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22.11.2011

Irène Némirovsky : commémorer une Juive antisémite ? - Pierre Itshak Lurçat

A l'occasion de la parution en poche des oeuvres complètes d'Irène Némirovky, je remets en ligne cet article paru il y a un an. P.I.L

 

"Il était petit, maigrichon, grelé, roux, clignait à tout moment ses yeux minuscules et roux eux aussi, avait le nez long et courbe et n'arrêtait pas de tousser". Cette description du Juif par Tourgueniev, dans son récit du même nom, m'est revenue en mémoire en lisant sous la plume de Myriam Anissimov comment Irène Némirovsky avait appris la technique romanesque chez l'écrivain russe. Elle a repris de son illustre aîné la manière de camper ses personnages, qu'elle créait et faisait vivre avec des précisions innombrables, avant même d'entamer l'écriture de son roman. Hélas, cet amour du détail et ce perfectionnisme psychologique n'ont pas leur pendant lorsqu'il est question des Juifs qui, sous sa plume, comme sous celle de son maître, demeurent des personnages falots, superficiels et caricaturaux, toujours détestables et moralement abjects, mais dénués de toute consistante ou de profondeur.

 

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La polémique sur l'antisémitisme d'Irène Némirovsky vient de rebondir avec l'ouverture d'une exposition consacrée par le Mémorial de la Shoah à l'écrivain, dont la Suite française a connu un succès posthume inattendu, après son sauvetage miraculeux et sa parution en 2004. La vraie question n'est sans doute pas de savoir si Irène Némirovsky était antisémite (elle ne s'en cache pas du tout), que de comprendre quels étaient les ressorts de son attitude négative envers les Juifs. "Décrivant l'ascension sociale des Juifs", écrit M. Anissimov, "elle fait siens toutes sortes de préjugés antisémites… Sous sa plume surgissent des portraits de Juifs, dépeints dans les termes les plus cruels et péjoratifs, qu'elle contemple avec une sorte d'horreur fascinée…" Il s'agit donc d'un antisémitisme de plume, que Némirovsky a hérité de ses maîtres russes et qui va lui permettre de se faire une place dans le paysage littéraire de la France de la fin des années 1920 et du début des années 1930.

 

Les gros sabots russes de Tourgueniev

 

Olivier Philipponnat, biographe de Némirovsky (qui est aussi le commissaire scientifique de l'exposition du Mémorial) a certes raison d'observer qu'on ne peut juger Némirovsky à l'aune de ce que l'on sait aujourd'hui. Il faut, pour comprendre son personnage et son attitude envers ses origines, tenter de se replacer dans la France de l'entre-deux guerres, où l'antisémitisme faisait partie de la culture, à un point tel que les écrivains juifs eux-mêmes n'en étaient pas exempts, comme le fait remarquer Anissimov, citant Proust et Romain Gary. Toute la différence entre Proust et Némirovsky, c'est que même lorsque l'auteur de la Recherche du temps perdu attribue à Swann des stéréotypes, il le fait avec subtilité. Chez Némirovsky, point de finesse proustienne, mais la brutalité et les gros sabots russes d'Ivan Tourgueniev…

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19.09.2011

Les deux visages du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

Docteur Mazen et Mister Abbas :

[Article paru en janvier 2011 qui reste d'actualité...]

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Quand Alain Finkielkraut se disait "impressionné par la sincérité du leader palestinien Mahmoud Abbas" et par sa "culture de la paix", lors de la récente visite de celui-ci en France, il ne faisait que reprendre un poncif véhiculé par les médias occidentaux depuis de nombreuses années. On peut bien entendu déplorer qu'un intellectuel comme Finkielkraut ne fasse pas preuve d'un minimum d'esprit critique, mais il faut dire à sa décharge qu'il est loin d'être le seul… Récemment encore, on a ainsi pu entendre l'écrivain et Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel expliquer, sur les ondes d'une radio juive parisienne, que Mahmoud Abbas incarnait "l'aile modérée" palestinienne, avec laquelle Israël pouvait parvenir à la paix. Et même un spécialiste de géopolitique averti comme Frédéric Encel répète doctement, depuis plusieurs années, qu'Abbas est un "dirigeant courageux" qui a choisi la voix des négociations…. Mais, derrière ce langage convenu et ces clichés, quelle est la réalité ?

 

 

Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?

 

A la veille de la constitution du gouvernement palestinien dirigé par Mahmoud Abbas, en mars 2003, le docteur Rafael Medoff, spécialiste de l'histoire de la Shoah, publiait un article intitulé "Un négationniste Premier ministre de la 'Palestine' ?" Il y rappelait des faits bien connus (mais peu souvent mentionnés) concernant la formation universitaire de Mahmoud Abbas. Celui-ci a en effet achevé un doctorat à l'université Patrice Lumumba de Moscou, en 1982, portant sur le sujet "La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes, 1933-1945". Dans cette thèse, Abbas soutenait l'idée d'une collusion entre le sionisme et le nazisme et d'une responsabilité conjointe des sionistes et des nazis dans la Shoah.

 

Mais Abbas ne s'arrêtait pas là… Il contestait également le nombre de 6 millions de victimes juives de la Shoah, en citant notamment les travaux de "l'historien" Robert Faurisson ! Dans ces circonstances, on comprend pourquoi le docteur Medoff concluait son article de 2003 par ces mots : "Si Abbas est promu au poste de Premier ministre de l'Autorité palestinienne, la communauté internationale tout entière sera confrontée à la question de savoir si Abbas mérite d'être traité différemment de Tudjman, de Haider et de Le Pen". >>>

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01.01.2010

Djihad et haine des Juifs - Le lien troublant entre islamisme et nazisme

M. KUNTZEL.jpgQuel est le lien entre le nationalisme arabe – et palestinien en particulier – , le nazisme et l'idéologie du djihad, qui connaît un regain d'intensité depuis le 11 septembre 2001 ? La réponse à cette question se trouve dans un livre important du chercheur Matthias Küntzel [photo ci-contre], qui vient d'être traduit en français. Professeur à l'université de Hambourg et chercheur à l'université hébraïque de Jérusalem, Küntzel étudie depuis de nombreuses années l'antisémitisme et ses formes contemporaines, et les liens historiques entre l'islamisme et le nazisme. Il y a quelques années, une conférence qu'il devait donner dans une université anglaise fut annulée au dernier moment, car son intitulé comportait l'expression "antisémitisme islamique", qui fut jugée offensante pour les musulmans...

 

 

Un sujet tabou en Europe aujourd'hui

 

Le thème des recherches de Küntzel est en effet un sujet tabou en Europe aujourd'hui, et c'est un pan totalement occulté de l'histoire du vingtième siècle que son livre révèle au lecteur francophone : celui du "lien troublant entre islamisme et nazisme", qui se trouve "à la racine du terrorisme international", comme l'explique le sous-titre du livre. Ayant moi-même écrit sur le sujet de l'islamisme, j'ai pu constater combien la littérature en français était pauvre sur ce sujet, et combien les livres existants – y compris les meilleurs – étaient marqués par une vision politiquement correcte de l'histoire récente. Ainsi, le chercheur Gilles Kepel, qui dirige la chaire Moyen-Orient à l'école des sciences politiques et a consacré plusieurs ouvrages éclairants à l'islam contemporain, occulte souvent le discours antijuif des principaux idéologues des Frères musulmans, au point d'omettre dans sa bibliographie de Sayid Qutb le fameux opuscule "Notre combat contre les Juifs" (dont le titre rappelle celui du Mein Kampf d'Hitler).

 

Si le lien entre islamisme et nazisme est un secret aussi bien caché par les auteurs français, c'est que ceux-ci présentent souvent sous un jour positif l'islamisme, considéré comme un mouvement progressiste ou tiers-mondiste (c'est la thèse des livres de François Burgat et, dans une moindre mesure, de ceux d'Olivier Roy). Récemment encore, il était difficile de trouver des ouvrages en français abordant les liens entre l'islam et l'Allemagne nazie, à l'exception du livre pionnier des journalistes Roger Faligot et Rémi Kauffer, Le croissant et la croix gammée, paru il y a près de vingt ans et jamais réédité. Le livre de Matthias Küntzel, préfacé par Pierre-André Taguieff, vient combler cette lacune (il a été traduit auparavant dans une dizaine de langues, y compris l'hébreu).

 

La lecture de ce livre est enrichissante, à la fois pour comprendre l'histoire et pour éclairer l'actualité la plus brûlante. L'auteur aborde, de manière synthétique et documentée, les thèmes suivants : les Frères musulmans et la Palestine, l'islamisme égyptien de Nasser à nos jours, le djihad du Hamas et le 11 septembre et Israël. La première partie montre comment le thème de la Palestine et de la lutte contre le sionisme et contre les Juifs a occupé une place essentielle dans la rhétorique des Frères musulmans, dès la création (en 1928) du mouvement islamiste égyptien, matrice des principales organisations islamistes contemporaines, du Hamas jusqu'à Al-Qaida. L'homme qui a servi de lien entre les Frères égyptiens et la Palestine n'est autre que le tristement célèbre Amin al-Husseini, le "grand Mufti" de Jérusalem, fondateur du nationalisme palestinien et ami d'Adolf Hitler.

 

Une haine métaphysique et rédemptrice

 

KUNTZEL.jpgLoin d'être purement fortuit ou circonstanciel, le lien consubstantiel entre islamisme et nazisme s'est en effet perpétué depuis le début des années 1930 et jusqu'à nos jours. Küntzel montre comment l'antisémitisme radical occupe une place essentielle dans la doctrine politico-religieuse des Frères musulmans et de toute la mouvance islamiste issue des Frères. Il s'agit, selon l'auteur, de la clef de voûte de l'idéologie islamiste, qui se structure – tout comme le nazisme à son époque – autour de la haine des Juifs. Après avoir passé la plus grande partie de la guerre à Berlin, où il animait les émissions en arabe de la radio nazie, Al-Husseini put échapper aux procès de l'après-guerre grâce à la complicité du quai d'Orsay. Un des plus fameux disciples du mufti pronazi sera son petit-neveu, Yasser Arafat, qui fut membre des Frères musulmans et militant islamiste avant d'adopter la rhétorique du "nationalisme laïc" palestinien, pour mieux séduire la gauche et l'extrême-gauche occidentale, avec le succès que l'on sait.

 

L'antisémitisme radical des islamistes n'a rien à voir avec la politique israélienne, ni avec l'occupation de territoires "arabes" en 1967 : il s'agit d'une haine quasi-métaphysique, à caractère exterminationniste et rédempteur. Aux yeux de Qutb, d'Al-Banna (fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq Ramadan) ou de Ben Laden, les Juifs doivent être exterminés pour que l'islam triomphe, et cet impératif s'inscrit dans une vision eschatologique de l'ultime combat contre les Juifs, qui doit précéder l'instauration de l'islam sur toute la terre... On comprend dès lors l'inanité de toute tentative de négocier ou de trouver un modus vivendi avec les islamistes du Hamas ou d'Al-Qaida. On ne peut pas signer d'accord de paix avec les islamistes, mais tout au plus une trêve provisoire (comme celle conclue par Mahomet lorsqu'il se trouva en situation d'infériorité). Et l'islamisme – tout comme le nazisme dont il a recyclé une grande partie de l'idéologie – ne peut qu'être totalement vaincu.

Itshak LURCAT

 

Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, éditions L'Œuvre, Paris 2009.

 

(ARTICLE PARU DANS VISION D'ISRAEL)

30.11.2009

Esther Benbassa, hasard et nécessité médiatique - (P.I.Lurcat)

Je voulais depuis longtemps mettre en ligne cet article paru il y a quelques années dans la revue Controverses (publié sous un nom de plume sur la demande du directeur de la revue). La sortie du dernier livre (ou livret) d'Esther Benbassa, dont le nombre de pages est inversement proportionnel au nombre de critiques élogieuses parues dans les médias, m'en donne l'occasion. Le lecteur jugera si cette analyse a perdu de son actualité... P.I.L.

Esther Benbassa, hasard et nécessité médiatique

Moi, je suis une Juive du hasard. Je n'ai pas de patrie, je n'ai aucun attachement territorial

 

E. Benbassa 1

 

 

            En 1979, l'écrivain Wladimir Rabi publiait un essai au titre provocateur : Un peuple de trop sur la terre ? (2). Dans ce livre, écrit sur un ton véhément et imprécateur, Rabi s'en prenait notamment aux clercs juifs de la diaspora, qui avaient trahi selon lui les principes de la morale juive, en soutenant la « politique inique » des gouvernements israéliens envers les Palestiniens. Vingt ans plus tard, une autre intellectuelle juive publie un livre qui pose une question similaire : Les Juifs ont-il un avenir ?(3). Publié au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, avec un lancement médiatique important (l'hebdomadaire Le Point lui consacre sa couverture et en publie des extraits), ce livre est vécu par beaucoup de Juifs en France comme une provocation.

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Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Esther Benbassa n'est pratiquement jamais intervenue dans le débat public avant l'année 2000, excepté un article cosigné avec son mari dans Le Monde du 29 avril 1998, intitulé : « Post-sionisme, oui. Mais après ? ». Historienne, spécialiste du judaïsme sépharade, elle a publié une dizaine d'ouvrages depuis 1985, consacrés pour la plupart à la culture judéo-espagnole (4). Plus récemment, elle a élargi son champ d'étude, en publiant une Histoire des Juifs de France (5) et un Dictionnaire de civilisation juive (6), écrit en collaboration avec son mari. A partir de septembre 2000, elle intervient régulièrement dans les médias français, notamment dans les colonnes de Libération, où elle publie pas moins de neuf articles entre le 11 septembre 2000 et le 30 août 2004.

 

 

De la tour d'ivoire de l'EPHE à l'intervention dans le débat politique

 

C'est en septembre 2000 qu'Esther Benbassa écrit son premier article polémique, au titre provocateur, « La religion de la Shoah ». Dans cette tribune publiée le 11 septembre 2000 dans Libération, Esther Benbassa aborde certains des thèmes qui lui vaudront une aura médiatique durable, comme la minimisation de l'antisémitisme et la critique de l'establishment juif et sioniste, accusé d'utiliser la Shoah à des fins politiques. Mais c'est sa dénonciation de « l'industrie de la Shoah » qui provoque le scandale.

 

            L'article de Benbassa prend pour point de départ deux livres parus aux Etats-Unis, celui de Peter Novick, The Holocaust in American Life, et celui de Norman Finkelstein, The Holocaust Industry (7). Ces deux livres évoquent ce que Benbassa appelle la « place pathologique que la Shoah en est venue à occuper dans la vie américaine ». Selon elle, la même situation prévaut en France. Pour expliciter cette thèse, Benbassa part d'un exemple personnel :

 

Je suis une praticienne de l'histoire des juifs, qui écris cette histoire et l'enseigne. Quelle ne fut pas ma surprise le jour où, à ma sortie d'un amphithéâtre bondé, un étudiant me poursuivit pour me dire : « Comment est-il possible que vous enseigniez la Shoah sans pleurer, le sourire aux lèvres ? » Pendant des semaines, cet auditeur me persécuta pour me rappeler sa vérité. Pour dispenser un savoir acceptable sur ce sujet, il convenait de se transformer en Sarah Bernhardt et de ressentir au plus fort l'émotion, pour la communiquer (8).

 

Cette anecdote, censée illustrer l'attitude pathologique de certains Juifs (nous verrons tout à l'heure qui est visé) envers la Shoah, en dit plus long qu'il n'y paraît sur le raisonnement de Benbassa. Tout d'abord, sur sa façon de tirer d'un exemple unique une règle générale. Nous verrons qu'elle utilise cette méthode pour démontrer qu'il n'y a pas d'antisémitisme en France. Par ailleurs, on trouve dans cet extrait une ironie hautaine caractéristique de l'enseignante, qui ne ressent aucune compassion pour cet étudiant, bouleversé par le cours sur la Shoah, et surpris de la froideur manifestée par son professeur.

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Loin de s'émouvoir de l'attitude de son étudiant, somme toute très humaine et compréhensible, Benbassa n'a que mépris pour lui, et le dépeint sous un jour caricatural. Face à cet auditeur hyper-émotif, qui la « persécute » (le terme est choisi à dessein), Benbassa revendique le droit d'enseigner la Shoah comme tout autre sujet, avec la froideur et l'objectivité qui conviennent au professeur d'université… A partir de cette anecdote, Benbassa en vient à sa thèse principale, qui s'énonce ainsi :

 

Au fil des années, la mémoire du passé, la mémoire de la Shoah se sont imposées jusqu'à parfois étouffer, aujourd'hui, la vie. Jusqu'à légitimer une étonnante tendance à la victimisation. C'est ainsi que, dans un Occident où l'antisémitisme est actuellement loin de représenter un quelconque danger pour le quotidien des juifs, on traque chaque mot suspect, chaque phrase, le moindre cyberdérapage…

 

Nous allons voir comment Benbassa maintiendra envers et contre tout son affirmation - énoncée en septembre 2000 - de l'absence de danger d'antisémitisme, alors même que les Juifs font face à une vague grandissante d'attaques verbales et physiques, qui culminera au moment de la conférence de Durban. Notons au passage l'emploi du verbe « traquer », là encore choisi à dessein, qui semble vouloir dire que, dans la France de l'an 2000, ce sont les Juifs qui sont devenus les traqueurs (ou les persécuteurs, comme l'étudiant évoqué ci-dessus) alors que les malheureux antisémites en sont réduits à se cacher…

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Une "juive du hasard"...

  

Le « lobby de la Shoah » et le « Disneyland du génocide »

 

Dans la suite de cet article, Benbassa explique comment « la victimisation immunise le juif contre toute critique et immunise par là même Israël ». Cette affirmation, devenue un poncif du discours anti-israélien, a été mille fois entendue depuis lors. Mais Benbassa va encore plus loin. Faisant sienne l'expression de « Shoah-business », qui appartient au vocabulaire des négationnistes 9, Benbassa développe ce thème, sur un ton qui évoque plus le discours d'un Le Pen ou d'un Faurisson que celui d'une enseignante à l'EPHE :

 

Par-delà le lobby de la Shoah, ses récupérations politiques et intellectuelles, ses faiseurs larmoyants, ses compromissions financières, son centre Simon Wiesenthal à Los Angeles, sorte de Disneyland du génocide, par-delà ses faussaires comme Jerzy Kosinski (…) et par-delà son « industrie », qu'en est-il vraiment de la Shoah, de celle vécue dans la chair?

 

Ce morceau de bravoure, qui pourrait figurer dans une anthologie de la prose antisémite contemporaine, est une véritable attaque en règle contre la communauté juive et contre tous ceux qui luttent contre l'antisémitisme au nom du souvenir de la Shoah. Esther Benbassa, qui n'est certes pas antisémite, reprend pourtant à son compte les accusations traditionnelles contre les Juifs. Plus tard, elle reviendra sur certaines des outrances de cet article - regrettant sans doute de s'être laisser emporter avec une virulence bien peu conforme à sa vision de l'attitude qui convient à un universitaire… Ainsi, dans le livre d'entretiens écrit à quatre mains avec son mari, Les Juifs ont-il un avenir ?, elle prend la défense d'Elie Wiesel contre Norman Finkelstein, et rejette l'expression de « Shoah business » :

 

Des hommes comme Elie Wiesel, leur œuvre et leur personnalité, ont contribué à sensibiliser un public jusque-là ignorant, ont pu jouer un rôle informatif capital… L'accusation lancée contre un Wiesel et quelques autres d'avoir favorisé le développement d'un « Shoah Business » - qu'on songe seulement au livre de Norman Finkelstein, L'Industrie de l'Holocauste - ne m'intéresse pas, cependant. Je ne sais pas à partir de quel moment on fait du business. Après tout, tout est affaire de business(10).

 

Mais qui faut-il croire ? La Benbassa qui, dans les colonnes de Libération, dénonce le « lobby de la Shoah », les « faiseurs larmoyants » et le « Disneyland du génocide », ou bien celle qui, dans un livre au ton bien plus mesuré, défend Wiesel contre les attaques de Finkelstein ? Nous tenterons plus loin d'expliquer cette contradiction.

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Avec son mari. J.C. Attias

 

 

Y a-t-il des actes antisémites en France ?

 

L'article provocateur d'Esther Benbassa a été publié le 11 septembre 2000. Un mois plus tard, c'est le début de l'« Intifada Al-Aqsa », très vite relayée en Europe, et en France notamment, par une vague d'agressions antijuives sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment réagit notre historienne ? En reconnaissant avoir sous-estimé le danger de l'antisémitisme ? Pas du tout. En s'interrogeant sur les causes de ce nouveau phénomène ? Encore moins… Benbassa réagit exactement comme la quasi-totalité des médias français, face à la vague d'antisémitisme de l'automne 2000 : par le déni de réalité.

 

 

"Pensons à ces jeunes musulmans de France qui ont mis le feu à des synagogues, au début de la seconde Intifada, à l'automne 2000. Doit-on parler, comme on l'a fait, d'agressions antisémites ? Ces jeunes gens se sont identifiés à la cause palestinienne, aux lanceurs de pierres palestiniens, à une souffrance qui n'était pas directement la leur. Et cette proximité, réelle ou fantasmée, a été plus forte que toutes les belles leçons de l'éthique républicaine" (11).

 

Ainsi, pour Benbassa, l'incendie de synagogues n'est pas un acte antisémite, dès lors que son auteur s'identifie à la « cause palestinienne » et aux « lanceurs de pierres palestiniens » (Notons au passage que l'historienne a un train de retard… sur l'histoire. Au cours de la seconde Intifada, les pierres - symbole de la première Intifada - ont laissé la place aux armes à feu et aux bombes humaines). Mais le comble de la mauvaise foi et du ridicule est atteint lorsque Benbassa entend démontrer l'inexistence de l'antisémitisme par un exemple concret, tiré de son expérience personnelle :

 

Ceci dit, pas de panique excessive : au moment même où tout cela se passait, j'allais faire mes achats dans le XVIIIe arrondissement, et mes commerçants arabes et musulmans n'ont pas oublié de me souhaiter un bon Nouvel An juif.

 

Ici encore, la « praticienne de l'histoire des juifs » innove, en tirant de sa vie privée une leçon générale et universelle. Des synagogues ont brûlé, aux Ulis, à Trappes, à Bondy ? Des juifs ont été agressés, insultés, pris à partie, tabassés et roués de coups ? Soit.. Mais au même moment, Madame Benbassa faisait ses courses dans le XVIIIe arrondissement, et ses commerçants arabes et musulmans lui souhaitaient la bonne année.  Pas de panique, donc… Ce raisonnement s'apparente à une forme de solipsisme : seule mon expérience personnelle compte. Peu importe ce que subissent les Juifs dans le fond de leur banlieue, dans le « 9-3 » et ailleurs, puisque je peux moi, Esther Benbassa, continuer à faire mes courses tranquillement et à être saluée par mes commerçants arabes…

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La "preuve par le moi"

 

Cette « preuve par le moi » sera utilisée par d'autres sophistes juifs, qui seront régulièrement invités par les médias pour témoigner de l'absence d'agressions antisémites. L'avocat Théo Klein - qui use et abuse de son titre d'ancien président du CRIF - apportera lui aussi son témoignage de Juif des « beaux quartiers » (son cabinet est situé sur les Champs-Elysées), jurant que premièrement, il n'y a pas d'antisémitisme en France, et que deuxièmement et par ailleurs, les agresseurs des Juifs sont eux-mêmes des « victimes de l'exclusion »… Plus récemment, Jacques Attali a soutenu lui aussi qu'il n'y avait pas d'antisémitisme en France, en donnant pour preuve son parcours exemplaire...

 

Dans la postface à ce même livre d'entretiens, rédigée à l'occasion de sa nouvelle édition en poche en juin 2002, Esther Benbassa et son mari mettent un peu d'eau dans leur vin et reconnaissent la réalité de la vague d'agressions antijuives. Mais c'est pour accuser aussitôt les dirigeants juifs d'avoir instrumentalisé ces agressions, au bénéfice de l'Etat d'Israël…

 

Les actes antijuifs avaient commencé au tout début de la première [sic] Intifada, dès l'automne 2000, mais après le 11 septembre 2001, l'atmosphère ne fit que se dégrader. Ben Laden avait-il servi de modèle à certains jeunes Maghrébins ? L'islamophobie qui se donna libre cours après l'effondrement des Twin Towers n'encourageat-t-elle pas aussi le leadership à user de ces manifestations d'agressivité antijuive comme d'un instrument politique susceptible de favoriser un redressement de l'image d'Israël, qui pendant des mois n'avait cessé d'être écornée ? Songeons également que les dirigeants israéliens ont pu se bercer de l'illusion que cette flambée « antisémite » encouragerait les Juifs de France à émigrer en Israël en grand nombre (12).

 

Ce dernier argument sera repris par un politicien démagogue, José Bové, qui accusera le Mossad d'avoir brûlé des synagogues en France pour inciter les Juifs à émigrer en Israël… Quant au thème de l'islamophobie et de l'instrumentalisation de l'antisémitisme par le leadership juif, il a été développé avec insistance dans les colonnes de nombreux médias (13).

 

 

Benbassa contre les « intellectuels organiques »

 

Une des clés de l'attitude d'Esther Benbassa, depuis le début de la seconde Intifada et de ses répercussions en France, se trouve dans son attaque contre les « intellectuels organiques de la communauté [juive]  ». Ce concept, emprunté au marxiste italien Antonio Gramsci, est utilisé à plusieurs reprises par Benbassa dans son livre Les Juifs ont-ils un avenir ?

 

Pendant que les victimes civiles du conflit se multipliaient, aussi bien en Israël qu'en Palestine, les intellectuels organiques de la collectivité juive de France estimaient plus urgent d'exercer leur talent réthorique dans la dénonciation des effets pervers de la Conférence mondiale, tenue à Durban du 31 août au 7 septembre 2001, sur la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance… Plusieurs ONG y avaient certes tenu des discours de type clairement antisémite, et la presse elle-même avait stigmatisé cette honteuse dérive. Mais fallait-il à tout jamais s'interdire, en raison des excès scandaleux dont Durban avait été le théâtre, de formuler la moindre critique à l'encontre de la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens ? (14)

 

Ce raisonnement exprime un syllogisme maintes et maintes fois répété en France depuis quelques années. La dénonciation de l'antisémitisme ne doit pas nous empêcher de critiquer la politique israélienne… (Ceux qui recourent à cet argument sont en général préoccupés de manière exclusive par la « critique » - c'est-à-dire en fait par le vomissement - de l'Etat d'Israël, et la dénonciation de l'antisémitisme ne constitue pour eux qu'un simple passage obligé, comme une formule de politesse.) Mais pour Benbassa, comme pour Pascal Boniface (15), ce sont les intellectuels juifs qui empêchent tout libre débat d'idées, en interdisant de formuler « la moindre critique à l'encontre de la politique israélienne… » Et pour étayer cette affirmation, Benbassa établit à son tour, comme Boniface (ou comme Tariq Ramadan), une liste de ces fameux « intellectuels organiques » (ceux que Ramadan appelle les « intellectuels communautaires »). La liste Benbassa comprend les noms de l'avocat Gilles William Goldnadel, de l'universitaire Raphaël Draï, du journaliste Guy Konopnicki, et du sociologue Shmuel Trigano (16).

 

Benbassa, à la différence de Tariq Ramadan, n'inclut pas le philosophe Pierre-André Taguieff parmi les « intellectuels organiques » de la collectivité juive… Mais elle lui reproche d'avoir « fourni au leadership juif la caution "scientifique" dont il pouvait avoir besoin » dans la lutte contre l'antisémitisme. Et elle ironise, dans une tribune publiée par Libération (17), sur ceux qui « parlent à tort et à travers d'antisémitisme » et qui se « pâment devant le mot tout nouveau de judéophobie » - allusion au livre très remarqué de P.-A. Taguieff… Le concept d'« intellectuels organiques » utilisé par Esther Benbassa laisse penser que tous ces intellectuels - qui ont en réalité des opinions très diverses - sont inféodés à un mythique « lobby juif » qui leur dicte leurs prises de position… A en croire Benbassa, les intellectuels organiques de la communauté juive perdent tout jugement critique dès lors qu'il est question d'Israël : ils se conduisent en porte-parole du gouvernement israélien… (Cette accusation rejoint celle portée par Tariq Ramadan dans son fameux article contre les « nouveaux intellectuels communautaires », qui avait été refusé par Le Monde et Libération, avant d'être finalement publié par le site islamiste Oumma.com.)

 

 

Le piège de l'intellectuel médiatique

 

La dénonciation par Esther Benbassa des « intellectuels organiques » permet de comprendre sa position paradoxale d'intellectuelle juive qui revendique son identité sépharade, pour critiquer et dénoncer de manière exclusive l'Etat d'Israël et la communauté juive. C'est en effet par opposition systématique à ces derniers qu'elle prend position dans le débat politique français. On aurait du mal à trouver un exemple d'une déclaration de Benbassa en défense de la communauté juive et de ses représentants… Même lorsqu'elle accepte de reconnaître l'existence des actes antisémites, après en avoir pendant longtemps nié la réalité, c'est pour mieux accuser le leadership juif d'instrumentaliser l'antisémitisme et de favoriser l'islamophobie. C'est contre la figure de l'« intellectuel organique » que Benbassa se définit, en tant qu'intellectuelle « du dehors », invoquant à ce sujet la figure d'Edward Said :

 

Comme on l'a récemment rappelé à propos d'Edward Said, l'intellectuel est « l'homme du dehors, il n'appartient pas à ses appartenances, ne se résume pas à ses origines, ses intérêts, ses positions ». Parce qu'il « n'y a pas de pensée sans un effort de désappartenance »…(18)

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Edward SAID

 

A une autre occasion, elle cite encore Said, qui écrit dans son autobiographie :

 

Ma priorité a toujours été celle de la conscience intellectuelle plutôt que la conscience nationale ou tribale, malgré la solitude qu'un tel choix risque d'imposer (19).

 

Ces deux citations d'Edward Said permettent de comprendre l'attitude d'opposition systématique de Benbassa, qui dirige toujours son esprit critique contre Israël et contre les dirigeants de la communauté juive de France. Notons au passage que l'attitude d'Edward Said était loin de correspondre à cette définition avantageuse de l'intellectuel. On se souvient qu'il s'était fait photographier avec complaisance en train de lancer une pierre par-dessus la frontière israélo-libanaise, aux côtés de militants du Hezbollah… Contrairement à Benbassa, Said dirigeait ses pierres (et sa plume) contre ses ennemis, pas contre sa propre communauté.

 

Obsédée par son refus d'être prise pour une « intellectuelle organique » et par sa volonté de « désappartenance » permanente, c.-à-d. de critique systématique de son peuple et des siens, Esther Benbassa est devenue une intellectuelle médiatique. Son désir d'échapper à ses appartenances et à ses origines l'a emporté sur sa fierté de Juive sépharade, qu'elle exprimait au tout début de sa carrière d'historienne. A force de vouloir rejeter ses origines et toute attache ou loyauté envers les siens, elle a fini par devenir, comme elle le reconnaît dans un rare moment de sincérité, une « juive du hasard », sans patrie et sans attachement territorial.

 

Pierre Itshak Lurçat

 

 

Notes

1. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 245.

2. Wladimir Rabi, Un peuple de trop sur la terre ? Les presses d'aujourd'hui, 1979.

3. E. Benbassa et J.-C. Attias, Les Juifs ont-il un avenir ?, Jean-Claude Lattès, 2001. Réédité en poche en 2002 par Hachette Littérature.

4. Parmi lesquels : Cultures juives méditerranéennes, Syros 1985 ; Un grand rabbin sépharade en politique, Presses du CNRS 1990 ; Juifs des Balkans, La Découverte 1993.

5. Seuil, 1997, 2e édition 2000.

6. Larousse, 1997, 2e édition revue et corrigée 1998.

7. Traduit en français et publié aux éditions La Fabrique, avec une préface de Rony Brauman.

8. « La religion de la Shoah », Libération, 11 septembre 2000.

9. Voir à ce sujet, P.-A. Taguieff, La nouvelle Judéophobie, Mille et une nuits 2002, p. 132.

10. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 98.

11. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 219.

12. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 261.

13. Citons par exemple l'article de X. Ternisien, « Les dangers de l'islamophobie », Le Monde, 12-13 mai 2002.

14. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 268.

15. Voir son fameux brûlot, A-t-on le droit de critiquer Israël ?

16. Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 269, n.1.

17. E. Benbassa, « Entre la honte et la rage », Libération 10 avril 2002.

18. Interview d'Edward Said dans Le Point, 13 juin 2002, cité dans Les Juifs ont-ils un avenir ?, p. 279.

19. E. Benbassa, « Tariq Ramadan et l'islam "mou" de Turquie », Le Monde, 20 novembre 2003.

 

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09.11.2009

EUREKA! Quand Jacques Attali découvre... l'antisémitisme

attali.jpgJacques ATTALI, qui expliquait doctement dans les colonnes de Ha'aretz, il y a quelques semaines, que l'antisemitisme n'existait pas en France, et qu'il était une "invention de la propagande israelienne" [sic], accuse aujourd'hui Jean-Louis BIANCO d'etre antisémite!

Nouvelle preuve du solipsisme de M. Attali, pour qui tout ce qui le touche personnellement existe, mais tout le reste n'est qu'illusion ou propagande... P.I.L

ARTICLE DE L'EXPRESS

Chute du mur de Berlin

Jacques Attali accuse Jean-Louis Bianco d'antisémitisme

Par Thierry Dupont, Eric Mettout, publié le 09/11/2009 15:20 - mis à jour le 09/11/2009 16:15

Pour le député PS, si, en 89, l'ex-conseiller de François Mitterrand était réticent à la réunification allemande, c'est parce qu'il est juif. De "l'antisémitisme inconscient", selon Jacques Attali.

Jacques Attali a la colère froide. Il l'a manifesté une nouvelle fois, ce lundi matin, sur i>Télé, où il était l'invité de Jean-Jérôme Bertolus, à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Quelques heures plus tôt, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l'Elysée en novembre 1989, s'était exprimé sur le même sujet dans les colonnes du Journal du dimanche. Et notamment sur le rôle qu'avait joué selon lui Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, et Jacques Attali, le conseiller spécial du président, dans la réaction sans enthousiasme de François Mitterrand à l'idée de la réunification allemande.

Argument de Jean-Louis Bianco? Contrairement à lui, et finalement à François Mitterrand, Roland Dumas et Jacques Attali éprouvaient une "certaine peur des Allemands", le premier en raison du passé de résistant de son père, le second parce qu'il "est juif", ce dernier essayant "d'ailleurs de tirer Mitterrand vers ses propres préoccupations. Mais sans succès."

Jacques Attali, qui nous avait alerté dès hier soir par e-mail, voit dans cette remarque une forme "d'antisémitisme inconscient", qu'il a demandé au Parti socialiste, le parti de Jean-Louis Bianco, de ne pas laisser sans suite. "Si une telle phrase avait été prononcée par Le Pen, accusant un collaborateur du président de la République d'être biaisé par ces origines, elle aurait fait scandale", s'indigne-t-il.

Contacté par LEXPRESS.fr, Jean-Louis Bianco a reconnu que "dans le JDD, [il a] écrit que Roland Dumas, parce que son père avait été fusillé par les nazis, et Jacques Attali, parce qu'il était juif, avaient sur l'Allemagne une sensibilité particulière". Mais "dire cela voulait manifester une sympathie et non exprimer de l'antisémitisme", se justifie-t-il.

Pas suffisant pour Jacques Attali, toujours scandalisé, malgré les "excuses" du député des Alpes-de-Haute-Provence. "Cela reste absolument honteux. Epouvantable. Ma position sur l'Allemagne n'a rien à voir avec une des dimensions de mon histoire. Dire que mes conseils au président étaient déterminés par mon judaïsme est ignoble. Et cette déclaration est, évidemment, antisémite."

28.10.2009

Jacques Attali ou la "preuve par le moi"

Un nouveau cas de solipsisme juif

 

Itshak Lurçat

 

Ces dix dernières années, Israël s’est mis à prendre ses désirs pour des réalités, à savoir, que la situation en France est désastreuse et que les gens émigrent en Israël. C’est une propagande très dangereuse que de faire croire que la situation en France est terrible. C’est ridicule ! Je suis un exemple du fait que ce n’est pas vrai. Je suis parti de rien et j’ai prospéré dans le monde entier et aussi en France.

 

(J. Attali interviewé dans Ha'aretz, traduction de Menahem Macina)

 

 

La récente interview de Jacques Attali dans Ha'aretz a soulevé une émotion légitime dans la communauté juive francophone. L'écrivain juif à succès y affirme, avec une véhémence confinant parfois à la vulgarité, qu'il n'y a pas d'antisémitisme en France aujourd'hui, et que seule la « propagande » israélienne veut faire croire le contraire... Le thème n'est en réalité pas nouveau. Rappelons, pour mémoire, les déclarations tonitruantes de Théo Klein dans les colonnes du Monde, ou encore le pamphlet écrit par deux mauvais journalistes, Cécilia Gabizon et Johan Weisz, pour démontrer que l'antisémitisme serait exagéré et exploité par Israël pour renforcer l'alyah.

 

attali.jpgIl est surprenant, à première vue, de voir un Jacques Attali joindre sa voix au chœur des négateurs de l'antisémitisme en France. Son propos ressemble en effet, de manière atténuée, à celui d'un José Bové, qui voyait la main du Mossad derrière les incendies de synagogues. En niant l'existence de l'antisémitisme, Attali insulte toutes ses victimes, qui subissent presque quotidiennement injures ou agressions (et aussi les victimes de cette variante encore plus généralisée de l'antisémitisme qu'est le racisme antiblanc ou antifrançais). On pourrait mettre ses propos excessifs sur le compte d'un désir de publicité – il fait actuellement la promotion de ses deux derniers livres – ou encore d'un énervement passager, provoqué par les questions insistantes du Ha'aretz, journal des élites postionistes israéliennes qui avait déjà créé la polémique il y a quelques années en interviewant Alain Finkielkraut.

 

Mais l'attitude d'Attali tient à mon avis à des raisons plus profondes, que j'avais analysées il y a quelques années dans un article sur l'historienne Esther Benbassa (publié dans le numéro spécial de la revue Controverses, consacré aux « Alterjuifs »). Benbassa, tout comme Attali, s'employait à nier l'existence de l'antisémitisme – au moment même où les synagogues brûlaient – avec une mauvaise foi évidente et un discours idéologique très proche de celui d'Attali. Tout comme celui-ci, elle utilisait, pour « démontrer » l'inexistence de l'antisémitisme, un exemple concret, tiré de son expérience personnelle :

 

Pensons à ces jeunes musulmans de France qui ont mis le feu à des synagogues, au début de la seconde Intifada, à l'automne 2000. Doit-on parler, comme on l'a fait, d'agressions antisémites ? Ces jeunes gens se sont identifiés à la cause palestinienne, aux lanceurs de pierres palestiniens, à une souffrance qui n'était pas directement la leur...

Ceci dit, pas de panique excessive : au moment même où tout cela se passait, j'allais faire mes achats dans le XVII e arrondissement, et mes commerçants arabes et musulmans n'ont pas oublié de me souhaiter un bon Nouvel An juif.

 

[photo : Esther Benbassa]

EstherrrrBenbassaGGG.jpgDes synagogues ont brûlé, aux Ulis, à Trappes, à Bondy ? Des juifs ont été agressés, insultés, pris à partie, tabassés et roués de coups ? Soit. Mais au même moment, Madame Benbassa faisait ses courses dans le XVIII e arrondissement, et ses commerçants arabes et musulmans lui souhaitaient la bonne année.  Pas de panique, donc… Ce raisonnement s'apparente à une forme de solipsisme : seule mon expérience personnelle compte. Peu importe ce que subissent les Juifs dans le fond de leur banlieue, dans le « 9-3 » et ailleurs, puisque je peux moi, Esther Benbassa, continuer à faire mes courses tranquillement et à être saluée par mes commerçants arabes… Cette « preuve par le moi » a été utilisée par d'autres sophistes juifs, régulièrement invités par les médias pour témoigner de l'absence d'agressions antisémites. L'avocat Théo Klein - qui use et abuse de son titre d'ancien président du CRIF - apporta lui aussi son témoignage de Juif des beaux quartiers (son cabinet est situé sur les Champs-Elysées), jurant que premièrement, il n'y a pas d'antisémitisme en France, et que deuxièmement et par ailleurs, les agresseurs des Juifs sont eux-mêmes des « victimes de l'exclusion »…

 

L'attitude de Jacques Attali est similaire à celle d'Esther Benbassa ou de Théo Klein. Il pratique lui-aussi le solipsisme juif, en affirmant envers et contre tout que l'antisémitisme n'existe pas... La preuve ? Sa carrière exemplaire, de Juif « parti de rien qui a prospéré dans le monde entier » [sic]. Cette dernière citation, pour ridicule qu'elle soit, est riche d'enseignements. Attali, auteur de best-sellers qui se flatte d'avoir 21 manuscrits en cours dans son ordinateur, refuse de voir l'antisémitisme, parce que ce dernier pourrait nuire à son statut et à sa vision du monde. L'antisémitisme, les synagogues incendiées dans les banlieues françaises, l'assassinat d'Ilan Halimi, le djihad mondial : tout cela importune Attali, occupé à des tâches tellement plus importantes, comme celle d'expliquer au monde entier comment « sortir de la crise » ou de relater l'histoire du Mahatma Gandhi ou de François Mitterrand...

mitterrand-attali.jpg

 

Pour ce faux prophète juif (émule de Nostradamus bien plus que de nos Prophètes), mégalomane autoproclamé qui est classé 89e sur la liste des « intellectuels les plus influents du monde », le judaïsme est pure abstraction, sujet de livres bien plus que condition vécue – souvent difficilement – par ses coreligionnaires, au destin desquels il est totalement indifférent. Il ne sort de sa tour d'ivoire ou de son appartement des beaux quartiers (encore épargnés par l'antisémitisme) que pour aller sur les plateaux de télévision, ou pour rencontrer les grands de ce monde. Il n'est pas étonnant que son « Dictionnaire amoureux du judaïsme » ne parle pas d'Israël, ce petit Etat qui emm... la planète tout entière avec ses guerres perpétuelles et sa prétention à vivre libre. Car Attali n'a que faire d'Israël, de son armée et de sa « propagande ». Il ne veut surtout pas être dérangé par la mère d'Ilan Halimi ou par la menace iranienne, et préfére offrir au monde entier ses leçons pour sortir de la crise. Ne lui parlez pas d'Ahmadinejad ou de Dieudonné... Il est trop occupé à écrire l'histoire de l'avenir.

 

27.10.2009

Comparer l’islamophobie à l’antisémitisme des années 30 est une obscénité

EXCELLENT EDITO DE CYRANO DE RIPOSTE LAIQUE, QUI REAGIT AUX ATTAQUES DE CAROLINE FOUREST. A LIRE ET A DIFFUSER! P.I.L

RIposle laique.jpgLa pire erreur d’un stratège, c’est de rabattre une situation nouvelle sur une situation ancienne, c’est de voir un problème présent uniquement comme la répétition d’un problème ancien. Ce fut l’erreur des militaires français en 1939, qui croyaient refaire la guerre de 1914, et s’étaient cachés derrière leur ligne Maginot, alors que les nazis menaient une guerre totalement nouvelle. L’Histoire ne repasse pas les plats.

Dans le meilleur des cas, cette erreur gravissime provient d’une paresse de l’esprit, car il est beaucoup plus facile de réutiliser des schémas anciens que d’étudier la réalité que l’on a sous les yeux : le passé est déjà connu dans tous ses détails, et on sait déjà qui a gagné et qui a perdu. Dans le pire des cas, c’est une entreprise de désinformation consciente et calculée.

celebre%20Caroline%20Fourest20.jpgMme Fourest (1) et M. Tariq Ramadan (2) expliquent avec les mêmes mots qu’il y aurait à présent un « danger » en Europe, incarné par « des partis populistes et libéraux », (le BNP en Angleterre, le Parti de la Liberté au Pays Bas, et l’UDC en Suisse), comparable d’après les mots de Ramadan avec la montée du nazisme dans les années 1930. En France, d’après Mme Fourest, mais aussi M. Sifaoui, qui nous qualifie en sous-main de « néo-nazis » (3), la dérive dangereuse, c’est nous, Riposte Laïque.

Selon cette vision qui plaque le passé sur le présent, les musulmans vivant en Europe aujourd’hui, seraient comme les juifs vivant en Allemagne il y a quatre-vingts ans, à la veille d’un grand pogrom. L’islamophobie serait aussi condamnable que l’antisémitisme, comme l’a malheureusement affirmé le Président de la République. (4)

Je suis pour le moins abasourdi que Mme Fourest soit capable de reproduire sans aucune distance critique les analyses politiques de celui qu’elle se targue de démasquer comme un dangereux islamiste. A ce niveau, ce n’est plus de la paresse, mais un servile travail de propagande en faveur de celui qu’elle déclare combattre, mais qui du moins ne se ridiculise pas en accordant le statut de parti politique significatif ou « dangereux » à notre pauvre journal en ligne. Comment peut-on, lorsque l’on a passé tant d’années à pourfendre le « double discours » de Tariq Ramadan, en reproduire un quasi-littéralement, sans se poser la moindre question ni sur sa validité ni sur les intentions de son auteur ? Je ne vois qu’une seule explication plausible : la haine de Mme Fourest pour notre journal doit être plus forte que son amour pour la vérité historique.

 

C’est cette vérité historique que je vais tenter de défendre, car c’est elle la victime collatérale des merveilleux sentiments que nourrit Mme Fourest à notre égard, mais qui nous importent peu. Mme Fourest, comme M. Sifaoui et tous ceux qui ne débattent pas avec nous, mais nous invectivent, ont perdu la partie, c’est pourquoi ils utilisent le dernier stratagème dialectique possible, d’après Schopenhauer : l’insulte. « Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est. Mais quand on passe aux attaques personnelles, on délaisse complètement l’objet et on dirige ses attaques sur la personne de l’adversaire. On devient donc vexant, méchant, blessant, grossier. C’est un appel des facultés de l’esprit à celles du corps ou à l’animalité. Ce stratagème est très apprécié car chacun est capable de l’appliquer, et il est donc souvent utilisé. » (5)

Les mouvements de rejet de l’islam qui apparaissent aujourd’hui en Europe ne sont absolument pas semblables à l’antisémitisme nazi de l’entre-deux-guerres pour plusieurs raisons. La haine des juifs que nourrissaient les nazis se basait entièrement sur un fantasme, c’est-à-dire sur une conception délirante selon laquelle il existait un complot juif visant à dominer l’Allemagne en particulier et le monde en général (voir cette imposture que sont Les protocoles des sages de Sion).

Hitler a forgé à coup de propagande un bouc émissaire sacrifiable qu’il a donné en pâture aux bas instincts déchaînés par ses soins. Les juifs qui vivaient en Europe ont été persécutés sur une base purement délirante, « raciale », qu’ils fussent convertis au catholicisme, athées, juifs libéraux ou orthodoxes. Les nazis n’avaient que faire des opinions particulières des « juifs » qu’ils persécutaient, ce n’était pas en tant qu’individus qu’ils les ont annihilés, mais en tant que « groupe racial ». Les nazis se moquaient du judaïsme des juifs. Ils pouvaient être des anciens combattants de la Première guerre mondiale, et des loyaux citoyens, le monstre froid qu’était la bureaucratie nazie les a traités avec une plus grande cruauté que s’ils avaient été des criminels.

Le propre d’un gouvernement totalitaire, écrit Hannah Arendt, c’est qu’il désigne d’une manière absolument arbitraire ses « ennemis », et qu’il persécute même des personnes qui ne veulent aucunement le combattre, voire qui le soutiennent. C’est cela qui le rend si horrible : c’est un Etat qui se moque complètement de la sympathie ou de l’antipathie de ses sujets. Du jour au lendemain, selon les lubie du Führer ou du Petit père des peuples, on pouvait se retrouver faire partie de la « race inférieure » à exterminer, ou de la « classe condamnée par l’Histoire » à déporter au Goulag (6). Que l’on fût respectueux de lois ne changeait rien : être « juif » de sang était déjà un crime pour les nazis.

le califat.jpgAlors que le « complot juif » n’était qu’un délire, le projet de Califat islamique universel ne l’est pas. On ne compte plus les déclarations d’intention de représentants musulmans éminents appelant à une conquête de l’Europe et du monde entier. L’Organisation de la Conférence Islamique, qui regroupe 57 pays musulmans, a déjà rédigé une Déclaration des Droits de l’Homme en islam, concurrente de la Déclaration de 1948. Elle possède également une Cour islamique internationale de justice, composées de juristes versés dans la Charia.

Alors que les juifs vivant en Europe ne faisaient aucune pression sur les gouvernements pour que ceux-ci modifient leurs lois en fonction de leurs croyances religieuses, les musulmans, où qu’ils s’établissent, accablent les autorités d’accueil de demandes d’accommodements avec leur loi religieuse. Tout le monde est sommé de respecter Mahomet, que l’on soit musulman ou non. Dans ce sens, l’OCI bataille depuis des années dans le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU pour faire passer une résolution condamnant la « diffamation des religions », c’est-à-dire la critique de l’islam, même dans les pays non musulmans.

LIRE LA SUITE SUR LE SITE RIPOSTE LAIQUE...

01.10.2009

Vol d'organes : le web conspirationniste ''antisioniste'' se lâche

Le site Conspiracy Watch se livre a un tour d'horizon des théories de la conspiration juive, autour de l'affaire Aftonbladet. Excellente analyse, tres documentée. J'ajoute que j'ai interviewé sur le meme sujet le spécialiste de la question, Pierre-Andre Taguieff, dans le dernier numero d'Israel Magazine. P.I.L

Extrait du feuilleton syrien 'Al-Shatat' s'inspirant des Protocoles des Sages de Sion
Sous couvert d’« antisionisme », c’est une véritable campagne de haine antijuive qui s’est déchaînée sur le web au cours des dernières semaines. Le prétexte en a été fourni par la publication dans un journal suédois, le 17 août dernier, d’un article (1) établissant un lien entre un trafic de reins impliquant un rabbin américain de 58 ans et les rumeurs accusant l’armée israélienne de prélever secrètement des organes sur des cadavres de Palestiniens. Outrepassant de loin la simple critique de l’Etat d’Israël, plusieurs textes circulent sur le Net qui dénoncent le vol d’organes comme faisant partie intégrante de la culture juive. Le délire conspirationniste culmine avec la dénonciation d’un vaste complot juif international ayant des ramifications jusqu’au Maroc et en Algérie (2), où des enfants seraient kidnappés afin d’« alimenter la banque d'organes de l'entité sioniste » (3). Invité en Algérie, où la Fédération nationale des journalistes algériens lui a décerné le Prix de la distinction journalistique, l’auteur de l’article qui a déclenché la polémique, le journaliste suédois Donald Boström, a déclaré que l’armée israélienne se livrait à ce commerce depuis cinquante ans et que le nombre de Palestiniens ayant fait l'objet de vol d'organes dépassait le millier (4).
On pourrait penser que cette rhétorique est réservée à des sites d’extrême droite – comme ceux des antisémites Hervé Ryssen et Boris Le Lay. On la retrouve aussi, pourtant, sur le « site d’information alternatif » du Collectif Bellaciao, animé par le militant communiste Roberto Ferrario, qui a fait campagne pour Marie-Georges Buffet aux élections présidentielles de 2007. Bellacio.org (5) a en effet reproduit un article d’Alison Weir publié originellement sur le site américain d’extrême gauche CounterPunch.org (6) le 28 août 2009. Dans ce texte, l’auteur va jusqu’à accréditer l’authenticité des crimes rituels juifs au Moyen Age et conclut par : « Israël se sert de ses ressources considérables et planétaires afin de faire obstacle à toute enquête. Il est difficile d’en conclure qu’il n’a rien à cacher ». L’article d’Alison Weir a été traduit par Marcel Charbonnier, un militant pro-palestinien radical gravitant dans l’orbite des négationnistes (7) et dont une trentaine de traductions se retrouvent sur le site du Réseau Voltaire. Il a été repris, entre autres, sur AlterInfo (dont le fondateur, Zeynel Cekici, a été condamné cette année pour négationnisme), sur Vox-NR et Géostratégie (des sites d’extrême droite animés par Christian Bouchet, ancien secrétaire général du groupuscule néo-nazi Unité Radicale), sur le site Mondialisation.ca ainsi que sur les pages personnelles de Michel Collon, un journaliste belge proche de Thierry Meyssan (8).

Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah – pour qui, justement, Thierry Meyssan travaille (9) – a pour sa part diffusé des textes intitulés « Un expert égyptien : le Talmud ne condamne pas le vol d’organes des non juifs » ou encore « Trafic d'organes palestiniens: "Israël" est le seul qui confisque les cadavres ». Cet article a été repris sur le site d’Egalité & Réconciliation (l’association d’Alain Soral, un autre proche de Thierry Meyssan), sur Altermedia.info (un site dont la version anglophone a été fondée par David Duke, ancien chef du Ku Klux Klan, le mouvement suprématiste blanc américain), et sur les pages personnelles de l’islamiste genevois Hani Ramadan. En 2003, Al-Manar avait diffusé au Liban et en Syrie un feuilleton inspiré des Protocoles des Sages de Sion comportant une scène au cours de laquelle des Juifs assassinaient un enfant chrétien pour le vider de son sang. Cette série, intitulée Al Shatat, a été rediffusée en Iran en 2004 et en Jordanie en 2005. Elle a de nouveau été programmée sur la deuxième chaîne de télévision publique iranienne cette année, pendant le mois de Ramadan 

 

27.07.2009

OPERATION "UN LIVRE POUR ILAN A JERUSALEM"

REPRIS DU SITE JUIF.ORG [VOIR ICI]

A l’occasion de l’anniversaire des 3 ans de la mort d’Ilan Halimi, nous avons décidé de nous associer à la remarquable initiative de l’association « Torah Box » en commémorant la mémoire de notre frère, ce jeune juif français sauvagement assassiné par des barbares parce qu'il était juif.
ILAN HALIMI.jpg

C’est le cœur plein d’émotion que la rédaction Juif.org demande à chaque juif du monde entier de bien vouloir s’associer à la création de la première bibliothèque francophone au Kotel (Mur occidental à Jerusalem) dont l’intégralité des Livres de Prières et de Tehilim seront dédiés à l’élévation d’âme de Ilan ben Ruth Halimi.

Le Kotel, principal lieu de recueillement du Judaïsme est visité chaque année par des dizaines de milliers de français qui n’ont pas l’occasion de trouver un livre annoté dans leur langue natale.

« C’est l’occasion de donner un immense mérite pour l’élévation de l’âme de à notre cher frère et fils Ilan Halimi et que ce mérite constitue une protection de chacun des membres du peuple d’Israel pour que plus jamais, nous ne soyons touchés par de tels malheurs ».

Chaque donateur aura ce fabuleux mérite. Son nom sera béni et inscrit à l’intérieur du ou des livres qu’il aura offert :
Je dédie livre pour 8€

 

Reçu CERFA délivré sur demande ! Votre don est remboursable jusqu'à 66%* par les impôts.
Ex : pour un don de 100€, vous bénéficiez d'un crédit d'impôts de 66€, il reste réellement 34€ à votre charge !
* Pour plus d'informations consulter le site officiel Service Public.
Infos
  • Vous êtes un média, imprimeur, éditeur de livres ou avez les moyens de soutenir cette opération d’une autre façon ? Envoyez-nous un email à en cliquant-ici et vous serez recontacté.
  • La date de la cérémonie d’intronisation des livres au Kotel vous sera communiquée dès que la date sera fixée. Vous pourrez éventuellement la suivre en direct sur Juif.org !
  • Vous souhaitez faire un don spontané par chèque ? C’est à libeller à l’ordre de « TOV LI » et à envoyer à l’adresse : TOV LI - BP 42041 - 69603 Villeurbanne Cedex – France.
  • Webmaster, bloggueur ou internaute ? Vous pouvez informer votre entourage sur cette opération. Vous pourrez également accéder au groupe Facebook créé pour l'occasion en cliquant ici

20.05.2009

Léo Peeters, consul belge à Jérusalem et squatter

On constate, en lisant dans la presse belge le compte-rendu de cette affaire lamentable, l'incroyable "houtzpa" (culot) de la Belgique, qui s'attribue une "compétence universelle" pour juger de 'crimes' commis dans le monde entier, mais qui refuse de se présenter devant un tribunal israélien pour une banale affaire de loyer...  

Le consul belge à Jerusalem, Leo Peeters, se conduit ainsi comme un vulgaire squatter, comme le fait remarquer dans son excellent billet mon confrere C. Weill-Raynal. P.I.L

villa salameh.jpg
La "villa Salamé", à Talbieh
Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht a informé cette semaine Israël du fait que la Belgique ne comparaîtra pas devant la justice israélienne dans le cadre du litige concernant la villa Salamé à Jérusalem, résidence du consulat général de Belgique.

"A partir du 2 juin, l’homme d’affaires israélien David Sofer pourra dès lors demander au juge de condamner la Belgique par défaut afin d’obtenir 2 millions d’euros d’arriérés de loyer impayés depuis des années, annonce vendredi La Libre Belgique.

La Belgique continue en effet à maintenir sa position et conteste la compétence des tribunaux israéliens dans ce dossier. La Villa Salamé appartient, selon la Belgique, à un homme d’affaires palestinien, Constantin Salameh, qui a fui la ville sainte pour le Liban en 1948 lors des violences judéo-arabes avant la création de l’Etat hébreu.

Le palais art-déco, construit en 1930 par l’architecte Marcel Favier, passe pour l’un des plus beaux immeubles de Jérusalem. Après sa fuite, l’homme d’affaires palestinien avait loué le bien à la Belgique, qui en a fait la résidence de son consul général et a depuis lors toujours payé le loyer au propriétaire des lieux.

Après la naissance d’Israël, la Knesset avait voté une "loi sur les absents", autorisant l’Etat à saisir les biens des Palestiniens en exil qui ne se seraient pas signalés dans les six mois. Devenue ainsi le bien de l’Etat hébreu, la Villa Salamé avait été vendue il y quelques années à l’homme d’affaires israélien David Sofer.

Ce nouveau propriétaire de l’immeuble, en vertu de la législation israélienne, exige dès lors de la Belgique que lui soit versé le loyer de son bien et il réclame deux millions d’euros d’arriérés, alors que la famille Salamé se proclame toujours propriétaire elle aussi. La Belgique ne reconnaît cependant pas la validité de la "loi sur les absents" et refuse de se plier aux exigences de Sofer." (belga/th)

Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/...

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