05.07.2010
Cinéma : Paam Aïti’, Autrefois j’étais
http://un-echo-israel.net/Cinema-Paam-Aiti-Autrefois-j-etais
Un film d’Avi Nesher. Israël, 2010.
Avec Adir Miller, Keren Dror, Maya Degan, Dov Navon, Elie Yitspan, Toval Sapir, Neta Porat, Yarden Bar Kochva, Bat-el Faafora, Kobi Frug, Yael Levaventel, Tam Gal, Eyal Shechter
Inspiré du livre d'Amir Gutfreund : ‘Pour elle les héros s’envolent’.
« Autrefois j’étais » (1) , en anglais ‘Once I was’ est le titre d’un album de Tim Buckley, sorti en 1968. Le choix n’a pas été laissé au hasard puisque c’est de l’été 68 dont il est question ici. La scène se passe à Haïfa entre les hauteurs du Mont Carmel et les quartiers populaires du bas de la ville. Mais dans la plus européenne des villes israéliennes, on ne trouve alors pas de révolution, pas de manifestation dans les rues, et pas de sit -in sur les campus. On n’est ni en Californie, ni sur les bancs de la Sorbonne. Israël n’est ni l’Amérique, ni la France.
Et pourtant malgré le souvenir de la toute proche guerre des Six jours un an plus tôt, la vie à Haïfa suit son cours. Une vie faite d’amour, de mystère et de souvenirs. Surtout pour Arik, ce jeune adolescent du Carmel qui se fait engager comme apprenti par Yenkelé Breid, un vieil ami de son père, directeur d’une agence matrimoniale. Aventure singulière pour lui que de descendre chaque jour des beaux quartiers pour retrouver le Haïfa des prostituées et des nécessiteux. Au milieu d’un environnement un peu particulier, le cinéma du quartier et sa caissière naine à la recherche de l’amour, les passants arabes et la jolie cousine des voisins qui lui tourne autour, le jeune garçon enquête sur de potentiels fiancés, amène de nouveaux clients et découvre les dessous d’un monde qu’il ne connaissait pas. Il grandit, il change, comme le monde, comme Haïfa.
En outre, avec l’amour et les relations humaines en son centre, le film fait aussi œuvre d’histoire. Une histoire curieusement un peu oubliée. Celle des difficultés vécues par les rescapés de la Shoah avant les années 70, marqués par la peur. Yenkélé est un homme mystérieux, comme l’est Clara, cette amie qu’il aime profondément et qu’il désire depuis tant d’années mais qui ne parvient plus à se donner à un homme depuis la guerre. Subtilement, le réalisateur nous suggère et nous laisse deviner ce que l’un comme l’autre ont pu subir sous le joug des nazis. D’autant que la société israélienne, elle aussi, a beaucoup de mal à les comprendre, à les accepter, à les intégrer. Alors que quarante ans plus tard, la question de la Shoah a pris une toute dimension, se déclinant en dans des domaines des plus divers et des plus étonnants dans une nouvelle idéologie du ‘Tout Shoah’ (voir à ce sujet notre étude : http://mishauzan.over-blog.com/arti... ) il est intéressant de rappeler que les choses n’en ont pas toujours été ainsi. Edifié autour de symboles d’héroïques pionniers, l’Etat d’Israël a longtemps perçu ces Juifs comme des gens qui se sont laissés abattre « comme des moutons », selon l’expression consacrée, tandis que nombre de rescapés étaient pris pour des traîtres ou des kapos. Les choses ont lentement évolué et le procès Eichmann en 1961 est considéré comme un premier tournant dans la compréhension de la Shoah (2), tournant par la suite accentué et approche du phénomène totalement transformée (voire inversée). Les choses sont restées néanmoins difficilement compréhensibles pour toute une génération. Sans être au centre de l’histoire, le film souligne avec émotion les réactions des uns et des autres.
Avec ‘Autrefois j’étais’, Avi Nesher nous plonge dans un monde qui n’est plus et nous raconte une belle histoire, une histoire triste, et une histoire d’amours. Un joli film qui nourrit un cinéma israélien toujours plus créatif et agréable à regarder.
Diplômé de Sciences Po et spécialisé en histoire contemporaine, l’auteur a notamment travaillé les questions de mémoire et les grandes questions de l’historiographie de la seconde moitié du vingtième siècle. Voir son blog : http://mishauzan.over-blog.com
12:39 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : avi nesher, amir gutfreund
26.01.2010
Demain sur les ecrans en France : le film israelien "Sumo"
Le film «Sumo» primé par le Festival de l'Alpe d'Huez
A VOIR! CE FILM DROLE ET ORIGINAL TEMOIGNE DE LA VITALITE DU CINEMA ISRAELIEN.
(VOIR UN EXTRAIT ICI)
« Sumo » des Israéliens Sharon Maymon et Erez Tadmor a remporté le Grand prix du 13ème Festival international du Film de l'Alpe d'Huez. Cette comédie suit le quotidien de quatre jeunes obèses qui décident de se lancer dans une carrière de lutteurs de sumo. Le film sortira en France le 27 janvier 2010.
RESUME ANGLAIS
Four overweight friends from the Israeli city of Ramle are fed up of dieting and the dieting club they belong to.
When Herzl (155 kilos), the main protagonist, loses his job as a cook and starts working as a dishwasher in a Japanese restaurant in Ramle he discovers the world of Sumo where large people such as himself are honored and appreciated.
Through Kitano (60 kilos), the restaurant owner, a former Sumo coach in Japan (who is supposedly hiding from the Yakuza in Israel), he falls in love with a sport involving "two fatsos in diapers and girly hairdos". Herzl wants Kitano to be their coach but Kitano is reluctant - they first have to earn their spurs.
"A MATTER OF SIZE" is a comedy about a ‘coming out’ of a different kind - overweight people learning to accept themselves.
Co Production with K5 http://www.k5film.com/home
19:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cinema israelien
08.05.2008
Il y a 60 ans : naissance d'Israel
La naissance de l'Etat juif, il y a soixante ans. Images authentiques sur le site des Archives cinematograghiques de Steven Spielberg. A voir!
http://w3.castup.net/jfa/filmsscreen.asp?ai=148&ar=CM...

21:46 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : israel, film, spielberg
22.03.2008
60 ans de cinema israelien a Paris
Le cinéma israélien à l'honneur pour les 60 ans de l'Etat hébreu
Le Festival du cinéma israélien à Paris ouvrira ses portes du 25 mars au 1er avril prochain, au MK2 Bibliothèque et célèbrera cette année les 60 ans d'Israël.
Ce festival, qui vise à promouvoir le cinéma israélien auprès des publics français et européen, présentera des rétrospectives et des débats avec des professionnels du cinéma, et proposera de nombreux films en avant-premières. Une opportunité de découvrir un cinéma en plein essor.
Coup de projecteur sur le festival
« J'aime le cinéma. J'aime Israël. J'avais envie de me faire une toile et puis je me suis dit : pourquoi ne pas créer mon propre festival ? » C'est ainsi que Charles Zrihen, directeur de l'événement, explique les raisons qui l'ont poussé à créer ce rendez-vous annuel, devenu de plus en plus important.
En effet, avec le soutien de l'association Isratim, des services culturels de l’ambassade d’Israël en France, de la Mairie de Paris et du CNC, il a su séduire d’année en année un public de plus en plus large. Comme il l'explique lui-même, la première édition du Festival, il y a 8 ans, avait attiré 1 200 spectateurs. Aujourd'hui, ce sont plus de 10 000 mordus de cinéma, venus de tous les horizons, qui se pressent pour voir les films qui y sont présentés.
Paris-Tel-Aviv
Il semblerait bien que le cinéma israélien ait le vent en poupe en ce moment. Et Paris y est certainement pour quelque chose. Pour le directeur du festival, qui se dit parisien avant tout, c'était une ville incontournable pour promouvoir une culture encore méconnue, et encourager l’expansion du cinéma israélien au niveau international. Aujourd'hui, comme il le précise : « Le festival est devenu une véritable plaque-tournante à petite échelle pour les cinéastes, producteurs et distributeurs de films. »
Mais c'est aussi une occasion de créer des ponts entre les cultures qui se réunissent pour célébrer le cinéma : « L'une des spécificités de ce festival, c'est que chaque film est présenté soit par le réalisateur, soit par l'acteur, soit les deux. Cela a donné lieu à des rencontres, ça a noué des amitiés qui se poursuivent d'ailleurs entre Paris et Tel-Aviv. » Cet anniversaire est donc, pour son fondateur, une occasion de renforcer ces liens.
SUITE SUR www.toutlecine.com
21:59 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.03.2008
BIENTOT EN FRANCE SUR LES ECRANS
« Beaufort », un grand film de guerre israélien

Sorti en mars il y a un an, le film « Beaufort » de Joseph Cedar (Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin, nomine aux Oscars) continue de faire salle comble en Israël. Inspiré du roman de Ron Leshem, Im yesh gan eden (« Si le paradis existe »), le film de Cedar a été salué par la critique, tant en Israël qu'à l’étranger, et qualifié par certains de « premier grand film de guerre israélien ».
L’histoire est celle d’un groupe de soldats retranchés à l’intérieur du château de Beaufort, position stratégique occupée par l’armée israélienne au sommet d’une montagne qui domine la plaine de la Bekaa au Sud-Liban, pendant les dernières semaines précédant le retrait israélien en mai 2000.
Toute l’action se déroule à l’intérieur du site du Beaufort (reconstitué dans le cadre grandiose de la forteresse de Nimrod sur le Golan), dans une ambiance oppressante qui évoque parfois celle du « Désert des Tartares » : l’ennemi invisible bombarde régulièrement la position israélienne, causant des pertes d’autant plus cruellement ressenties que les soldats de Tsahal savent qu’ils vont évacuer le Beaufort d’un jour à l’autre…
Le film de Cedar, qui a déjà réalisé deux longs-métrages - dont le remarqué « Feu de camp », critique sociale sur l’univers sioniste-religieux - est servi par une excellente interprétation. Le personnage du jeune commandant, Liraz Liberti (Oshri Cohen) est criant de vérité, et il est tout à fait représentatif des jeunes soldats et officiers de Tsahal qui, âgés d’à peine vingt ans, font preuve d’une maturité et d’un courage à toute épreuve.
« Beaufort » montre la guerre dans toute son horreur et sa cruauté, mais cela n’en fait pas pour autant un film pacifiste, contrairement à ce qu’ont prétendu certaines critiques. Car il est tout à fait différent de dire que la guerre est cruelle et nécessaire, et d’affirmer qu’elle est inutile. Ce troisième film de Joseph Cedar confirme le talent de son réalisateur et la vitalité du cinéma israélien.
« Beaufort », de Joseph Cedar, 125 min, avec Alon Aboutboul, Eli Altonyo, Daniel Brook, Oshri Cohen, Gal Friedman, Nevo Kimchi.
19:48 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.11.2007
Depardieu et Ardant tournent en Israël
Depuis lundi 5 novembre, le centre d'intégration de l'Agence juive de Mevasseret Sion près de Jérusalem est le cadre du tournage du nouveau film de Graham Guit (Le Ciel est à nous, Les Kidnappeurs, Le Pacte du silence) avec les acteurs français Gérard Depardieu et Fanny Ardant et les Israéliens Lior Ashkénazi, Sasson Gabaï et Dana Ivgi.
Dans le film, Alain (joué par Depardieu) et sa femme Giselle (Ardant) décident de quitter la France et de s'installer en Israël suite à la décision de leur fils d'épouser une Française catholique. Arrivés au centre d'intégration de Mevasseret Sion, le couple découvre les réalités de la vie israélienne aux côtés des nouveaux immigrants éthiopiens. Alain, qui n'arrive pas à faire face aux difficultés de la bureaucratie israélienne, ne réussit pas à s'intégrer et décide de rentrer en France. Giselle décide de rester et entame une liaison avec un rabbin réformiste (joué par Lior Ashkénazi).

Lior Askenazi
"C'est un endroit extraordinaire", s'est exclamé Depardieu au sujet du centre d'intégration. "Je suis heureux de voir les nouveaux immigrants d'Ethiopie [qui représentent la majorité des résidents du centre], ils sont la partie la plus importante du film".
Hello Goodbye sortira sur les écrans français en 2008.
© Jerusalem Post édition française
14:13 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.10.2007
5767, UNE ANNEE FASTE POUR LE CINEMA ISRAELIEN
L’année 5767 qui vient de s’achever a été faste pour le cinéma israélien, avec de nombreuses sorties et plusieurs films de très bonne qualité, dont certains ont reçu des prix prestigieux à l’étranger. Retour sur une année cinématographique particulièrement riche.
Sorti en juin dernier, « Les secrets » d’Avi Nesher (réalisateur du succès commercial de 2004, « Au bout du monde à gauche »), raconte l’histoire de deux amies dans un internat pour filles religieuses, dans le cadre magique de la ville des kabbalistes, Tsefat. Aux côtés des acteurs israéliens Adi Miller et Mihal Shtamler, on note la présence très remarquée de l’actrice française Fanny Ardant, qui incarne avec talent une femme venue chercher le pardon de D.ieu dans la ville sainte.
Sorti en mars, le film « Beaufort » de Joseph Cedar (Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin), inspiré du roman de Ron Leshem, Im yesh gan eden (« Si le paradis existe »), a été salué par la critique, tant en Israël et à l’étranger, et qualifié par certains de « premier grand film de guerre israélien ». Il raconte l’histoire d’un groupe de soldats retranchés à l’intérieur du château de Beaufort, position stratégique au sommet d’une montagne qui domine la plaine de la Bekaa au Sud-Liban, pendant les dernières semaines précédant le retrait israélien en mai 2000.

L’action se déroule entièrement à l’intérieur du château du Beaufort (reconstitué dans le cadre grandiose de la forteresse de Nimrod sur le Golan), dans une ambiance oppressante qui évoque parfois celle du « Désert des Tartares » de Buzzati : un ennemi invisible bombarde régulièrement la position israélienne, causant des pertes d’autant plus cruellement ressenties que les soldats de Tsahal savent qu’ils vont évacuer leur position d’un jour à l’autre.
Le film de Cedar, réalisateur de deux précédents longs-métrages - dont le remarqué « Feu de camp », critique sociale du monde sioniste-religieux - est servi par une excellente interprétation. Le personnage du jeune commandant, Liraz Liberti (Oshri Cohen) est criant de vérité, et tout à fait représentatif des jeunes soldats et officiers de Tsahal qui, âgés d’à peine vingt ans, font preuve d’une maturité et d’un courage à toute épreuve.

Dans un autre genre, le film « Noodle », salué lui aussi par la critique en Israël, marque le retour de la réalisatrice Ayelet Menahemi après de nombreuses années d’absence. Miri (Mili Avital), hôtesse de l’air et sa sur Gila (Anat Wachsman) découvrent soudain que leur femme de ménage chinoise a disparu, leur laissant son fils qui ne parle pas un mot d’hébreu, et dont elles ne connaissent même pas le prénom. Elles finissent par comprendre que la mère, travailleuse clandestine, a été interpellée par la police de l’immigration et renvoyée en Chine…
L’autre visage du cinéma israélien
Parmi les autres films de l’année 5767, il faut citer « La visite de la fanfare », d’Eran Kolirin, projeté à Cannes en sélection officielle. A l’opposé d’un certain cinéma israélien – et de certains réalisateurs dont toute la carrière se fait à l’étranger et qui doivent leur succès à leur attitude critique immodérée envers leur pays – les films évoqués ci-dessus montrent un autre visage du cinéma israélien : le visage d’un cinéma arrivé à maturité, après soixante ans de recherche, qui aborde des thèmes très divers, sans tabou et avec talent. Les films de l’année 5767 sont, à l’image de notre pays, très variés et riches en émotions, mêlant réalisme (« Beaufort »), fiction (« Les secrets »), ou critique sociale (« Noodle »). Souhaitons que l’année 5768 qui commence soit aussi fructueuse, pour le bonheur de tous les amateurs du septième art !
Pierre Lurçat
18:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











