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eurabia - Page 2

  • Interview de Bat Ye'or au sujet de son livre "L'Europe et le spectre du Califat"

    www.upjf.org/

    "J'ai pu vérifier dans les événements actuels et le développement de la dhimmitude en Europe, la permanence des comportements et des politiques des Etats confrontés au jihad, c’est-à-dire le choix entre la guerre ou la soumission. L’Europe a choisi la soumission dès 1973, elle a instauré une culture du mensonge et de la négation dans les instances de l’UE régissant sa politique de sécurité commune. Aujourd’hui nous voyons partout le retour du jihad et de la dhimmitude. Mes thèses qui avaient été ridiculisées et boycottées sont confirmées, ce qui est rare pour un analyste travaillant sur la longue durée mais s’explique par la permanence inaltérée de l’idéologie jihadiste. Je n’en éprouve cependant nulle fierté compte tenu des terribles drames humains vécues par des victimes innocentes du jihad. Une lourde responsabilité pèse sur l’Europe et l’Occident qui ont fait la politique de l’autruche, quand ils n’ont pas joué les apprentis sorciers" [UPJF.ORG]


    PHOTO DE PAUL LANDAU (C)

    Historienne née en Egypte, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Le dhimmi, ou le très remarqué Eurabia, Bat Ye'or a récemment publié en France L'Europe et le spectre du Califat (éditions Les Provinciales), qu'elle présentera le jeudi 18 novembre en exclusivité à Paris, lors d'un dîner-débat organisé par l'UPJF. A cette occasion, elle a répondu à quelques questions pour notre site.

    UPJF : Bat Ye'or, vous présenterez votre dernier livre jeudi à Paris. Quel en est le thème principal ?

    B. Y. Mon livre est construit sur trois axes:

    1) La politique de mondialisation de l’Union européenne qui s’appuie sur la désintégration des Etats nations européens, sur la fusion avec les pays méditerranéens, l’immigration et le multiculturalisme.

    2) La politique de réislamisation de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), qui regroupe 56 Etats musulmans ou à majorité musulmane, plus l’Autorité palestinienne; sa stratégie dans les instances internationales et sa guerre de délégitimation à l’égard d’Israël ainsi que sa politique d’islamisation de l’Europe par le biais du multiculturalisme et la réislamisation des immigrés.

    3) L’impact de l’OCI sur l’Union Européenne par l’étude comparative des stratégies de l’OCI et de celles de l’UE, la similitude de leurs politiques concernant Israël, les Palestiniens, le terrorisme, le jihad, le multiculturalisme et l’immigration. Les mécanismes qu’utilise l’OCI sont le dialogue, les associations internationales, leurs réseaux et sous-réseaux telles l’Alliance des Civilisations, la Fondation Anna Lindh etc. qui servent de passerelles pour l’implantation des stratégies de l’OCI en Europe et minent la démocratie.

    UPJF : Vos travaux sur l'histoire des minorités juives et chrétiennes en terre d'islam (résumés notamment dans votre ouvrage Juifs et chrétiens sous l'islam) vous ont amenée à créer deux néologismes, qui sont entrés dans le vocabulaire politique contemporain : celui de dhimmitude et celui d'Eurabia. En quoi le Califat s'inscrit-il dans le prolongement de vos précédents travaux ?

    B. Y. Le Califat en semble l’aboutissement. L’institution politico-religieuse du califat dura de la mort du Prophète en 632 à 1924 ,quand Ataturk l’abolit. Une majorité dans le monde musulman souhaite à présent le rétablir. Selon l’érudit musulman bien connu du Moyen Age, Ibn Khaldoun, le califat fut établi pour unir les pouvoirs politiques et religieux – qui incluent le pouvoir juridique – afin de mener la guerre contre les infidèles. Aujourd’hui beaucoup voient dans l’OCI la restauration possible du califat. La Turquie semble la mieux désignée pour en prendre la direction et ceci explique le retournement de sa politique envers Israël.

    En ce qui concerne mon travail, j’ai pu vérifier dans les événements actuels et le développement de la dhimmitude en Europe, la permanence des comportements et des politiques des Etats confrontés au jihad, c’est-à-dire le choix entre la guerre ou la soumission. L’Europe a choisi la soumission dès 1973, elle a instauré une culture du mensonge et de la négation dans les instances de l’UE régissant sa politique de sécurité commune. Aujourd’hui nous voyons partout le retour du jihad et de la dhimmitude. Mes thèses qui avaient été ridiculisées et boycottées sont confirmées, ce qui est rare pour un analyste travaillant sur la longue durée mais s’explique par la permanence inaltérée de l’idéologie jihadiste. Je n’en éprouve cependant nulle fierté compte tenu des terribles drames humains vécues par des victimes innocentes du jihad. Une lourde responsabilité pèse sur l’Europe et l’Occident qui ont fait la politique de l’autruche, quand ils n’ont pas joué les apprentis sorciers.

    UPJF : Dans Eurabia, vous décriviez l'émergence d'un nouveau continent, que vous avez décrit comme "un continent de culture hybride arabo-européenne" *. Pensez-vous que ce processus est irréversible ?

    B. Y. Il pourrait le devenir si le système des réseaux transnationaux qui l’a implanté en Europe n’est pas démantelé et si l’Europe, par haine de ses racines juives continue de nier son identité, ses valeurs, son histoire. Deux dangers guettent l’Europe, le multiculturalisme et la gouvernance internationale, c’est-à-dire le transfert des pouvoirs des Etats à des organisations internationales qui sont dominées par l’OCI qui y fait régner la vision coranique du monde et de l’histoire. On le voit bien à l’UNESCO avec la déjudaïsation du patrimoine biblique d’Israël et son islamisation. Notons que cette politique lèse le christianisme autant que le judaïsme puisque le premier se situe dans la filiation de la Bible hébraïque.

    UPJF : La récente décision norvégienne de refuser la construction d'une mosquée financée par l'Arabie saoudite, en invoquant l'absence de liberté religieuse dans ce pays, signifie-t-elle un début de prise de conscience ?

    B. Y. Oui, un tout début bien tardif et insuffisant. Le commandement oeil pour oeil, dent pour dent, est le fondement d’une justice équitable, car elle établit l’égalité entre les deux parties. La loi islamique ne reconnaît pas de talion entre musulman et non musulman car les deux parties ne sont pas égales, elle ne reconnaît que le talion pour les musulmans entre eux – et entre juifs et chrétiens qui sont des infidèles égaux entre eux. Le principe de réciprocité, longtemps refusé en Europe est une affirmation de l’égalité des droits.

     

    * Voir "De la dhimmitude à l'Eurabie", interview de Bat Ye'or par Paul Landau, Jerusalem Post, 2 janvier 2007.

    Dîner-débat le 18 novembre autour de Bat Ye’or

     

    A l’occasion de la sortie de son nouveau livre :

     

    « L’Europe et le spectre du califat »

     

    L’UPJF recevra Bat Ye’or le 18 novembre 2010 à 20h30 précises pour un dîner-débat.

     

    Vous pouvez vous inscrire dès maintenant

    au 01.47.63.07.10 ou  par mail au contact@upjf.org

     

    PAF adhérents : 50 euro

    PAF non Adhérents : 60 euro

  • Les curieuses méthodes de Sifaoui à l’encontre de Bat Ye’Or

    lundi 27 septembre 2010, par Stéphanie Carrouges


    SIFAOUI BARBU.jpgNous verrons si le nouveau livre de Bat Ye’or (L’Europe et le spectre du califat, cf. le blog d’Ivan Rioufol du 13 sept. http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2010/09/lelysee-juge-inacceptable.html), tout en reprenant et continuant l’investigation engagée déjà dans Eurabia ne va pas, en fait, beaucoup plus loin. Mais ce qui importe d’abord c’est une question de méthode : si Mohamed Sifaoui (dans Eric Zemmour, Une supercherie française) se permet si facilement de comparer le travail d’un chercheur aussi méticuleux avec le pastiche des Protocoles des sages de Sion, n’est-ce pas le signe que quelque chose est déjà vicié dans la culture ou la civilisation que l’on « défend » ? Dans le déluge d’informations et les luttes d’influences pour la direction de l’opinion, ou même d’une toute petite portion de celle-ci, est-ce que l’esprit et le travail libres ne devraient pas garder encore quelque valeur aux yeux du public cultivé ? Y a-t-il des réalités accessibles à la recherche – laquelle ne se limite pas à compulser des pages ou des écrans d’ordinateur, mais repose avant tout sur la finesse d’esprit, la délicatesse des relations humaines, et sur l’engagement, le sérieux et le souci de la vérité de toute une vie ? Des réalités accessibles à la raison mais que l’on ne trouve pas forcément étalées en clair dans les journaux ou qui ne font encore l’objet d’aucun enseignement en faculté ? Quelle civilisation défendons-nous ? Le commerce vulgaire avec ses chaînes, son marketing, toutes sortes d’idées et de fonds publics ou secrets se passe très bien de nous, il me semble. Mais quelle civilisation défendons-nous, en fait ?

    Dans la première partie de son nouveau livre, dont des extraits commencent à circuler, Bat Ye’or, une femme en effet, comme l’a rappelé sans beaucoup d’élégance Mohamed Sifaoui, revient sur un tournant de sa propre aventure : « En décembre 2002 un article intitulé “Le dialogue Euro-Arabe et la naissance d’Eurabia” s’affichait sur internet dans de nombreuses langues. Paru dans une modeste revue parisienne [L’Observatoire du monde juif] l’auteur, une inconnue du grand public, situait la politique arabe de la Communauté européenne dans un cadre précis, stratégique et coordonné, appelé le Dialogue Euro-Arabe. »

    EURABIA.jpg

    C’était simplement, en étudiant une masse considérable de documents institutionnels (c’est-à-dire des circulaires, des documents et des rapports tout à fait officiels émanant d’administrations et d’institutions autorisées mais souvent peu connus du public) appliquer la méthode mise au point par des siècles de culture historique en Occident pour étudier et révéler une direction de l’histoire européenne contemporaine radicalement inaperçue.

    Comment le monde des idées politiques et sociales pourrait-il jamais progresser sans une recherche approfondie et qui débouche sur une modeste prise de position ? Modeste toujours est la parole humaine devant les mécanismes puissants qu’elle s’efforce de décrire. On peut bien sûr attendre que les écrans nous dictent le minimum requis pour faire encore partie de l’espèce humaine (animal politique et doué de raison) ou le façonnent. On peut aussi compter pour cela sur tous les fonctionnaires d’État ou d’organisations internationales qualifiés, rémunérés, encadrés et donc très bien tenus. Mais ce système a-t-il besoin d’être défendu encore par nos pauvres moyens ?

    Stéphanie Carrouges

  • Le tournant eurabien de Caroline Fourest - Paul Landau

    Je reproduis l'article de Paul Landau paru sur l'excellent site Riposte Laique.

    Une intellectuelle engagée au service d’Eurabia

    fourestcaroline1.jpgCertains lecteurs se sont étonnés du dernier article de Caroline Fourest dans Le Monde, intitulé "Israël contre Obama", dans lequel la chroniqueuse du quotidien du soir attaque l’Etat hébreu, avec une virulence inédite sous sa plume, employant des expressions telles que "fanatisme" ou "violence disproportionnée" que n’aurait pas reniées Tariq Ramadan lui-même... Pour comprendre cette évolution, il faut lire l’analyse éclairante que vient de publier Radu Stoenescu dans Riposte Laïque. Analysant la récente joute télévisée entre Fourest et Ramadan, Stoenescu remarque que la militante des droits des homosexuels s’est montrée dogmatique et peu convaincante face au prédicateur islamiste, concentrant toutes ses attaques sur le thème réducteur des opinions de Ramadan sur l’homosexualité, au lieu d’exposer publiquement son projet politique.

    La malhonnêteté intellectuelle de Caroline Fourest

    L’explication profonde de cette attitude, révèle Stoenescu, tient au fait que Mme Fourest travaille depuis plusieurs mois pour une institution européenne très marquée politiquement, la Fondation Anna Lindh. Avant de montrer les implications de ce fait capital, je voudrais faire une parenthèse personnelle. J’avais moi-même constaté depuis longtemps l’insuffisance du raisonnement de Caroline Fourest concernant l’islam politique, et la malhonnêteté de son attitude intellectuelle. En effet, lorsque j’ai publié mon premier livre – Le Sabre et le Coran, portant sur le même sujet que celui de Fourest, à savoir la famille Ramadan – j’ai été étonné de constater que mon manuscrit, remis au printemps 2005, a "dormi" dans un tiroir chez mon éditeur jusqu’à la rentrée de septembre, alors qu’il portait sur un sujet d’actualité brûlante... La raison de cette mise au placard me fut donnée bien plus tard, lors d’une rencontre avec la chercheuse Fiametta Venner (auteure d’un livre documenté sur l’UOIF).

    Sabre et le Coran.jpg

    Celle-ci ayant été attaquée en diffamation par le CBSP (Comité de Bienfaisance et de Soutien aux Palestiniens), pour avoir révélé dans son livre les liens entre le CBSP et le Hamas, je lui proposai de nous rencontrer lors d’un de mes passages en France pour lui remettre des documents, réunis par les autorités israéliennes depuis plusieurs années, établissant de manière indiscutable le fait que le CBSP était l’organe de collecte du Hamas en France. Au détour de notre conversation, mon interlocutrice me révéla ingénument que Caroline Fourest avait voulu empêcher la parution de mon livre, en suggérant à son éditeur de m’attaquer pour plagiat ! Celle-ci renonça finalement à son projet mais obtint (par des moyens que j’ignore) que mon éditeur retarde la parution de mon livre sur Ramadan, pour ne pas lui porter ombrage...

    Si je révèle aujourd’hui cette anecdote personnelle, c’est parce qu’elle en dit long – me semble-t-il – sur les procédés intellectuels de Mme Fourest. Plus qu’un simple sujet de recherche, Tariq Ramadan lui a servi de tremplin pour entamer sa carrière. Et de fait, elle a réussi un "beau parcours"... La journaliste-militante est aujourd’hui chroniqueuse au Monde et à France Culture, enseignante à Sciences Po et membre de la Fondation Anna Lindh. Or cette fondation n’est pas, comme on pourrait le croire, un simple organisme de recherche, mais un acteur politique aux moyens financiers considérables et aux visées bien précises... Acteur central du "Partenariat euro-méditerranéen", la Fondation Anna Lindh est en fait, comme l’a montré Bat Ye’or dans son livre Eurabia *, le cheval de Troie de l’islamisation culturelle et politique de l’Europe.

    05_batyor_eurabia.jpg

    Annihiler toute vélléité de résistance

    De même que l’URSS recrutait autrefois des intellectuels prestigieux en Occident (comme Ernest Hemingway) pour défendre la politique de la "patrie du socialisme", l’Union européenne recrute aujourd’hui des intellectuels – par le biais de la Fondation Anna Lindh – pour défendre le projet politique euro-méditerranéen. Et si Mme Fourest pourfend aujourd’hui le "fanatisme" israélien et s’abstient de dénoncer le projet politique de Tariq Ramadan – préférant le contredire uniquement sur le sujet très réducteur de l’homosexualité – c’est parce qu’elle est devenue une intellectuelle au service du projet euro-méditerranéen. Ce projet n’est d’ailleurs pas du tout incompatible – loin s’en faut – avec celui de Ramadan : il est en fait le second versant de l’entreprise islamiste de conquête de l’Europe. Tandis que Ramadan et les autres prédicateurs de l’islam conquérant s’emploient à islamiser et à réislamiser les populations européennes, Caroline Fourest et ses collègues de la Fondation Anna Lindh s’emploient de leur côté à annihiler toute vélléité de résistance de la part de ces mêmes populations, en s’en prenant par exemple à Riposte Laïque, qui constitue le principal pôle de résistance citoyenne face à l’islamisation de la France...

    Mme Fourest dévoile au détour d’une phrase de sa tribune du Monde son nouvel engagement politique eurabien, lorsqu’elle écrit que "les alliances changent de camp" [sic] et que "l’illusion d’un choc entre bloc musulman et bloc occidental a vécu..." Effectivement, les alliances "changent de camp" ! Caroline Fourest a depuis longtemps abandonné le camp du combat contre l’islam politique conquérant, pour rejoindre celui de "l’alliance des civilisations" et du "partenariat euro-méditerranéen". Ces deux expressions, caractéristiques du novlangue technocrate eurabien, désignent en fait l’alliance forgée entre l’Union européenne et les pays arabo-musulmans, au lendemain du choc pétrolier de 1973, contre Israël et contre les Etats-Unis [voir le livre Eurabia sur ce sujet] L’intellectuelle militante des droits de l’homme, recrutée par la puissante Fondation Anna Lindh, est ainsi devenue une fonctionnaire d’Eurabia.

    Paul Landau

    * Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe, éd. Jean-Cyrille Godefroy 2006.

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