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14.12.2011

Haggi Ben Artsi : "Retrouver l'esprit d'héroïsme de Hannoukah", Pierre Itshak Lurçat

Le Dr Haggi Ben Artsi, frère de Sarah Nétanyahou bien connu pour son opposition virulente aux compromis de Bibi, m'avait accordé cette interview il y a tout juste deux ans pour ISRAEL MAGAZINE. Elle n'a rien perdu de son actualité... P.I.L

 

Haggi Ben Artsi 1.JPGJ'ai rencontré pour la première fois le Dr Haggi Ben Artsi lors de la veillée de Hochana Rabba (dernier jour de Souccot) organisée par l'association Almagor, qui défend les familles des victimes du terrorisme et s'oppose à la libération de terroristes *. J'avais souvent entendu parler de lui, comme d'un éducateur hors-pair et comme d'un militant. Mais aux yeux du grand public, Ben Artsi est surtout connu comme étant le beau-frère du Premier Ministre : il est en effet le frère de Sarah Nétanyahou. Haggi Ben Artsi a accepté, en exclusivité pour Israël Magazine, de dire tout ce qu'il pense, au sujet des négociations en vue de libérer Gilad Shalit, de l'attidude de l'Europe envers Israël et, bien entendu, de son célèbre beau-frère.

 

 

 

Le Dr Ben Artsi enseigne la Bible et l'histoire juive à l'université Bar Ilan. Nous nous rencontrons au collège d'enseignement supérieur Lifchitz à Jérusalem, où il donne des cours aux élèves enseignants. Il m'accueille avec quelques mots de français, souvenir de ses études au lycée, juste avant la guerre des Six Jours, qui ont pris fin brutalement après le fameux discours du général De Gaulle sur le "peuple sûr de lui et dominateur", lorsque le professeur de français de Ben Artsi a déclaré qu'il interrompait ses cours, en signe de protestation. Cette anecdote donne le ton de notre entretien : Ben Artsi est un homme érudit qui ne mâche pas ses mots et qui ne manque pas d'humour. Il est né en 1950 et a grandi à Tivon, près de Haïfa. Il a étudié  à la yechiva et a combattu lors de la guerre de Kippour.

 

 

Ben Artsi n'aime pas trop parler de lui, ni de sa famille, préférant entrer dans le vif du sujet : l'affaire Gilad Shalit et son action pour empêcher la libération de centaines de terroristes, qui risque de causer des dizaines d'attentats et des centaines de victimes... Il se sent investi d'une mission personnelle à ce sujet, comme il l'a expliqué le soir d'Hochana Rabba, lors de la veillée d'Almagor qui se tenait en face de la résidence du Premier Ministre. Ben Artsi a interpellé à de nombreuses reprises Bibi sur ce sujet, allant jusqu'à organiser tout seul une contre-manifestation devant son bureau à Jérusalem ! Je lui demande pourquoi ce sujet lui tient tellement à cœur, et en quoi il considère que Bibi a trahi ses convictions politiques à cet égard.

 

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27.11.2011

Passerelle des « Maghrébins »: nouvelle capitulation de Netanyahou

Je reproduis l'article de mon confrère Shraga Blum sur la nouvelle capitulation de Bibi, qui a une nouvelle fois eu peur de son ombre (attitude qui ne fait que conforter les Musulmans dans leur chantage et leurs théories du "complot juif pour détruire la mosquée"...). J'invite les lecteurs à regarder aussi l'excellent reportage de Corine Bodnev sur le Har Habayit (Mont du Temple) sur TSARFAT TV, la nouvelle télévision israélienne francophone qui monte... (à partir de la minute 18:30). Hodesh tov et que le mois de Kislev nous insuffle l'esprit des Makkabim! P.I.L.

La mosquee al-Aqsa-3.JPGComme cela s’est passé à plusieurs reprises, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a une nouvelle fois fait stopper au dernier moment les travaux indispensables à la sécurité de la «Passerelle des Maghrébins » qui relie le Kotel à l’entrée de la mosquée (photo ci-contre P.I.L) construite à la place du Temple de Jérusalem. Les équipes de travail ainsi que les machines étaient déjà sur place pour commencer les travaux mais tout a été arrêté par « ordre venu d’en haut ».
Le scénario est exactement le même a chaque épisode : l’ingénieur en chef de la Ville de Jérusalem, les responsables des Pompiers ainsi que ceux de l’Office National des Antiquités sonnent le signal d’alarme depuis un certain temps déjà sur les dangers d’effondrement de cette construction en bois et exigent sa destruction pour construire une structure solide. Immédiatement, la machine de propagande musulmane se met en branle, accusant Israël « d’atteinte à la Mosquée » et menaçant « d’embrasement du monde musulman » au cas où les juifs touchent à cette passerelle. Les autorités municipales font alors savoir qu’elles passeront outre ces menaces, premièrement parce qu’il s’agit d’une question de sécurité publique et deuxièmement parce qu’Israël est tout simplement souverain sur le Mont du Temple. Mais au dernier moment, le Premier ministre ordonne de tout arrêter « pour des raisons de sensibilité de la situation ».

Cette fois-ci, il s’agit d’avertissements venus à la fois de Jordanie et d’Egypte « sur des troubles dans le monde musulman que provoqueraient de tels travaux ». L’un des dirigeants des Frères Musulmans s’est même permis de menacer Israël à la télévision égyptienne, accusant « les sionistes de vouloir entrer en force pour saccager et profaner la mosquée Al-Aqsa ». Tout cela a suffi pour que le Premier ministre qui se fend toujours en déclarations enflammées pour Jérusalem de céder une nouvelle fois face au chantage inadmissible des usurpateurs musulmans.

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Tout comme la construction juive à Jérusalem, « ce n’est jamais le bon moment » pour faire ce que n’importe quel Etat ferait, à savoir agir en vertu de sa souveraineté et de son droit. Et lorsqu’on cède sur nos droits naturels, on donne raison à ceux qui nous les contestent.

par Shraga Blum

http://www.israel7.com/2011/11/passerelle-des-%C2%AB-maghrebins-%C2%BB-nouvelle-capitulation-de-netanyahou/

24.11.2011

Deux beaux romans sur le Retour – de la téchouva à l’alyah, par Pierre Itshak Lurçat

 

AMANDIER.jpgLe titre du beau roman de Yéochoua Sultan, Comme l’amandier en hiver, intrigue le lecteur. La couverture du livre – autoédité par l’auteur (yeochouasultan91@gmail.com) – est illustrée par deux photographies : au recto, des amandiers en fleurs, au verso, une forêt aux couleurs automnales. Ces deux images représentent les deux facettes ou plutôt les deux extrémités du parcours relaté dans le livre, qui raconte un voyage initiatique, de la banlieue parisienne aux monts de Judée. C’est donc le récit d’un retour, ou plutôt du Retour, celui que de nombreux Juifs nés dans des familles éloignées de la tradition ont vécu et ont accompli, certains allant, comme Sultan, jusqu’au bout de ce parcours en faisant leur alyah.

 

Ce livre est construit comme un roman et non comme une autobiographie, et le lecteur est agréablement surpris en découvrant un style romanesque à la fois simple et authentique, qui rappelle celui de romans juifs déjà oubliés, comme ceux de Roger Ikor (Les eaux mêlées).IKOR.jpg

Yeochua Sultan écrit bien et il sait camper ses personnages – Olivier, son héros, ses parents et ses camarades du lycée. Il y a même dans le livre des descriptions de paysages, chose que le roman contemporain a presque délaissé, tellement les écrivains actuels sont focalisés sur les personnages et sur leurs propres impressions.

Comme l’amandier en hiver se déroule presque entièrement à Flessy, petite ville de la grande banlieue où vit le héros et où il étudie. L’auteur réussit à nous plonger dans l’atmosphère d’un lycée français dans les années 1980, au moment de la guerre du Liban qui est celui du retour de l’antisémitisme. C’est précisément une banale discussion entre élèves qui va faire comprendre au personnage principal que son judaïsme n’est pas une chose anodine et qui va le conduire petit à petit à s’interroger sur son identité, interrogation qui le mènera à redécouvrir le judaïsme puis Israël.

 

DSCN3419.JPGLa force de ce roman est de parvenir à faire vivre au lecteur le cheminement – à la fois intellectuel et spirituel – du héros, et à lui permettre de s’identifier à lui. Beaucoup de Juifs ont connu des parcours similaires à celui d’Olivier Nizard, mais très peu de romanciers ont su raconter le Retour. C’est le talent de l’auteur de relever cette gageure, de manière simple et sans fioriture. Son livre est sous-titré « Un imprévisible retour », et de fait, la trame du livre réside dans ce caractère imprévisible du parcours du héros, ramené presque malgré lui à son peuple et à sa Torah, qui finit par comprendre que sa place est en Israël, sur la terre de nos ancêtres. Ce roman plein de fraîcheur fera sans doute plus que beaucoup de discours pour convaincre beaucoup de Juifs égarés, en France et ailleurs, que leur place est ici, en Israël !

 

Sur un thème très similaire, Laure Guetta publie De l’appel au retour (autoédité, laure.guetta@gmail.com). Ce roman bien écrit et émouvant relate le retour d’un couple de jeunes Juifs parisiens, Line et Franc. La première partie décrit leur retour à la pratique des mitsvot, et notamment au respect des lois de pureté familiale, à la suite des difficultés qu’ils rencontrent pour avoir un enfant. Dans la deuxième partie, ils se rendent en vacances en Israël et comprennent, après un périple à travers le pays, que l’alyah est l’aboutissement de leur cheminement spirituel.

 

Ces deux livres ont en commun une grande sincérité, des qualités d’écriture et aussi quelques défauts inhérents à l’autoédition. Ils souffrent de quelques longueurs, même s’ils ne sont jamais ennuyeux. Laure Guetta est plus convaincante à mon avis dans la seconde partie de son roman. Tous les deux ont écrit des livres forts qui montrent, de manière romancée et non didactique, que l’accomplissement de la vie juive authentique ne peut être trouvé que sur la terre d’Israël. Deux beaux romans qui ne laisseront aucun lecteur indifférent !

 

Comme l’amandier en hiver de Yéochoua Sultan et  De l’appel au retour de Laure Guetta.

 

Les deux livres sont vendus dans la sympathique librairie française Kohav, rue Mekor Haïm à Jérusalem. http://www.kodeshlibrary.com/

 

16.10.2011

Le « Birkat Cohanim » de Soukkot au Kottel - P.I. LURCAT

Le « Birkat Cohanim » - la « bénédiction pontificale » prononcée par les Cohanim lors de la répétition de la Amida – n’est pas seulement une bénédiction dite tous les jours dans toutes les synagogues du monde (lorsque des Cohanim sont présents bien entendu). C’est aussi une cérémonie particulière, empreinte de majesté, qui a lieu deux fois par ans au Kottel, au « mur occidental » du Temple de Jérusalem, à Soukkot et à Pessah.

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Nombreux sont les jours de foule et de liesse populaire au Kottel, mais aucun n’atteint le degré de celui du Birkat Cohanim de Soukkot. Ce jour-là, des milliers de Juifs – et aussi de non Juifs - affluent de tous les coins du pays, comme aux temps où le Temple était en place et où Soukkot était une des trois fêtes de pèlerinage. On y trouve une foule bigarrée et très diverse – Juifs orthodoxes en habit de fête, caftan de soie et « Streimel » peu adapté aux dernières chaleurs de l’année, Juifs ashkénazes et orientaux, familles éthiopiennes et marocaines, Juifs traditionalistes et Juifs peu observants attirés par le caractère particulier de cette cérémonie.

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A quelques mètres du Kottel, côté hommes et côté femmes, on distribue des verres d’eau minérale pour éviter tout incident, tant la foule est nombreuse et la chaleur intense. Un jeune Juif haredi fait réciter la bénédiction sur des herbes odoriférantes, comme à la sortie du shabbat dans certaines synagogues, et un peu plus loin, un autre fait réciter la bénédiction du Loulav, avec un Etrog de taille imposante qui doit peser facilement trois ou quatre kilos… Des Juifs orthodoxes sont en pleine conversation avec des policiers du « Yassam », l’unité anti-émeutes. Il règne une atmosphère spéciale, de fête religieuse mais aussi de rassemblement populaire, sans doute un peu comme l’atmosphère qui devait régner à l’époque du Temple.

 

Le « Birkat Cohanim », la bénédiction des prêtres, a lieu deux fois de suite, dans la répétition de la Amida de l’office du matin, puis dans celle du « Moussaf », la prière supplémentaire des jours de fête et de demi fête. La prière est dite dans un haut-parleur, puisque l’utilisation de l’électricité est permise à Hol Hamoed, et la voix qui retentit avec une prononciation ashkénaze est entendue sur toute l’esplanade et encore au-delà. Lorsqu’on arrive au moment attendu du Birkat Cohanim, la foule se tait et écoute dans un silence religieux la bénédiction dite par les prêtres… « Soit loué, Eternel, notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné de bénir Ton Peuple Israël avec amour.

Que l’Eternel te bénisse et te préserve !

Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable !medium_SUKKOT_5768-5.JPG

Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix » !

 

J’écoute moi aussi, la tête inclinée, et je sens que cette bénédiction est différente de toutes les autres, prononcées à la synagogue. Nous ne sommes pas ici dans un lieu de culte, même si le Kottel peut être comparé à une immense synagogue en plein air, où les fidèles viennent prier chaque jour et sont certains de trouver « minyan » à toute heure de la journée. Les Juifs réunis aujourd’hui à Jérusalem ne constituent pas une simple assemblée de fidèles, car ils représentent le peuple Juif dans toutes ses composantes diverses et souvent opposées, réunies dans cette occasion rare et solennelle.

 

Chaque religion – se plaisait à dire le rabbin Léon Ashkénazi « Manitou » - parle de ce qui lui fait défaut : les chrétiens d’amour car ils en ont souvent été dépourvus, surtout à l’égard de leurs frères aînés ; les Musulmans de paix, car ils ont répandu leur foi à la pointe de l’épée ; et nous autres Juifs, parlons souvent d’unité, « ahdout », car notre peuple qui est un des plus modestes par sa dimension est aussi un des plus divisés. Mais cette division apparente et bien réelle (qu’on en juge par le nombre de partis à la Knesset, qui sont loin de représenter l’ensemble des opinions au sein du peuple d’Israël), ne saurait masquer l’unité profonde qui existe malgré tout, et que l’on ressent en certains occasions particulières. La bénédiction des Cohanim de Soukkot en est une.

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Dans ces rares moments où le « Klal Israël » - la collectivité d’Israël - est réuni par la prière ou par la liesse populaire, on ressent intensément le fait que le destin d’Israël est différent de celui des autres peuples, et qu’il échappe aux lois habituelles de l’histoire. En ce jour de Soukkot 5771, alors que les menaces existentielles se font toujours plus pressantes, les mots de la bénédiction des prêtres ne s’adressent pas seulement aux Juifs présents ici, à Jérusalem, ou à ceux auxquels les présents s’unissent par leurs pensées et leurs prières, mais à tout Israël, comme un seul homme, venu demander aux Cohanim de le bénir pour échapper aux dangers qui le guettent. Que l’Eternel te bénisse et te préserve ! Que l’Eternel t’éclaire de Sa face et te soit favorable ! Que l’Eternel tourne Sa Face vers toi et te donne la paix !

(Texte paru initialement sur le site www.upjf.org) 

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31.05.2011

"Réjouissez-vous avec Jérusalem", Yom Yerouchalayim -Itshak Lurçat

A l'occasion de Yom Yerouchalayim, 44e anniversaire de la réunification de notre capitale par les soldats de Tsahal et par la grace de D., je mets en ligne ces photos que j'ai prises il y a un an, qui illustrent mieux que des mots la joie que nous ressentons en ce jour si particulier... P.Itshak Lurçat.

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"Sur tes remparts, Jérusalem, j'ai posté des guetteurs" (Isaie, 62-6)

 

"De ton Sanctuaire, tu veilles sur Jerusalem" (Psaumes, 68-30)

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"Réjouissez-vous avec Jérusalem, et soyez dans l'allégresse a cause d'elle, vous tous qui l'aimez" (Isaïe 66)

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"C'est dans Jerusalem que vous trouverez votre consolation" (Isaïe 66)
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La Joie de Jerusalem.

Il y a une joie particulière aux habitants de Jérusalem, joie de ceux qui aiment cette ville et ont le privilège d'y vivre. « Réjouissez-vous avec Jérusalem, Exultez en elle, vous tous qui l'aimez!», dit le prophète Isaïe. Cette joie, on la ressent évidemment les jours de fête et de liesse populaire, comme le Yom Yeroushalayim. Mais on la ressent aussi les jours de semaine, dans la vie quotidienne des habitants de la ville sainte, car sa sainteté confère à ceux qui y vivent une qualité spirituelle particulière, comme ce « supplément d'âme » qui descend sur chaque Juif, le shabbat, et que l'on ressent à Jérusalem chaque jour. Ne dit-on pas que « L'air de Jérusalem rend plus sage ? »

Et même les jours de deuil et de malheur - comme lorsque nos ennemis tuent des Juifs dans les autobus et dans les rues, avec des bombes et des bulldozers - ils ne parviennent pas à effacer totalement cette joie particulière à Jérusalem. Tisha Be'Av, jour le plus triste du calendrier juif, commémore la destruction du Temple de Jérusalem. Ce jour-là, tous les Juifs du monde sont plongés dans le deuil et l'affliction, dans le jeûne et la prière. Or, à Jérusalem même, devant le Mur occidental du Temple, vestige de sa splendeur passée, le deuil qui devrait être plus tangible que partout ailleurs, n'est pas entier! Comme si, à l'affliction et à la tristesse de voir que le Temple n'est toujours pas reconstruit et que le Har Ha-Bayit est toujours occupé par une mosquée et foulé par nos ennemis, se mêlait un sentiment différent...

De même que nous cassons un verre pendant la cérémonie du mariage, pour signifier que la joie des époux n'est pas complète, en raison de la destruction du Temple, le deuil de Tisha Be'av n'est plus total aujourd'hui. Lorsque nous vivons cette journée à Jérusalem, au milieu de centaines de Juifs, venus des quatre coins du monde et accomplissant la promesse du Retour, nous sentons confusément que le Temple est en voie de reconstruction et que, même si nous ne sommes pas encore véritablement sortis de l'exil, nous sommes déjà dans une autre ère. A Jérusalem, mieux qu’en tout autre lieu, nous pouvons ressentir aujourd’hui – en prêtant bien l’oreille - au milieu du deuil, de la confusion et du chaos qui nous entourent, le son lointain, secret et encore imperceptible des pas du Messie.

Itshak Lurçat

11.05.2011

Lettre ouverte à un rabbin qui ne célèbre pas Yom Ha’atsmaout

La population juive d’Israël, contrairement à l’image qu’en donnent souvent les medias (qui donnent presque toujours la parole aux franges ultra-laïque et ultra-religieuse minoritaires), est constituée dans sa grande majorité de Juifs traditionnalistes, pratiquant à des degrés divers mais respectueux de la tradition et des fêtes juives. Yom Ha’atsmaout est sans doute la fête la plus célébrée, qui unit dans une même ferveur et allégresse des Juifs de toutes obédiences, ‘datim et ‘hilonim, et même des Juifs orthodoxes parfois hâtivement qualifiés d’antisionistes. (Il suffit de voir le nombre de drapeaux bleu et blanc aux fenêtres des maisons de Bait Vegan à Jérusalem, pour s’en convaincre). En réalité, l’antisionisme juif religieux est largement, tout comme le sionisme marxiste du Hachomer Hatzair, une relique du passé…

 


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[Yom Ha'atsmaout a Tel-Aviv, photo P.I.Lurcat]

Dans ce contexte, il est affligeant d’écouter le cours du rabbin Ron Chaya, qu’un ami juif de France m’a envoyé hier, intitulé “Doit-on célébrer Yom Ha’atsmaout ?”. Je n’ai pas pour habitude de polémiquer avec des rabbins, sauf dans des cas exceptionnels. Ce cours, que j’ai visionné en plein jour de Yom Ha’atsmaout, m’a tellement choqué que j’ai décidé de faire exception à cette règle. Je ne ménage pas mes critiques envers certains dirigeants ou partis politiques israéliens, et pourtant je n’ai jamais pensé que l’on pouvait disqualifier certaines parties du peuple Juif en les qualifiant de “Erev rav”. Ce concept mystique doit être employé avec précaution, comme le rabbin Chaya devrait le savoir, et on ne peut s’en servir pour rejeter en bloc, comme il le fait, tous les penseurs sionistes et les dirigeants, actuels ou passés, de l’Etat d’Israël.

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La dernière partie du “cours”, dans laquelle il relate une ‘anecdote’ et compare Zeev Jabotinsky à Hitler (!), est une insulte aux disciples du fondateur du Betar, dont je fais partie, et au peuple Juif tout entier. Jabotinsky est aujourd’hui révéré par l’ensemble de la classe politique en Israël, y compris chez les héritiers de David Ben Gourion, qui avait autrefois employé les mêmes mots que le rabbin Chaya pour qualifier son redoutable opposant (alors même qu’il avait signé un accord avec lui en 1934, qui fut désavoué par son propre camp). Plus personne - sauf peut-être parmi les intellectuels d’extrême-gauche qui celèbrent la “Naqba” au lieu de Yom Ha’atsmaout - n’oserait aujourd’hui parler du Roch Betar en ces termes.

 

Je connais certes les légendes qui circulent dans le monde ‘haredi antisioniste sur nos grands hommes – Theodor Herzl notamment – qui sont décrits comme des Juifs assimilés détestant la religion dans le meilleur des cas, et comme des “faux Juifs” ou des représentants du “Erev rav”, pour reprendre les termes du rabbin Chaya. S’il prenait la peine d’étudier l’histoire du sionisme, au lieu de se contenter de colporter les rumeurs qui circulent dans certains milieux, il saurait que ces légendes ne valent pas mieux que celles que rapportaient autrefois les mitnagdim au sujet des Hassidim, ou que ces fausses rumeurs que nos ennemis ont diffusées à notre sujet pendant des millénaires, avec les conséquences que l’on sait.

herzl2.jpgHerzl était un grand Juif, un “nouveau Moïse”, comme l’a montré le Dr Weisz dans son ouvrage “Herzl, une nouvelle lecture”. Jabotinsky était lui aussi un Juif fier, certes éloigné de toute pratique religieuse (ce qui ne l’a pas empêché de se rendre chaque jour à la synagogue pendant l’année du décès de son père, mort alors qu’il avait seulement six ans, comme il le relate dans son Autobiographie, que j’ai eu le plaisir de traduire en français). Qualifier Herzl de “Erev rav”, ou accoler au nom de Jabotinsky celui du plus grand ennemi de notre peuple n’est pas seulement une insulte à tous les Juifs, disciples du Roch Betar ou non, c’est une insulte à l’intelligence. C’est une insulte qui porte atteinte au respect que l’on doit à nos grands hommes et, par ricochet, cette insulte rejaillit sur ceux qui prononcent de telles paroles.

M. Ron Chaya a le droit de ne pas fêter Yom Ha’atsmaout, de ne pas dire le Hallel, avec ou sans bénédiction, et de continuer à vaquer en ce jour sacré à ses occupations comme si de rien n’était… Il s’exclue ce faisant de la majorité de notre peuple qui, en Israël comme dans la Gola, se réjouit de voir la fin de notre exil et le début de notre délivrance, “Rechit Tsmi’hat Géoulatenou”. On m'objectera sans doute que ses propos sont des inepties ne méritant aucune réponse, mais cela serait une erreur. Car de nombreux jeunes Juifs qui ont soif de Torah et de connaissance vont étudier dans sa yéchiva, et ils sont exposés, entre deux pages de Guemara, à son fiel antisioniste. Le plus affligeant est de voir que le miracle de la création d’Israël et du Rassemblement des exilés est aujourd’hui reconnu par de plus en plus de personnes, juives ou non, et que ce sont précisément des rabbins de son obédience qui demeurent obstinément aveugles face aux Hauts faits de l’Eternel… Comme il est dit dans les Psaumes du Roi David, “Ils ont des yeux et ne voient pas, ils ont des oreilles et n’entendent pas..”. Hag Hatsmaout Saméa’h !

Pierre Itshak Lurçat

24.04.2011

La Vision d’Ezéchiel et l’Etat d’Israël

loulek.jpgDans un passage de sa magnifique autobiographie, récemment traduite en français (sous le titre Loulek, l’histoire d’un enfant de Buchenwald qui devient grand rabbin d’Israël), le rav Meir Lau relate son séjour à Ecouis, dans une maison de l’OSE, avec 500 enfants rescapés de Bergen-Belsen et de Buchenwald. Un jour, un des plus âgés du groupe, Aharon Feldberg, s’adresse aux enfants et leur parle du Livre d’Ezéchiel et de la prophétie des Ossements desséchés, qui l’a accompagné pendant toutes les années de la guerre. Il conclut son discours par ces mots : “Nous sommes les ossements desséchés… L’Europe est notre cimetière. D.ieu a dit au prophète Ezéchiel qu’Il ouvrirait les tombes pour nous extraire de ce charnier et nous ramener en Terre d’Israël”.

Ce sentiment d’avoir vécu dans leur chair la résurrection évoquée par le prophète Ezéchiel a été partagé par de nombreux rescapés de la Shoah. Et même le lecteur né après la Shoah et la création de l’Etat d’Israël ne peut s’empêcher de penser, en lisant la prophétie d’Ezéchiel, aux événements fondateurs pour la conscience juive contemporaine que sont la destruction des Juifs d’Europe et la renaissance du peuple Juif souverain sur sa terre.

 

Ezekiel’s_Vision_of_the_Valley_of_Dry_Bones.jpg

 

La main du Seigneur se posa sur moi et le Seigneur me transporta en esprit et me déposa au milieu de la vallée, laquelle était pleine d’ossements. Il me fit avancer près d'eux, tout autour; or, il y en avait un très grand nombre à la surface de la vallée, et ils étaient tout desséchés. Il me dit: "Fils de l'homme, ces ossements peuvent-ils revivre?" Je répondis "Seigneur Dieu, tu le sais." Et il me dit: "Prophétise sur ces ossements et dis-leur: Ossements desséchés, écoutez la parole de l'Eternel ! Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements: Voici que je vais faire passer en vous un souffle, et vous revivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître autour de vous de la chair, je vous envelopperai d'une peau; puis je mettrai en vous l'esprit, et vous vivrez; et vous reconnaîtrez que je suis l'Eternel." Je prophétisai comme j'en avais reçu l'ordre. Il se fit une rumeur, comme je prophétisais, puis un frémissement, et les os se rapprochèrent en s'ajustant l'un à l'autre. Je vis qu'il y avait sur eux des nerfs, qu'une chair s'était développée et qu'une peau s'étendait par-dessus, mais de souffle, il n'y en avait point encore. Il me dit fais appel à l'esprit, fais appel, fils de l'homme, et dis à l'esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu'ils revivent...

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17.04.2011

Pessah, par Jacques Kupfer

Jacques KUPFER.jpgJe dois avouer que pendant de nombreuses années, la sortie d’Egypte resta un mystère à mes yeux. Non pas la sortie de l’esclavage vers la liberté mais le comportement de certains de ceux qui partirent avec Moise. Un mystère pour comprendre comment ces personnes qui eurent la chance de voir de leurs propres yeux les miracles de l’Eternel en faveur de son peuple, purent rejeter le destin qui leur était offert.

Ce mystère m’est apparu tout résolu en contemplant les arcanes de la vie publique israélienne et juive. Déjà, il est évident que l’Hébreu qui a accusé Moise d’avoir tué un égyptien a fait souche et trouve ses descendants dans les membres de l’organisme de délation « BeTselem ».

Ceux qui se montrèrent tellement impatients qu’ils n’ont pu attendre le retour de Moise et le don des dix commandements, ont construit un veau d’or. Il y avait certainement parmi eux de hautes personnalités qui de nos jours auraient mendié un Prix Nobel. Nous retrouvons leurs descendants dans les membres de « Chalom Akhchav », dans ces israéliens impatients de construire un nouveau veau d’or, une idole immédiate au doux nom de paix.

Parmi ceux qui paniquèrent à la vue des chars de Pharaon, ceux qui voulaient retourner en esclavage ou en Exil, ceux qui se mirent à prier passivement sans prendre de mesures de protection, ceux qui voulaient un « cessez le feu » avec les archers égyptiens, nous retrouvons ces partis israéliens antisionistes, asionistes ou stupidement et dangereusement pacifistes.

Quant aux explorateurs qui estimèrent qu’ils étaient trop petits par rapport à l’occupant trop puissant de la Terre promise, nous les retrouvons dans cette gauche israélienne étriquée et inconséquente.

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12.05.2010

SHABBAT A HEBRON!

VENEZ PASSER UN CHABBAT INOUBLIABLE A HEBRON, VILLE DES PATRIARCHES!

RENSEIGNEMENTS DAVID 054-687 82 17 (APRES 18H)

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29.01.2010

L'homme et l'arbre dans la Kabbale, réflexions à l'occasion de Tou-Bichvat

Rabbin Alexandre Safran

 

arbre.jpgA l'occasion de Tou-Bichvat, le "Nouvel An des Arbres" qui tombe ce soir, je mets en ligne ces extraits du beau livre du rabbin Alexandre Safran, Sagesse de la Kabbale, paru chez Stock. Hag Saméa'h et chabbat chalom ! P.I.L.

 

L'arbre et l'homme. Leur commune destinée.

 

La Kabbale voue donc à l'arbre une attention particulière, en raison de la similitude qu'ell voit entre lui et l'homme. Plus qu'une ressemblance, c'est une véritable parenté qu'elle vit entre la couronne du monde végétal, l'arbre, et la couronne du monde animal, l'home. Cette parenté entre les représentants de ces deux mondes amis s'exprime à travers leur aspect et leur vocation : tous deux sont "debout", "porteurs de fruits", et tous deux offrent leur protection à ceux qui en éprouvent le besoin.

Se dressant verticalement, l'arbre regarde vers les cieux ; l'homme "debout devant Dieu", "lève les yeux vers les hauteurs". L'arbre nourrit et réconforte les hommes grace à ses fruits ; l'homme, et plus particulièrement le tsaddik, le "juste", aide et fortifie ses semblables par ses fruits qui sont ses bonnes actions, car, dit la Bible, "il y à du fruit pour le juste" et "le fruit du juste est un arbre de vie"...

Oui, la Bible affirme que "l'arbre des champs, c'est l'homme lui-même". A une différence près, observe le Maharal (XVIe siècle) : l'arbre a ses racines enfouies dans la terre et dresse ses branches vers les hauteurs, tandis que l'homme a ses racines dans les cieux et dirige ses branches vers le bas...

Cependant, une communauté de destin s'établit entre l'arbre et l'homme. Ce dernier la ressent et c'est pourquoi il manifeste son attachement envers l'arbre. Le Juif l'exprime en célébrant, outre le nouvel an de l'homme, Roche HaChana La-Chanim, ("Tête de l'année pour les années"), le nouvel an de l'arbre, Roche Hachana La-Ilan ("Tête de l'année pour l'arbre").

Le nouvel an des Années et le nouvel an de l'arbre se distinguent l'un de l'autre par la saison durant laquelle ils sont célébrés. Le nouvel an des Années est feté en automne et le nouvel an de l'arbre au printemps. L'automne rappelle à l'homme sa finitude et la durée limitée de sa vie ; le printemps lui offre la renaissance de l'arbre, le renouveau de la vie. Ainsi, d'une part, l'homme est rendu conscient d'être mortel, d'autre part, l'arbre, en ressuscitant, est un signe pour l'homme que sa mort pourrait ne pas être définitive.

 

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