les deux premières semaines d'opérations ont montré de manière éclatante que, malgré l'érosion de sa force de dissuasion depuis plusieurs années et malgré l'ethos "postsioniste" qui a gagné de larges secteurs de l'establishment israélien – notamment dans les médias, l'université et la justice – Israël reste un pays fort, déterminé à triompher de ses ennemis et prêt à payer le prix de sa survie. 


    1. Voir sur ce sujet l'article du général Yaakov Amidror, "Winning Counterinsurgency War : The Israeli Experience", www.jcpa.org.

     

    Copyright © 2008 JCPA

    PUBLIE SUR LE SITE DU C.A.P.E. (Centre des Affaires publiques et de l’Etat de Jérusalem)

  • La guerre de la Emouna et du Kiddoush Hashem

     

    Cette guerre commencée à Hannoukah et qui se poursuit, à ce jour, restera peut-être gravée dans la mémoire collective d'Israël comme la guerre la plus juste et la plus indispensable que l'Etat juif aura dû mener, contre des ennemis impitoyables, qui tuent femmes et enfants – y compris les leurs – au nom d'une idéologie islamiste apocalyptique et mortifère.

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    Mais elle restera sans doute aussi gravée dans la mémoire collective comme une guerre remplie d'héroïsme, de dévouement, d'amour gratuit et de Emouna. "Emouna" : il n'existe pas de traduction appropriée de ce terme en français. Ce n'est pas vraiment la "foi", ni la "confiance". Mais ce mot exprime ce que ressentent des milliers d'Israéliens, des soldats, des parents de soldats, des mères, des pères, et tout simplement des citoyens qui ont (re)découvert à l'occasion de cette guerre que nous étions tous membres d'une même famille...

     

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    Plusieurs reportages ont déjà été consacrés aux nombreux soldats sionistes-religieux qui prennent part aux combats, et aussi – hélas -  à ceux qui sont déjà tombés pour le Kiddoush Hashem (la Sanctification du Nom) et pour défendre leur pays. Mais en vérité, l'incroyable Emouna qui se manifeste actuellement ne concerne pas que les soldats religieux. Nous avons vu de nombreux Juifs non pratiquants redécouvrir le livre des Psaumes et le pouvoir de la prière, à l'occasion de cette guerre. Peut-être parce que nous nous battons contre un ennemi qui invoque lui aussi le nom de Dieu –mais d'un Dieu de mort et de folie – le peuple d'Israël s'est mis soudain – en pleine guerre, à redécouvrir sa vocation et son identité profonde, et il a compris qu'il se battait Leshem Shamayim et que c'était Dieu qui lui donnait la victoire.

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    *     *

     

     

    L'association Hasdei Avot de Hébron (sous la direction du Rav Dov Lior) distribue des Talitoth et des "kaméot" aux soldats qui entrent à Gaza. Je relaie ici leur témoignage et leur appel aux dons.

     

    Shalom,

    Nous avons passé une dure journée, mais une super journée, un melange de rire et de larmes…
    Nous avons croisé des centaines de soldats entrant se battre à Gaza ou sortant se reposer une heure ou deux…

    Ils nous ont tous dit:
    ” Nous avons la force de nous battre grace à votre soutien et amour pour nous..”. Ils pleuraient de joie en recevant les cadeaux que nous leur avons offerts grace à vos dons.. Nous devons recommencer la semaine prochaine…
    Nous leur devons bien ça…

    Ce qu’ils ont le plus aimé et se sont empressés de prendre, ce sont les kamaot du Ben Hich Hai, protection Kabbalistique très puissante qui protege les soldats…

    Pour un soldat pas très religieux, un kaméa, c’est très important car il sent D’ plus proche de lui… Un kaméa c’est pour lui la certitude qu’il reviendra vivant du combat… Je vais mettre sur Paypal un don en ligne special kaméa.

    Je m’engage à mettre dans chaque kamea, votre nom, prénom et numéro de téléphone pour que chaque soldat puisse vous rappeler s'il le souhaite.. Nous avons besoin de centaines de Kameot…

    Film sur le site de l'association Hasdei Avot de Hébron

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