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gaza - Page 3

  • Guerre de Gaza : les pompiers pyromanes

    Je reproduis le debut de l'excellent edito de Cyrano sur Riposte Laique

    L’EDITO DE CYRANO

    Les laïques ne manifestent pas avec des fanatiques religieux

    lundi 12 janvier 2009

    "Il ne faut pas importer le conflit israélo-palestinien en France", clament à l’unisson tous les responsables politiques à qui on tend un micro. Noble intention, qui devrait couler de source dans un pays où on ne reconnaît pas les communautés, mais les citoyens de la République. Pourtant, par leur attitude, ces dernières semaines, certains, qui veulent aujourd’hui jouer les pompiers, ne se sont-ils pas comporté en pyromanes ?

    Ainsi, la plupart des reportages ou commentaires, sur les chaînes publiques, sont d’une partialité incroyable et d’une complaisance rare vis-à-vis du Hamas. Montrer principalement des images d’enfants ensanglantés, inviter sur les plateaux de télévision un Tariq Ramadan ou la porte-parole des « Indigènes de la République », sans leur opposer d’interlocuteurs capables de contrer leurs discours démagogiques et haineux, contribue-t-il vraiment à diminuer les tensions ?

    Dans ce contexte, 130.000 manifestants, dans toute la France, ont encore défilé samedi dernier, certains pour réclamer la paix mais beaucoup pour brûler des drapeaux israéliens, faire flotter le drapeau des fascistes du Hamas, et scander des « Allah akbar ».

    Ces manifestations contribuent-elles à diminuer les tensions ?

    Question taboue : qui constitue majoritairement ces cortèges ?

    D’après une dizaine de nos correspondants, les chiffres donnent environ 70 à 80 % de manifestants de culture arabo-musulmane, et 20 à 30 % de « Souchiens », pour reprendre l’élégante expression de la porte-parole des « Indigènes de la République », (1) admiratrice du Hamas, dont les propos sur les Blancs n’ont rien à envier aux provocations racistes de Jean-Marie Le Pen, autre admirateur du Hamas.

    Il est d’ailleurs fort intéressant de noter la similitude étonnante entre les propos de patron du Front national, ceux des islamistes et ceux de certains gauchistes. (2)

    Au regard des images subies, et des commentaires assénés, midi et soir, faisant état d’un véritable massacre, voire d’un "génocide" du peuple palestinien, on a connu le « peuple de gauche » capable de se mobiliser davantage.

    On est bien loin de l’onde de choc qu’avait provoquée la guerre d’Irak, et des manifestations monstres qui avaient suivi la décision de Bush.

    Comment s’en étonner ? Pourquoi les esprits libres iraient-ils manifester avec des fanatiques religieux, alors que quotidiennement, ils perçoivent la menace que ces gens-là font peser sur la laïcité et sur les valeurs républicaines de notre pays ?

    Pourquoi iraient-ils manifester avec des gens dont ils sentent ... SUITE SUR LE SITE

  • Le sens de la bataille de Gaza, Antisionisme radical et nouvelle judéophobie (P. A. TAGUIEFF)

    Entretien d'Aleksandra Rybinska avec Pierre-André Taguieff publié dans l'édition datée du 10-11 janvier 2009 du grand quotidien polonais Rzeczpospolita ("La République") de Varsovie (entre 225 000 et 260 000 exemplaires vendus)

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    P. A. TAGUIEFF

    La guerre entre Israël et le Hamas a encore donné lieu à des manifestations de sympathie pour la Palestine à travers le monde. « Nous sommes tous des palestiniens » semble être le motto de beaucoup d'intellectuels en Occident.
    D'où provient cette sympathie presque aveugle ?

    Pierre-André Taguieff : Ces manifestations, souvent violentes, sont d’abord le fait de barbus et de femmes voilées, donc d’islamistes, accompagnés de divers milieux de la nouvelle extrême gauche, anti-impérialiste et néo-tiersmondiste, dont les deux ennemis absolus sont les États-Unis et Israël. La tendance dominante chez les intellectuels occidentaux est toujours la préférence pour l’extrémisme : la radicalité, qu’elle soit communiste ou islamiste, continue de les séduire.

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    Où sont passées les voix de la raison ? Pourquoi l'État d’Israël, malgré des efforts de propagande, ne parvient-il pas à trouver un large soutien international, et particulièrement dans les médias étrangers ? On a l'impression que même les intellectuels juifs, dans le New York Times, préfèrent ne pas trop pencher en faveur de l'État juif…

    P-A.T. Israël a longtemps joui d’un capital de sympathie. Or, celui-ci a commencé à se dissiper après les massacres de Sabra et Chatila (été 1982), commis par des milices chrétiennes percevant les Palestiniens comme des envahisseurs et des pillards.

    Mais, par une opération de propagande fort bien orchestrée, ces massacres ont été mis au compte du général Sharon, diabolisé par tous les moyens. Jusqu’en 2005, Israël ne s’est guère soucié de son image dans le monde, dont pourtant toutes les enquêtes d’opinion montraient la dégradation.

    Dans l’après-Sharon, les tentatives israéliennes pour contrer la propagande propalestinienne se sont heurtées à un mur : le pli avait été pris, les médias s’étaient alignés sur les positions « antisionistes », alimentées par l’idéologie victimaire centrée sur la figure du Palestinien innocent, donc de l’enfant palestinien, érigé en victime maximale. Cette idéologie a été habilement diffusée par les réseaux palestiniens dans le monde entier.

    Nombre d’intellectuels juifs étatsuniens et européens, souffrant de la judéophobie ambiante, pensent se faire accepter par un milieu hostile en prenant des positions radicalement anti-iraéliennes, « antisionistes », etc. Ils deviennent ainsi des « Juifs non-juifs », puis des « alterjuifs », pour finir comme des « Juifs antijuifs ». Le cas le plus évidemment pathologique est celui de l’intellectuel américain antisioniste et pro-négationniste Noam Chomsky, applaudi par Oussama Ben Laden et Hugo Chávez.

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    Parfois il semble même qu’Israël est l'État le plus détesté au monde ?

    P-A.T. Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens, … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal. Ce traitement absolument diabolisateur est réservé en effet à Israël.

    On peut observer une haine particulièrement virulente envers l'État d’Israël chez les intellectuels de gauche, en partant de la gauche-caviar jusqu'aux mouvements antimondialistes. En France et ailleurs. La vieille propagande antisioniste de l’URSS fonctionne toujours?

    P-A.T. Le berceau de l’antisionisme radical, qui représente la principale forme contemporaine de la judéophobie (ou, pour employer un mot impropre, de l’« antisémitisme »), est en effet le communisme soviétique qui, de 1948/49 au début des années 1970, a diffusé mondialement la plupart des thèmes d’accusation visant Israël (« fascisme », « impérialisme », « racisme », « colonialisme », etc.).

    L’antisionisme d’origine stalinienne a fusionné avec l’antisionisme arabe mis au point dans les années 1950 et 1960 par les réfugiés nazis au Caire (Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels, notamment). Les milieux occidentaux tiers-mondistes ont suivi, et bien entendu toutes les variétés de l’extrême gauche, trotskistes compris.

    Nous en sommes toujours là : rien de nouveau n’est apparu dans le discours antisioniste radical.

    Pendant longtemps, la gauche a quand même soutenu Israël. C'était lié en partie à l’Holocauste. Ensuite on a pu observer une certaine schizophrénie : la gauche condamnait les attentats terroristes perpétués par les Palestiniens et, en même temps, soutenait la cause palestinienne. Ça a changé. Peut-on dire que la gauche a trahi les Juifs?

    P-A.T. La gauche avait déjà abandonné les Juifs après 1945, lorsqu’elle était sous influence stalinienne. Après la disparition de l’empire soviétique, la gauche s’est trouvée de nouveaux maîtres à penser, des anarcho-trotskistes au sous-commandant Marcos, de Chomsky à José Bové.

    Les mouvements anti-mondialisation dits « altermondialistes » ont pris la relève du « génial camarade Staline » et du « Grand Leader » Mao. Diverses combinaisons de positions anticapitalistes radicales, d’antiaméricanisme et d’antisionisme sont apparues dans les années 1990 et 2000.

    Une partie de la gauche française, par exemple, la plus engagée dans l’anti-mondialisation, est revenue à ses positions anticapitalistes et antijuives d’avant l’affaire Dreyfus.

    Quel intérêt réel a la gauche aujourd'hui à soutenir la cause arabe?

    P-A.T. En Europe, la gauche et surtout l’extrême gauche se sont engagées dans une stratégie de conquête de l’électorat musulman. Ce qui implique beaucoup de complaisance à l’égard des islamistes radicaux comme à l’égard du terrorisme palestinien, toujours excusé au nom de la « juste révolte des humiliés ».

    Les leaders de gauche, comme ceux de droite, croient pouvoir ainsi éviter l’Europe soit visé par le terrorisme. Illusion très répandue. En outre, la gauche, comme la droite, est saisie par la hantise d’être privée de pétrole. C’est la composante « réaliste » de son parti pris pro-arabe.

    Pourquoi l'Occident accuse-t-il Israël de racisme...

    SUITE SUR PRIMO

  • Guerre a Gaza : la diplomatie française et les Juifs

    Du "peuple sûr de lui et dominateur" à la réaction "disproportionnée" d'Israël

    La diplomatie française et les Juifs

     

    Pierre Itshak Lurçat

     

     

    La fameuse déclaration du général De Gaulle sur le "peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur" avait en son temps fait couler beaucoup d'encre et suscité d'innombrables réactions. Raymond Aron avait exprimé sa profonde déception et, pour la première fois de sa carrière d'intellectuel et de journaliste français, il avait réagi en Juif. Le dessinateur Tim (Louis Mitelberg de son vrai nom) avait lui aussi exprimé le sentiment de nombreux Juifs (et non Juifs) à l'époque, en représentant un déporté juif squelettique dans un camp de concentration, avec le sous-titre "sûr de lui et dominateur"...

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    On imagine aisément comment  un dessinateur talentueux comme Tim aurait pu illustrer la récente déclaration du président Nicolas Sarkozy... Le philosophe André Glucksmann a expliqué pourquoi il était absurde de qualifier de "disproportionnée" la réaction israélienne, concluant son article par cette belle maxime : "il n'est pas disproportionné de vouloir survivre". Car c'est bien de cela qu'il est question, aujourd'hui comme hier. L'armée de Défense d'Israël se bat pour notre survie, face à une formidable coalition qui comprend, outre le Hamas et le Hezbollah, la Syrie, l'Iran, et aussi une grande partie des médias et de l'opinion publique internationale, qui soutiennent nos ennemis, considérant que la destruction de l'Etat juif serait une "solution" pratique au conflit du Moyen-Orient, et non pas, comme le pensait Aron, un "scandale qui lui ôterait la force de vivre..."

     

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    Plusieurs éditorialistes israéliens ont ironisé sur le voyage éclair de M. Sarkozy dans notre région, officiellement destiné à obtenir un cessez-le-feu, mais qui relevait plus de la diplomatie voyante et frénétique qui le caractérise, que d'une mission de bons offices véritable et sincère. M. Sarkozy, par ses déclarations renvoyant dos-à-dos Israël, Etat démocratique membre de la communauté des nations, et le Hamas, organisation terroriste islamiste, a en effet dilapidé le capital de sympathie dont il jouissait aux yeux des Israéliens et d'une large partie des Juifs à travers le monde.

     

    En réalité, le président français a surtout fait la preuve que, nonobstant toutes ses déclarations d'amitié pour l'Etat juif, sa politique étrangère demeurait fidèle aux principes qui guident le quai d'Orsay depuis de nombreuses décennies. Celle-ci – la fameuse "politique arabe de la France" – a récemment fait l'objet d'un ouvrage passionnant de l'historien britannique David Pryce-Jones 1. Il montre, par une analyse documentée et convaincante, que les acteurs du "Quai" ont été très souvent motivés par des préjugés antisémites virulents, qui guidaient leurs prises de position envers le mouvement sioniste (avant 1948) puis envers l'Etat d'Israël. Comme cet ambassadeur de France à Varsovie qui, dans les années 1930, affirmait qu'en Pologne, "le seul moyen contre les Juifs paraît être le pogrome"...

     

    Le parti-pris antisioniste de Sarkozy

     

    On ne peut évidemment soupçonner le président Sarkozy d'antisémitisme, au sens courant du terme. Mais sa déclaration sur la "disproportion" de la réaction israélienne relève pour le moins d'un parti-pris antisioniste. Car comment interpréter autrement le refus d'accorder à Israël le droit élémentaire, dont disposent tous les Etats, de protéger ses citoyens, en usant de la force militaire et de tous les moyens dont il dispose ? Glucksmann a bien montré tout l'absurde d'une telle position. "Quelle serait, écrit-il, la juste proportion qu'il lui faudrait respecter pour qu'Israël mérite la faveur des opinions ? L'armée israélienne devrait-elle ne pas user de sa suprématie technique et se borner à utiliser les mêmes armes que le Hamas, c'est-à-dire la guerre des roquettes imprécises, celle des pierres, voire à son libre gré la stratégie des attentats-suicides, des bombes humaines et du ciblage délibéré des populations civiles ?

     

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    Aucun Etat au monde ne réagirait aux attaques contre ses civils dont Israël a été victime par des moyens militaires "proportionnés". Ni la Russie, ni les Etats-Unis, ni même la France, ce petit pays vertueux qui donne des leçons de morale au monde entier et dont la ministre de l'Intérieur convoque ensemble Juifs et Musulmans pour les morigéner, quand des synagogues sont incendiées par des islamistes (des "jeunes", en novlangue politique correcte). Refuser à Israël le droit dont disposent tous les Etats – celui de se défendre, de répliquer militairement aux attaques, y compris par des rispostes 'disproportionnées' et avec tous ses moyens militaires – c'est considérer Israël comme le "Juif des Etats", pour reprendre l'expression très pertinente de Paul Giniewski 2 .

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    La riposte de Tsahal, au bout de huit années de tirs de missiles ininterrompus contre les villes du Néguev, a un seul tort, aux yeux des Israéliens : celui d'avoir trop tardé. Et son objectif principal, avant même la cessation des tirs de Qassam, ou l'écrasement du Hamas, est de restaurer la force de dissuasion d'Israël, largement entamée, face à nos ennemis aux ambitions génocidaires de Téhéran, Beyrouth ou Gaza. Si la réaction de notre armée, dans toute son indispensable brutalité, a pu montrer au Hamas et à ses alliés et protecteurs que nous avons conservé intacte – malgré la politique désastreuse d'Oslo, malgré les retraits du Sud-Liban et de Gaza – notre volonté de survie, alors cette guerre est déjà une victoire, n'en déplaise à Messieurs Kouchner, Sarkozy et à tous ceux qui n'aiment voir en Israël que la figure christique du Juif souffrant et sans défense, et non celle d'un peuple souverain revenu sur sa Terre ancestrale.

     

    1. David Pryce-Jones, Un siècle de trahison, la diplomatie française et les Juifs, Denoël 2007.

    2. Voir notamment son dernier livre paru, Israël et l'Occident, obscurités et clartés, Cheminement 2008.

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