10/05/2013
Prague 1951 : dans l'ombre du procès Slansky, Par Liliane Lurçat
J'ai eu la chance, ou la malchance, de me trouver souvent au mauvais endroit et au pire des moments : on appelle cela les hasards de la vie. Cela m'a permis de voir des choses qui ont déterminé ma vie, sans comprendre, sur le moment, la signification de ce que je vivais, dont la portée m'échappait totalement et pour longtemps encore.
J'étais jeune, étudiante en psychologie, mère d'un petit Olivier âgé de 17 mois, épouse d'un étudiant en philosophie. Sans un sous, nous étions en quête de travail. On nous proposa alors d'aller à Prague.
On devait déménager le siège du Conseil Mondial de la Paix dans cette ville. Ce mouvement d'obédience communiste, se trouvait jusque-là à Paris.
A l'époque, comme beaucoup d'étudiants un peu paumés dans la Sorbonne, je m'étais inscrite au parti communiste qui recrutait parmi les étudiants. Le parti communiste se glorifiait d'être le « parti des fusillés » pendant la résistance.

J'étais candide, sans méfiance, fâcheux défaut bien connu de ma mère qui me disait : « reste assise sur ton c... il ne t'arrivera rien » (ça sonne mieux en Yiddish).
Si j'avais obéi, ma vie aurait été sûrement différente et je ne raconterais pas mes mésaventures tchèques.
La fédération de Paris du Parti communiste Français nous demanda de remplir une biographie. Parmi les questions : « Avez-vous voyagé ? » j'ai répondu : « mon dernier voyage date de mes quatre ans, nous sommes retournés en Palestine en 1932, mais mon père s’est retrouvé au chômage et nous avons dû rentrer en France »
« Bête et disciplinée » selon la formule de mon amie Rachel, j'ai rempli ma « bio » en rajoutant ce qui n'était pas demandé et qui constituait une bombe à retardement, le nom de mon frère Ménahem officier de l'armée d'Israël.
09:44 Publié dans Antisemitisme, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prague, 1951, slansky, liliane lurçat
07/05/2013
Yom Yeroushalayim : la guerre des Six Jours racontée par le rav Goren
L’autobiographie du rabbin Goren, qui vient de paraître en Israël, est un document extraordinaire. Non seulement en raison de la personnalité exceptionnelle du rav Shlomo Goren, ancien grand rabbin de Tsahal, qui a joué un rôle essentiel dans de nombreux domaines au cours des premières décennies de l’Etat, mais aussi en raison des événements qu’il relate. On connaît la fameuse photo du rav Goren soufflant dans le Choffar devant le Kottel dans Jérusalem libérée, en juin 1967. Mais on découvre dans ce livre qu’au-delà du symbole, le rav Goren a joué un rôle crucial dans les événements de cette semaine fatidique, il y a 46 ans. Extraits.
« Le Premier ministre d’alors, Lévi Eshkol, avait envoyé deux émissaires au roi Hussein de Jordanie, lui demandant de s’abstenir de nous attaquer. Il lui avait promis que, s’il ne prenait pas part à la guerre, nous respecterions les frontières actuelles, y compris à Jérusalem. Hussein fit une réponse négative, car il avait conclu un accord avec Nasser, qu’il ne voulait pas enfreindre. Je le savais, aussi voulais-je participer à la bataille pour Jérusalem. Mais je me trouvais alors sur le front Sud.
Je demandais à l’officier du commandement du front Sud qu’il me prévienne lorsque la guerre commencerait sur le front oriental, pour que je puisse participer à la bataille de Jérusalem. J’allai ensuite voir le commandant du 11e régiment et lui dis : « Je dois franchir les lignes avec la première unité ». Il me dit qu’il devait obtenir l’autorisation de l’état-major, mais je lui répondis : « pas besoin d’autorisation. Je monterai dans le premier command-car qui franchira les lignes ». C’est ce que je fis. J’emportai avec moi un Sefer Torah et un Choffar…

Le rav Goren dans la mosquée d'Omar, juin 1967
07:14 Publié dans Heroisme juif, Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chlomo goren, guerre des six jours, jerusalem
28/04/2013
Un voyage à Méron en 1923, par le rav Nathan Milikovsky
Dans le récit que l’on lira ci-dessous, le rav Milikovsky*, militant et orateur sioniste renommé, relate dans un discours prononcé à Brooklyn en 1928 son voyage en Galilée, cinq ans auparavant, alors qu’il avait été nommé directeur de l’école juive de Tsefat. Plus encore que la description fidèle des lieux et de l’atmosphère propre à Eretz-Israël à cette époque, c’est l’esprit qui en ressort, cet esprit haloutsique (pionnier), empli d’amour pour le pays et de confiance en l’avenir, qui donne à ce texte son intérêt historique et littéraire. P. I. L.
« J’avais accepté à cette époque la direction de l’école de Tsefat (Safed), et voici que je reçois un appel téléphonique du Dr Luria, directeur du département de l’Education en Eretz-Israël, qui me demande de veiller à ce que les enfants juifs habitant à Peki’in, à une heure de Tsefat, aient eux aussi une école et un instituteur connaissant son travail.
L'antique synagogue de Pekiin
Le lendemain je me préparai au voyage, accompagné de mon ami, l’instituteur de notre école, M. Bernstein, natif de Tsefat, qui parlait couramment l’arabe (N.d.T. La connaissance de l’arabe était très répandue à l’époque parmi les Juifs vivant en Eretz-Israël, y compris les ashkénazes.) Nous étions accompagnés de M. Lévi, jeune Juif sépharade qui était candidat au poste d’instituteur de Peki’in. Lorsque j’eus fini mon travail à l’école, vers 14h30, nous partîmes tous les trois de Tsefat, montant des chevaux arabes, avec une monture supplémentaire en cas de besoin.
Nous gravîmes les montagnes entourant Tsefat et contemplâmes le cimetière, qui comprend tellement de tombes de personnages illustres du passé, Guéonim et Tsaddikim, dont la nostalgie de la Délivrance s’exprimait par le jeûne et la prière… Voici la tombe du Ari Hakadosh, et voici celle de Rabbi Yossef Caro, auteur du Choul’han Arou’h, et encore d’autres, et d’autres…
12:01 Publié dans Histoire, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











