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liliane lurçat - Page 2

  • A propos d'Alain Finkielkraut - En lisant la Correspondance de Stefan Zweig et Joseph Roth, par Liliane Lurçat

     

    Finfkielkraut, Liliane lurçat, ZweigJ'ai sur mon bureau, à ma droite, "La correspondance Stefan Zweig – Joseph Roth" et à ma gauche en exemplaire de l'hebdomadaire "Le Point" avec, en grand sur la couverture, le portrait d'Alain Finkielkraut, qui s'interroge : "Peut-on encore être français", esquissant de ses deux mains aux doigts écartés, une sorte de danse espagnole.

    Philosophe de la déploration, il ne souffre pas de son excès de popularité, et ne rougit pas d'être ce qu'il est : maître à penser, autorité intellectuelle et morale.

    Je me souviens être passée une fois dans son émission, sur le thème de l'enseignement de la lecture, lors de la sortie de mon livre : "La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs".

    Dans ce livre, je critiquais les thèses de Foucambert, alors très en vogue, sur la manière d'enseigner la lecture, consistant à "prendre du sens avec les yeux" en picorant un mot de ci de là sans respect de leur alignement.

    Appliquées par des disciples enthousiastes et bornés, à l'époque où Jospin était premier ministre, elles ont contribué à la généralisation de l'illettrisme dans ce pays.

    Finkielkraut est péremptoire. Au cours de notre entretien, sans avoir compris le problème pédagogique tel qu'il se pose en permanence: l'apprentissage comporte des étapes indispensables à l'acquisition des automatismes de base: lire, écrire, calculer.

     

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    Péremptoire: Alain Finkielkraut


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  • Comme un souffle puissant le passé remonte

     

    Il submerge mon présent , c'est une lame de fond

    qui masque ce qui est, occupe les lieux quotidiens

    en les remplissant de revenants qui parlent, chantent et plaisantent,

    à l'ancienne,  comme quand ils étaient vivants

     

    Ils sont, à présent , plus nombreux que les vivants que je connais,

    ces morts qui ramènent le passé, qui fut ,à mes yeux,

    meilleur que le présent, tout en étant brûlant de guerres et de combats

    sans être  pourtant le néant des temps présents

     du moins pour qui a survécu.

    Ces temps apportent les malheurs  les plus effrayants : l'irréversible fin

    de ce qui semblait durer

    pour l'éternité.

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  • Queneau, Perec et les jeunes poètes, Liliane Lurçat

    perec,liliane lurçat,queneauC'était en 1955. J'avais quitté les écoles du 6ème arrondissement pour un quartier populaire du 15ème. Les gens vivaient à l'hôtel ou dans des logements vétustes. Les enfants étaient de milieux très pauvres. Le fils du « chef des camions de poubelles » comme il appelait son père m'avait même offert un bouquet, ramassé dans une poubelle !

     

    Dans l'école des garçons du quartier, je menais les recherches de Wallon tout en en débutant les miennes sur le langage écrit de l'enfant. L'école était semblable à celle de mon enfance. Elle comportait une classe de perfectionnement où des enfants qui avaient des problèmes lourds étaient accueillis, pour rendre service aux parents. Je recevais les enfants individuellement, dans une salle mise à ma disposition.

     

    Mes recherches consistaient à faire faire une copie, une dictée, une rédaction avec deux étapes, une partie orale et une partie écrite. C'est de la rédaction qu’il est question ici. Partie orale, question, « Comment est la rue » ? Partie écrite : « écris ce que tu viens de dire »

    Les enfants examinés venaient de trois classes, le cours préparatoire, le cours élémentaire première année et la classe de perfectionnement. Grosso modo, la partie orale consistait dans des réponses aux questions. Elles étaient progressivement plus développées.

    D'abord la réponse est sommaire, elle se compose d'un mot unique : longue, grise, sale etc... Ensuite vient l'énumération de mots, puis celle de phrases. « tournée verticale » ; « espacée droite » ; « espacée, droite, sale, malpropre ».

    Apparaît la phrase sommaire : « la rue est grise », « Elle a des cailloux ».

    Ensuite, la description : « Il y a des messieurs qui se promènent, il y a des voitures ».

    Dans la classe de perfectionnement, on n'observe pas de notation présentant l'évolution décrite précédemment :

    Gilles, 9 ans 3 mois :

    Oral «Elle est comme de l'eau parce que par terre c'est bleu ». Ecrit : « la ru a les candelo parté sé bue »

     

    perec,liliane lurçat,queneau

    Récréation a l'école des garçons de Thiant dans les années 1950.

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