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14.11.2011

Guy Millière à Jérusalem : une bouffée d’oxygène et d’intelligence, par P.I Lurçat

Devant une salle comble, dans le quartier de Baka à Jérusalem, Guy Millière a exposé avec brio et intelligence la situation actuelle du monde – le Moyen-Orient, l’Europe, les États-Unis et Israël – avec réalisme et sans concession mais aussi avec optimisme et foi dans l’avenir. C’est une bouffée d’air frais et d’intelligence que nous a offerte cet intellectuel inclassable qui se définit lui-même comme un « dissident »… P.I.L

 

guy_milliere_bon.jpgJe n’avais jamais rencontré Guy Millière. Je connaissais bien entendu ses écrits et notamment ses articles dans Israël Magazine auquel nous collaborons tous les deux, mais je n’avais jamais assisté à ses conférences. C’est chose faite depuis hier, grâce au P’tit Hebdo dont le dynamique rédacteur en chef a beaucoup œuvré pour faire connaître Guy Millière du public francophone en Israël. La soirée a commencé par une introduction musicale du jeune quatuor Tsion, qui a joué des morceaux de Vivaldi, de Mozart et de Gershwin notamment, choix éclectique qui constituait une bonne entrée en matière à la conférence de Millière. Celui-ci est en effet un intellectuel original aux facettes multiples, écrivain prolifique, éditorialiste à la Mena, à Israël Magazine et à UPJF.ORG*, enseignant et auteur de nombreux livres portant notamment sur les États-Unis où il passe une grande partie de son temps.

 

Le sujet de la conférence était « Israël, l’Amérique, la recomposition islamique du Proche-Orient : perspectives pour 2012 », et Guy Millière a réussi à aborder les différents aspects de ce thème dans un délai relativement court, s’exprimant avec conviction devant un public avide de comprendre. Critiquant sans ménagement la politique étrangère de Nicolas Sarkozy et de son « conseiller » Bernard-Henri Lévy, Millière a fait le lien entre la désastreuse intervention occidentale en Libye et la politique étrangère d’Obama, qui favorise délibérément l’islamisme conquérant et les régimes dictatoriaux et autocratiques dans le monde entier. « Obama a permis à l’Iran d’Ahmadinejad de gagner du temps », explique-t-il en mentionnant le récent rapport de l’AIEA.

 

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Pourtant, il demeure optimiste concernant l’évolution interne aux États-Unis, où une majorité des Américains, lassés de l’humiliation qu’ils ressentent depuis l’élection d’Obama, vont probablement porter au pouvoir un candidat républicain en 2012. Guy Millière est beaucoup plus pessimiste concernant l’avenir de l’Europe, dont il considère qu’elle est en train de sortir de l’histoire, affaiblie par l’effondrement de l’Euro et par une démographie vieillissante que compense, en France uniquement, la vitalité de la population musulmane.

 

PODHORETZ.jpg« N’attendez rien de l’Europe », lance Millière au public, avant de se lancer dans un vibrant éloge du dynamisme d’Israël, de son économie et de sa capacité d’invention. Interrogé sur le vote juif aux États-Unis, il explique – en citant l’ancien rédacteur en chef de la revue Commentary Norman Podhoretz (photo ci-contre) – qu’une majorité des Juifs américains ne sont plus vraiment juifs, mais adeptes de cette nouvelle « religion » qu’est l’idéologie liberal… Quand un membre de l’assistance lui demande pour qui voter aux prochaines élections françaises, Millière répond sans hésiter qu’il s’abstiendra, ne voulant pas donner sa voix à Sarkozy, ni voter pour une idéologie socialiste dont il connaît tous les dangers. Quant à Marine Le Pen, il déclare sans ambages qu’elle n’a pas rompu avec le Front national de son père et demeure anti-américaine et économiquement à gauche du PS (analyse confirmée par la récente interview que MLP avait donnée à Israël Magazine).

 

Interrogé au sujet des médias français, Guy Millière relate comment certains collègues lui confient sans aucune honte ne pas dire ce qu’ils pensent, pour continuer d’être invités sur les plateaux de télévision et vendre leurs livres… Millière a adopté une attitude différente, ce qui explique qu’on ne le voit pas souvent à la télévision française, sauf dans l’émission de Frédéric Taddeï. Comme le lui avait dit, en plaisantant à moitié, un dissident soviétique, « nous avons de la chance en URSS, nous avons une seule Pravda, tandis que vous en avez plusieurs », relate Millière, faisant allusion à la presse française qui recopie unanimement les dépêches mensongères de l’AFP… Et il conclut en citant son prochain livre autobiographique (en anglais), au titre éloquent : « Dissident »

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Au total c’est un Guy Millière à la fois lucide, caustique et passionné que le public francophone de Jérusalem a pu rencontrer : un ami d’Israël véritable (non Juif, est-il besoin de le rappeler), dont l’analyse tranchée et sans concession ne laisse personne indifférent. Son discours dissident est une véritable bouffée d’oxygène et d’intelligence, au milieu du concert de la désinformation et de la propagande des médias nationaux français.

Pierre Itshak Lurçat

 

* L'UPJF a été la première organisation juive à recevoir et promouvoir Guy Millière en France. Son dernier livre paru est « Comment le peuple palestinien fut inventé », éditions David Reinharc.

 

19.08.2011

Eurabia et La fondation Anna Lindh

 Dans une interview qui date du 7 decembre, l’historienne  Bat Ye’or1 interrogée par Paul Landau parle de la fondation Anna Lindh. Une fondation au coeur du système d’islamisation de l’Europe qui ne manque pas de ressources puisqu’elle se vante sur son site Internet ici, d’être financée par plus de quarante États euro-méditerranéens. 

Paul Landau : Une récente polémique a opposé “Riposte Laïque” à la journaliste militante Caroline Fourest, qui siège au Conseil de la Fondation Anna Lindh pour le “dialogue entre les cultures”. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est véritablement cette Fondation, pourquoi elle a été créée et quels sont ses objectifs ?

Bat Ye’or : La Fondation Anna Lindh (FAL) appartient au système transnational de gouvernance mis en place par l’Union Européenne. Depuis 2004 ce système s’est beaucoup développé et compte parmi ses plus importantes réalisations l’Alliance des Civilisations. Comment décrire ces organisations monstrueuses qui formatent la pensée des Occidentaux, de la naissance à la mort et dans tous les secteurs ? Vladimir Boukovsky a désigné ce système par le nom d’« UERSS » (EUSSR en anglais).

A l’instar du régime communiste, qui invoquait des objectifs humanitaires et pacifiques pour confisquer les libertés des peuples, ces systèmes de gouvernance transméditerranéenne et transnationale affichent des buts d’une haute tenue morale et d’une éthique politique irréprochable : état de droit, démocratie, droits de l’homme, établir la paix, l’amour et la compréhension entre les peuples, notamment entre Occidentaux et musulmans.

Modifier les perceptions jugées racistes et intolérantes à l’égard de l’islam afin de préserver la paix et la sécurité en Méditerranée  

Pour parvenir à ce but fort louable, la Fondation Anna Lindh développe une stratégie visant à culpabiliser les Européens, à modifier leurs perceptions jugées racistes et intolérantes à l’égard de l’islam afin de préserver la paix et la sécurité en Méditerranée par le maintien des flux migratoires, le métissage des populations, le multiculturalisme et le gommage des identités culturelles et nationales.

La Fondation est donc au coeur du système d’Eurabia. Elle se définit comme un Réseau de réseaux et regroupe quarante Etats euroméditerranéens. Elle coordonne leurs réseaux nationaux et « fédère des centaines d’organisations civiles et institutionnelles », comme l’explique son site. Son Réseau compte des centaines d’ONG, d’universités, « associations, institutions publiques ou privées, de fondations sans but lucratif, de collectivités territoriales, toutes coordonnées par le chef de file de chaque réseau national ». Les Etats membres et la Commission Européenne assurent son financement.

L’organe suprême qui gère les orientations de la politique stratégique de la Fondation est le Conseil consultatif dont les recommandations sont transmises au Conseil des Gouverneurs, au Directeur et aux réseaux nationaux. A la tête de cette hiérarchie de la pensée unique siège le Président de la Fondation. Caroline Fourest est l’un des membres élus du Conseil Consultatif.

Les activités de la Fondation embrassent tous les secteurs culturels, artistiques, éducatifs, les programmes d’enseignement et les médias afin de conditionner, uniformiser et formater la pensée des Européens. La Fondation Anna Lindh est à l’origine de la pensée unique et du politiquement correct, qui emprisonnent la pensée et étouffent la critique dans ses myriades de réseaux. C’est elle qui fournit la nourriture intellectuelle qui alimente les peuples de l’Union européenne. Tout ce qui s’oppose à sa vision est éliminé par le boycott et le silence.

 

Paul Landau : Pouvez-vous nous rappeler qui est Anna Lindh ?

Bat Ye’or : Le nom pour une telle Fondation ne pouvait être mieux choisi, on le doit à Javier Solana, le grand concepteur de la politique méditerranéenne et de la gouvernance internationale de l’UE.

Ce nom est celui du ministre des Affaires étrangères suédois dont la haine à l’égard d’Israël, selon les termes de l’ambassadeur d’Israël en Suède, Zvi Mazel « peut être seulement décrite comme pathologique. Sous son leadership, la Suède fut le pays de l’UE qui publia le plus grand nombre de condamnations unilatérales d’Israël ». Cette observation explique le choix du nom, de la personne, de la politique et de l’esprit de la FAL. Anna Lindh, comme Solana, nourrissait une admiration enthousiaste pour Arafat qui, comme on le sait, expérimenta sur les Israéliens toutes les formes de terrorisme aujourd’hui perpétrées en Occident et dans les pays musulmans.

La Fondation Anna Lindh  travaille en synergie avec l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI, 56 pays musulmans)

La FAL travaille en synergie avec l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI, 56 pays musulmans), et cette collaboration explique les modifications dans l’enseignement, la culture, les politiques et les orientations des médias dans l’UE. La FAL est un gouffre à milliards et bien que son siège soit à Alexandrie, elle n’a pas réussi à empêcher les attaques, les meurtres et les humiliations intolérables dont souffrent les Coptes, ainsi que les destructions de leurs biens et de leurs possessions dans divers villages d’Egypte.

En Turquie - pays qui aime donner des leçons de tolérance et où on aurait pu croire que les pauvres résidus des populations chrétiennes pré-islamiques, pourraient enfin jouir d’un peu de paix après les charniers du XXe siècle - les chrétiens du Tour Abdin (Mardin, Turquie) se voient contester la possession de leur antique monastère (4e siècle). Dans tout le monde arabe et particulièrement en Egypte, la littérature haineuse, loin de diminuer, a augmenté. C’est sans doute la FAL qui a formaté toute la désinformation concernant la riposte israélienne d’autodéfense contre les missiles lancés de Gaza durant sept ans sur la population civile israélienne.

Lire le reste de l’interview sur Riposte Laïque où elle parle notamment du vote suisse contre les minarets.

26.07.2011

"Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent" - Bat Ye'or

L'attentat d'Oslo est l'occasion pour Le Monde de ressortir le refrain de la "nouvelle extrême droite" et de tenter de disqualifier ses adversaires idéologiques en leur attribuant l'acte d'un psychopathe - un peu comme la gauche israélienne avait à l'époque voulu disqualifier ses adversaires en leur imputant l'acte d'Igal Amir...

Au passage, l'article du Monde qualifie Eurabia de "théorie du complot"...

Bat Yeor avait répondu à cette accusation dans une interview en 2009 dont je reproduis ci-dessous un extrait :

http://www.juif.org/le-mag/247,bat-ye-or-le-referendum-suisse-est-une-defaite-d-eurabia.php

BAT YEOR (PHOTO Paul Landau).jpgQue répondez-vous à ceux qui crient à la "théorie du complot" dès que l'on prononce le mot d'Eurabia ? (comme par exemple Caroline Fourest)

B. Ye'or : Il y a aussi des gens qui nient la Shoah et les camps d’extermination même quand ils les voient sous leurs yeux. Et je ne parle pas ici de Caroline Fourest.

Ceux qui nient Eurabia sont ceux qui y participent. Car Eurabia se passe de démonstration. Elle est là en nous et autour de nous, ce n’est pas la réalité de demain mais celle d’aujourd’hui. Quand les synagogues et les cimetières juifs nécessitent une protection, comme l’exigent les églises dans les pays musulmans, c’est Eurabia. Quand des musulmans apostats ou libres penseurs et des intellectuels ou des politiciens doivent se cacher ou vivre avec des gardes du corps parce qu’ils offensent l’islam, ce n’est plus l’Europe des droits de l’homme mais Eurabia. Quand des manifestations massives inondent les capitales d’Europe, en appelant à l’extermination d’Israël, ponctuées par des prières de milliers de musulmans sur le parvis des églises et dans les rues, c’est Eurabia. Les tribunaux de la charia fonctionnent en Angleterre et influencent l’enseignement de nombreuses universités. L’UE s’est déjà soumise à la loi de la charia concernant le blasphème, l’apostasie, la sujétion des femmes, la polygamie, les crimes d’honneur. Elle s’est jointe avec joie à l’exécration d’Israël et à la haine antisémite. Quel est le journal qui se hasarderait à donner une vision positive d’Israël ? Il n’y en a pas. D’ailleurs on ne peut même plus parler de l’Europe chrétienne ou de l'Europe des Lumières. Nous ne sommes plus dans un régime qui assure à chacun le libre exercice du culte et la liberté de pensée et d’expression, puisque des policiers et des gardes du corps sont nécessaires. Comme les dhimmis, nous devons observer un certain langage et nier notre identité.

 

Eurabia existe dans les villes peuplées de femmes voilées, dans les lieux où s’applique la charia, quand les idéologies politiques islamiques et la haine d’Israël fleurissent et quand les solides institutions démocratiques ne sont plus qu’un vague souvenir du passé. Elle se manifeste dans l’insécurité contrebalancée par les courbettes des leaders occidentaux, proclamant que l’islam féconda la civilisation occidentale. Comme si Jérusalem, Athènes et Rome qui en sont les sources vitales, se situaient en Arabie – comme si Gutenberg, Newton, Darwin, Louis Pasteur, Henri Dunant, Einstein s’étaient nourris du Coran.

 

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Paul Landau : Quelles sont les racines historiques d'Eurabia ?

B. Ye'or : Eurabia c’est l’enfant né de l’union de la Palestine avec le nazisme survivant après 1945 qui, étalé sur toute l'Europe, étreint et porte la Palestine, y enfouissant sa nostalgie lancinante de détruire Israël. Le pacte monstrueux d’Hitler et du Mufti de Jérusalem utilisa la passerelle ‘Palestine’ pour se poursuivre dans l’après-guerre. Quand Paul Dickopf, ancien officier SS de l’Abwehr, accède à la présidence d’Interpol en 1968 grâce aux votes arabes et laisse filer les terroristes palestiniens sous prétexte que le terrorisme n’est pas un crime mais un problème politique, c’est déjà Eurabia. ** Comme le dit une brochure de l’Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA) publiée en 1994, la Palestine représentait l’une de ses causes essentielles; elle la défendit si bien que sa participation au financement de l’Intifada de 1987 contre Israël draîna ses fonds. Dans cette brochure, l’Association reconnaît « le caractère discret de son travail, qui s’effectue en grande partie dans les couloirs des assemblées ». Elle se targue néanmoins de nombreux succès : le retour de la résolution 181 des Nations Unies de 1947 sur le devant de la scène, et l’adoption de ses propositions en 1980 par le Conseil des Ministres de la Communauté Européenne dans la ‘Déclaration de Venise’ qui entérinait la position de l’OLP et du monde arabe contre Israël. Elle en avoue encore d’autres dont l’émigration, tout en invoquant le devoir de discrétion.

 

Mon livre Eurabia s’appuie sur un nombre considérable de sources concernant les divers promoteurs et financements de cette politique menée dans la discrétion et qui conduit à cette situation qui n’est pas née par hasard. Je ne serais pas étonnée lorsque sous la bannière palestinienne d’Eurabia, les soldats eurabiens, passant du service d’Hitler à celui de la Palestine, et conduits par le calife de Malmö, se précipiteront pour ajouter à leurs trophées européens gagnés dans la Shoah, les restes du patrimoine d’Israël. Cette monstruosité s’appellera : ‘Paix, Justice et Amour de la Palestine’ et pour satisfaire Mgr Tutu : ‘Libération de l’Apartheid.’ Eurabia s’apprête à offrir Jérusalem à l’OCI pour qu’elle en fasse le siège du Califat Universel et pour que s’éteignent à jamais les lumières de l’Occident.


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24.06.2011

Qui est Nabil Ennasri, organisateur de la flottille française pour Gaza?

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Il y a un an, les Renseignements militaires israéliens avaient exposé les liens entre l’IHH, organisation qui avait affrété le Marmara, le Hamas et les Frères musulmans. Parmi les passagers du Marmara et des autres bateaux de la « flottille pour Gaza » figuraient plusieurs ressortissants français, presque tous liés au CBSP, organe de collecte du Hamas en France. Cette année encore, les organisateurs français de la flottille sont étroitement liés aux mouvements islamistes, comme nous allons le voir.

Un article du journal le Monde publié récemment sous le titre démagogique de « Juifs et musulmans contre le blocus de Gaza », portait les signatures de Pierre Stambul, membre de l’association juive anti-israélienne UJFP (Union juive française pour la Paix) et de Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France. Ce dernier est un des organisateurs les plus présents dans les médias français de la flottille pour Gaza. Il se présente comme étant diplômé de l’Institut d’Etudes politiques d’Aix-en-Provence – où il a rédigé un mémoire sous la direction de l’islamologue François Burgat – et comme étudiant en « théologie musulmane à l’Institut européen des Sciences humaines de Château-Chinon ».

Sous ce titre pompeux se cache en fait l’organisme de formation des imams de l'UOIE (Union des organisations islamiques européennes, dont l'UOIF est la branche française), et du CEFR (Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche), deux organisations étroitement liées à une figure clé de l’islamisme contemporain : le cheikh Youssouf Qaradawi. Déchu de la nationalité égyptienne, en raison de ses liens avec l'organisation des Frères musulmans, Qaradawi vit au Qatar depuis 1962 et anime une émission célèbre sur la chaîne Al-Jazira, "Ash-Sharia wal Hayat" (La charia et la vie). Qaradawi est à la fois un prédicateur, homme de médias, organisateur de l’islam européen et de la collecte du Hamas en Europe, promoteur du « djihad financier » et auteur de fatwas autorisant les attentats suicides 1. Le cheikh Qaradawi a été interdit de séjour aux Etats-Unis, après que ses liens avec la banque du terrorisme Al-Taqwa liée à Al-Qaida aient été dévoilés.

 

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le cheikh Youssouf Qaradawi

 

En janvier 2011, Nabil Ennasri publiait sur le site islamiste Oumma.com un article intitulé « Cheikh Qaradawi, les chrétiens d’Orient et la bande de Gaza », dans lequel il expliquait notamment que « le Hamas, à l’image de l’immense majorité des musulmans du Moyen-Orient, s’efforce de préserver un cadre pacifique et harmonieux avec les tenants d’autres religions »…Dans un autre article intitulé « Les Oulémas au chevet de la révolte des peuples arabes », Ennasri explique encore que « le médiatique et très respecté Cheikh Al Qardawi » a « dès le début de la révolution du Jasmin, apporté sa caution religieuse à ce mouvement qui allait balayer la dictature tunisienne… »

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28.04.2011

Le Hamas, un mouvement islamiste apocalyptique, Paul Landau

Alors que le Hamas vient de se "reconcilier" avec le Fatah, nous allons a nouveau entendre des voix en Occident expliquer que le mouvement islamiste est en voie de 'moderation' et qu'il convient de l'accepter comme un partenaire de 'negociation'. L'article de Paul Landau paru il y a deja plusieurs annees est un rappel utile pour ceux qui seraient tentes de croire a ces chimeres... P.I.L

Vingt ans après sa création, le Hamas palestinien demeure très mal connu en Occident. Alors qu’il est évoqué presque quotidiennement par les médias, il fait l’objet d’un nombre très réduit d’ouvrages sérieux et demeure un sujet mystérieux pour le public occidental.
Le présent article aborde un aspect essentiel et peu souvent étudié du mouvement islamiste palestinien.
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L’erreur la plus répandue lorsque l’on parle des mouvements islamistes contemporains, et notamment du Hamas, consiste à les envisager à l’aide des concepts et des manières de penser propres à l’Occident. La plupart des analyses occidentales du phénomène islamiste ont souvent tendance à sous-estimer, voire à occulter un aspect fondamental, que l’on retrouve dans toutes les différentes mouvances et organisations islamistes : celui des croyances religieuses musulmanes, et plus précisément de l’eschatologie musulmane.

C’est ainsi qu’un islamologue français réputé, auteur d’ouvrages importants sur l’islamisme contemporain, peut expliquer la révolution islamique iranienne de 1979 par "l’alliance de la bourgeoisie pieuse et de la jeunesse urbaine pauvre ", et que de nombreux journalistes continuent à décrire les auteurs - palestiniens et autres - des attentats-suicides comme des "désespérés" et des laissés pour compte, alors même que toutes les recherches entreprises sur le sujet démontrent que cette grille de lecture sociologique ou marxisante ne correspond pas à la réalité.

Il est impossible de comprendre les succès remportés par le Hamas, depuis les élections palestiniennes il y a presque deux ans, et la persistance de l’islamisme - dont de nombreux observateurs occidentaux annoncent régulièrement l’essoufflement ou même la prochaine disparition - si l’on fait abstraction des croyances des acteurs des mouvements islamistes ou si l’on en diminue l’importance, en les considérant comme des balivernes moyenâgeuses dénuées de signification concrète.

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Il faut écouter ce que disent les islamistes et accorder du poids à leur discours, si l’on veut tenter de comprendre leurs motivations et leurs stratégies. Il est significatif à cet égard de constater que les médias occidentaux, qui parlent régulièrement des événements du Proche-Orient et de la rivalité entre le Hamas et le Fatah, ne mentionnent presque jamais la Charte du mouvement islamiste.

 

Que veut le Hamas?

Une analyse courante du mouvement islamiste palestinien consiste à en faire un clone du Fatah, dont il ne différerait que par l’habillage religieux donné à son combat contre Israël. Selon cette conception, répandue dans les chancelleries occidentales, il suffirait d’attendre patiemment pour que le Hamas modère ses ambitions et accepte d’entrer dans le jeu des négociations afin de parvenir à une coexistence avec Israël.

Le préambule de la Charte du Hamas affirme pourtant de manière claire la centralité du "combat contre les Juifs", qui doit être mené "jusqu’à ce que [les] ennemis soient vaincus et que la victoire d’Allah soit établie". Pour saisir la conception de l’islam qui est celle du Hamas, il faut accepter de mettre de côté l’idée occidentale de la religion, conçue comme une sphère bien délimitée de l’existence. L’histoire de l’Occident chrétien est en effet celle d’une relégation toujours plus poussée de la part du religieux dans l’existence. C’est pourquoi il est difficile pour un occidental de se représenter la manière dont un Musulman non occidentalisé peut concevoir l’islam.

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23.02.2011

Les Frères musulmans et la question palestinienne, Paul Landau

 

logo_freres_musulmans.jpgL'implication des Frères musulmans dans la question palestinienne est étroitement liée à leurs relations avec le Haut Comité arabe et son dirigeant, le Mufti de Jérusalem Haj Amin Al-Husseini. Le Guide des Frères musulmans et le Mufti partagent une même vision du monde, une même haine des Juifs et de l'Angleterre, et une même admiration pour les régimes fasciste et hitlérien. Dès 1935, le frère du Guide suprême, Abd Al-Rahman Al-Banna, se rend en Palestine, où il rencontre Al-Husseini. De son côté, Hassan Al-Banna écrit au Mufti pour l'assurer de son soutien 24. Les deux hommes vont établir une collaboration étroite, et des liens personnels qui se poursuivront jusqu'à la mort d'Al-Banna en 1949. Leur collaboration se traduit par une aide réciproque : les Frères musulmans collectent des fonds pour le Haut Comité arabe de Husseini, et ce dernier leur apporte une justification idéologique et des thèmes de propagande, grâce auxquels les Frères musulmans galvanisent les foules égyptiennes et attirent des milliers de membres et de sympathisants. Jusqu'au milieu des années 1930, la question palestinienne n'avait joué quasiment aucun rôle dans la politique égyptienne. Certains écrivains et hommes politiques égyptiens avaient même exprimé leur intérêt et leur admiration envers les pionniers sionistes, à l'instar du célèbre penseur musulman Rashid Rida, rédacteur en chef du journal Al-Manar 25. Mais les émeutes de 1936 fomentées par le Mufti de Jérusalem et leurs répercussions en Egypte vont profondément modifier la situation.

 

jerusalem_mosquee_omar_2.jpg Au début de l'été 1936, le Haut Comité arabe envoie des émissaires en Egypte, afin de mobiliser les autorités religieuses, gouvernementales et les médias en faveur de la cause arabe en Palestine 26. Pour sensibiliser l'opinion arabe, ils prétendent que les Juifs ont voulu profaner les Lieux saints musulmans à Jérusalem, prétendument pour « reconstruire le troisième Temple sur l'emplacement de la mosquée d'Omar ». Cette rumeur est répercutée par les mosquées, dans lesquelles les prédicateurs déclarent que c'est une obligation religieuse pour chaque musulman de s'engager dans le jihad en faveur de la Palestine. La campagne de propagande est relayée par des comités de solidarité, qui organisent des manifestations et des collectes en faveur de leurs « frères » arabes en Palestine. Certains membres des Frères musulmans égyptiens prennent part aux émeutes antijuives en Palestine entre 1936 et 1939 25. Lors de la première guerre israélo-arabe de 1947-48, l'engagement des Frères musulmans se manifestera par l'envoi de volontaires pour « combattre les Juifs ». Nous reviendrons sur cet épisode, dans lequel Said Ramadan, gendre d'Al-Banna et père de Tariq Ramadan, a joué un rôle important 27.

 

Très rapidement, la cause arabe en Palestine sert de prétexte à de violentes attaques contre les Juifs égyptiens, accusés d'être une « cinquième colonne » sioniste. En mai 1936, les Frères musulmans appellent au boycott des magasins juifs en Egypte, instaurant ainsi une pratique que l'on retrouvera en Europe lors de la nouvelle vague d'antisémitisme des années 2000-2002 28. Des tracts sont distribués, appelant au boycott des marchandises et des magasins juifs. Le journal Al-Nadhir publie une rubrique régulière intitulée « Le danger des Juifs d'Egypte ». Il publie également les noms et adresses des hommes d'affaires juifs et de journaux accusés d'être « aux mains des Juifs ». Quant à l'organe des Frères musulmans, Jaridat al-Ikhwan al Muslimin, il publie à la fin des années 1930 de nombreux articles accusant les Juifs de conspirer contre l'Islam. Il les accuse tantôt d'avoir intrigué contre le prophète, reprenant les thèmes de l'antijudaïsme musulman traditionnel, tantôt de « comploter en vue de détruire le monde » et d'être les instigateurs du mouvement communiste international 29.

 

La campagne de boycott des magasins juifs en Egypte, organisée tout d'abord par les Frères musulmans, est très vite reprise par d'autres mouvements et partis politiques, parmi lesquels Jeune Egypte, qui en fait sa principale activité politique à partir de 1939. Un comité pour le boycott des Juifs d'Egypte est également constitué à l'université Al-Azhar, distribuant des tracts aux étudiants. Ces appels au boycott se traduisent fréquemment par des violences physiques à l'encontre des Juifs, les manifestants se rendant souvent dans le quartier juif du Caire pour trouver un exutoire à leur haine. L'hostilité envers les Juifs s'exprime également par la multiplication des menaces et des mises en garde envers les Juifs égyptiens, appelés à se dissocier publiquement du sionisme dans des articles et des lettres ouvertes publiées dans la presse 30.

 

mufti hitler.jpgDe son côté, Al-Husseini dirige les émeutes anti-juives en Palestine, qui redoublent d'intensité en 1936. Obnubilé par l'idée d'une alliance stratégique avec l'Allemagne nazie, il multiplie les contacts avec ses représentants diplomatiques. Dès 1933, il entre ainsi en contact avec le consul allemand à Jérusalem, peu de temps après l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler 31. Dans l'esprit d'Al-Husseini, il s'agit de mettre fin à l'installation des Juifs en Palestine, mais aussi de combattre le « judaïsme mondial » en s'alliant avec Hitler. Après la promulgation des lois raciales de Nuremberg, les télégrammes de félicitations affluent de Palestine et d'autres pays arabes.

24. Voir T. Ramadan, Aux sources du renouveau musulman, p.206, Tawhid 2002. Sur le rôle du frère d'Al-Banna, voir Mitchell, op. cit. p.55.

25. Krämer, op. cit. p.144.

26. Olivier Carré et Michel Seurat, op. cit. p. 31. Voir aussi Richard Mitchell, The Society of the Muslim Brothers, p. 55

27. Voir chapitre 3, Said Ramadan et l'implantation des Frères musulmans en Europe.

28. Voir Itshak Landau, « La nouvelle campagne de boycott d'Israël », bulletin no. 4/5 de l'Observatoire du Monde juif.

29. Sur les liens entre Haj Amin Al-Husseini et Hitler, voir notamment K. Timmerman, Preachers of Hate, chapitre 5, Crown Forum, New York 2003 ; Joseph Schechtman, The Mufti and the Fuehrer, Thomas Yoseloff, New York 1965.

30. Voir James Jankowski, « Zionism and the Jews in Egyptian Nationalist Opinion », in Egypt and Palestine, A Millenium of Association, Ben Zvi Institute, Jérusalem 1984.

31. J. Jankowski, art. cit. p. 328.

[EXTRAIT DU LIVRE DE PAUL LANDAU, "LE SABRE ET LE CORAN", EDITIONS DU ROCHER 2005]

09.02.2011

Hassan Al-Banna et la création des Frères musulmans, Paul Landau

Hassan al Banna.jpgL'importance des Frères musulmans pour l'islamisme est comparable à celle que le parti bolchévique a représenté pour le communisme 2 : jusqu'aujourd'hui, c'est ce mouvement qui sert de référence idéologique et organisationnelle à tous les groupes islamistes, y compris le réseau Al-Qaida (au point que Sayyid Qutb, un des principaux théoriciens des Frères musulmans, a été surnommé le « cerveau de Ben Laden » 3). Gilles Kepel, auteur d'importants travaux sur les mouvements islamistes contemporains, qualifie les Frères musulmans de « matrice de l'islamisme moderne » 4. Un autre auteur les qualifie de « maison-mère de toutes les factions du mouvement islamiste contemporain » 5. (Nous verrons comment Tariq Ramadan esquive - ou escamote - ce point essentiel).

 

Le contexte dans lequel fut créée l'organisation était celui d'un immense désarroi dans le monde musulman, faisant suite à l'abolition du califat ottoman d'Istambul par Mustafa Kemal, en 1924 6. Symbole depuis près de treize siècles de l'unité des croyants de l'Islam à travers le monde, le califat fut remplacé par une république turque, nationaliste et laïque. La création des Frères musulmans visait notamment à remplir le vide créé par la disparition du califat. Une page Internet affiliée aux Frères musulmans affirme ainsi que la « renaissance » islamique est entrée dans une phase active avec la création de la Confrérie, « peu de temps après la plus grande calamité jamais survenue, avec la dislocation du califat [en 1924] et la déclaration de guerre contre toutes les formes de l'Islam dans la plupart des pays musulmans » 7. Un autre exemple frappant de référence à l'événement de 1924 comme élément-clé du discours islamiste est cette cassette vidéo diffusée par Ben Laden le 7 octobre 2001, évoquant « l'humiliation endurée par l'Islam depuis plus de quatre-vingts ans » 8. (Nous serons amenés à voir comment le discours islamiste attribue la fin du califat à une conspiration, allant jusqu'à faire de Mustafa Kemal Atatürk un « membre d'une secte juive »…9). Le mouvement des Frères musulmans fut aussi créé en réaction à l'occupation britannique en Egypte, comme la plupart des partis politiques qui sont apparus à la même période. Cependant, la composante nationaliste a très vite été effacée par la composante islamiste ; c'est cette dernière qui a assuré aux « Frères » leur succès à l'intérieur et à l'extérieur des frontières égyptiennes, et qui explique leur longévité politique jusqu'aujourd'hui.

 

 

Hassan Al-Banna et la création des Frères musulmans

 

hamas manif verte.jpegL'organisation des Frères musulmans (Al-Ikhwan Al-Muslimoun) a été fondée en 1928 en Egypte par Hassan Al-Banna. Al-Banna est né en 1906 à Mahmudiyya, petite ville du delta du Nil proche d'Alexandrie. Son père était horloger et enseignait le Coran dans la mosquée de la ville. C'etait un musulman rigoriste, formé à l'université Al-Azhar, où il fut l'élève de Mohammed Abduh, fondateur du mouvement salafiste 10. A l'âge de douze ans, le jeune Hassan adhère à la « Société pour la conduite morale », groupement religieux qui encourage au respect scrupuleux des prescriptions de l'islam, en punissant toute infraction par un système d'amendes et de peines 11. A la même époque, il est attiré par le soufisme, et devient membre de la confrérie al-Husafiyya. Impressionné par le spectacle du dikhr - la danse mystique des soufis - il franchit tous les échelons de la confrérie, jusqu'à l'initiation totale en 1922. Ce double aspect rigoriste et mystique marquera profondément la personnalité d'Al-Banna, même lorsqu'il aura délaissé la mystique pour la politique. [...] SUITE>>>

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29.01.2011

Attentat de Moscou: la piste d'un Russe converti à l'islam se précise

http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/attentat-de-moscou-la-piste-d-un-russe-converti-a-l-islam-se-precise_956669.html

MOSCOU - La piste d'un Russe converti à l'islam wahhabite se précisait vendredi quatre jours après l'attentat qui a fait 35 morts à l'aéroport de Moscou, selon les informations de la presse locale, alors que les enquêteurs restaient très discrets sur l'avancée de leurs investigations.

Le quotidien Kommersant a précisé vendredi ses révélations de la veille qui désignaient un militant islamiste russe comme le principal suspect de l'attaque suicide de l'aéroport Domodedovo.L'individu, Vitali Razdoboudko, 32 ans, était connu de la police depuis sa conversion à l'islam lorsqu'il était étudiant à Piatigorsk, dans la région de Stavropol, au pied du massif du Caucase.

Selon un responsable des forces de l'ordre locales, M. Razdoboudko était déjà recherché dans le cadre d'une enquête sur un autre attentat, la police le soupçonnant d'appartenir à un groupe rebelle, le "nogaïsski djamaat". Il aurait disparu en novembre avec sa concubine et leur nouveau-né.

Selon Kommersant, la police étudie de près la relation du couple avec leurs colocataires : Anvarbek Amangaziev, interpellé en octobre dans le cadre d'une enquête sur une série d'attentats, et sa compagne Zeïpan Souiounova.

Cette dernière a été interpellée en janvier après l'explosion accidentelle d'une ceinture d'explosif à Moscou, qui avait tué une autre femme s'apprêtant, selon plusieurs médias, à commettre un attentat suicide le 31 décembre.

Kommersant laisse entendre que cette femme pourrait être la compagne de Razdoboudko, et que celui-ci aurait pu perdre la vie à son tour en commettant l'attentat de Domodedovo.

Autre révélation, selon Kommersant : Razdoboudko a été converti à l'islam par un imam russe, Anton Stepanenko, un islamiste wahhabite présumé dont les disciples ont participé à une attaque rebelle contre Naltchik (Kabardino-Balkarie, Caucase) en octobre 2005 (des dizaines de morts).

Selon Kommersant, la police a aussi saisi des livres, des DVD à caractère extrémiste et un guide de fabrication d'engins explosifs, lors d'une perquisition à son domicile en 2006.

"Les gens sont désenchantés par le pouvoir en place (en Russie), les pratiques, l'engagement politique des hiérarques de l'Eglise orthodoxe", explique à l'AFP Sergueï Aroutiounov, expert sur le Caucase à l'Académie russe des sciences, expliquant la propagation de l'islam radical parmi les non-musulmans.

"Le sentiment de frustration iéologique monte, les gens psychologiquement instables cherchent une nouvelle foi, de nouvelles idoles", explique-t-il.

Pour un expert militaire indépendant, Alexandre Golts, "le problème n'est pas que des Slaves apparaissent parmi les wahhabites, il est bien plus grave: une génération entière a grandi pendant la guerre (dans le Caucase) et s'est constituée dans cette idéologie".

Jusqu'à présent, les enquêteurs n'ont donné aucune information officielle sur les pistes étudiées en lien avec l'attentat de Domodedovo.

Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) entre forces russes et indépendantistes, la rébellion s'est progressivement islamisée et a de plus en plus débordé les frontières tchétchènes pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement armé actif dans tout le Caucase du Nord.

Les autorités russes ne parviennent pas à juguler ces violences, qui présentent un grave risque pour la sécurité des jeux Olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, à seulement quelques centaines de kilomètres des zones instables.

A LIRE SUR LE SUJET, LA SEULE ETUDE EN FRANCAIS SUR LE PHENOMENE DES CONVERTIS A L'ISLAM RADICAL!

POUR ALlah.jpgPour Allah jusqu'à la mort : Enquête sur les convertis à l'islam radical, de Paul LANDAU

TOUR DU MONDE DES CONVERTIS A L'ISLAM RADICAL
Muriel Degauque, la première femme kamikaze européenne
Lionel Dumont et le gang de Roubaix
Adam Gadahn l'américain d'Al Qaida
John Walker Lindh, le taliban américain
David Hicks, le Taliban australien
Les gaulois d'Al-Qaida : les convertis à l'islam radical de France
Les convertis à l'islam radical en Allemagne
TENTATIVE D'ELUCIDATION
L'introuvable profil des convertis à l'islam radical
Les convertis au cœur de la stratégie islamiste
Stratégies occidentales : réussites et défaillances
Etats des lieux des conversions en occident
La double conversion des convertis à l'islam radical

 

17.11.2010

Interview de Bat Ye'or au sujet de son livre "L'Europe et le spectre du Califat"

www.upjf.org/

"J'ai pu vérifier dans les événements actuels et le développement de la dhimmitude en Europe, la permanence des comportements et des politiques des Etats confrontés au jihad, c’est-à-dire le choix entre la guerre ou la soumission. L’Europe a choisi la soumission dès 1973, elle a instauré une culture du mensonge et de la négation dans les instances de l’UE régissant sa politique de sécurité commune. Aujourd’hui nous voyons partout le retour du jihad et de la dhimmitude. Mes thèses qui avaient été ridiculisées et boycottées sont confirmées, ce qui est rare pour un analyste travaillant sur la longue durée mais s’explique par la permanence inaltérée de l’idéologie jihadiste. Je n’en éprouve cependant nulle fierté compte tenu des terribles drames humains vécues par des victimes innocentes du jihad. Une lourde responsabilité pèse sur l’Europe et l’Occident qui ont fait la politique de l’autruche, quand ils n’ont pas joué les apprentis sorciers" [UPJF.ORG]


PHOTO DE PAUL LANDAU (C)

Historienne née en Egypte, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Le dhimmi, ou le très remarqué Eurabia, Bat Ye'or a récemment publié en France L'Europe et le spectre du Califat (éditions Les Provinciales), qu'elle présentera le jeudi 18 novembre en exclusivité à Paris, lors d'un dîner-débat organisé par l'UPJF. A cette occasion, elle a répondu à quelques questions pour notre site.

UPJF : Bat Ye'or, vous présenterez votre dernier livre jeudi à Paris. Quel en est le thème principal ?

B. Y. Mon livre est construit sur trois axes:

1) La politique de mondialisation de l’Union européenne qui s’appuie sur la désintégration des Etats nations européens, sur la fusion avec les pays méditerranéens, l’immigration et le multiculturalisme.

2) La politique de réislamisation de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), qui regroupe 56 Etats musulmans ou à majorité musulmane, plus l’Autorité palestinienne; sa stratégie dans les instances internationales et sa guerre de délégitimation à l’égard d’Israël ainsi que sa politique d’islamisation de l’Europe par le biais du multiculturalisme et la réislamisation des immigrés.

3) L’impact de l’OCI sur l’Union Européenne par l’étude comparative des stratégies de l’OCI et de celles de l’UE, la similitude de leurs politiques concernant Israël, les Palestiniens, le terrorisme, le jihad, le multiculturalisme et l’immigration. Les mécanismes qu’utilise l’OCI sont le dialogue, les associations internationales, leurs réseaux et sous-réseaux telles l’Alliance des Civilisations, la Fondation Anna Lindh etc. qui servent de passerelles pour l’implantation des stratégies de l’OCI en Europe et minent la démocratie.

UPJF : Vos travaux sur l'histoire des minorités juives et chrétiennes en terre d'islam (résumés notamment dans votre ouvrage Juifs et chrétiens sous l'islam) vous ont amenée à créer deux néologismes, qui sont entrés dans le vocabulaire politique contemporain : celui de dhimmitude et celui d'Eurabia. En quoi le Califat s'inscrit-il dans le prolongement de vos précédents travaux ?

B. Y. Le Califat en semble l’aboutissement. L’institution politico-religieuse du califat dura de la mort du Prophète en 632 à 1924 ,quand Ataturk l’abolit. Une majorité dans le monde musulman souhaite à présent le rétablir. Selon l’érudit musulman bien connu du Moyen Age, Ibn Khaldoun, le califat fut établi pour unir les pouvoirs politiques et religieux – qui incluent le pouvoir juridique – afin de mener la guerre contre les infidèles. Aujourd’hui beaucoup voient dans l’OCI la restauration possible du califat. La Turquie semble la mieux désignée pour en prendre la direction et ceci explique le retournement de sa politique envers Israël.

En ce qui concerne mon travail, j’ai pu vérifier dans les événements actuels et le développement de la dhimmitude en Europe, la permanence des comportements et des politiques des Etats confrontés au jihad, c’est-à-dire le choix entre la guerre ou la soumission. L’Europe a choisi la soumission dès 1973, elle a instauré une culture du mensonge et de la négation dans les instances de l’UE régissant sa politique de sécurité commune. Aujourd’hui nous voyons partout le retour du jihad et de la dhimmitude. Mes thèses qui avaient été ridiculisées et boycottées sont confirmées, ce qui est rare pour un analyste travaillant sur la longue durée mais s’explique par la permanence inaltérée de l’idéologie jihadiste. Je n’en éprouve cependant nulle fierté compte tenu des terribles drames humains vécues par des victimes innocentes du jihad. Une lourde responsabilité pèse sur l’Europe et l’Occident qui ont fait la politique de l’autruche, quand ils n’ont pas joué les apprentis sorciers.

UPJF : Dans Eurabia, vous décriviez l'émergence d'un nouveau continent, que vous avez décrit comme "un continent de culture hybride arabo-européenne" *. Pensez-vous que ce processus est irréversible ?

B. Y. Il pourrait le devenir si le système des réseaux transnationaux qui l’a implanté en Europe n’est pas démantelé et si l’Europe, par haine de ses racines juives continue de nier son identité, ses valeurs, son histoire. Deux dangers guettent l’Europe, le multiculturalisme et la gouvernance internationale, c’est-à-dire le transfert des pouvoirs des Etats à des organisations internationales qui sont dominées par l’OCI qui y fait régner la vision coranique du monde et de l’histoire. On le voit bien à l’UNESCO avec la déjudaïsation du patrimoine biblique d’Israël et son islamisation. Notons que cette politique lèse le christianisme autant que le judaïsme puisque le premier se situe dans la filiation de la Bible hébraïque.

UPJF : La récente décision norvégienne de refuser la construction d'une mosquée financée par l'Arabie saoudite, en invoquant l'absence de liberté religieuse dans ce pays, signifie-t-elle un début de prise de conscience ?

B. Y. Oui, un tout début bien tardif et insuffisant. Le commandement oeil pour oeil, dent pour dent, est le fondement d’une justice équitable, car elle établit l’égalité entre les deux parties. La loi islamique ne reconnaît pas de talion entre musulman et non musulman car les deux parties ne sont pas égales, elle ne reconnaît que le talion pour les musulmans entre eux – et entre juifs et chrétiens qui sont des infidèles égaux entre eux. Le principe de réciprocité, longtemps refusé en Europe est une affirmation de l’égalité des droits.

 

* Voir "De la dhimmitude à l'Eurabie", interview de Bat Ye'or par Paul Landau, Jerusalem Post, 2 janvier 2007.

Dîner-débat le 18 novembre autour de Bat Ye’or

 

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre :

 

« L’Europe et le spectre du califat »

 

L’UPJF recevra Bat Ye’or le 18 novembre 2010 à 20h30 précises pour un dîner-débat.

 

Vous pouvez vous inscrire dès maintenant

au 01.47.63.07.10 ou  par mail au contact@upjf.org

 

PAF adhérents : 50 euro

PAF non Adhérents : 60 euro

05.10.2010

Paul Landau : "Face à l’islamisation, nous assistons à un réveil des peuples européens"

PARU SUR LE SITE RIPOSTE LAIQUE

pour allah.jpgPaul Landau est un écrivain et chercheur franco-israélien, spécialiste des mouvements islamistes, auteur d’un Rapport sur l’Union des Organisations islamiques de France intitulé "Le vrai visage de l’UOIF, remis par le Centre Simon Wiesenthal en octobre 2004 au Ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin.

En 2005 est publié aux éditions du Rocher "Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquête de l’Europe", dont il dira dans une interview donnée à Roger Heurtebise le 21.10.08 : "Je me suis intéressé à l’islamisme après le 11 septembre 2001. J’ai voulu comprendre la genèse du phénomène Al-Qaïda, ce qui m’a conduit à étudier le mouvement des frères musulmans, leur histoire, leur stratégie et leur implantation en Europe …"

En 2007, les éditions du Rocher publient un second essai "Pour Allah jusqu’à la mort", dans lequel Paul Landau ouvrira" des pistes de compréhension sur les causes de l’engagement" (article de J.F Chabot du 09.09.08) de plusieurs jeunes convertis à un islam radical à travers l’Europe, les Etats-Unis et l’Australie. Essai dont il fera une présentation détaillée lors d’une conférence donnée à l’Association France Israël le 16.06.09.

Dans la présente interview, Paul Landau nous livre ses analyses sur l’actualité de ces derniers mois en France et en Israël.

Riposte Laïque : Le 31 mai 2010, la marine israélienne a abordé l’un des six bateaux de la flottille qualifiée par Guy Millière de "Flottille de la propagande terroriste". Israël a dès lors été mis au banc des accusés par la communauté internationale, y compris en France où l’ensemble de la classe politique mais aussi les médias et un certain nombre de commentateurs ont violemment condamné l’intervention de l’armée israélienne sur le Marmara. J’imagine que les Israéliens doivent se sentir incompris, voire humiliés devant la violence des réactions de la communauté internationale. Que regard portez-vous sur l’épisode de "La Flottille de Gaza" ?

Paul Landau : Guy Millière a raison de parler de "flottille de la propagande terroriste". Tout le problème est que cette propagande, aussi énorme et monstrueuse soit-elle, fonctionne. Israël a été accusé par les médias et a même accepté (à tort à mon avis) de constituer une commission d’enquête, alors que les faits parlaient d’eux-mêmes. En réalité, nous avons eu affaire à une opération de djihad déguisée en opération humanitaire ….

Le plus humiliant pour les citoyens israéliens n’était toutefois pas tant la réaction internationale, qui était prévisible (nous avons une certaine expérience en la matière) que le fait que les échelons supérieurs de l’armée et du gouvernement aient envoyé les soldats de Tsahal affronter à mains nues des terroristes du djihad, dont on savait parfaitement qu’ils étaient armés et prêts à mourir … Je pense qu’il y a eu, plus qu’une négligence des Renseignements militaires, une erreur de conception, ce qui est encore plus grave.

Riposte Laïque : L’organisation JCall a lancé un "Appel à la raison" en vue, affirme-t-elle, de "promouvoir la paix au Proche-Orient". Sous couvert de nobles intentions, JCall n’alimente-t-elle pas en réalité les discours caricaturaux de ceux qui, en France, n’ont de cesse de dénigrer Israël ainsi que la politique de l’actuel gouvernement israélien ?

Paul Landau : Absolument, JCall rend un bien mauvais service à Israël et à la démocratie en général, en prétendant imposer une "solution" à l’Etat hébreu, sous couvert de promouvoir la paix. Le discours de JCall, qui qualifie de "faute morale" la présence juive en Judée-Samarie (Cisjordanie), n’est pas tellement éloigné de celui des ennemis d’Israël. J’en donnerai pour preuve les divagations anti-israéliennes d’un Mohamed Sifaoui, signataire de JCall, qui reprend à son compte les accusations lancées par JCall contre le gouvernement de M. Nétanyahou, dans un style, il est vrai, beaucoup moins policé que celui des initiateurs de JCall.

De même, lorsque Bernard-Henri Lévy laisse entendre, dans les colonnes de Ha’aretz (quotidien israélien de la "gauche caviar" équivalent du Monde), que les dirigeants actuels ne sont pas intelligents et leur distribue des "notes" avec le mépris dédaigneux propre à l’intellectuel de Saint-Germain, Mohamed Sifaoui, lui, va encore plus loin en insultant Nétanyahou et Liebermann ainsi que tous ceux qui les soutiennent, dans un style qui rappelle un peu celui de Gringoire ou de Je suis partout ….

Bien entendu, on ne peut comparer les propos, encore relativement mesurés, de Bernard-Henri Lévy aux insultes de Mohamed Sifaoui qui s’exprime comme une "racaille" de banlieue, mais dans le fond, leur discours est identique. Il exprime un mépris fondamental pour le gouvernement israélien et surtout pour le peuple d’Israël.

Riposte Laïque : Nous assistons depuis un certain nombre d’années à une progression exponentielle d’un antisémitisme et d’un antisionisme à l’échelle mondiale : l’Affaire Al-Doura, le Rapport Goldstone, le boycott des produits israéliens, la "Semaine de l’Apartheid d’Israël". Barcelone a de son côté accueilli "le Tribunal Russel". En France, les chiffres de l’antisémitisme progressent de nouveau et notre école laïque et républicaine observe également une recrudescence constante des comportements antisémites chez certains élèves. Comment expliquez-vous ce que Gilles-William Goldnadel appelait dans un remarquable article publié sur son blog le 08 mars 2010 "Les silences du monde" face aux vagues d’antisémitisme et d’antisionisme observées à l’échelon planétaire ?

Paul Landau : La vague actuelle d’antisémitisme s’inscrit dans le droit fil de celle qui a commencé il y a près d’une décennie, environ un an avant le 11 septembre, à Durban. Le silence des médias et d’une large partie de la classe politique (même si le ministre de l’Intérieur Hortefeux se distingue à mon avis par son attitude assez combattive sur la question) s’explique par la même configuration que le sociologue Shmuel Trigano avait dénoncée à l’époque, quand il avait été un des premiers à attirer l’attention sur ce phénomène. Les Juifs et Israël éprouvent aujourd’hui une terrible solitude, car non seulement ils ne sont pas soutenus (avec de rares exceptions) mais en outre, ils sont accusés d’être les responsables des maux qui les frappent.

Il y a là une inversion caractéristique qui n’est pas nouvelle : les Juifs, on le sait, ont toujours été accusés d’être coupables des crimes de leurs ennemis. Ce processus d’inversion remonte au Moyen-Age et il a été finalement analysé par Pierre-André Taguieff dans "La nouvelle propagande antijuive" (parue aux éditions PUF), étude dans laquelle il montre que les accusations actuelles (comme l’affaire Al-Dura) remettent au goût du jour des thématiques anciennes comme celle du Juif assassin d’enfants. Taguieff a d’ailleurs qualifié l’affaire Al-Dura de "premier crime rituel" contemporain …

Riposte Laïque : Le 18 juin 2010, Riposte Laïque a organisé un "Apéro saucisson pinard" interdit ensuite par la Préfecture de police qui le considérait "créateur de risques graves à l’ordre public". Après avoir suscité des réactions dans le monde entier, cette initiative a provoqué notamment en France un tollé politico-médiatique d’une violence inouïe. Que pensez-vous de cette initiative et des réactions souvent outrancières qu’elle a déclenchées ?

Paul Landau : Je pense que cette initiative était tout à fait légitime et que ceux qui l’ont condamnée ont oublié le sens du mot démocratie. Mais votre question me permet de clarifier un point important. Nous devons lutter bec et ongle contre l’islam radical, contre l’islamisation de la société et contre tout discours islamiste anti-occidental ou antijuif. Je ne pense pas, comme Daniel Pipes, qu’on puisse affirmer que "l’islam radical est le problème et l’islam modéré la solution". Car l’islam modéré, pour autant qu’il existe, tarde à se manifester … Mais je pense, par contre, qu’il faut toujours restreindre la cible de notre combat pour ne pas faire le jeu des islamistes qui utilisent le sentiment de victimisation que peuvent éprouver certains musulmans. Exigeons des musulmans de France ce que le judaïsme et le christianisme ont accepté depuis longtemps : que la pratique de l’islam soit confinée à l’espace privé et non ostentatoire. C’est pourquoi je soutiens sans la moindre réserve le combat de Riposte Laïque contre les prières musulmanes dans les rues de Paris.

Riposte Laïque : Le 16.06.09, vous aviez donné une conférence à l’Association France Israël sur le thème de l’islamisation de l’Europe et vous y aviez présenté votre essai "Pour Allah jusqu’à la mort". A la fin de la conférence, je me souviens que vous étiez relativement optimiste sur la capacité de l’Europe à résister à l’islamisme. Aujourd’hui, afficheriez-vous le même optimisme ou diriez-vous, pour ne prendre que l’exemple de la France, que les élites françaises ont ou semblent avoir capitulé face à l’islamisme ? Et si oui, pourquoi ?

Paul Landau : Je maintiens mon appréciation relativement optimiste et je m’en explique. Il me semble qu’on assiste aujourd’hui à un réveil des peuples européens et des citoyens face à la vague d’islamisme conquérant et au silence des élites (lorsqu’elles ne sont pas complices). Riposte Laïque en est un exemple frappant mais il n’est pas le seul. Une grande partie des élites ont certes capitulé, mais elles se sont ce faisant coupées de la majorité des populations européennes, qui subissent quotidiennement les effets de l’islamisation de l’espace public. Dans ces circonstances, je pense que les réactions de rejet et de résistance vont se multiplier et que l’enjeu capital est de parvenir à leur donner une expression politique durable.

Ce que les médias et les intellectuels bien-pensants (comme Caroline Fourest) appellent le "populisme" n’est que l’expression légitime du peuple, bâillonné par les grands médias et privé de ses droits fondamentaux par le recul de la démocratie concomitant à la construction européenne, qui favorise l’expansion de l’islamisme en Europe. C’est ce phénomène que dénonce Bat Ye’or dans son dernier livre, Le spectre du Califat (qui sort ces jours-ci aux éditions Les Provinciales). Je pense que le travail de Riposte Laïque et d’organisations similaires dans d’autres pays est en train de porter ses fruits.

Propos recueillis par Bonapartine

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