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01.01.2012

La guerre d’Israël contre le Hamas: trois ans plus tard...

gaza,hamas,israelRelisant trois ans plus tard cette chronique de la guerre contre le Hamas, on ne peut s'empêcher de s'interroger : pourquoi Israël ne trouve un semblant d'unité que dans la guerre? Est-ce notre destin d'être sans cesse ballotés entre une guerre extérieure et les appels à la guerre civile? Sujet grave sur lequel je reviendrai très bientôt. P.I.L



De plomb, des toupies et de l’héroïsme juif

Pierre Itshak Lurçat


Les opérations militaires déclenchées samedi dernier par Israël contre le Hamas ont reçu le nom d’opération « Oferet yetsouka », c’est-à-dire « plomb fondu ». Les médias étrangers ont tous repris cette dénomination, sans s’interroger généralement sur sa signification. « Oferet », le plomb en question, évoque en français celui dont sont faites les balles, ou encore les soldats de plomb… Mais en hébreu, l’expression « plomb fondu » fait référence à tout autre chose : il s’agit d’une allusion à une chanson écrite par le poète Bialik sur la fête de Hannoukah, dont une strophe dit : « mon oncle m’a offert une toupie, une toupie de plomb fondu ».

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Haim Nahman BIALIK

Certains commentateurs en Israël n’ont pas manqué d’ironiser sur le choix de ce nom donné aux opérations militaires. Une toupie, pour désigner une guerre meurtrière contre le Hamas ? Une chanson de Bialik, le « poète de la renaissance nationale juive », qui est enseigné aujourd’hui surtout aux enfants des écoles maternelles et primaires ? S’agit-il d’un trait d’humour mal placé de la part d’un membre de l’état-major ? La tendance israélienne à se moquer de tout - et surtout de soi-même – et la manie très actuelle de briser tous les mythes, même les plus beaux et les plus essentiels à notre survie en tant que nation, ne doivent pourtant pas masquer ce qu’il y a de vrai et de profond dans ce choix, qui exprime mieux que des longs discours l’attitude juive envers la guerre et envers l’héroïsme militaire.

Israël uni dans la prière et dans la guerre

Dan Margalit écrivait ce matin (dimanche) dans les colonnes du journal Israeli Hayom qu'il y avait des jours, en Israël, où chaque Juif était plongé dans la prière, qu'il soit pratiquant ou non, « dati » ou « hiloni ». En vérité, il n'existe pas de Juif 100 % « hiloni », de Juif qui soit totalement sourd au langage de la prière, qui est sans doute le plus beau cadeau que le peuple Juif a offert à l'humanité. Hier, à Jérusalem, au Kottel où je m'étais rendu pour demander à l'Eternel de protéger nos soldats, il n'y avait pas foule, en cette soirée de sortie du shabbat. Pourtant, on sentait confusément que le pays tout entier partageait cette prière.

Kotel-04.jpg


Et le soir même, le porte-parole de l'armée, le général Avi Benayoun, déclara à la télévision que « tous les citoyens d'Israël étaient unis dans la prière pour le salut de nos soldats », mots qui n'étaient pas des paroles convenues, mais qui exprimaient véritablement la réalité intime du pays en cette heure grave. Le lendemain, tous les journaux publiaient en première page la photo des combattants de Tsahal lisant la prière spéciale rédigée par le rabbin de l'armée, avant de partir au combat. Le quotidien Maariv relatait l'émotion de ces jeunes soldats, au moment où ils recevaient la bénédiction du rabbin de Tsahal, venu les accompagner avant qu'ils entrent dans Gaza.

Ce soir, alors que s'achève la première journée de combats terrestres, avec aussi, hélas, les premières victimes dans les rangs de nos soldats, ce sont les versets des Psaumes qui sont prononcés dans des milliers de maisons juives, dans tout Israël. Voici ce qu'écrivait le Roi David, et qui prend aujourd'hui un sens nouveau : « Ô Dieu, c'est toi qui me procures vengeance, qui fais tomber des peuples à mes pieds ; qui m'arraches à mes ennemis, me fais triompher de mes agresseurs, et échapper aux hommes de violence » (dans l'hébreu du Tanakh, violence se dit « Hamas »). Si vous n'avez pas encore lu un Psaume pour nos soldats, faites-le sans attendre !

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21.12.2011

La création de la Légion juive, première armée juive depuis l’Antiquité, Pierre Itshak Lurçat

Bien avant que le nom de Tsahal ne devienne synonyme de courage et d’exploits militaires, avant la création de la Haganah et de l’Irgoun – généralement considérés comme les prémisses de l’armée israélienne – des soldats juifs se sont battus, pour la première fois depuis l’Antiquité, sous un drapeau hébraïque. C’était en avril 1915, à Gallipoli, sur le front turc, pendant la fameuse bataille des Dardanelles qui se solda par un échec retentissant pour les armées alliées franco-britanniques. Mais pour le modeste bataillon juif qui prit part à ces opérations, dans le cadre du « Corps des muletiers de Sion », ce fut un épisode glorieux, prélude à la création d’un régiment juif qui prit part à la conquête de la Palestine (Eretz-Israël) par le général Allenby. Retour sur une page d’histoire oubliée.

Jabotinsky_gallery2_big.jpg

Dans son autobiographie, qui vient d’être publiée en français sous le titre « Histoire de ma vie »*, Vladimir Jabotinsky relate ainsi le rôle essentiel que joua la Légion juive dans l’histoire du sionisme : « Le modeste bataillon de Gallipoli parvint à percer la première brèche dans cette muraille.

Le bataillon juif fut mentionné par tous les journaux européens ; presque tous les correspondants de guerre qui parlaient de Gallipoli, lui consacrèrent une page ou un chapitre de leurs reportages, puis de leurs livres.

 

De manière générale, au cours de la première moitié de la guerre, le bataillon tint lieu d’unique manifestation qui rappelât au monde – et en particulier au monde militaire anglais – que le sionisme était « d’actualité » et qu’il était encore possible de le transformer en un facteur capable de tenir son rôle, même au milieu du vacarme des canons ».

Les soldats du ZMC devant le Kottel.jpg

 

Jabotinsky, Trumpeldor et les « Muletiers de Sion »

 

En réalité, le Corps des muletiers de Sion (Zion Mule Corps, connu sous l’abréviation ZMC) fut la création de trois hommes, trois personnages exceptionnels qui mériteraient chacun de faire l’objet d’un article entier. Le premier, le plus connu des trois, est évidemment Jabotinsky lui-même, enfant terrible du sionisme russe, écrivain talentueux devenu un dirigeant politique, orateur hors-pair, fondateur du mouvement sioniste révisionniste et du Betar. De toutes les réalisations qu’il accomplit au cours de son existence mouvementée, la Légion juive est sans doute une des plus importantes et « Jabo » est passé à la postérité en tant que soldat juif, tout autant que pour son œuvre politique. [...]

 

Par Pierre Itshak Lurçat – Photos archives

Retrouvez la suite de l’article dans Israël Magazine N°130.
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14.12.2011

Haggi Ben Artsi : "Retrouver l'esprit d'héroïsme de Hannoukah", Pierre Itshak Lurçat

Le Dr Haggi Ben Artsi, frère de Sarah Nétanyahou bien connu pour son opposition virulente aux compromis de Bibi, m'avait accordé cette interview il y a tout juste deux ans pour ISRAEL MAGAZINE. Elle n'a rien perdu de son actualité... P.I.L

 

Haggi Ben Artsi 1.JPGJ'ai rencontré pour la première fois le Dr Haggi Ben Artsi lors de la veillée de Hochana Rabba (dernier jour de Souccot) organisée par l'association Almagor, qui défend les familles des victimes du terrorisme et s'oppose à la libération de terroristes *. J'avais souvent entendu parler de lui, comme d'un éducateur hors-pair et comme d'un militant. Mais aux yeux du grand public, Ben Artsi est surtout connu comme étant le beau-frère du Premier Ministre : il est en effet le frère de Sarah Nétanyahou. Haggi Ben Artsi a accepté, en exclusivité pour Israël Magazine, de dire tout ce qu'il pense, au sujet des négociations en vue de libérer Gilad Shalit, de l'attidude de l'Europe envers Israël et, bien entendu, de son célèbre beau-frère.

 

 

 

Le Dr Ben Artsi enseigne la Bible et l'histoire juive à l'université Bar Ilan. Nous nous rencontrons au collège d'enseignement supérieur Lifchitz à Jérusalem, où il donne des cours aux élèves enseignants. Il m'accueille avec quelques mots de français, souvenir de ses études au lycée, juste avant la guerre des Six Jours, qui ont pris fin brutalement après le fameux discours du général De Gaulle sur le "peuple sûr de lui et dominateur", lorsque le professeur de français de Ben Artsi a déclaré qu'il interrompait ses cours, en signe de protestation. Cette anecdote donne le ton de notre entretien : Ben Artsi est un homme érudit qui ne mâche pas ses mots et qui ne manque pas d'humour. Il est né en 1950 et a grandi à Tivon, près de Haïfa. Il a étudié  à la yechiva et a combattu lors de la guerre de Kippour.

 

 

Ben Artsi n'aime pas trop parler de lui, ni de sa famille, préférant entrer dans le vif du sujet : l'affaire Gilad Shalit et son action pour empêcher la libération de centaines de terroristes, qui risque de causer des dizaines d'attentats et des centaines de victimes... Il se sent investi d'une mission personnelle à ce sujet, comme il l'a expliqué le soir d'Hochana Rabba, lors de la veillée d'Almagor qui se tenait en face de la résidence du Premier Ministre. Ben Artsi a interpellé à de nombreuses reprises Bibi sur ce sujet, allant jusqu'à organiser tout seul une contre-manifestation devant son bureau à Jérusalem ! Je lui demande pourquoi ce sujet lui tient tellement à cœur, et en quoi il considère que Bibi a trahi ses convictions politiques à cet égard.

 

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01.12.2011

Vladimir Zeev Jabotinsky, Histoire de ma vie, par Misha Uzan

Je reproduis la recension par Misha Uzan de l'Histoire de ma vie de Jabotinsky.

http://francisinfo.wordpress.com/

Vladimir Zeev Jabotinski, Histoire de ma vie, Paris : Les Provinciales, 2011, traduit de l’hébreu par Pierre I. Lurçat

 

Vladimir Zeev Jabotinski. Histoire de ma vie

 Par Misha Uzan

 « Un vieillard qui disparaît, c’est comme une bibliothèque qui brûle». Cette célèbre phrase de l’écrivain malien Amadou Hampaté Ba mériterait d’être complétée : ” Lire les Mémoires ou l’autobiographie d’un grand homme, c’est comme fouiller dans sa bibliothèque personnelle”.

C’est particulièrement vrai avec Histoire de ma vie, de Vladimir Zeev Jabotinsky. On ne peut que remercier Pierre Itshak Lurçat et les éditions Les Provinciales, d’avoir traduit et édité l’autobiographie de l’initiateur du sionisme révisionniste, grand personnage du mouvement sioniste, et grand homme du XXe siècle.

On ne peut qu’admirer l’œuvre d’un visionnaire et prophète, un homme politique droit et sincère, traducteur de grandes œuvres, écrivain à la plume belle et puissante, polyglotte redoutable.

 

Vladimir Ze'ev Jabotinsky

 

Ce n’est pas l’homme politique, le théoricien ni même l’écrivain que nous raconte Jabotinsky dans ses pages, c’est l’homme qu’il a été. Avec une sincérité étonnante, n’hésitant pas à confesser ses erreurs, ses oublis, ses imprécisions, confessant ses défauts, il nous livre ses sentiments, ses pensées, ses amitiés. Depuis sa naissance à Odessa, les phrases de sa mère, son éducation, ses lectures, jusqu’après la première guerre mondiale, on suit Jabotinski presque partout en Europe : en Russie sa “patrie matérielle”, en Italie “sa patrie spirituelle”, en Suisse, en Pologne, en France ou en Eretz Israël. On découvre un Jabotinski tour à tour et tout en même temps journaliste, étudiant, responsable et activiste politique puis penseur, auteur. Avec lui on croise quelques grands hommes de son époque : Herzl bien sûr qu’il n’a pu voir qu’une seule fois, mais aussi Weizmann, les deux Syrkin (Nahum et Bahman), Yehouda Gordon, et de nombreux leaders, auteurs et professeurs européens de l’époque, dont la plupart sont aujourd’hui inconnus. En s’arrêtant brusquement aux environs de 1920, Jabotinski nous parle beaucoup de l’Europe, un peu du sionisme, et pas tant que ça d’Israël.  Mais on apprend beaucoup en sa compagnie. Pas seulement sur lui-même. On découvre aussi de nombreuses péripéties ou petits détails, trop nombreux pour tous les citer mais dont on perçoit parfois l’influence, plus quatre vingt ans plus tard. A titre d’exemple, Jabotinsky indique comment nul ne l’a pris au sérieux, y compris dans le camp sioniste, lorsqu’il a mentionné sa volonté de faire de l’hébreu la première langue d’enseignement juif en diaspora[1]. Si elle avait été plus appliquée, une telle mesure aurait évité bien des soucis à des millions d’immigrants en Israël, jusqu’à aujourd’hui. Là encore Jabotinski était visionnaire.

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27.11.2011

Passerelle des « Maghrébins »: nouvelle capitulation de Netanyahou

Je reproduis l'article de mon confrère Shraga Blum sur la nouvelle capitulation de Bibi, qui a une nouvelle fois eu peur de son ombre (attitude qui ne fait que conforter les Musulmans dans leur chantage et leurs théories du "complot juif pour détruire la mosquée"...). J'invite les lecteurs à regarder aussi l'excellent reportage de Corine Bodnev sur le Har Habayit (Mont du Temple) sur TSARFAT TV, la nouvelle télévision israélienne francophone qui monte... (à partir de la minute 18:30). Hodesh tov et que le mois de Kislev nous insuffle l'esprit des Makkabim! P.I.L.

La mosquee al-Aqsa-3.JPGComme cela s’est passé à plusieurs reprises, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a une nouvelle fois fait stopper au dernier moment les travaux indispensables à la sécurité de la «Passerelle des Maghrébins » qui relie le Kotel à l’entrée de la mosquée (photo ci-contre P.I.L) construite à la place du Temple de Jérusalem. Les équipes de travail ainsi que les machines étaient déjà sur place pour commencer les travaux mais tout a été arrêté par « ordre venu d’en haut ».
Le scénario est exactement le même a chaque épisode : l’ingénieur en chef de la Ville de Jérusalem, les responsables des Pompiers ainsi que ceux de l’Office National des Antiquités sonnent le signal d’alarme depuis un certain temps déjà sur les dangers d’effondrement de cette construction en bois et exigent sa destruction pour construire une structure solide. Immédiatement, la machine de propagande musulmane se met en branle, accusant Israël « d’atteinte à la Mosquée » et menaçant « d’embrasement du monde musulman » au cas où les juifs touchent à cette passerelle. Les autorités municipales font alors savoir qu’elles passeront outre ces menaces, premièrement parce qu’il s’agit d’une question de sécurité publique et deuxièmement parce qu’Israël est tout simplement souverain sur le Mont du Temple. Mais au dernier moment, le Premier ministre ordonne de tout arrêter « pour des raisons de sensibilité de la situation ».

Cette fois-ci, il s’agit d’avertissements venus à la fois de Jordanie et d’Egypte « sur des troubles dans le monde musulman que provoqueraient de tels travaux ». L’un des dirigeants des Frères Musulmans s’est même permis de menacer Israël à la télévision égyptienne, accusant « les sionistes de vouloir entrer en force pour saccager et profaner la mosquée Al-Aqsa ». Tout cela a suffi pour que le Premier ministre qui se fend toujours en déclarations enflammées pour Jérusalem de céder une nouvelle fois face au chantage inadmissible des usurpateurs musulmans.

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Tout comme la construction juive à Jérusalem, « ce n’est jamais le bon moment » pour faire ce que n’importe quel Etat ferait, à savoir agir en vertu de sa souveraineté et de son droit. Et lorsqu’on cède sur nos droits naturels, on donne raison à ceux qui nous les contestent.

par Shraga Blum

http://www.israel7.com/2011/11/passerelle-des-%C2%AB-maghrebins-%C2%BB-nouvelle-capitulation-de-netanyahou/

17.11.2011

"Si je veux vivre, je dois renaître" - Jabotinsky et la renaissance nationale du peuple Juif, par Stéphanie Dassa

Je reproduis ci-dessous la belle recension que Stéphanie Dassa consacre à L'Histoire de ma vie de Vladimir Zeev Jabotinsky, sur le site du CRIF, ce matin. Je saisis cette occasion pour exprimer à Richard Prasquier mon appréciation pour la publication de cet article, malgré les divergences politiques que je n'ai jamais cachées avec l'institution qu'il dirige. ריטשארד פּראַסקוויער איז אַ מענשאַ (pour mes amis qui ne lisent pas le yiddish: c'est comme de l'hébreu avec les voyelles en plus!)  P.I.L.

www.crif.org

Lectures
 

Vladimir Zeev Jabotinsky, Histoire de ma vie, Editions les Provinciales, traduit de l’hébreu par Pierre I. Lurçat
17/11/11 - - : Crif

 

jabotinski1903.jpgAu lieu d’entrer par une porte entrebâillée, je préfère frapper ou marteler jusqu’à ce qu’elle s’ouvre en grand. C’est très mal, je le sais, mais c’est ainsi. Ka’ha, c’est ainsi : un mot hébreu qui coupe court à tout louvoiement… Vladimir Zeev Jabotinsky  n’est ni un homme oblique, ni un homme résigné. Son « c’est ainsi » est avant tout une réponse audacieuse tant à la victoire qu’à l’adversité « car toutes deux sont trompeuses ».  Nous accueillons la traduction de son autobiographie avec une joie non dissimulée tant elle nous manquait et plus encore aux rayons des libraires hexagonaux riches d’ouvrages scandaleux sur le sionisme, « cette insulte ». (1)

 
« Si je veux vivre, je dois renaître ; je suis âgé de trente-quatre ans, ma jeunesse et la moitié de mon âge mûr sont déjà passés depuis longtemps, et je les ai tous deux gaspillés. Je ne sais pas ce que j’aurais fait, si le monde entier ne s’était pas renversé et ne m’avait projeté sur des chemins que je n’avais pas imaginés : peut-être serais-je monté en Eretz-Israël, peut-être aurais-je fui à Rome, peut-être aurais-je créé un parti, mais cet été là éclata la guerre mondiale».
 
Deux éléments cardinaux dans cette citation de Zeev Jabotinsky replacent l’histoire au cœur de l’action politique : la volonté et la force irrésistible des évènements.
 
La volonté en premier chef ; « Si je veux vivre, je dois renaître » définition intime et lapidaire de ce qu’est le cœur du sionisme, c'est-à-dire une renaissance qui le différencie radicalement de l’assimilation par l’acquisition des droits nationaux, préalable pourtant nécessaire à l’invention d’une nation. C’est ce fossé que Delcassé (2) ne parvenait pas à combler par l’intelligence de la raison lorsqu’il répondit agacé à la question de Jabotinsky sur l’influence favorable que la France pourrait exercer en faveur de « l’idée sioniste » : « Est-ce que tout ce qu’a fait la France pour les Israélites n’est pas suffisant ? ». Au-delà du non étouffé contenu dans cette réponse se dessine au scalpel la ligne de démarcation entre l’émancipation et le projet national.

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09.11.2011

De l'affaire Arlosoroff à l'assassinat de Rabin: le crime et son exploitation politique

rabin SS.jpgUne ligne directe relie l'affaire Arlosoroff en 1936 à l'assassinat de Rabin, soixante ans plus tard. Dans les deux cas, un crime non élucidé a été exploité politiquement par la gauche sioniste pour déligitimer le camp opposé, celui de Jabotinsky en 1936 et celui de Netanyaou en 1995.

Je publie ci-dessous un extrait de la postface à L'Histoire de ma vie de Jabotinsky, dans lequel j'évoque l'affaire Arlosoroff et ses conséquences. P.I.L

 

La montée en puissance du mouvement révisionniste et l’affaire Arlosoroff

 

Entre 1925 et 1929, le nombre de représentants du mouvement révisionniste élus au Congrès sioniste passe de 4 à 21. Cette progression s’accélère encore entre 1929 et 1931, date à laquelle le parti de Jabotinsky devient le 3e parti au 17e Congrès sioniste avec 52 élus. Cette évolution est liée aux événements dramatiques qui se déroulent en Eretz-Israël, connus sous le nom d’« événements de 1929 » : à savoir le terrible pogrome de Hébron – qui fait 67 victimes et met provisoirement fin à la présence juive millénaire dans la « Cité des Patriarches » – et la publication du nouveau Livre Blanc (dit de Passfield) en 1930...

 

Dans le même temps, la montée en puissance du mouvement révisionniste, tant en Europe de l’Est qu’en Eretz-Israël, s’accompagne d’une rivalité grandissante et d’une hostilité de plus en plus marquée de la part des factions sionistes de gauche. L’affrontement politique prend ainsi souvent la forme de conflits violents en Israël, où les militants révisionnistes font face à l’antagonisme des syndicats ouvriers de la gauche sioniste, qui entend préserver son monopole et interdire l’accès au travail aux « Betarim ». Mais cette hostilité grandissante va atteindre des proportions encore inégalées lors de l’affaire Arlosoroff.

 

ARLOSOROFF.JPGCette affaire, qui a secoué le Yichouv tout entier dans les années 1930 et n’a jamais été totalement élucidée, a en effet coupé court à l’ascension fulgurante du mouvement révisionniste en Pologne – son principal bastion en Europe – et en Eretz-Israël et a constitué un coup dur pour Jabotinsky et pour ses disciples. Haïm Arlosoroff, directeur du département politique de l’Agence juive et étoile montante du mouvement travailliste, est assassiné le 16 juin 1933 sur une plage de Tel-Aviv. Dès le lendemain, une campagne sans précédent est lancée dans la presse juive, en Israël comme en diaspora, accusant le Betar et le Hatzohar d’avoir été les instigateurs du crime. Avraham Stavsky, Tsvi Rozenblatt et Abba Ahimeir, tous trois militants révisionnistes, sont arrêtés et accusés de complicité d’assassinat.

 

D’emblée, Jabotinsky est convaincu qu’il s’agit d’une fausse accusation lancée dans un but politique et il consacre de nombreux articles à l’affaire, comparant Stavsky et ses compagnons à Mendel Beilis (Juif ukrainien accusé d'avoir commis un crime rituel en 1911). Mais il se démène aussi pour assurer la défense des accusés devant la justice. Au milieu des appels à la haine et à la guerre fratricide, Jabotinsky – comme le fera son successeur Menahem Begin lors de l’affaire de l’Altalena – lance un appel au calme et au « cessez-le-feu ». Il rencontre à plusieurs reprises son rival, David Ben Gourion, à Londres, ce qui aboutira à un accord entre les deux dirigeants qui ne sera jamais mis en application, car le leader de la gauche sioniste sera désavoué par son propre camp.

 

kook2.jpgEn Eretz-Israël, de nombreuses personnalités – au premier rang desquelles le grand-rabbin Avraham Itshak Hacohen Kook – prennent la défense des accusés, et l’opinion publique évolue en leur faveur, surtout après les aveux d’un jeune Arabe, Abdul Madjid. Les trois accusés sont finalement innocentés l’un après l’autre par le tribunal. Mais cet épilogue judiciaire ne met pas fin à la polémique, qui continuera d’agiter et de diviser le Yichouv pendant longtemps. L’affaire Arlosoroff aura coûté beaucoup de temps et d’efforts à Jabotinsky, sans toutefois le détourner de son objectif principal, au début des années 1930 : unir le peuple juif dans la lutte politique contre l’Allemagne nazie, notamment par l’appel au boycott des produits allemands et par une pétition internationale adressée aux autorités britanniques, qui réunira 600 000 signatures.

 

C’est dans ce contexte que l’Exécutif sioniste décide d’imposer la discipline à tous les délégués, en interdisant toute activité politique autonome, en avril 1935. Jabo comprend alors que le moment qu’il a longtemps retardé est arrivé et qu’il n’a pas d’autre solution que de quitter définitivement l’Organisation sioniste. Après un vote positif des membres du Hatzohar, la « Nouvelle Organisation sioniste » (N.O.S.) est fondée lors du Congrès de Vienne, en septembre 1935. Le mouvement sioniste révisionniste se trouve alors à son apogée, comme en atteste le nombre des électeurs du Congrès (713 000, contre 635 000 au 19e Congrès sioniste la même année).

(Extrait de L'Histoire de ma vie, de Vladimir Jabotinsky, éditions les provinciales 2011)

 

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06.11.2011

"Bist a Ferd" - Jabotinsky, Trumpeldor et le corps des "Muletiers de Sion"

COUVERTURE JABO.jpgDans l'extrait qu'on lira ci-dessous de l'Histoire de ma vie, de Vladimir Jabotinsky, qui vient de paraître en France, le dirigeant sioniste relate l'entrevue dramatique avec le général Maxwell qui va conduire à la création du "Corps des muletiers de Sion", premier embryon d'armée juive à l'époque moderne. P.I.L

 

De son cabinet, nous nous rendîmes chez le général Maxwell, commandant en chef des forces britanniques en Égypte. Nous fûmes introduits par Kattaoui Pasha, vieil Espagnol sympathique, un des meilleurs dirigeants de la communauté juive en Égypte. Nous contraignîmes le pauvre Trumpeldor à accrocher à sa poitrine toutes ses décorations – les quatre Croix de Saint Georges russes, dont deux en or. Le commandant, qui savait déjà qui il était, regarda sa poitrine, puis sa manche gauche et demanda : - Port Arthur ?

 

Mais sa réponse à notre proposition nous déçut cruellement :

– Je n'ai pas entendu parler d'une offensive contre la « Palestine », je doute qu'il y ait une telle offensive, et la loi nous interdit d'accepter des soldats étrangers au sein de l'armée britannique. Je ne peux vous proposer que cela : nous allons constituer avec ces jeunes hommes un corps de muletiers – unité de transport à dos de mule – et nous les enverrons sur un autre front ; contre la Turquie, évidemment. Je ne peux rien faire de plus.

 

Jabotinsky.jpg

Nous passâmes cette nuit-là à l'hôtel, dans la chambre de Glouskin, à discuter jusqu'au matin pour savoir que faire. Nous autres, les civils, pensions qu'il fallait répondre : non merci. L'expression française « corps de muletiers » résonnait à nos oreilles presque comme une insulte : était-ce convenable – la renaissance nationale, le sionisme, le premier bataillon depuis l'époque antique de l'exil – et des « mules » ? Des « bourricots », comme on les appelait en Israël ? – Et deuxièmement : « Un autre front ; contre la Turquie, évidemment, mais ailleurs » – qu'est-ce que cela signifiait ? Et qu'avions-nous à faire d'un autre front, quel qu'il soit ? À quel front pensait le général ? La première tentative pour conquérir Gallipoli par des tirs de la marine s'était déjà soldée par un échec retentissant ; on murmurait qu'une deuxième offensive se préparait, cette fois-ci en débarquant des soldats sur la péninsule, et qui savait si cela était possible. Mais une chose était claire : la « Palestine » – pas question. Il fallait donc rejeter son offre.

 

Jabotinsky_gallery2_big.jpgSeul Trumpeldor ne se rangea pas à notre avis.

 

- Abordons les choses comme des soldats, - nous dit-il. N'exagérez pas la différence entre le métier des armes et celui du transport. Ce sont tous deux des métiers de soldats, indispensables, et le danger couru, dans la plupart des cas, est le même dans les deux. J'ai tendance à penser que la raison de votre refus est précisément le mot : « mules », - et je trouve cela, excusez-moi, puéril.

 

- « Des mules ! » – répondit quelqu'un – comme des ânes ! Cela ressemble à un sobriquet, surtout en yiddish.

 

- Mais en yiddish, - rétorqua Trumpeldor, - « cheval » aussi est un sobriquet : « Bist a ferd » (tu es un cheval) ; et pourtant, si on nous avait proposé un corps de cavaliers, vous auriez certainement accepté cette proposition avec respect. Chez les Français, il n'y a pas pire insulte que le mot chameau, et pourtant il existe des corps de chameliers dans l'armée française et aussi dans l’armée anglaise, et le service dans ces unités est considéré comme une grande distinction. Bêtises, messieurs.

- Et que dites-vous de « l'autre front ? »

 

- Cela non plus n'est pas important, si nous considérons les choses en tant que soldats. Pour libérer Eretz-Israël il faut, avant tout, vaincre les Turcs ; quant à savoir s'il vaut mieux les vaincre par le Nord ou par le Sud, c'est une question de « comment » et non pas une question essentielle. Dans une telle guerre, tous les fronts mènent à Sion.

 

Nous ne prîmes aucune décision ce soir-là ; quant à moi, après la réunion, je dis à Trumpeldor:

 

- Vous avez peut-être raison, mais je ne me joindrai pas à un tel bataillon.

 

- Et moi je m'y joindrai peut-être, me répondit-il.

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Jabotinsky, Histoire de ma vie, traduit de l'hébreu par Pierre I. Lurçat, éditions les Provinciales 2011. En vente dans les bonnes librairies ou sur le site de l'éditeur.

 

25.10.2011

Inédite en français: parution de l'Histoire de ma vie de Vladimir Zeev Jabotinsky

 

14323074343574253358.jpgNé à Odessa en 1880 et mort dans l’État de New-York en 1940, Vladimir Zeev Jabotinsky est une des figures les plus marquantes de l’histoire du peuple Juif au vingtième siècle. Écrivain, journaliste et dirigeant sioniste, il occupe une place de choix parmi les fondateurs de l’État d’Israël, aux côtés de Théodor Herzl et de David Ben Gourion. Père spirituel de la droite israélienne, il est le créateur de l’Organisation sioniste révisionniste et du mouvement de jeunesse sioniste Betar.

 

Mais cet enfant terrible du sionisme russe est avant tout un écrivain et un journaliste talentueux et un orateur exceptionnel. Son autobiographie nous entraîne aux quatre coins du monde, de l’Afrique du Nord aux États-Unis et à la Palestine mandataire (Eretz-Israël) et de l’Italie à la Turquie et aux pays baltes. Son regard lucide et sa plume acérée nous font redécouvrir des événements mal connus ou oubliés, comme le pogrome de Kichinev, les Congrès sionistes ou la première Guerre mondiale, qu’il couvre en tant que correspondant militaire.

 

A l’encontre des nombreuses caricatures qui ont défiguré son personnage, le lecteur découvre un Jabotinsky plein de sensibilité et de curiosité, qui lui fait partager ses réflexions et son cheminement intellectuel et politique avec une grande sincérité, sans jamais se soucier de l’image qu’il donne ou de la postérité. On retrouve dans les pages de son autobiographie les qualités de journaliste et d’écrivain qui ont fait comparer Jabotinsky aux plus grands noms de la littérature russe. Qu’il décrive son enfance à Odessa, ses débuts dans la politique ou sa rencontre avec des dirigeants juifs (Herzl, Weizmann) ou des hommes politiques (Delcassé, Herbert Samuel), il ne se départit jamais de son regard plein de justesse, lucide sans être cruel, affectueux sans tomber dans le pathos, et toujours empli d’une profonde humanité.

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Un des épisodes les plus marquants de sa vie est la création de la Légion juive, premier embryon d’armée juive à l’époque contemporaine, au sein de laquelle Jabotinsky participe à la conquête de la Palestine par le général Allenby. Le sang versé par les soldats juifs – à Gallipoli notamment – et le prestige acquis sur les champs de bataille contribueront grandement à l’octroi de la Déclaration Balfour. A cet égard, Jabotinsky aura joué un rôle essentiel dans l’épopée sioniste : il a compris, avant les autres, que le retour de la nation juive sur la scène de l’histoire mondiale ne pouvait se faire que dans le tumulte de la guerre.

 

Malgré la récente parution en France de ses deux romans (Les Cinq et Samson), Jabotinsky demeure mal connu du public francophone. La présente autobiographie permettra au lecteur de découvrir un personnage attachant et hors du commun, et de comprendre la genèse d’un mouvement qui a joué et joue encore un rôle important dans la vie politique israélienne (Bentsion Nétanyaou, qui fut le secrétaire particulier de Jabotinsky, est le père de l’actuel Premier ministre d’Israël).

 

Présentation de l’éditeur (les Provinciales) :

Traducteur de Baudelaire et de Poe, journaliste talentueux, orateur redoutable, homme d’action, Jabotinsky (1880-1940)  est, avec Herzl, l’un des principaux théoriciens  politiques du Sionisme. Fondateur de la Légion juive et du Parti sioniste révisionniste, il est l’inspirateur décisif de la politique de défense d’Israël : « le mur de fer ».

 

jabotinski1903En plus de son génie de la narration et de l’observation des hommes, de sa compréhension  à long terme des événements, il révèle dans cette autobiographie une sensibilité et une justesse qui imposent le respect et laissent deviner ce qu’il appelle « ma vie véritable, c’est-à-dire ma vie intérieure. »  C’est le récit d’une aventure de la volonté.

 

« Je déteste à un point extrême, de manière organique, d’une haine qui échappe à toute justification, à la rationalité et à la réalité même, toute idée montrant une différence de valeur

entre un homme et son prochain. Cela ne relève  peut-être pas de la démocratie mais de son contraire : je crois que tout homme est un roi. »

Traducteur de BAUDELAIRE et de POE,

Histoire de ma vie, de Vladimir Jabotinsky, éditions les Provinciales.


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21.10.2011

Le rabbin Avi'haï Rontski déclare: "Il faut tuer les terroristes dans leur lit"

Avec le rav Rontsky.jpgJe mets en ligne l'article que j'avais consacré il y a deux ans au grand-rabbin de Tsahal, Avi'hai RONTSKI, qui vient de défrayer la chronique en déclarant que Tsahal devait tuer les terroristes dans leur lit au lieu de les capturer pour qu'ils soient ensuite libérés de prison comme dans l'affaire Shalit. Accompagnant la semaine dernière le candidat de la 8e circonscription Edward Amiach en Samarie, nous avons eu l'honneur de rencontrer à Itamar le rav RONTSKI (photo ci-contre). Cet homme remarquable dirige la yéshiva où enseignait le rav Ehoud VOGEL hyd assassiné avec sa femme et trois de ses enfants par ces mêmes terroristes arabes que des voix de plus en plus nombreuses en Israël appellent aujourd'hui à condamner à mort au lieu de les envoyer séjourner en prison dans des conditions de luxe indécentes... P.I.L

 

Rencontre avec des Israéliens extraordinaires :

 

Le grand rabbin de Tsahal Avi'haï Rontski
 

 

Parmi les images fortes et émouvantes de la guerre contre le Hamas à Gaza, en janvier dernier, beaucoup d'Israéliens gardent en mémoire celles du grand rabbin de Tsahal, le général de brigade Avi'hai Rontski, bénissant les soldats, juste avant qu'ils entrent en territoire ennemi. A cette occasion, les téléspectateurs ont découvert le visage du "Ravtsar" [aumônier militaire en chef, en abrégé], visage qui tranche avec l'image traditionnelle des aumôniers militaires de Tsahal. Rontski a en effet un profil très différent de celui de ses prédécesseurs : combattant, portant presque toujours son arme, il est aussi un habitant d'une implantation (Itamar) et, surtout, un 'hozer bitéchouva', c.-à-d. un Juif revenu à la pratique religieuse... Ce profil bien particulier, on s'en doute, ne plaît pas à tout le monde, au point que le grand rabbin de Tsahal est devenu depuis quelques mois la "bête noire" du journal des élites israéliennes, Ha'aretz, qui mène une véritable campagne contre lui... Pourquoi, et qui se cache derrière cette campagne ? Enquête d'Israël Magazine.

 

Rav Rontski (Photo Dover Tsahal).jpgLe rabbin Avi'hai Rontski, âgé de 54 ans, a grandi dans une famille non pratiquante et a étudié à l'internat militaire de Haïfa. Il a débuté son service militaire dans les commandos marins (la fameuse "Shayetet"), avant de rejoindre une autre unité d'élite, l'unité Shaked. Il a pris part à la guerre de Kippour, qui a été pour lui – comme pour beaucoup d'Israéliens – un moment traumatisant et un tournant. Dans une interview au journal de l'armée, Bama'hané, il a raconté qu'il avait compris après la guerre que les valeurs dans lesquelles il avait grandi étaient en faillite. Ce fut le début de son retour au judaïsme, qu'il a effectué conjointement avec sa femme, une soldate de son unité. En 1984, tous deux font partie des fondateurs de la localité juive d'Itamar, en Samarie, et c'est là qu'ils élèveront leurs six enfants.

 

 

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