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shoah - Page 3

  • « Mauvaise nuit au Monde » : Souvenirs d’une octogénaire, par Liliane Lurçat

     «Les jeux de fiction sont des jeux de réalité» (H.Wallon)

     

    liliane lurçatSans me vanter, je peux dire que j'ai été convoquée à la Gestapo, rue Lauriston en 1943, j'avais 15 ans et j'en suis ressortie. Indemne.

     

    Ce qui n'a pas empêché qu'on soit arrêtés, ma mère, mon jeune frère et moi, le 21 Janvier 1944, emmenés en autobus vers Drancy, comme 300 Palestiniens (seuls les juifs à l'époque étaient des Palestiniens) résidant à Paris, et dans les mêmes autobus que ceux utilisés en 1942 pour la même direction, Drancy.

     

    Nous en sommes ressortis le 21 Mars 1944, indemnes, mais affamés. Sans transition, nous avons pris le train pour Vittel, camp de prisonniers de guerre des différents pays belligérants, où mon père, arrêté en 1940 dès l'entrée des Allemands en France, nous attendait. Nous en sommes revenus en Octobre 1944, dans des camions conduits par des soldats. Nous étions toujours vivants, mais transformés. Adieu l'adolescence.

     

    A l’hôtel Lutetia où l'on accueillait tous les retours de camps, on nous a triés avec les quelques déportés en tenus rayée, sortis des camps de la mort, d'une maigreur effrayante.

     

    Pourquoi rappeler tout cela? Quels sont ceux qui vivent encore, ayant connu ces temps-là? Ces temps qui ne s'oublient jamais quand on les a vécus.

     

     Je n'insisterai pas sur les décennies marquées par des événements violents, qui ont abouti à la Cinquième République. Je suis à présent la dernière des miens à être encore sur Terre, en 2013. Avec une belle descendance qui m'est restée proche.

     

    De l'époque lointaine de mon enfance, dans le 5ème arrondissement de Paris, période bénie de la vie, où j'ai passé mes vingt premières années, j'ai gardé la mémoire vive des lieux et des ambiances de cet arrondissement.

    shoah,liliane lurçat

    PHOTO : LE FIGARO (C)

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  • Pourim 1953 : Quand Staline préparait une nouvelle Shoah…

     STALINE.jpgLes journaux de ce shabbat sont remplis d’analyses politiques sur les tentatives de formation d’un nouveau gouvernement, mais c’est un tout autre sujet qui a retenu notre attention. Dans Makor Rishon, Amnon Lord revient en effet sur un épisode mal connu de l’histoire contemporaine, celui de la tentative d’annihilation du judaïsme soviétique par Staline, à la veille de sa mort, en mars 1953. Le supplément littéraire de Ha’aretz, de son côté, consacre un grand et passionnant article à ces pionniers du « Bataillon du travail » qui ont défriché la terre et construit les routes d’Eretz-Israël, avant de retourner en URSS, où ils connurent une fin tragique. Extraits.

    « Staline est mort à Pourim, il y a soixante ans. Ou plus précisément aux environs de Pourim, le 5 mars 1953. Il est mort en pleine campagne de haine antisémite en Union soviétique : les persécutions contre les écrivains juifs et l’exécution de 13 d’entre eux, en août 1952, et le complot des blouses blanches en janvier 1953.

    La raison pour laquelle j’évoque Staline est qu’aujourd’hui précisément, en pleine campagne idéologique antisioniste et anti-israélienne, il semble que le dictateur soviétique projette encore son ombre menaçante sur le peuple Juif et sur la politique de l’Occident…

    Après la mort de Staline, le poète Avraham Shlonsky adressa une lettre au peuple soviétique endeuillé, écrivant que « la foule populaire en Israël avait suivi avec émotion et avec une profonde tristesse le cercueil de l’immortel Staline… »

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  • Peter Bergson, l’homme qui a sauvé l’honneur du judaïsme américain pendant la Shoah

    shoah,peter bergson,irgoun,etats-unis« Trop peu et trop tard » : ces cinq mots suffisent à résumer l’attitude des Juifs américains pendant la Shoah et leurs tentatives pour stopper, ou ralentir l’anéantissement des Juifs d’Europe durant la Deuxième Guerre mondiale. Pourtant, au milieu de l’indifférence ou de la pusillanimité qui caractérisèrent la plupart des dirigeants et associations juives aux États-Unis à cette époque, une poignée d’hommes ont su agir en déployant des trésors d’imagination et de courage et ont en quelque sorte sauvé l’honneur du judaïsme américain pendant ces heures noires. A leur tête se trouvait un militant sioniste révisionniste dont le nom est largement oublié, tant en France qu’en Israël : Hillel Kook, alias Peter Bergson. Portrait d’un héros méconnu.

    Né en Lituanie en 1915, Hillel Kook est le fils du rabbin Dov Kook, jeune frère du premier grand rabbin d’Eretz-Israël, le fameux rav Avraham Itshak Hacohen Kook. En 1924, sa famille immigre en Palestine mandataire où son père est nommé rabbin à Afoula. Le jeune Hillel étudie à la yéchiva Merkaz Harav de Jérusalem (fondée par son oncle) et à l’université de Jérusalem, où il fréquente un groupe étudiant dans les rangs duquel il fait la connaissance de deux futurs dirigeants de la résistance juive clandestine : David Raziel et Avraham Stern...

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