La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

19.08.2011

Eurabia et La fondation Anna Lindh

 Dans une interview qui date du 7 decembre, l’historienne  Bat Ye’or1 interrogée par Paul Landau parle de la fondation Anna Lindh. Une fondation au coeur du système d’islamisation de l’Europe qui ne manque pas de ressources puisqu’elle se vante sur son site Internet ici, d’être financée par plus de quarante États euro-méditerranéens. 

Paul Landau : Une récente polémique a opposé “Riposte Laïque” à la journaliste militante Caroline Fourest, qui siège au Conseil de la Fondation Anna Lindh pour le “dialogue entre les cultures”. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est véritablement cette Fondation, pourquoi elle a été créée et quels sont ses objectifs ?

Bat Ye’or : La Fondation Anna Lindh (FAL) appartient au système transnational de gouvernance mis en place par l’Union Européenne. Depuis 2004 ce système s’est beaucoup développé et compte parmi ses plus importantes réalisations l’Alliance des Civilisations. Comment décrire ces organisations monstrueuses qui formatent la pensée des Occidentaux, de la naissance à la mort et dans tous les secteurs ? Vladimir Boukovsky a désigné ce système par le nom d’« UERSS » (EUSSR en anglais).

A l’instar du régime communiste, qui invoquait des objectifs humanitaires et pacifiques pour confisquer les libertés des peuples, ces systèmes de gouvernance transméditerranéenne et transnationale affichent des buts d’une haute tenue morale et d’une éthique politique irréprochable : état de droit, démocratie, droits de l’homme, établir la paix, l’amour et la compréhension entre les peuples, notamment entre Occidentaux et musulmans.

Modifier les perceptions jugées racistes et intolérantes à l’égard de l’islam afin de préserver la paix et la sécurité en Méditerranée  

Pour parvenir à ce but fort louable, la Fondation Anna Lindh développe une stratégie visant à culpabiliser les Européens, à modifier leurs perceptions jugées racistes et intolérantes à l’égard de l’islam afin de préserver la paix et la sécurité en Méditerranée par le maintien des flux migratoires, le métissage des populations, le multiculturalisme et le gommage des identités culturelles et nationales.

La Fondation est donc au coeur du système d’Eurabia. Elle se définit comme un Réseau de réseaux et regroupe quarante Etats euroméditerranéens. Elle coordonne leurs réseaux nationaux et « fédère des centaines d’organisations civiles et institutionnelles », comme l’explique son site. Son Réseau compte des centaines d’ONG, d’universités, « associations, institutions publiques ou privées, de fondations sans but lucratif, de collectivités territoriales, toutes coordonnées par le chef de file de chaque réseau national ». Les Etats membres et la Commission Européenne assurent son financement.

L’organe suprême qui gère les orientations de la politique stratégique de la Fondation est le Conseil consultatif dont les recommandations sont transmises au Conseil des Gouverneurs, au Directeur et aux réseaux nationaux. A la tête de cette hiérarchie de la pensée unique siège le Président de la Fondation. Caroline Fourest est l’un des membres élus du Conseil Consultatif.

Les activités de la Fondation embrassent tous les secteurs culturels, artistiques, éducatifs, les programmes d’enseignement et les médias afin de conditionner, uniformiser et formater la pensée des Européens. La Fondation Anna Lindh est à l’origine de la pensée unique et du politiquement correct, qui emprisonnent la pensée et étouffent la critique dans ses myriades de réseaux. C’est elle qui fournit la nourriture intellectuelle qui alimente les peuples de l’Union européenne. Tout ce qui s’oppose à sa vision est éliminé par le boycott et le silence.

 

Paul Landau : Pouvez-vous nous rappeler qui est Anna Lindh ?

Bat Ye’or : Le nom pour une telle Fondation ne pouvait être mieux choisi, on le doit à Javier Solana, le grand concepteur de la politique méditerranéenne et de la gouvernance internationale de l’UE.

Ce nom est celui du ministre des Affaires étrangères suédois dont la haine à l’égard d’Israël, selon les termes de l’ambassadeur d’Israël en Suède, Zvi Mazel « peut être seulement décrite comme pathologique. Sous son leadership, la Suède fut le pays de l’UE qui publia le plus grand nombre de condamnations unilatérales d’Israël ». Cette observation explique le choix du nom, de la personne, de la politique et de l’esprit de la FAL. Anna Lindh, comme Solana, nourrissait une admiration enthousiaste pour Arafat qui, comme on le sait, expérimenta sur les Israéliens toutes les formes de terrorisme aujourd’hui perpétrées en Occident et dans les pays musulmans.

La Fondation Anna Lindh  travaille en synergie avec l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI, 56 pays musulmans)

La FAL travaille en synergie avec l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI, 56 pays musulmans), et cette collaboration explique les modifications dans l’enseignement, la culture, les politiques et les orientations des médias dans l’UE. La FAL est un gouffre à milliards et bien que son siège soit à Alexandrie, elle n’a pas réussi à empêcher les attaques, les meurtres et les humiliations intolérables dont souffrent les Coptes, ainsi que les destructions de leurs biens et de leurs possessions dans divers villages d’Egypte.

En Turquie - pays qui aime donner des leçons de tolérance et où on aurait pu croire que les pauvres résidus des populations chrétiennes pré-islamiques, pourraient enfin jouir d’un peu de paix après les charniers du XXe siècle - les chrétiens du Tour Abdin (Mardin, Turquie) se voient contester la possession de leur antique monastère (4e siècle). Dans tout le monde arabe et particulièrement en Egypte, la littérature haineuse, loin de diminuer, a augmenté. C’est sans doute la FAL qui a formaté toute la désinformation concernant la riposte israélienne d’autodéfense contre les missiles lancés de Gaza durant sept ans sur la population civile israélienne.

Lire le reste de l’interview sur Riposte Laïque où elle parle notamment du vote suisse contre les minarets.

26.07.2011

"Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent" - Bat Ye'or

L'attentat d'Oslo est l'occasion pour Le Monde de ressortir le refrain de la "nouvelle extrême droite" et de tenter de disqualifier ses adversaires idéologiques en leur attribuant l'acte d'un psychopathe - un peu comme la gauche israélienne avait à l'époque voulu disqualifier ses adversaires en leur imputant l'acte d'Igal Amir...

Au passage, l'article du Monde qualifie Eurabia de "théorie du complot"...

Bat Yeor avait répondu à cette accusation dans une interview en 2009 dont je reproduis ci-dessous un extrait :

http://www.juif.org/le-mag/247,bat-ye-or-le-referendum-suisse-est-une-defaite-d-eurabia.php

BAT YEOR (PHOTO Paul Landau).jpgQue répondez-vous à ceux qui crient à la "théorie du complot" dès que l'on prononce le mot d'Eurabia ? (comme par exemple Caroline Fourest)

B. Ye'or : Il y a aussi des gens qui nient la Shoah et les camps d’extermination même quand ils les voient sous leurs yeux. Et je ne parle pas ici de Caroline Fourest.

Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent. Car Eurabia se passe de démonstration. Elle est là en nous et autour de nous, ce n’est pas la réalité de demain mais celle d’aujourd’hui. Quand les synagogues et les cimetières juifs nécessitent une protection, comme l’exigent les églises dans les pays musulmans, c’est Eurabia. Quand des musulmans apostats ou libres penseurs et des intellectuels ou des politiciens doivent se cacher ou vivre avec des gardes du corps parce qu’ils offensent l’islam, ce n’est plus l’Europe des droits de l’homme mais Eurabia. Quand des manifestations massives inondent les capitales d’Europe, en appelant à l’extermination d’Israël, ponctuées par des prières de milliers de musulmans sur le parvis des églises et dans les rues, c’est Eurabia. Les tribunaux de la charia fonctionnent en Angleterre et influencent l’enseignement de nombreuses universités. L’UE s’est déjà soumise à la loi de la charia concernant le blasphème, l’apostasie, la sujétion des femmes, la polygamie, les crimes d’honneur. Elle s’est jointe avec joie à l’exécration d’Israël et à la haine antisémite. Quel est le journal qui se hasarderait à donner une vision positive d’Israël ? Il n’y en a pas. D’ailleurs on ne peut même plus parler de l’Europe chrétienne ou de l'Europe des Lumières. Nous ne sommes plus dans un régime qui assure à chacun le libre exercice du culte et la liberté de pensée et d’expression, puisque des policiers et des gardes du corps sont nécessaires. Comme les dhimmis, nous devons observer un certain langage et nier notre identité.

 

Eurabia existe dans les villes peuplées de femmes voilées, dans les lieux où s’applique la charia, quand les idéologies politiques islamiques et la haine d’Israël fleurissent et quand les solides institutions démocratiques ne sont plus qu’un vague souvenir du passé. Elle se manifeste dans l’insécurité contrebalancée par les courbettes des leaders occidentaux, proclamant que l’islam féconda la civilisation occidentale. Comme si Jérusalem, Athènes et Rome qui en sont les sources vitales, se situaient en Arabie – comme si Gutenberg, Newton, Darwin, Louis Pasteur, Henri Dunant, Einstein s’étaient nourris du Coran.

 

EURABIA COUV ECONOMIST.jpeg

Paul Landau : Quelles sont les racines historiques d'Eurabia ?

B. Ye'or : Eurabia c’est l’enfant né de l’union de la Palestine avec le nazisme survivant après 1945 qui, étalé sur toute l'Europe, étreint et porte la Palestine, y enfouissant sa nostalgie lancinante de détruire Israël. Le pacte monstrueux d’Hitler et du Mufti de Jérusalem utilisa la passerelle ‘Palestine’ pour se poursuivre dans l’après-guerre. Quand Paul Dickopf, ancien officier SS de l’Abwehr, accède à la présidence d’Interpol en 1968 grâce aux votes arabes et laisse filer les terroristes palestiniens sous prétexte que le terrorisme n’est pas un crime mais un problème politique, c’est déjà Eurabia. ** Comme le dit une brochure de l’Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA) publiée en 1994, la Palestine représentait l’une de ses causes essentielles; elle la défendit si bien que sa participation au financement de l’Intifada de 1987 contre Israël draîna ses fonds. Dans cette brochure, l’Association reconnaît « le caractère discret de son travail, qui s’effectue en grande partie dans les couloirs des assemblées ». Elle se targue néanmoins de nombreux succès : le retour de la résolution 181 des Nations Unies de 1947 sur le devant de la scène, et l’adoption de ses propositions en 1980 par le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne dans la ‘Déclaration de Venise’ qui entérinait la position de l’OLP et du monde arabe contre Israël. Elle en avoue encore d’autres dont l’émigration, tout en invoquant le devoir de discrétion.

 

Mon livre Eurabia s’appuie sur un nombre considérable de sources concernant les divers promoteurs et financements de cette politique menée dans la discrétion et qui conduit à cette situation qui n’est pas née par hasard. Je ne serais pas étonnée lorsque sous la bannière palestinienne d’Eurabia, les soldats eurabiens, passant du service d’Hitler à celui de la Palestine, et conduits par le calife de Malmö, se précipiteront pour ajouter à leurs trophées européens gagnés dans la Shoah, les restes du patrimoine d’Israël. Cette monstruosité s’appellera : ‘Paix, Justice et Amour de la Palestine’ et pour satisfaire Mgr Tutu : ‘Libération de l’Apartheid.’ Eurabia s’apprête à offrir Jérusalem à l’OCI pour qu’elle en fasse le siège du Califat Universel et pour que s’éteignent à jamais les lumières de l’Occident.


‭‮

07.12.2010

Le tournant eurabien de Caroline Fourest

Une intellectuelle engagée au service d'Eurabia

 

 

fourest.jpgCertains lecteurs se sont étonnés du dernier article de Caroline Fourest dans Le Monde, intitulé "Israël contre Obama", dans lequel la chroniqueuse du quotidien du soir attaque l'Etat hébreu, avec une virulence inédite sous sa plume, employant des expressions telles que "fanatisme" ou "violence disproportionnée" que n'aurait pas reniées Tariq Ramadan lui-même... Pour comprendre cette évolution, il faut lire l'analyse éclairante que vient de publier Radu Stoenescu dans Riposte Laïque. Analysant la récente joute télévisée entre Fourest et Ramadan, Stoenescu remarque que la militante des droits des homosexuels s'est montrée dogmatique et peu convaincante face au prédicateur islamiste, concentrant toutes ses attaques sur le thème réducteur des opinions de Ramadan sur l'homosexualité, au lieu d'exposer publiquement son projet politique.

 

La malhonnêteté intellectuelle de Caroline Fourest

 

L'explication profonde de cette attitude, révèle Stoenescu, tient au fait que Mme Fourest travaille depuis plusieurs mois pour une institution européenne très marquée politiquement, la Fondation Anna Lindh. Avant de montrer les implications de ce fait capital, je voudrais faire une parenthèse personnelle. J'avais moi-même constaté depuis longtemps l'insuffisance du raisonnement de Caroline Fourest concernant l'islam politique, et la malhonnêteté de son attitude intellectuelle. En effet, lorsque j'ai publié mon premier livre – Le Sabre et le Coran, portant sur le même sujet que celui de Fourest, à savoir la famille Ramadan – j'ai été étonné de constater que mon manuscrit, remis au printemps 2005, a "dormi" dans un tiroir chez mon éditeur jusqu'à la rentrée de septembre, alors qu'il portait sur un sujet d'actualité brûlante... La raison de cette mise au placard me fut donnée bien plus tard, lors d'une rencontre avec la chercheuse Fiametta Venner (auteure d'un livre documenté sur l'UOIF).

 

Celle-ci ayant été attaquée en diffamation par le CBSP (Comité de Bienfaisance et de Soutien aux Palestiniens), pour avoir révélé dans son livre les liens entre le CBSP et le Hamas, je lui proposai de nous rencontrer lors d'un de mes passages en France pour lui remettre des documents, réunis par les autorités israéliennes depuis plusieurs années, établissant de manière indiscutable le fait que le CBSP était l'organe de collecte du Hamas en France. Au détour de notre conversation, mon interlocutrice me révéla ingénument que Caroline Fourest avait voulu empêcher la parution de mon livre, en suggérant à son éditeur de m'attaquer pour plagiat ! Celle-ci renonça finalement à son projet mais obtint (par des moyens que j'ignore) que mon éditeur retarde la parution de mon livre sur Ramadan, pour ne pas lui porter ombrage...

 

Si je révèle aujourd'hui cette anecdote personnelle, c'est parce qu'elle en dit long – me semble-t-il – sur les procédés intellectuels de Mme Fourest. Plus qu'un simple sujet de recherche, Tariq Ramadan lui a servi de tremplin pour entamer sa carrière. Et de fait, elle a réussi un "beau parcours"... La journaliste-militante est aujourd'hui chroniqueuse au Monde et à France Culture, enseignante à Sciences Po et membre de la Fondation Anna Lindh. Or cette fondation n'est pas, comme on pourrait le croire, un simple organisme de recherche, mais un acteur politique aux moyens financiers considérables et aux visées bien précises... Acteur central du "Partenariat euro-méditerranéen", la Fondation Anna Lindh est en fait, comme l'a montré Bat Ye'or dans son livre Eurabia *, le cheval de Troie de l'islamisation culturelle et politique de l'Europe.

 

Annihiler toute vélléité de résistance

 

De même que l'URSS recrutait autrefois des intellectuels prestigieux en Occident (comme Ernest Hemingway) pour défendre la politique de la "patrie du socialisme", l'Union européenne recrute aujourd'hui des intellectuels – par le biais de la Fondation Anna Lindh – pour défendre le projet politique euro-méditerranéen. Et si Mme Fourest pourfend aujourd'hui le "fanatisme" israélien et s'abstient de dénoncer le projet politique de Tariq Ramadan – préférant le contredire uniquement sur le sujet très réducteur de l'homosexualité – c'est parce qu'elle est devenue une intellectuelle au service du projet euro-méditerranéen. Ce projet n'est d'ailleurs pas du tout incompatible – loin s'en faut – avec celui de Ramadan : il est en fait le second versant de l'entreprise islamiste de conquête de l'Europe. Tandis que Ramadan et les autres prédicateurs de l'islam conquérant s'emploient à islamiser et à réislamiser les populations européennes, Caroline Fourest et ses collègues de la Fondation Anna Lindh s'emploient de leur côté à annihiler toute vélléité de résistance de la part de ces mêmes populations, en s'en prenant par exemple à Riposte Laïque, qui constitue le principal pôle de résistance citoyenne face à l'islamisation de la France...

 

Mme Fourest dévoile au détour d'une phrase de sa tribune du Monde son nouvel engagement politique eurabien, lorsqu'elle écrit que "les alliances changent de camp" [sic] et que "l'illusion d'un choc entre bloc musulman et bloc occidental a vécu..." Effectivement, les alliances "changent de camp" ! Caroline Fourest a depuis longtemps abandonné le camp du combat contre l'islam politique conquérant, pour rejoindre celui de "l'alliance des civilisations" et du "partenariat euro-méditerranéen". Ces deux expressions, caractéristiques du novlangue technocrate eurabien, désignent en fait l'alliance forgée entre l'Union européenne et les pays arabo-musulmans, au lendemain du choc pétrolier de 1973, contre Israël et contre les Etats-Unis [voir le livre Eurabia sur ce sujet] L'intellectuelle militante des droits de l'homme, recrutée par la puissante Fondation Anna Lindh, est ainsi devenue une fonctionnaire d'Eurabia.

 

 

* Bat Ye'or, Eurabia, l'axe euro-arabe, éd. Jean-Cyrille Godefroy 2006.

17.11.2010

Interview de Bat Ye'or au sujet de son livre "L'Europe et le spectre du Califat"

www.upjf.org/

"J'ai pu vérifier dans les événements actuels et le développement de la dhimmitude en Europe, la permanence des comportements et des politiques des Etats confrontés au jihad, c’est-à-dire le choix entre la guerre ou la soumission. L’Europe a choisi la soumission dès 1973, elle a instauré une culture du mensonge et de la négation dans les instances de l’UE régissant sa politique de sécurité commune. Aujourd’hui nous voyons partout le retour du jihad et de la dhimmitude. Mes thèses qui avaient été ridiculisées et boycottées sont confirmées, ce qui est rare pour un analyste travaillant sur la longue durée mais s’explique par la permanence inaltérée de l’idéologie jihadiste. Je n’en éprouve cependant nulle fierté compte tenu des terribles drames humains vécues par des victimes innocentes du jihad. Une lourde responsabilité pèse sur l’Europe et l’Occident qui ont fait la politique de l’autruche, quand ils n’ont pas joué les apprentis sorciers" [UPJF.ORG]


PHOTO DE PAUL LANDAU (C)

Historienne née en Egypte, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Le dhimmi, ou le très remarqué Eurabia, Bat Ye'or a récemment publié en France L'Europe et le spectre du Califat (éditions Les Provinciales), qu'elle présentera le jeudi 18 novembre en exclusivité à Paris, lors d'un dîner-débat organisé par l'UPJF. A cette occasion, elle a répondu à quelques questions pour notre site.

UPJF : Bat Ye'or, vous présenterez votre dernier livre jeudi à Paris. Quel en est le thème principal ?

B. Y. Mon livre est construit sur trois axes:

1) La politique de mondialisation de l’Union européenne qui s’appuie sur la désintégration des Etats nations européens, sur la fusion avec les pays méditerranéens, l’immigration et le multiculturalisme.

2) La politique de réislamisation de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), qui regroupe 56 Etats musulmans ou à majorité musulmane, plus l’Autorité palestinienne; sa stratégie dans les instances internationales et sa guerre de délégitimation à l’égard d’Israël ainsi que sa politique d’islamisation de l’Europe par le biais du multiculturalisme et la réislamisation des immigrés.

3) L’impact de l’OCI sur l’Union Européenne par l’étude comparative des stratégies de l’OCI et de celles de l’UE, la similitude de leurs politiques concernant Israël, les Palestiniens, le terrorisme, le jihad, le multiculturalisme et l’immigration. Les mécanismes qu’utilise l’OCI sont le dialogue, les associations internationales, leurs réseaux et sous-réseaux telles l’Alliance des Civilisations, la Fondation Anna Lindh etc. qui servent de passerelles pour l’implantation des stratégies de l’OCI en Europe et minent la démocratie.

UPJF : Vos travaux sur l'histoire des minorités juives et chrétiennes en terre d'islam (résumés notamment dans votre ouvrage Juifs et chrétiens sous l'islam) vous ont amenée à créer deux néologismes, qui sont entrés dans le vocabulaire politique contemporain : celui de dhimmitude et celui d'Eurabia. En quoi le Califat s'inscrit-il dans le prolongement de vos précédents travaux ?

B. Y. Le Califat en semble l’aboutissement. L’institution politico-religieuse du califat dura de la mort du Prophète en 632 à 1924 ,quand Ataturk l’abolit. Une majorité dans le monde musulman souhaite à présent le rétablir. Selon l’érudit musulman bien connu du Moyen Age, Ibn Khaldoun, le califat fut établi pour unir les pouvoirs politiques et religieux – qui incluent le pouvoir juridique – afin de mener la guerre contre les infidèles. Aujourd’hui beaucoup voient dans l’OCI la restauration possible du califat. La Turquie semble la mieux désignée pour en prendre la direction et ceci explique le retournement de sa politique envers Israël.

En ce qui concerne mon travail, j’ai pu vérifier dans les événements actuels et le développement de la dhimmitude en Europe, la permanence des comportements et des politiques des Etats confrontés au jihad, c’est-à-dire le choix entre la guerre ou la soumission. L’Europe a choisi la soumission dès 1973, elle a instauré une culture du mensonge et de la négation dans les instances de l’UE régissant sa politique de sécurité commune. Aujourd’hui nous voyons partout le retour du jihad et de la dhimmitude. Mes thèses qui avaient été ridiculisées et boycottées sont confirmées, ce qui est rare pour un analyste travaillant sur la longue durée mais s’explique par la permanence inaltérée de l’idéologie jihadiste. Je n’en éprouve cependant nulle fierté compte tenu des terribles drames humains vécues par des victimes innocentes du jihad. Une lourde responsabilité pèse sur l’Europe et l’Occident qui ont fait la politique de l’autruche, quand ils n’ont pas joué les apprentis sorciers.

UPJF : Dans Eurabia, vous décriviez l'émergence d'un nouveau continent, que vous avez décrit comme "un continent de culture hybride arabo-européenne" *. Pensez-vous que ce processus est irréversible ?

B. Y. Il pourrait le devenir si le système des réseaux transnationaux qui l’a implanté en Europe n’est pas démantelé et si l’Europe, par haine de ses racines juives continue de nier son identité, ses valeurs, son histoire. Deux dangers guettent l’Europe, le multiculturalisme et la gouvernance internationale, c’est-à-dire le transfert des pouvoirs des Etats à des organisations internationales qui sont dominées par l’OCI qui y fait régner la vision coranique du monde et de l’histoire. On le voit bien à l’UNESCO avec la déjudaïsation du patrimoine biblique d’Israël et son islamisation. Notons que cette politique lèse le christianisme autant que le judaïsme puisque le premier se situe dans la filiation de la Bible hébraïque.

UPJF : La récente décision norvégienne de refuser la construction d'une mosquée financée par l'Arabie saoudite, en invoquant l'absence de liberté religieuse dans ce pays, signifie-t-elle un début de prise de conscience ?

B. Y. Oui, un tout début bien tardif et insuffisant. Le commandement oeil pour oeil, dent pour dent, est le fondement d’une justice équitable, car elle établit l’égalité entre les deux parties. La loi islamique ne reconnaît pas de talion entre musulman et non musulman car les deux parties ne sont pas égales, elle ne reconnaît que le talion pour les musulmans entre eux – et entre juifs et chrétiens qui sont des infidèles égaux entre eux. Le principe de réciprocité, longtemps refusé en Europe est une affirmation de l’égalité des droits.

 

* Voir "De la dhimmitude à l'Eurabie", interview de Bat Ye'or par Paul Landau, Jerusalem Post, 2 janvier 2007.

Dîner-débat le 18 novembre autour de Bat Ye’or

 

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre :

 

« L’Europe et le spectre du califat »

 

L’UPJF recevra Bat Ye’or le 18 novembre 2010 à 20h30 précises pour un dîner-débat.

 

Vous pouvez vous inscrire dès maintenant

au 01.47.63.07.10 ou  par mail au contact@upjf.org

 

PAF adhérents : 50 euro

PAF non Adhérents : 60 euro

28.09.2010

Les curieuses méthodes de Sifaoui à l’encontre de Bat Ye’Or

lundi 27 septembre 2010, par Stéphanie Carrouges


SIFAOUI BARBU.jpgNous verrons si le nouveau livre de Bat Ye’or (L’Europe et le spectre du califat, cf. le blog d’Ivan Rioufol du 13 sept. http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2010/09/lelysee-juge-inac...), tout en reprenant et continuant l’investigation engagée déjà dans Eurabia ne va pas, en fait, beaucoup plus loin. Mais ce qui importe d’abord c’est une question de méthode : si Mohamed Sifaoui (dans Eric Zemmour, Une supercherie française) se permet si facilement de comparer le travail d’un chercheur aussi méticuleux avec le pastiche des Protocoles des sages de Sion, n’est-ce pas le signe que quelque chose est déjà vicié dans la culture ou la civilisation que l’on « défend » ? Dans le déluge d’informations et les luttes d’influences pour la direction de l’opinion, ou même d’une toute petite portion de celle-ci, est-ce que l’esprit et le travail libres ne devraient pas garder encore quelque valeur aux yeux du public cultivé ? Y a-t-il des réalités accessibles à la recherche – laquelle ne se limite pas à compulser des pages ou des écrans d’ordinateur, mais repose avant tout sur la finesse d’esprit, la délicatesse des relations humaines, et sur l’engagement, le sérieux et le souci de la vérité de toute une vie ? Des réalités accessibles à la raison mais que l’on ne trouve pas forcément étalées en clair dans les journaux ou qui ne font encore l’objet d’aucun enseignement en faculté ? Quelle civilisation défendons-nous ? Le commerce vulgaire avec ses chaînes, son marketing, toutes sortes d’idées et de fonds publics ou secrets se passe très bien de nous, il me semble. Mais quelle civilisation défendons-nous, en fait ?

Dans la première partie de son nouveau livre, dont des extraits commencent à circuler, Bat Ye’or, une femme en effet, comme l’a rappelé sans beaucoup d’élégance Mohamed Sifaoui, revient sur un tournant de sa propre aventure : « En décembre 2002 un article intitulé “Le dialogue Euro-Arabe et la naissance d’Eurabia” s’affichait sur internet dans de nombreuses langues. Paru dans une modeste revue parisienne [L’Observatoire du monde juif] l’auteur, une inconnue du grand public, situait la politique arabe de la Communauté européenne dans un cadre précis, stratégique et coordonné, appelé le Dialogue Euro-Arabe. »

EURABIA.jpg

C’était simplement, en étudiant une masse considérable de documents institutionnels (c’est-à-dire des circulaires, des documents et des rapports tout à fait officiels émanant d’administrations et d’institutions autorisées mais souvent peu connus du public) appliquer la méthode mise au point par des siècles de culture historique en Occident pour étudier et révéler une direction de l’histoire européenne contemporaine radicalement inaperçue.

Comment le monde des idées politiques et sociales pourrait-il jamais progresser sans une recherche approfondie et qui débouche sur une modeste prise de position ? Modeste toujours est la parole humaine devant les mécanismes puissants qu’elle s’efforce de décrire. On peut bien sûr attendre que les écrans nous dictent le minimum requis pour faire encore partie de l’espèce humaine (animal politique et doué de raison) ou le façonnent. On peut aussi compter pour cela sur tous les fonctionnaires d’État ou d’organisations internationales qualifiés, rémunérés, encadrés et donc très bien tenus. Mais ce système a-t-il besoin d’être défendu encore par nos pauvres moyens ?

Stéphanie Carrouges

24.11.2009

Le tournant eurabien de Caroline Fourest - Paul Landau

Je reproduis l'article de Paul Landau paru sur l'excellent site Riposte Laique.

Une intellectuelle engagée au service d’Eurabia

fourestcaroline1.jpgCertains lecteurs se sont étonnés du dernier article de Caroline Fourest dans Le Monde, intitulé "Israël contre Obama", dans lequel la chroniqueuse du quotidien du soir attaque l’Etat hébreu, avec une virulence inédite sous sa plume, employant des expressions telles que "fanatisme" ou "violence disproportionnée" que n’aurait pas reniées Tariq Ramadan lui-même... Pour comprendre cette évolution, il faut lire l’analyse éclairante que vient de publier Radu Stoenescu dans Riposte Laïque. Analysant la récente joute télévisée entre Fourest et Ramadan, Stoenescu remarque que la militante des droits des homosexuels s’est montrée dogmatique et peu convaincante face au prédicateur islamiste, concentrant toutes ses attaques sur le thème réducteur des opinions de Ramadan sur l’homosexualité, au lieu d’exposer publiquement son projet politique.

La malhonnêteté intellectuelle de Caroline Fourest

L’explication profonde de cette attitude, révèle Stoenescu, tient au fait que Mme Fourest travaille depuis plusieurs mois pour une institution européenne très marquée politiquement, la Fondation Anna Lindh. Avant de montrer les implications de ce fait capital, je voudrais faire une parenthèse personnelle. J’avais moi-même constaté depuis longtemps l’insuffisance du raisonnement de Caroline Fourest concernant l’islam politique, et la malhonnêteté de son attitude intellectuelle. En effet, lorsque j’ai publié mon premier livre – Le Sabre et le Coran, portant sur le même sujet que celui de Fourest, à savoir la famille Ramadan – j’ai été étonné de constater que mon manuscrit, remis au printemps 2005, a "dormi" dans un tiroir chez mon éditeur jusqu’à la rentrée de septembre, alors qu’il portait sur un sujet d’actualité brûlante... La raison de cette mise au placard me fut donnée bien plus tard, lors d’une rencontre avec la chercheuse Fiametta Venner (auteure d’un livre documenté sur l’UOIF).

Sabre et le Coran.jpg

Celle-ci ayant été attaquée en diffamation par le CBSP (Comité de Bienfaisance et de Soutien aux Palestiniens), pour avoir révélé dans son livre les liens entre le CBSP et le Hamas, je lui proposai de nous rencontrer lors d’un de mes passages en France pour lui remettre des documents, réunis par les autorités israéliennes depuis plusieurs années, établissant de manière indiscutable le fait que le CBSP était l’organe de collecte du Hamas en France. Au détour de notre conversation, mon interlocutrice me révéla ingénument que Caroline Fourest avait voulu empêcher la parution de mon livre, en suggérant à son éditeur de m’attaquer pour plagiat ! Celle-ci renonça finalement à son projet mais obtint (par des moyens que j’ignore) que mon éditeur retarde la parution de mon livre sur Ramadan, pour ne pas lui porter ombrage...

Si je révèle aujourd’hui cette anecdote personnelle, c’est parce qu’elle en dit long – me semble-t-il – sur les procédés intellectuels de Mme Fourest. Plus qu’un simple sujet de recherche, Tariq Ramadan lui a servi de tremplin pour entamer sa carrière. Et de fait, elle a réussi un "beau parcours"... La journaliste-militante est aujourd’hui chroniqueuse au Monde et à France Culture, enseignante à Sciences Po et membre de la Fondation Anna Lindh. Or cette fondation n’est pas, comme on pourrait le croire, un simple organisme de recherche, mais un acteur politique aux moyens financiers considérables et aux visées bien précises... Acteur central du "Partenariat euro-méditerranéen", la Fondation Anna Lindh est en fait, comme l’a montré Bat Ye’or dans son livre Eurabia *, le cheval de Troie de l’islamisation culturelle et politique de l’Europe.

05_batyor_eurabia.jpg

Annihiler toute vélléité de résistance

De même que l’URSS recrutait autrefois des intellectuels prestigieux en Occident (comme Ernest Hemingway) pour défendre la politique de la "patrie du socialisme", l’Union européenne recrute aujourd’hui des intellectuels – par le biais de la Fondation Anna Lindh – pour défendre le projet politique euro-méditerranéen. Et si Mme Fourest pourfend aujourd’hui le "fanatisme" israélien et s’abstient de dénoncer le projet politique de Tariq Ramadan – préférant le contredire uniquement sur le sujet très réducteur de l’homosexualité – c’est parce qu’elle est devenue une intellectuelle au service du projet euro-méditerranéen. Ce projet n’est d’ailleurs pas du tout incompatible – loin s’en faut – avec celui de Ramadan : il est en fait le second versant de l’entreprise islamiste de conquête de l’Europe. Tandis que Ramadan et les autres prédicateurs de l’islam conquérant s’emploient à islamiser et à réislamiser les populations européennes, Caroline Fourest et ses collègues de la Fondation Anna Lindh s’emploient de leur côté à annihiler toute vélléité de résistance de la part de ces mêmes populations, en s’en prenant par exemple à Riposte Laïque, qui constitue le principal pôle de résistance citoyenne face à l’islamisation de la France...

Mme Fourest dévoile au détour d’une phrase de sa tribune du Monde son nouvel engagement politique eurabien, lorsqu’elle écrit que "les alliances changent de camp" [sic] et que "l’illusion d’un choc entre bloc musulman et bloc occidental a vécu..." Effectivement, les alliances "changent de camp" ! Caroline Fourest a depuis longtemps abandonné le camp du combat contre l’islam politique conquérant, pour rejoindre celui de "l’alliance des civilisations" et du "partenariat euro-méditerranéen". Ces deux expressions, caractéristiques du novlangue technocrate eurabien, désignent en fait l’alliance forgée entre l’Union européenne et les pays arabo-musulmans, au lendemain du choc pétrolier de 1973, contre Israël et contre les Etats-Unis [voir le livre Eurabia sur ce sujet] L’intellectuelle militante des droits de l’homme, recrutée par la puissante Fondation Anna Lindh, est ainsi devenue une fonctionnaire d’Eurabia.

Paul Landau

* Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe, éd. Jean-Cyrille Godefroy 2006.

03.07.2009

Rencontre avec Bat Ye'or à Jérusalem

 

le califat.jpg

Le dernier livre de Bat Ye'or, paru en Italie 

La librairie Vice-Versa recevait hier Bat Ye'or pour présenter ses livres au public francophone. Dans un cadre intime et devant un auditoire restreint, l'historienne d'origine égyptienne a présenté de manière concise ses travaux et analysé la situation actuelle. "Quand j'ai commencé à travailler sur la dhimmitude" [thème de son livre Les chrétientés d'Orient entre djihad et dhimmitude], a-t-elle rappelé, "je pensais que c'était une vieille histoire... Mais quand j'ai écrit Les chrétientés... j'ai compris que c'était un problème actuel. Nous vivons déjà à l'ombre du Califat".

 Bat Ye'or (Photo de Paul Landau)

BAT YEOR (PHOTO Paul Landau).jpgBat Ye'or expose ensuite le thème de son dernier livre, paru en Italie, intitulé "Vers le califat universel, comment l'Europe est devenue complice de l'expansionnisme musulman" (éditions Lindau). Ce livre porte essentiellement sur l'OCI (Organisation de la Conférence islamique) et sur son projet politique, que Bat Ye'or désigne comme étant l'instauration du "Califat universel". Parmi les objectifs déclarés de l'OCI, figure celui de transférer son siège de Djedda, en Arabie saoudite, où il se trouve actuellement, à Al-Quds (Jérusalem). L'OCI a aussi pour but de construire l'Oumma universelle, tout d'abord "dans les cœurs et les esprits" des populations musulmanes en Occident, puis – dans une seconde étape – en tant que réalité politique. Enfin, elle vise à proclamer le "message universel de l'islam" [par la da'wa, c'est-à-dire la propagande et le prosélytisme] et à éradiquer l'islamophobie, c.-à-d. à interdire toute critique de l'islam, et à obliger les Occidntaux à reconnaître les "Droits culturels" des Musulmans en Occident. Derrière cette expression ambigue se cache en fait l'objectif d'islamiser l'Occident, et notamment l'Europe, au moyen de l'instauration de la charia (1). Bat Ye'or conclut son intervention en affirmant que la dhimmitude est le problème essentiel du XXIe siècle.

 

Après cet exposé bref mais intense, Bat Ye'or répond aux questions du public. Elle rappelle le rôle essentiel et néfaste de la France dans l'instauration du "dialogue euro-arabe", euphémisme désignant en fait l'alignement de la politique étrangère des Etats européens sur celle de la ligue arabe, dans le cadre du processus qu'elle a décrit dans son livre capital, Eurabia. Elle évoque aussi des souvenirs personnels, comme ses relations avec la journaliste italienne Oriana Fallaci, qui s'est nourrie des travaux de Bat Ye'or, ou ses rencontres en Italie avec Magdi Allam (que j'évoquais dans ces colonnes) et avec Geert Wilders. Bat Ye'or remarque à ce sujet que l'Italie est un des rares pays d'Europe qui reste libre et qui a conservé le sens de la liberté, sans doute, observe-t-elle, en raison du combat politique qu'elle a mené pour acquérir son indépendance politique au XIX e siècle. (2).
EURABIA.jpg

 

 

En conclusion, et malgré le constat très lucide et peu encourageant qu'elle dresse de l'état de l'Europe et de l'Occident face à l'expansionnisme musulman, Bat Ye'or conserve un espoir, car, explique-t-elle "si on ne fait rien, on est pessimiste, mais si on agit, alors on demeure optimiste". Merci à Bat Ye'or pour cette leçon de courage et de clairvoyance. Merci aussi à la librairie Vice-Versa d'avoir organisé cette rencontre et souhaitons que, lors d'une de ses prochaines visites en Israël, Bat Ye'or puisse intervenir en français devant un public plus nombreux.

Pierre Its'hak Lurçat

 

 

Notes

1. A ce sujet voir le compte-rendu de la conférence donnée récemment à Paris par Paul Landau, sur le sujet de "L'islamisation de l'Europe", sur le site Riposte Laïque.

2 Il est intéressant de rappeler à ce sujet que plusieurs dirigeants sionistes ont été inspirés par l'exemple du Risorgimento, – au premier rang desquels Vladimir Zeev Jabotinsky – admirateur de Garibaldi, de Giusti et de Leopardi.

LES CHRETIENTES.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu