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  • Etat juif ou monstre froid (II) : Grandeur et déchéance d’Ariel Sharon, par Pierre Itshak Lurçat

    ARiel Sharon, Gaza, Goush Katif, hamas, sionisme, Netanyahou

    לתמר היקרה, עלי והצליחי!

    Si l’itinéraire d’Ariel Sharon a quelque chose à nous enseigner, au-delà des discours convenus et simplistes, et de la nostalgie pour le héros des guerres d’Israël, c’est que « la roche tarpéienne est proche du Capitole », ou en d’autres termes, que la voie est courte qui mène de la construction de yishouvim en Judée-Samarie à la destruction de ceux de Gaza, par le même homme, bâtisseur * devenu un destructeur, soldat intrépide, puis homme politique indomptable et ambitieux, transformé en « bulldozer fou », à la fin de son glorieux parcours.

    Beaucoup a déjà été écrit au sujet d’Ariel Sharon, depuis qu’il est tombé dans un coma profond, et les médias israéliens ont commencé à faire son éloge funèbre bien avant qu’il soit mort et enterré. Pourtant, il est certain que « l’examen de conscience » auquel la société israélienne s’était engagée, après l’expulsion du Goush Katif, n’a pas été réalisé depuis 8 ans. On peut même se demander si l’excès de mansuétude dont font preuve les médias israéliens envers celui qui était jadis honni et vilipendé par la gauche, ne vise pas à préparer l’opinion à un nouvel épisode destructeur d’expulsion, similaire à celui de Gaza, en Judée-Samarie cette fois et sur l’ordre de Nétanyahou… (Certains observateurs avertis évoquent la possibilité que Bibi crée un nouveau parti-coquille, comme le fit Sharon avec Kadima, pour échapper à l’opposition interne au Likoud.)

    ARiel Sharon, Gaza, Goush Katif, hamas, sionisme, Netanyahou

    Ariel Sharon et Tsippi Livni, fondateurs du parti Kadima en 2005


    Si l’expression nietzschéenne de « monstre froid » (voir notre article « Etat juif ou monstre froid ») a un sens à propos de l’Etat d’Israël, c’est bien à la période où Ariel Sharon dirigeait notre pays qu’elle peut s’appliquer. Jamais, en effet, l’Etat juif ne s’est conduit avec une telle froideur criminelle que lors du « désengagement » de Gaza (ce terme faisant partie de ce novlangue spécialement inventé pour l’occasion, dont on retrouve des échos aujourd’hui avec la libération de terroristes assassins par le gouvernement de Bibi Nétanyahou, délicatement requalifiée de « battement » ou péima en hébreu…) et de la destruction des localités juives du Goush Katif.

    Non pas, certes, que notre Etat ait été un modèle d’humanité dans ses premières décennies… Il n’a jamais été « tallith shé-koulo tehélet », un tallith sans tache : rappelons, à titre d’exemple, l’affaire des enfants du Yémen… Mais à l’époque, l’Etat juif avait au moins l’excuse d’être encore jeune et soumis à des menaces existentielles constantes, qui pouvaient parfois faire passer au second plan les exigences de l’éthique et de la justice sociale !

     

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    Sharon en 1973, au temps de sa grandeur


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  • La Shoah dans le discours politique en Israël - Pierre Itshak Lurçat

    NB Le débat qui s'est tenu hier à la Knesset sur la loi contre l'usage d'insultes liées à la Shoah est l'occasion de revenir sur la place de la Shoah dans le discours politique israélien. P.I.L

    « Nous devons organiser une pétition massive et exiger la révision des procès de Nuremberg et la réhabilitation des [nazis] qui y ont été condamnés à mort et pendus, parce qu’ils ont tous agi conformément aux ordres explicites de leurs supérieurs légitimes »

    (Y. Leibowitz, Ha’aretz 28/10/1956)

     

    ENFANT JUIF.jpgLa vague d’indignation suscitée par la photo scandaleuse d’un enfant ‘harédi arborant une étoile jaune et levant les bras, dans une posture qui rappelle la fameuse photo de l’enfant juif dans le ghetto de Varsovie, est peut-être légitime. Mais l’indignation est le degré zéro de la pensée politique, nous sommes bien placés pour le savoir, depuis qu’Israël est devenu la cible de tous les « indignés » de la planète… Aussi est-il urgent de dépasser le stade de l’indignation pour tenter de comprendre ce que signifie ce recours à un symbole fort de l’histoire juive. Je propose une hypothèse quelque peu provocatrice : l’usage de ce signe lié à la Shoah n’est pas tant une marque de repliement, ou de rejet par le monde ultra-orthodoxe de la société israélienne et de ses symboles, qu’un témoignage de l’intégration grandissante au sein de la vie politique d’Israël des Juifs ‘harédim, y compris les plus radicaux d’entre eux.

     

    Une remarque préliminaire : la couverture médiatique disproportionnée donnée aux récentes affaires touchant au conflit de valeurs entre Israéliens laïcs et ultra-orthodoxes atteste d’intentions politiques suspectes. On ne peut pas faire l’économie de s’interroger sur les motivations réelles et sur les ressorts cachés derrière cette campagne médiatique, qui a commencé par des articles dans la presse américaine et par une tribune de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui mettait en garde contre le risque de voir Israël « devenir comme l’Iran »… Preuve, si besoin était, que cette affaire purement intérieure à la société israélienne est devenue un enjeu international entre les mains d’acteurs pas forcément bien disposés envers Israël.

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  • Ariel Sharon, fondateur de l’Etat palestinien?, par Uri Elitsur

     

    sharon20_peres_350.jpg[N.d.R. Les médias israéliens consacrent de nombreux articles à l’état de santé d’Ariel Sharon. Dans Makor Rishon, Uri Elitsur rappelle que le général auréolé de gloire de 1973 fut aussi le premier dirigeant israélien à parler ouvertement d’un « Etat palestinien », auquel s’opposaient tous ses prédécesseurs, de droite comme de gauche.]

    Ce n’est pas seulement la destruction des localités (du Goush Katif) qu’Ariel Sharon a offert à ses adversaires de gauche sur un plateau d’argent. Le sacrifice le plus grand qu’il leur a offert, et qui est largement oublié aujourd’hui, est d’avoir été le premier dirigeant à prononcer les mots « Etat palestinien ». Aussi étrange que cela puisse sembler aujourd’hui, ni Rabin, ni Pérès, ni Barak ni Nétanyahou ne l’avaient fait avant lui. Ils n’avaient pas osé. Les présidents des Etats-Unis et les dirigeants des pays européens, avant l’ère Sharon, ne parlaient pas expressément d’Etat palestinien, car le monde entier savait qu’Israël y était opposé.

    Lorsque les accords d’Oslo furent présentés devant la Knesset, Benny Begin s’adressa ainsi à Shimon Pérès : « Vous êtes en fait en train de créer un Etat palestinien… ». Pérès s’offusqua et monta sur ses grands chevaux. Il tapa du poing sur la table et s’écria, à trois reprises : « Il n’y aura pas d’Etat palestinien, il n’y aura pas d’Etat palestinien, il n’y aura pas d’Etat palestinien ! ». C’est Sharon qui a brisé ce tabou, et c’est seulement après qu’il eut prononcé les mots « Etat palestinien » que le président des Etats-Unis, Georges Bush, devint le premier président américain à parler à son tour d’un Etat palestinien.

    C’est le moment de dire : assez ! Nous en avons assez d’entendre parler d’un Etat palestinien. Assez d’entendre dire qu’il verra certainement le jour, car il n’y a aucune autre alternative, et surtout assez d’entendre qu’il sauvera Israël, le peuple Juif et le sionisme, car la création d’un Etat Hamas-Al Qaida à Ramallah serait un intérêt israélien… La 12e visite de John Kerry est l’occasion de dire enfin, haut et fort : assez de ces idioties !

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