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gaza - Page 2

  • "Torat Hamelekh" : une tentative pour redonner à Tsahal les moyens de vaincre

    תורת_המלך.jpg« Torat Hamele’h » - la « Loi du Roi ». Le titre mystérieux de ce livre traitant de loi juive  a fait la Une de l’actualité en Israël pendant des semaines, pourtant presque personne, en dehors des étudiants de la yéchiva « Od Yossef ‘Haï », n’a pris la peine de le lire ou de se renseigner sur son contenu véritable, pas même les journalistes qui ont écrit sur ce sujet (je ne parle pas, évidemment, des journalistes des médias français, qui écrivent à longueur de journée des mensonges pour calomnier Israël). Et pourtant, s’ils avaient pris la peine de faire cet effort, ils auraient découvert que le livre Torat Hamele’h n’est pas un livre scandaleux, voire « raciste », à interdire mais au contraire un livre passionnant à lire et à faire lire ! Quant aux rabbins qui ont donné leur imprimatur, ils mériteraient sans doute, au lieu d’être accusés et traînés dans la boue, de recevoir le prix Israël… En exclusivité pour Israël Magazine, nous avons lu Torat Hamele’h et nous vous révélons son contenu authentique.

     

    Dans son beau livre Le bouclier de David, notre regretté confrère Paul Giniewski relatait un entretien qu’il avait eu avec le grand rabbin de Tsahal, le rav Chlomo Goren, à la fin des années 1950. Ce dernier lui avait expliqué comment il parvenait à concilier la hala’ha (loi juive) et les exigences de la vie militaire au sein de Tsahal, et avait cité à ce propos le grand décisionnaire et philosophe juif Maïmonide, qui écrivait que « quand l’armée pénètre et conquiert le territoire ennemi, elle peut manger de la viande non cachère lorsqu’elle a faim et ne trouve rien d’autre à manger… ». Cette loi, explique le rabbin Goren, se fonde sur le principe essentiel voulant que la Torah est une « loi de vie », faite pour l’homme. Ce principe a des conséquences multiples, qui vont bien au-delà des questions de cacherout.

     

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    Le Rav Goren sonnant du Shoffar sur le Mont du Temple en 1967

    Pendant des siècles, il est vrai, la loi juive n’a guère abordé le domaine du droit de la guerre, qui est resté en friche depuis l’époque du Talmud et jusqu’au vingtième siècle, avec l’exception notable du grand Maïmonide. Ce n’est qu’avec le retour d’Israël sur sa terre et la création d’une armée juive que les décisionnaires ont recommencé à se pencher sur ces questions cruciales. C’est dans ce contexte que s’inscrit le livre Torat Hamele’h, écrit par des rabbins à destination d’un public versé dans l’étude de la Torah. Le livre s’ouvre par un chapitre portant sur l’interdiction de tuer un non-Juif. Contrairement à une accusation trop répandue chez les ennemis d’Israël, en effet – et parfois diffusée par des Juifs ignorants ou malveillants – l’interdiction du meurtre dans la Torah s’applique indistinctement aux Juifs et aux non-Juifs.

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  • La guerre d’Israël contre le Hamas: trois ans plus tard...

    gaza,hamas,israelRelisant trois ans plus tard cette chronique de la guerre contre le Hamas, on ne peut s'empêcher de s'interroger : pourquoi Israël ne trouve un semblant d'unité que dans la guerre? Est-ce notre destin d'être sans cesse ballotés entre une guerre extérieure et les appels à la guerre civile? Sujet grave sur lequel je reviendrai très bientôt. P.I.L



    De plomb, des toupies et de l’héroïsme juif

    Pierre Itshak Lurçat


    Les opérations militaires déclenchées samedi dernier par Israël contre le Hamas ont reçu le nom d’opération « Oferet yetsouka », c’est-à-dire « plomb fondu ». Les médias étrangers ont tous repris cette dénomination, sans s’interroger généralement sur sa signification. « Oferet », le plomb en question, évoque en français celui dont sont faites les balles, ou encore les soldats de plomb… Mais en hébreu, l’expression « plomb fondu » fait référence à tout autre chose : il s’agit d’une allusion à une chanson écrite par le poète Bialik sur la fête de Hannoukah, dont une strophe dit : « mon oncle m’a offert une toupie, une toupie de plomb fondu ».

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    Haim Nahman BIALIK

    Certains commentateurs en Israël n’ont pas manqué d’ironiser sur le choix de ce nom donné aux opérations militaires. Une toupie, pour désigner une guerre meurtrière contre le Hamas ? Une chanson de Bialik, le « poète de la renaissance nationale juive », qui est enseigné aujourd’hui surtout aux enfants des écoles maternelles et primaires ? S’agit-il d’un trait d’humour mal placé de la part d’un membre de l’état-major ? La tendance israélienne à se moquer de tout - et surtout de soi-même – et la manie très actuelle de briser tous les mythes, même les plus beaux et les plus essentiels à notre survie en tant que nation, ne doivent pourtant pas masquer ce qu’il y a de vrai et de profond dans ce choix, qui exprime mieux que des longs discours l’attitude juive envers la guerre et envers l’héroïsme militaire.

    Israël uni dans la prière et dans la guerre

    Dan Margalit écrivait ce matin (dimanche) dans les colonnes du journal Israeli Hayom qu'il y avait des jours, en Israël, où chaque Juif était plongé dans la prière, qu'il soit pratiquant ou non, « dati » ou « hiloni ». En vérité, il n'existe pas de Juif 100 % « hiloni », de Juif qui soit totalement sourd au langage de la prière, qui est sans doute le plus beau cadeau que le peuple Juif a offert à l'humanité. Hier, à Jérusalem, au Kottel où je m'étais rendu pour demander à l'Eternel de protéger nos soldats, il n'y avait pas foule, en cette soirée de sortie du shabbat. Pourtant, on sentait confusément que le pays tout entier partageait cette prière.

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    Et le soir même, le porte-parole de l'armée, le général Avi Benayoun, déclara à la télévision que « tous les citoyens d'Israël étaient unis dans la prière pour le salut de nos soldats », mots qui n'étaient pas des paroles convenues, mais qui exprimaient véritablement la réalité intime du pays en cette heure grave. Le lendemain, tous les journaux publiaient en première page la photo des combattants de Tsahal lisant la prière spéciale rédigée par le rabbin de l'armée, avant de partir au combat. Le quotidien Maariv relatait l'émotion de ces jeunes soldats, au moment où ils recevaient la bénédiction du rabbin de Tsahal, venu les accompagner avant qu'ils entrent dans Gaza.

    Ce soir, alors que s'achève la première journée de combats terrestres, avec aussi, hélas, les premières victimes dans les rangs de nos soldats, ce sont les versets des Psaumes qui sont prononcés dans des milliers de maisons juives, dans tout Israël. Voici ce qu'écrivait le Roi David, et qui prend aujourd'hui un sens nouveau : « Ô Dieu, c'est toi qui me procures vengeance, qui fais tomber des peuples à mes pieds ; qui m'arraches à mes ennemis, me fais triompher de mes agresseurs, et échapper aux hommes de violence » (dans l'hébreu du Tanakh, violence se dit « Hamas »). Si vous n'avez pas encore lu un Psaume pour nos soldats, faites-le sans attendre !

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  • Premières leçons de la guerre contre le Hamas - Pierre I. Lurçat

    Alors que la guerre contre le Hamas déclenchée par Israël pendant la fête de Hannoukah entre dans sa troisième semaine, il est certes encore trop tôt pour dresser un bilan, même provisoire, mais on peut déjà tenter de tirer quelques leçons, qui concernent notamment les aspects militaires, psychologiques, politiques et médiatiques de l'opération "Plomb fondu".

    I. Aspects militaires : un succès pour Tsahal

    Du point de vue strictement militaire, cette guerre apparaît d'ores et déjà  comme un succès indéniable de Tsahal. Même si le Hamas n'était pas totalement détruit (objectif difficile à atteindre) et s'il conservait, à l'issue des opérations en cours, la capacité de nuire et d'envoyer des missiles, il en sortira cependant très diminué : plus de 400 membres de l'organisation islamiste ont déjà  été éliminés, parmi lesquels plusieurs de ses dirigeants, ses infrastructures civiles et militaires ont été gravement endommagées, et sa capacité de riposte s'est avérée très réduite jusqu'à maintenant. Mais c'est surtout sur le plan psychologique que le Hamas a subi une défaite importante et que Tsahal a déjà remporté une victoire, qui efface très largement l'échec cuisant de la Deuxième Guerre du Liban.

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    A cet égard, la guerre actuelle apparaît de plus en plus comme la "revanche" de Tsahal, après l'échec subi à l'été 2006 face au Hezbollah et à ses patrons iraniens et syriens. En effet, si l'échelon politique israélien (et le Premier ministre Ehoud Olmert en premier lieu) n'avaient à l'époque pas voulu tirer les conclusions du rapport Winograd, l'armée, elle, a visiblement travaillé sans relâche, depuis deux ans, pour tirer les leçons de ses défaillances et pour combler les lacunes apparues au grand jour lors de la guerre du Liban. La liste – non exhaustive – ci-dessous illustre les leçons tirées par Tsahal :
    - Logistique et approvisionnement : les graves carences ont été comblées et le spectacle désolant de soldats privés de nourriture et d'équipement de base ne s'est pas reproduit.
    - Définition des objectifs : Tsahal a soigneusement défini ses objectifs, ("porter un rude coup au Hamas et améliorer la situation des habitants du Sud du pays"), sans fixer la barre trop haut. Ces objectifs, modestes mais réalistes, sont pour l'instant en voie d'être atteints.
    - Coordination tactique entre les différentes armes : à l'exception du cruel incident qui a coûté la vie à plusieurs soldats, atteints par un tir ami, elle s'avère excellente.
    - Présence des officiers supérieurs sur le terrain : Tsahal a retrouvé sa grande tradition – illustrée par le fameux commandement "Aharaï", "suivez-moi !" – de l'exemple donné par les officiers, de tous grades, sur le terrain. Le chef d'état-major Gaby Ashkénazi et le commandant de la région Sud, Yoav Galant,  se sont notamment illustrés par leur présence effective sur le terrain, suivant de près les opérations au jour le jour et d'heure en heure, au lieu de les suivre de loin sur un écran "plasma", confortablement installés au fond du "bor" (salle d'état-major à Tel-Aviv)...

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    - Frappes aériennes et renseignement : la réussite impressionnante des frappes menées pendant la première semaine des combats a été comparée par certains observateurs à la destruction de l'aviation égyptienne, aux premières heures de la guerre des Six Jours. Ce succès reposait sur la précision et l'exactitude des renseignements. Contrairement à la propagande du Hamas, souvent relayée par des médias occidentaux peu scrupuleux, le ratio entre les cibles militaires atteintes et les victimes collatérales dans la population civile (400 / 900 au jour où ces lignes sont écrites) est sans doute un des plus élevés jamais atteints dans une guerre de ce type, et l'Opération "Plomb fondu" deviendra certainement, à cet égard, un exemple qui sera étudié dans les écoles militaires.

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    II. Aspects psychologiques : la confiance retrouvée de Tsahal

    Mais c'est surtout sur le plan de la guerre psychologique que cette campagne militaire – quelle qu'en soit l'issue finale – s'avère d'ores et déjà  une victoire incontestable. Le Hamas s'est en effet préparé pendant longtemps à une éventuelle invasion de Gaza par Tsahal, minant les routes et piégeant les maisons. Mais il semble qu'il ne pensait pas que cette possibilité deviendrait une réalité, intoxiqué par sa propre propagande et croyant que Tsahal n'oserait pas entrer avec des forces terrestres à Gaza... Les soldats de Tsahal eux-mêmes, d'après les premiers témoignages que la presse commence à publier, redoutaient d'entrer à Gaza, après avoir entendu pendant des mois les médias israéliens claironner que le Hamas s'était préparé et qu'il les attendait de pied ferme... Le succès de la première semaine d'opérations au sol a de ce point de vue brisé le "mythe" de Gaza. Le Hamas, plus encore que le Hezbollah en 2006, a été défait dans tous les affrontements directs (qu'il a presque toujours cherché à éviter) et les "combattants" du Mouvement de la Résistance islamique se sont montrés sous leur vrai visage : celui de lâches qui se cachent derrière femmes et enfants, trouvent refuge dans des mosquées et des hôpitaux et mettent les civils en première ligne...

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    Psychologiquement, cette victoire militaire a effacé l'échec du Liban, redonné confiance à Tsahal dans ses propres capacités et dans celles de ses chefs et montré au pays – et accessoirement, au monde entier – que l'armée de Défense d'Israël était redevenue Tsahal, c'est-à-dire une armée capable de se battre avec force et détermination et de vaincre, y compris dans le cadre d'un conflit asymétrique 1. C'est en effet un lieu commun de la pensée militaire et stratégique contemporaine qui a volé en éclats ces deux dernières semaines : celui qui voudrait qu'un Etat  démocratique soit impuissant face à une "guérilla" (c'est-à-dire un mouvement insurrectionnel ou terroriste, comme le Hamas à Gaza ou Al-Qaida en Irak). La réalité est tout autre : Tsahal est en train de montrer qu'elle est capable de vaincre le Hamas, et sans doute de l'écraser, pour peu que le gouvernement lui en donne l'ordre et lui laisse le temps et les moyens nécessaires... Ce qui nous amène aux aspects politiques et médiatiques de ce conflit.

     

     

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    II. Aspects politiques et médiatiques : questions et incertitudes

    Depuis 1948, Israël a gagné presque toutes les guerres sur les champs de batailles. Mais c'est sur le terrain politique et diplomatique que les choses se sont révélées les plus difficiles. Les interventions de la communauté internationale, Etats-Unis, Russie et Europe principalement, ont souvent empêché Israël de transformer ses victoires militaires en victoires diplomatiques et ont parfois privé Tsahal des fruits de sa victoire. A cet égard, il est bien évidemment trop tôt pour juger de ce que sera l'issue de la présente guerre et savoir si Israël parviendra à transformer sur le plan politique l'essai qu'il est en passe de remporter sur le champ de bataille de Gaza. Aucun scénario ne peut être exclu à ce stade : poursuite des opérations jusqu'à l'écrasement quasi-total du Hamas, ou conclusion plus ou moins rapide d'un cessez-le-feu dans des conditions plus ou moins favorables à Israël... Il convient de souligner que la durée de la guerre (plus de 2 semaines) est déjà exceptionnelle, ce qui témoigne du choix fort opportun du moment de son déclenchement (entre l'élection et l'entrée en fonctions du nouveau président américain).

    Sur le front médiatique, beaucoup de commentateurs affirment qu'Israël a de nouveau "perdu la guerre"... Il convient de se montrer circonspect pour évaluer cet aspect, certes important, mais dont les enjeux sont délicats à apprécier. La guerre médiatique entre Israël et les palestiniens est devenue depuis plusieurs années un conflit asymétrique, dans lequel Israël est aujourd'hui le protagoniste le plus faible. Dans la guerre actuelle, le Hamas dispose en effet de nombreux avantages, parmi lesquels on peut citer l'utilisation cynique des civils comme "boucliers humains" et des victimes civiles, pour émouvoir l'opinion publique et la retourner contre Israël, et aussi la présence de populations musulmanes importantes – en Europe notamment – qui servent de caisse de résonance à la propagande du mouvement islamiste et donnent l'illusion que la majorité des habitants des pays occidentaux sont hostiles à Israël. L'examen attentif des manifestations de soutien au Hamas qui ont eu lieu ces derniers jours montre cependant que les participants étaient pour la plupart des musulmans ou des membres des partis d'extrême-gauche alliés de l'islam radical.

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    Conclusion

    En conclusion, en nous gardant d'émettre de jugement définitif, à ce stade, sur l'issue du conflit et sur ses conséquences, nous pouvons toutefois constater que Tsahal a tiré les leçons de la guerre du Liban. Les deux premières semaines d'opérations ont montré de manière éclatante que, malgré l'érosion de sa force de dissuasion depuis plusieurs années et malgré l'ethos "postsioniste" qui a gagné de larges secteurs de l'establishment israélien – notamment dans les médias, l'université et la justice – Israël reste un pays fort, déterminé à triompher de ses ennemis et prêt à payer le prix de sa survie. 


    1. Voir sur ce sujet l'article du général Yaakov Amidror, "Winning Counterinsurgency War : The Israeli Experience", www.jcpa.org.

     

    Copyright © 2008 JCPA

    PUBLIE SUR LE SITE DU C.A.P.E. (Centre des Affaires publiques et de l’Etat de Jérusalem)

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