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17/12/2014

Haggi Ben Artsi : "Retrouver l'esprit d'héroïsme de Hannoukah", Pierre Itshak Lurçat

Le Dr Haggi Ben Artsi, frère de Sarah Nétanyahou bien connu pour son opposition virulente aux compromis avec les terroristes, m'avait accordé cette interview il y a tout juste cinq ans pour ISRAEL MAGAZINE. Elle n'a rien perdu de son actualité... P.I.L

Haggi Ben Artsi 1.JPGJ'ai rencontré pour la première fois le Dr Haggi Ben Artsi lors de la veillée de Hochana Rabba (dernier jour de Souccot) organisée par l'association Almagor, qui défend les familles des victimes du terrorisme et s'oppose à la libération de terroristes *. J'avais souvent entendu parler de lui, comme d'un éducateur hors-pair et comme d'un militant. Mais aux yeux du grand public, Ben Artsi est surtout connu comme étant le beau-frère du Premier Ministre : il est en effet le frère de Sarah Nétanyahou. Haggi Ben Artsi a accepté, en exclusivité pour Israël Magazine, de dire tout ce qu'il pense, au sujet des négociations en vue de libérer Gilad Shalit, de l'attidude de l'Europe envers Israël et, bien entendu, de son célèbre beau-frère.

 

 

Le Dr Ben Artsi enseigne la Bible et l'histoire juive à l'université Bar Ilan. Nous nous rencontrons au collège d'enseignement supérieur Lifchitz à Jérusalem, où il donne des cours aux élèves enseignants. Il m'accueille avec quelques mots de français, souvenir de ses études au lycée, juste avant la guerre des Six Jours, qui ont pris fin brutalement après le fameux discours du général De Gaulle sur le "peuple sûr de lui et dominateur", lorsque le professeur de français de Ben Artsi a déclaré qu'il interrompait ses cours, en signe de protestation. Cette anecdote donne le ton de notre entretien : Ben Artsi est un homme érudit qui ne mâche pas ses mots et qui ne manque pas d'humour. Il est né en 1950 et a grandi à Tivon, près de Haïfa. Il a étudié  à la yechiva et a combattu lors de la guerre de Kippour.

 

 

Ben Artsi n'aime pas trop parler de lui, ni de sa famille, préférant entrer dans le vif du sujet : l'affaire Gilad Shalit et son action pour empêcher la libération de centaines de terroristes, qui risque de causer des dizaines d'attentats et des centaines de victimes... Il se sent investi d'une mission personnelle à ce sujet, comme il l'a expliqué le soir d'Hochana Rabba, lors de la veillée d'Almagor qui se tenait en face de la résidence du Premier Ministre. Ben Artsi a interpellé à de nombreuses reprises Bibi sur ce sujet, allant jusqu'à organiser tout seul une contre-manifestation devant son bureau à Jérusalem ! Je lui demande pourquoi ce sujet lui tient tellement à cœur, et en quoi il considère que Bibi a trahi ses convictions politiques à cet égard.

 

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31/10/2013

Si lointains et si proches... nos frères juifs éthiopiens - La fête du "Segd" à Jérusalem - Itshak Lurçat

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Je remets en ligne ce reportage photo à l'occasion de la fête du Segd qui a lieu aujourd'hui à Jérusalem. Hag Saméah! P.I.L

 

Hier matin (lundi) je me suis rendu sur la promenade qui fait face aux remparts de la Vieille ville de Jérusalem, un des plus beaux sites de Jérusalem, à deux pas de chez moi. Des milliers de Juifs éthiopiens étaient venus, comme chaque année, fêter le "Segd" ("prosternation") – fête qui revêt un caractère à la fois religieux et national [sa signification a évolué depuis les récentes vagues d'émigration des Juifs éthiopiens en Israël, et son sens traditionnel s'est enrichi d'un nouveau sens].

 

 

SEGED 3 PHOTO P.LURCAT.JPGAu-delà de son aspect religieux, cette fête est aussi un grand rassemblement – sans doute le plus important de l'année – pour la communauté juive éthiopienne en Israël, et un moment de joie et de recueillement tout à la fois. A l'instar de nombreuses fêtes juives en Israël, le Segd a en effet une double inspiration, ancienne et moderne, mêlant allégresse et tristesse, un peu comme Yom Ha'atsmaout qui succède au Yom Hazikaron, ou comme Yom Kippour, qui a pris un sens nouveau en Israël depuis 1973.

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A travers ces quelques photographies prises à la hâte, j'ai voulu montrer le visage multiple de la communauté juive éthiopienne en Israël aujourd'hui : celui de générations différentes dans leur habillement – les jeunes, civils ou militaires – côtoyant leurs aînés au costume traditionnel. Il y a quelque chose d'émouvant dans ces visages qui nous sont à la fois si proches et si lointains, tout comme ce judaïsme éthiopien – ces frères éloignés que nous avons retrouvés après des siècles de séparation. En les voyant, je pensai à André Neher, qui décrivait dans un de ses livres l'émotion ressentie en découvrant le judaïsme sépharade dans les années 1950. Je pensai aussi, en contemplant ces visages, au beau livre Asteraï * – relatant l'épopée des Juifs éthiopiens – dont j'ai récemment rendu compte dans les colonnes d'Israël Magazine.

 

SEGED 8 PHOTO P.LURCAT.JPGL'histoire des Juifs éthiopiens en Israël n'est pas seulement – comme pourrait le faire croire une vision purement sociologique – celle d'une acculturation ou d'une intégration, difficile et parfois cruelle. Elle est aussi, et avant tout, celle d'une transformation, vécue par toutes les communautés juives qui sont montées en Israël depuis le début du sionisme politique : la redécouverte de notre identité hébraïque, ou comme disait Manitou, la transformation des Juifs venus des quatre coins du monde en Israéliens, c'est-à-dire en hébreux. C'est le sens profond et messianique du Rassemblement des exilés – le kibboutz galouyiot.

 

 

Itshak Lurçat

 

 * VOIR Le premier roman israélien éthiopien traduit en France sur mon blog LETTRES D'ISRAEL.

 

 

 

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17/09/2013

Le « Birkat Cohanim » de Soukkot au Kottel - P.I. LURCAT

Le « Birkat Cohanim » - la « bénédiction pontificale » prononcée par les Cohanim lors de la répétition de la Amida – n’est pas seulement une bénédiction dite tous les jours dans toutes les synagogues du monde (lorsque des Cohanim sont présents bien entendu). C’est aussi une cérémonie particulière, empreinte de majesté, qui a lieu deux fois par ans au Kottel, au « mur occidental » du Temple de Jérusalem, à Soukkot et à Pessah.

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Nombreux sont les jours de foule et de liesse populaire au Kottel, mais aucun n’atteint le degré de celui du Birkat Cohanim de Soukkot. Ce jour-là, des milliers de Juifs – et aussi de non Juifs - affluent de tous les coins du pays, comme aux temps où le Temple était en place et où Soukkot était une des trois fêtes de pèlerinage. On y trouve une foule bigarrée et très diverse – Juifs orthodoxes en habit de fête, caftan de soie et « Streimel » peu adapté aux dernières chaleurs de l’année, Juifs ashkénazes et orientaux, familles éthiopiennes et marocaines, Juifs traditionalistes et Juifs peu observants attirés par le caractère particulier de cette cérémonie.

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A quelques mètres du Kottel, côté hommes et côté femmes, on distribue des verres d’eau minérale pour éviter tout incident, tant la foule est nombreuse et la chaleur intense. Un jeune Juif haredi fait réciter la bénédiction sur des herbes odoriférantes, comme à la sortie du shabbat dans certaines synagogues, et un peu plus loin, un autre fait réciter la bénédiction du Loulav, avec un Etrog de taille imposante qui doit peser facilement trois ou quatre kilos… Des Juifs orthodoxes sont en pleine conversation avec des policiers du « Yassam », l’unité anti-émeutes. Il règne une atmosphère spéciale, de fête religieuse mais aussi de rassemblement populaire, sans doute un peu comme l’atmosphère qui devait régner à l’époque du Temple.

 

Le « Birkat Cohanim », la bénédiction des prêtres, a lieu deux fois de suite, dans la répétition de la Amida de l’office du matin, puis dans celle du « Moussaf », la prière supplémentaire des jours de fête et de demi fête. La prière est dite dans un haut-parleur, puisque l’utilisation de l’électricité est permise à Hol Hamoed, et la voix qui retentit avec une prononciation ashkénaze est entendue sur toute l’esplanade et encore au-delà. Lorsqu’on arrive au moment attendu du Birkat Cohanim, la foule se tait et écoute dans un silence religieux la bénédiction dite par les prêtres… « Soit loué, Eternel, notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné de bénir Ton Peuple Israël avec amour.

Que l’Eternel te bénisse et te préserve !

Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable !medium_SUKKOT_5768-5.JPG

Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix » !

 

J’écoute moi aussi, la tête inclinée, et je sens que cette bénédiction est différente de toutes les autres, prononcées à la synagogue. Nous ne sommes pas ici dans un lieu de culte, même si le Kottel peut être comparé à une immense synagogue en plein air, où les fidèles viennent prier chaque jour et sont certains de trouver « minyan » à toute heure de la journée. Les Juifs réunis aujourd’hui à Jérusalem ne constituent pas une simple assemblée de fidèles, car ils représentent le peuple Juif dans toutes ses composantes diverses et souvent opposées, réunies dans cette occasion rare et solennelle.

 

Chaque religion – se plaisait à dire le rabbin Léon Ashkénazi « Manitou » - parle de ce qui lui fait défaut : les chrétiens d’amour car ils en ont souvent été dépourvus, surtout à l’égard de leurs frères aînés ; les Musulmans de paix, car ils ont répandu leur foi à la pointe de l’épée ; et nous autres Juifs, parlons souvent d’unité, « ahdout », car notre peuple qui est un des plus modestes par sa dimension est aussi un des plus divisés. Mais cette division apparente et bien réelle (qu’on en juge par le nombre de partis à la Knesset, qui sont loin de représenter l’ensemble des opinions au sein du peuple d’Israël), ne saurait masquer l’unité profonde qui existe malgré tout, et que l’on ressent en certains occasions particulières. La bénédiction des Cohanim de Soukkot en est une.

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Dans ces rares moments où le « Klal Israël » - la collectivité d’Israël - est réuni par la prière ou par la liesse populaire, on ressent intensément le fait que le destin d’Israël est différent de celui des autres peuples, et qu’il échappe aux lois habituelles de l’histoire. En ce jour de Soukkot 5771, alors que les menaces existentielles se font toujours plus pressantes, les mots de la bénédiction des prêtres ne s’adressent pas seulement aux Juifs présents ici, à Jérusalem, ou à ceux auxquels les présents s’unissent par leurs pensées et leurs prières, mais à tout Israël, comme un seul homme, venu demander aux Cohanim de le bénir pour échapper aux dangers qui le guettent. Que l’Eternel te bénisse et te préserve ! Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable ! Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix !

(Texte paru initialement sur le site www.upjf.org) 

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21:13 Publié dans Fetes juives | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : soukkot

 
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