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christianisme

  • A propos du cardinal Lustiger : faut-il célébrer un Juif apostat au nom du «dialogue judéo-chrétien » ? Pierre Itshak Lurçat

    lustiger,crif,christianisme,dialogue judéo-chrétienDans sa très belle autobiographie, « Al tishla’h yade’ha el-hanaar » (parue en France sous le titre Loulek), le rabbin Israël Meir Lau relate comment il fut invité, alors qu’il était grand-rabbin d’Israël, à participer à une rencontre avec le cardinal Lustiger, un soir de Yom Ha-Shoah, et pourquoi il refusa. « Il a déserté les rangs de son peuple dans les heures les plus sombres et les plus difficiles », écrit le rav Lau au sujet du cardinal Lustiger, en l’honneur duquel on a inauguré il y a deux ans un mémorial à Abou Gosh, sur l’initiative du CRIF.

    Le rav Lau est bien placé pour parler du sujet : car lui aussi a connu les heures sombres de la Shoah, mais son itinéraire est diamétralement opposé à celui de Lustiger. Tandis que ce dernier désertait les rangs du peuple Juif, le jeune Israël Meir, séparé de ses parents à l’âge de cinq ans, survivait à Buchenwald, puis montait en Israël et entamait des études rabbiniques pour respecter l’ultime promesse faite à son père, avant que ce dernier ne disparaisse dans les camps d’extermination.

    On ne saurait imaginer deux destins plus radicalement différents que celui du jeune Loulek, fait de courage et de fidélité, et celui du jeune Aharon Lustiger, pour lequel l’hébreu possède un mot bien particulier : « méchoumad », généralement traduit en français par apostat. La racine ש.מ.דsur laquelle est construit ce mot désigne à la fois la persécution religieuse contre les Juifs et la conversion forcée. Et le verbe correspondant peut signifier, sous ses différentes formes, tantôt être exterminé, tantôt se convertir…

    Cette convergence sémantique n’est évidemment pas le fruit du hasard : aux yeux de notre Tradition, qui véhicule l’expérience millénaire des Juifs en terre chrétienne ou musulmane, la conversion est synonyme de destruction et de mort. Comme l’écrit le rav Lau, « la voie choisie par le cardinal Lustiger conduit à ce qu’il ne reste plus personne pour dire le kaddish… ».

     

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    L'Eglise et la Synagogue (aux yeux bandés)

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  • LES FRÈRES RETROUVÉS De l’hostilité chrétienne à l’égard des juifs à la reconnaissance de la vocation d’Israël

    MACINA.jpgRecension à paraître dans la livraison de septembre-octobre de la revue Sens, de l’Amitié Judéo chrétienne.

     

    Dans un précédent livre, Chrétiens et juifs depuis Vatican II. État des lieux historique et théologique. Prospective eschatologique (Éditions Docteur angélique, Avignon, 2009) 1, Menahem Macina avait analysé, d’un point de vue théologique et spirituel, la “nouvelle attitude” de l’Église catholique envers les Juifs après Vatican II et la déclaration conciliaire Nostra Ætate, attitude que l’on a appelée “un nouveau regard”. Et, pour poser la question de l’interprétation à donner au retour du peuple juif sur sa terre, il comparait longuement les conceptions que les uns et les autres se font de l’eschatologie et de l’établissement du Royaume de Dieu sur terre. Dans ce nouveau livre, il revient quelque peu en arrière avant de proposer, pour orienter la réflexion de l’Église, un nouvel examen de la situation issue de Nostra Ætate et du retour des Juifs en Eretz Israël.

     

    Il “revient en arrière”, puisqu’il entreprend d’abord d’étudier “l’attitude ecclésiale antécédente”, ou, pour le dire autrement, ce que Jules Isaac avait appelé “l’enseignement du mépris”. C’est donc “à un long et pénible survol” de ce que l’Église a pensé et dit des Juifs et du Judaïsme pendant des siècles qu’est consacrée la première partie de l’ouvrage. On y trouvera un exposé non pas directement historique mais essentiellement thématique, articulé en trois parties : d’abord une présentation de “la polémique antijudaïque, des origines à l’aube du XXème siècle” (pp. 25-52) où sont rappelées les accusations émises à l’encontre des Juifs “déicides, maudits, damnés, etc.”, et où sont analysés les stéréotypes classiques du rejet et de la “perfidie juive” qui ont pendant si longtemps orienté la position des théologiens. De bons auteurs, comme le Père P. Démann, La catéchèse chrétienne et le peuple de la Bible (Cahiers Sioniens, 1952), ou F. Lovsky, Antisémitisme et mystère d’Israël (Albin Michel, 1955) et L’antisémitisme chrétien (Cerf, 1970), lui servent de point de départ, non pour présenter une synthèse sur la question mais pour établir une anthologie de textes qu’il est – il faut l’avouer – quelque peu pénible de lire aujourd’hui, tant ils sont haineux. On se demande d’ailleurs comment des hommes de foi ont pu, pendant des siècles, avec bonne conscience et une entière certitude, répéter de telles erreurs.

     

    Les deuxième et troisième chapitres de cette première partie, en se focalisant sur le XIXème et le XXème siècles, étudient d’abord “Les juifs vus par les papes et la presse catholique entre 1870 et 1938” (pp. 53-67), puis le passage “De l’anti-judaïsme chrétien traditionnel au silence face à l’antisémitisme d’État” (pp. 68-138). Il s’agit de montrer la continuité d’une pensée, que l’on retrouve enseignée par le magistère de l’Église, mais qui emprunte aussi les canaux de communication moderne que sont les journaux catholiques, dont surtout la Civiltà Cattolica (la revue des Jésuites de Rome, qui joue le rôle de publication officieuse du Vatican) et, en France, Le Pèlerin et La Croix des Assomptionnistes. Il s’agit aussi d’examiner l’attitude du Vatican et de l’Église de France face au nazisme, à la montée de l’antisémitisme et à l’extermination des Juifs ; l’examen est, ici, nécessairement succinct, mais suffisamment substantiel, et s’appuie, entre autres, sur un article publié en allemand en 2003 par le professeur Martin Rhonheimer, professeur de philosophie à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome et prêtre de l’Opus Dei.

    De ce premier examen, l’auteur tire deux conclusions (pp. 138-139) : d’abord que tous les textes cités et les attitudes rappelées « illustrent à quel point les mentalités chrétiennes d’alors étaient imprégnées d’un antijudaïsme viscéral ou, à tout le moins, de la théorie de la substitution » ; ensuite que « le besoin urgent d’une réforme de l’enseignement chrétien sur les juifs » se faisait déjà sentir à l’époque, et se traduisait par diverses initiatives, qui sont l’objet de la deuxième partie.

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