Avertir le modérateur

attali

  • EUREKA! Quand Jacques Attali découvre... l'antisémitisme

    attali.jpgJacques ATTALI, qui expliquait doctement dans les colonnes de Ha'aretz, il y a quelques semaines, que l'antisemitisme n'existait pas en France, et qu'il était une "invention de la propagande israelienne" [sic], accuse aujourd'hui Jean-Louis BIANCO d'etre antisémite!

    Nouvelle preuve du solipsisme de M. Attali, pour qui tout ce qui le touche personnellement existe, mais tout le reste n'est qu'illusion ou propagande... P.I.L

    ARTICLE DE L'EXPRESS

    Chute du mur de Berlin

    Jacques Attali accuse Jean-Louis Bianco d'antisémitisme

    Par Thierry Dupont, Eric Mettout, publié le 09/11/2009 15:20 - mis à jour le 09/11/2009 16:15

    Pour le député PS, si, en 89, l'ex-conseiller de François Mitterrand était réticent à la réunification allemande, c'est parce qu'il est juif. De "l'antisémitisme inconscient", selon Jacques Attali.

    Jacques Attali a la colère froide. Il l'a manifesté une nouvelle fois, ce lundi matin, sur i>Télé, où il était l'invité de Jean-Jérôme Bertolus, à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Quelques heures plus tôt, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l'Elysée en novembre 1989, s'était exprimé sur le même sujet dans les colonnes du Journal du dimanche. Et notamment sur le rôle qu'avait joué selon lui Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, et Jacques Attali, le conseiller spécial du président, dans la réaction sans enthousiasme de François Mitterrand à l'idée de la réunification allemande.

    Argument de Jean-Louis Bianco? Contrairement à lui, et finalement à François Mitterrand, Roland Dumas et Jacques Attali éprouvaient une "certaine peur des Allemands", le premier en raison du passé de résistant de son père, le second parce qu'il "est juif", ce dernier essayant "d'ailleurs de tirer Mitterrand vers ses propres préoccupations. Mais sans succès."

    Jacques Attali, qui nous avait alerté dès hier soir par e-mail, voit dans cette remarque une forme "d'antisémitisme inconscient", qu'il a demandé au Parti socialiste, le parti de Jean-Louis Bianco, de ne pas laisser sans suite. "Si une telle phrase avait été prononcée par Le Pen, accusant un collaborateur du président de la République d'être biaisé par ces origines, elle aurait fait scandale", s'indigne-t-il.

    Contacté par LEXPRESS.fr, Jean-Louis Bianco a reconnu que "dans le JDD, [il a] écrit que Roland Dumas, parce que son père avait été fusillé par les nazis, et Jacques Attali, parce qu'il était juif, avaient sur l'Allemagne une sensibilité particulière". Mais "dire cela voulait manifester une sympathie et non exprimer de l'antisémitisme", se justifie-t-il.

    Pas suffisant pour Jacques Attali, toujours scandalisé, malgré les "excuses" du député des Alpes-de-Haute-Provence. "Cela reste absolument honteux. Epouvantable. Ma position sur l'Allemagne n'a rien à voir avec une des dimensions de mon histoire. Dire que mes conseils au président étaient déterminés par mon judaïsme est ignoble. Et cette déclaration est, évidemment, antisémite."

  • Jacques Attali ou la "preuve par le moi"

    Un nouveau cas de solipsisme juif

     

    Itshak Lurçat

     

    Ces dix dernières années, Israël s’est mis à prendre ses désirs pour des réalités, à savoir, que la situation en France est désastreuse et que les gens émigrent en Israël. C’est une propagande très dangereuse que de faire croire que la situation en France est terrible. C’est ridicule ! Je suis un exemple du fait que ce n’est pas vrai. Je suis parti de rien et j’ai prospéré dans le monde entier et aussi en France.

     

    (J. Attali interviewé dans Ha'aretz, traduction de Menahem Macina)

     

     

    La récente interview de Jacques Attali dans Ha'aretz a soulevé une émotion légitime dans la communauté juive francophone. L'écrivain juif à succès y affirme, avec une véhémence confinant parfois à la vulgarité, qu'il n'y a pas d'antisémitisme en France aujourd'hui, et que seule la « propagande » israélienne veut faire croire le contraire... Le thème n'est en réalité pas nouveau. Rappelons, pour mémoire, les déclarations tonitruantes de Théo Klein dans les colonnes du Monde, ou encore le pamphlet écrit par deux mauvais journalistes, Cécilia Gabizon et Johan Weisz, pour démontrer que l'antisémitisme serait exagéré et exploité par Israël pour renforcer l'alyah.

     

    attali.jpgIl est surprenant, à première vue, de voir un Jacques Attali joindre sa voix au chœur des négateurs de l'antisémitisme en France. Son propos ressemble en effet, de manière atténuée, à celui d'un José Bové, qui voyait la main du Mossad derrière les incendies de synagogues. En niant l'existence de l'antisémitisme, Attali insulte toutes ses victimes, qui subissent presque quotidiennement injures ou agressions (et aussi les victimes de cette variante encore plus généralisée de l'antisémitisme qu'est le racisme antiblanc ou antifrançais). On pourrait mettre ses propos excessifs sur le compte d'un désir de publicité – il fait actuellement la promotion de ses deux derniers livres – ou encore d'un énervement passager, provoqué par les questions insistantes du Ha'aretz, journal des élites postionistes israéliennes qui avait déjà créé la polémique il y a quelques années en interviewant Alain Finkielkraut.

     

    Mais l'attitude d'Attali tient à mon avis à des raisons plus profondes, que j'avais analysées il y a quelques années dans un article sur l'historienne Esther Benbassa (publié dans le numéro spécial de la revue Controverses, consacré aux « Alterjuifs »). Benbassa, tout comme Attali, s'employait à nier l'existence de l'antisémitisme – au moment même où les synagogues brûlaient – avec une mauvaise foi évidente et un discours idéologique très proche de celui d'Attali. Tout comme celui-ci, elle utilisait, pour « démontrer » l'inexistence de l'antisémitisme, un exemple concret, tiré de son expérience personnelle :

     

    Pensons à ces jeunes musulmans de France qui ont mis le feu à des synagogues, au début de la seconde Intifada, à l'automne 2000. Doit-on parler, comme on l'a fait, d'agressions antisémites ? Ces jeunes gens se sont identifiés à la cause palestinienne, aux lanceurs de pierres palestiniens, à une souffrance qui n'était pas directement la leur...

    Ceci dit, pas de panique excessive : au moment même où tout cela se passait, j'allais faire mes achats dans le XVII e arrondissement, et mes commerçants arabes et musulmans n'ont pas oublié de me souhaiter un bon Nouvel An juif.

     

    [photo : Esther Benbassa]

    EstherrrrBenbassaGGG.jpgDes synagogues ont brûlé, aux Ulis, à Trappes, à Bondy ? Des juifs ont été agressés, insultés, pris à partie, tabassés et roués de coups ? Soit. Mais au même moment, Madame Benbassa faisait ses courses dans le XVIII e arrondissement, et ses commerçants arabes et musulmans lui souhaitaient la bonne année.  Pas de panique, donc… Ce raisonnement s'apparente à une forme de solipsisme : seule mon expérience personnelle compte. Peu importe ce que subissent les Juifs dans le fond de leur banlieue, dans le « 9-3 » et ailleurs, puisque je peux moi, Esther Benbassa, continuer à faire mes courses tranquillement et à être saluée par mes commerçants arabes… Cette « preuve par le moi » a été utilisée par d'autres sophistes juifs, régulièrement invités par les médias pour témoigner de l'absence d'agressions antisémites. L'avocat Théo Klein - qui use et abuse de son titre d'ancien président du CRIF - apporta lui aussi son témoignage de Juif des beaux quartiers (son cabinet est situé sur les Champs-Elysées), jurant que premièrement, il n'y a pas d'antisémitisme en France, et que deuxièmement et par ailleurs, les agresseurs des Juifs sont eux-mêmes des « victimes de l'exclusion »…

     

    L'attitude de Jacques Attali est similaire à celle d'Esther Benbassa ou de Théo Klein. Il pratique lui-aussi le solipsisme juif, en affirmant envers et contre tout que l'antisémitisme n'existe pas... La preuve ? Sa carrière exemplaire, de Juif « parti de rien qui a prospéré dans le monde entier » [sic]. Cette dernière citation, pour ridicule qu'elle soit, est riche d'enseignements. Attali, auteur de best-sellers qui se flatte d'avoir 21 manuscrits en cours dans son ordinateur, refuse de voir l'antisémitisme, parce que ce dernier pourrait nuire à son statut et à sa vision du monde. L'antisémitisme, les synagogues incendiées dans les banlieues françaises, l'assassinat d'Ilan Halimi, le djihad mondial : tout cela importune Attali, occupé à des tâches tellement plus importantes, comme celle d'expliquer au monde entier comment « sortir de la crise » ou de relater l'histoire du Mahatma Gandhi ou de François Mitterrand...

    mitterrand-attali.jpg

     

    Pour ce faux prophète juif (émule de Nostradamus bien plus que de nos Prophètes), mégalomane autoproclamé qui est classé 89e sur la liste des « intellectuels les plus influents du monde », le judaïsme est pure abstraction, sujet de livres bien plus que condition vécue – souvent difficilement – par ses coreligionnaires, au destin desquels il est totalement indifférent. Il ne sort de sa tour d'ivoire ou de son appartement des beaux quartiers (encore épargnés par l'antisémitisme) que pour aller sur les plateaux de télévision, ou pour rencontrer les grands de ce monde. Il n'est pas étonnant que son « Dictionnaire amoureux du judaïsme » ne parle pas d'Israël, ce petit Etat qui emm... la planète tout entière avec ses guerres perpétuelles et sa prétention à vivre libre. Car Attali n'a que faire d'Israël, de son armée et de sa « propagande ». Il ne veut surtout pas être dérangé par la mère d'Ilan Halimi ou par la menace iranienne, et préfére offrir au monde entier ses leçons pour sortir de la crise. Ne lui parlez pas d'Ahmadinejad ou de Dieudonné... Il est trop occupé à écrire l'histoire de l'avenir.

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu