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antisionisme - Page 2

  • Négationnisme : Shlomo Sand contre-attaque et insulte ses détracteurs - Pierre I. Lurçat

    La lecture de la réponse de Shlomo Sand à Eric Marty, publiée hier soir dans Le Monde est édifiante. On y constate que Sand n'apprécie pas que son livre soit critiqué... Il commence par accuser ses détracteurs de ne pas l'avoir lu et par se plaindre d'avoir été "ignoré par la critique pendant six mois" et victime d'un "mur du silence" ! Affirmation assez stupéfiante quand on sait que le livre de Sand avait été annoncé par de nombreux médias et sites Internet en France (il avait ainsi fait l'objet d'un grand article élogieux du Monde diplomatique) avant même sa parution !

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    L'edition originale du livre de Sand


    Dans la suite de l'article, Sand reprend les arguments qu'il a déjà développés ailleurs, expliquant notamment qu'il "ne traite pas directement de l'histoire des juifs mais analyse l'historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève d'un empilement [sic] de mythes mobilisateurs...". Avec sa houtzpa habituelle, Sand invoque pour sa défense Raymond Aron, qui s'interroge dans ses Mémoires : "Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l'on parle du "peuple juif", on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas".

    La citation de Raymond Aron – Juif non sioniste mais très attaché à l'Etat d'Israël – est évidemment à mille lieues de la thèse extrémiste (et antisioniste) de Shlomo Sand. Aron s'interroge sur la notion de peuple juif, et conclut à l'unicité du "peuple juif", que l'on ne saurait assimiler aux autres peuples. Cette conclusion tout à fait pertinente est diamétralement opposée à celle de Sand, qui conteste l'existence du peuple juif, dans sa tentative de "déconstruction" de l'historiographie sioniste et de l'histoire juive tout entière. Mais qui trop étreint, mal embrasse... C'est justement l'hybris intellectuelle de Sand qui l'entraîne trop loin : voulant attaquer le sionisme, il s'en prend au peuple juif tout entier...

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    R. Aron


    Ce qui nous amène à la question du négationnisme. Je me flatte d'avoir été l'un des premiers à comparer la démarche intellectuelle de Sand à celle des négationnistes, employant à son égard l'expression de "Faurisson israélien". Eric Marty a lui aussi comparé l'entreprise de Sand au négationnisme. Il n'est pas surprenant que Sand s'en offusque, allant jusqu'à qualifier ses détracteurs de "démagogues prosionistes"... Mais lorsque j'écrivais que Sand est un négationniste, il ne s'agissait pas d'une injure, mais bien d'une analyse (1). Sa démarche intellectuelle, comme celle des négateurs de la Shoah, relève en effet de la construction idéologique, et pas de l'histoire. Comme eux, il conteste l'évidence (la Shoah dans un cas, l'existence du peuple juif dans l'autre). Comme eux, il vise un objectif politique (remplacer l'Etat juif par un Etat de "tous ses citoyens" c'est-à-dire un Etat binational). Enfin, j'ajoute qu'à mes yeux la négation du peuple juif est encore plus grave que la négation de la Shoah, car elle ne s'en prend pas seulement au passé et à l'histoire juive, mais au présent et à l'existence du peuple juif aujourd'hui...
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    Sand - Le "Faurisson israelien"?

    Si cette comparaison a pu choquer, c'est parce que dans la vulgate politique contemporaine, la négation de la Shoah est très mal vue, tandis que la négation du peuple juif à laquelle se livre Sand est au contraire acceptée par l'intelligentsia occidentale avec un empressement et une unanimité suspecte (2). A quelques jours de Pessa'h, je conclurai par ces trois mots qui, loin d'être un slogan politique sioniste, comme le croit M. Sand, expriment une réalité humaine, sociologique et ontologique que les Juifs du monde entier démontreront lorsqu'ils s'attableront, mercredi soir, pour raconter la sortie du peuple juif d'Egypte : Am Israël Hai ! Le peuple juif est vivant !
    Source : CAPE  Copyright © 2008 JCPA

    Notes
    1. Je renvoie à mon article intitulé "Le négationnisme 'soft' d'un nouvel historien israélien" paru sur le site de l'UPJF.
    2. Ce sujet est abordé par Shmuel Trigano dans l'interview qu'il donne au dernier numéro d'Israël Magazine

     

  • La vérité sur la mort d'Ilan Halimi

    L'article de Libération reproduit ci-dessous insiste sur les critiques portées par Ruth Halimi, dans le livre qu'elle publie aujourd'hui, contre la police. En réalité, ces critiques mettent en cause non seulement la police, mais l'attitude de l'échelon politique tout entier, qui n'a pas su prendre la mesure de la gravité de l'événement et combattre l'antisémitisme, avant, pendant et meme apres l'assassinat d'Ilan Halimi (HYD)... L'antisémitisme, en France aujourd'hui, que les médias comme Libération s'efforcent toujours de minimiser ou de "contextualiser" ("l'importation du conflit israélo-palestinien", importé notamment par ceux qui collectent des fonds pour le Hamas, comme l'UOIF et le CBSP auquel Youssouf Fofana donnait de l'argent, ou par ceux qui prétendent boycotter les produits agricoles israéliens vendus chez CARREFOUR) cet antisémitisme tue! P.I.L 

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    Article de LIBERATION

    La mère d'Ilan Halimi met en cause les erreurs de la police

     Ruth Halimi, la mère d’Ilan Halimi, le jeune homme juif séquestré pendant 24 jours avant d’être assassiné, met en cause les méthodes d’enquête de la police dans un livre publié aujourd'hui.

    Intitulé «24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi», ce livre écrit en collaboration avec la romancière Emilie Frèche retrace les angoisses de cette mère depuis l’enlèvement de son fils le 20 janvier 2006, jusqu’à la découverte le 13 février de son corps torturé au bord d’une route de banlieue.

    Tenue au silence par la police judiciaire (qui n’alerte ni les médias ni les commissariats) la famille d’Ilan recevra près de 700 appels téléphoniques des auteurs de ce rapt sanglant, dont Youssouf Fofana et 27 autres membres présumés du «gang des Barbares» répondront devant la cour d’assises des mineurs de Paris à partir du 29 avril.

    Erreurs en série des enquêteurs

    Première erreur des enquêteurs, selon la mère d’Ilan: «ils n’envisagent pas un seul instant» que le preneur d’otage, appelant d’Abidjan, puisse faire des allers-retours entre la France et la Côte d’Ivoire, trajets que Youssouf Fofana effectuera deux fois durant le rapt.

    Ils «ne pensent ni à examiner les vols en partance vers Abidjan, ni à informer la police des frontières», regrette-t-elle, dénonçant aussi leur «grosse erreur» de ne pas «croire un instant» que le ravisseur finira par tuer. «Ils se sont dramatiquement mépris sur le profil de cet homme».

    Durant le rapt, raconte-t-elle, Youssouf Fofana est interpellé à Paris pour un contrôle, mais «comme les officiers n’ont pas été informés de l’affaire qui mobilise tout le quai des Orfèvres, ils laissent repartir ce parfait suspect !»

    Dans le même registre, elle regrette aussi une arrestation ratée dans un cybercafé du XIVe arrondissement (la police investit une mauvaise adresse) ou les policiers de Bagneux qui ne reconnaissent pas un cliché du suspect, alors que trois semaines plus tôt, il «passait pourtant une nuit dans leur geôle» pour possession d’arme blanche.

    Dans le livre, elle énumère les «fausses pistes» comme celles d’un cabaret de strip-tease ou du milieu du rap qui fera perdre du temps. Selon elle, les enquêteurs n'ont pas pris en compte de la «haine antisémite» du ravisseur.

    «24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi», Seuil, 190 pages, 17,80 euros.

  • Le sens de la bataille de Gaza, Antisionisme radical et nouvelle judéophobie (P. A. TAGUIEFF)

    Entretien d'Aleksandra Rybinska avec Pierre-André Taguieff publié dans l'édition datée du 10-11 janvier 2009 du grand quotidien polonais Rzeczpospolita ("La République") de Varsovie (entre 225 000 et 260 000 exemplaires vendus)

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    P. A. TAGUIEFF

    La guerre entre Israël et le Hamas a encore donné lieu à des manifestations de sympathie pour la Palestine à travers le monde. « Nous sommes tous des palestiniens » semble être le motto de beaucoup d'intellectuels en Occident.
    D'où provient cette sympathie presque aveugle ?

    Pierre-André Taguieff : Ces manifestations, souvent violentes, sont d’abord le fait de barbus et de femmes voilées, donc d’islamistes, accompagnés de divers milieux de la nouvelle extrême gauche, anti-impérialiste et néo-tiersmondiste, dont les deux ennemis absolus sont les États-Unis et Israël. La tendance dominante chez les intellectuels occidentaux est toujours la préférence pour l’extrémisme : la radicalité, qu’elle soit communiste ou islamiste, continue de les séduire.

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    Où sont passées les voix de la raison ? Pourquoi l'État d’Israël, malgré des efforts de propagande, ne parvient-il pas à trouver un large soutien international, et particulièrement dans les médias étrangers ? On a l'impression que même les intellectuels juifs, dans le New York Times, préfèrent ne pas trop pencher en faveur de l'État juif…

    P-A.T. Israël a longtemps joui d’un capital de sympathie. Or, celui-ci a commencé à se dissiper après les massacres de Sabra et Chatila (été 1982), commis par des milices chrétiennes percevant les Palestiniens comme des envahisseurs et des pillards.

    Mais, par une opération de propagande fort bien orchestrée, ces massacres ont été mis au compte du général Sharon, diabolisé par tous les moyens. Jusqu’en 2005, Israël ne s’est guère soucié de son image dans le monde, dont pourtant toutes les enquêtes d’opinion montraient la dégradation.

    Dans l’après-Sharon, les tentatives israéliennes pour contrer la propagande propalestinienne se sont heurtées à un mur : le pli avait été pris, les médias s’étaient alignés sur les positions « antisionistes », alimentées par l’idéologie victimaire centrée sur la figure du Palestinien innocent, donc de l’enfant palestinien, érigé en victime maximale. Cette idéologie a été habilement diffusée par les réseaux palestiniens dans le monde entier.

    Nombre d’intellectuels juifs étatsuniens et européens, souffrant de la judéophobie ambiante, pensent se faire accepter par un milieu hostile en prenant des positions radicalement anti-iraéliennes, « antisionistes », etc. Ils deviennent ainsi des « Juifs non-juifs », puis des « alterjuifs », pour finir comme des « Juifs antijuifs ». Le cas le plus évidemment pathologique est celui de l’intellectuel américain antisioniste et pro-négationniste Noam Chomsky, applaudi par Oussama Ben Laden et Hugo Chávez.

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    Parfois il semble même qu’Israël est l'État le plus détesté au monde ?

    P-A.T. Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens, … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal. Ce traitement absolument diabolisateur est réservé en effet à Israël.

    On peut observer une haine particulièrement virulente envers l'État d’Israël chez les intellectuels de gauche, en partant de la gauche-caviar jusqu'aux mouvements antimondialistes. En France et ailleurs. La vieille propagande antisioniste de l’URSS fonctionne toujours?

    P-A.T. Le berceau de l’antisionisme radical, qui représente la principale forme contemporaine de la judéophobie (ou, pour employer un mot impropre, de l’« antisémitisme »), est en effet le communisme soviétique qui, de 1948/49 au début des années 1970, a diffusé mondialement la plupart des thèmes d’accusation visant Israël (« fascisme », « impérialisme », « racisme », « colonialisme », etc.).

    L’antisionisme d’origine stalinienne a fusionné avec l’antisionisme arabe mis au point dans les années 1950 et 1960 par les réfugiés nazis au Caire (Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels, notamment). Les milieux occidentaux tiers-mondistes ont suivi, et bien entendu toutes les variétés de l’extrême gauche, trotskistes compris.

    Nous en sommes toujours là : rien de nouveau n’est apparu dans le discours antisioniste radical.

    Pendant longtemps, la gauche a quand même soutenu Israël. C'était lié en partie à l’Holocauste. Ensuite on a pu observer une certaine schizophrénie : la gauche condamnait les attentats terroristes perpétués par les Palestiniens et, en même temps, soutenait la cause palestinienne. Ça a changé. Peut-on dire que la gauche a trahi les Juifs?

    P-A.T. La gauche avait déjà abandonné les Juifs après 1945, lorsqu’elle était sous influence stalinienne. Après la disparition de l’empire soviétique, la gauche s’est trouvée de nouveaux maîtres à penser, des anarcho-trotskistes au sous-commandant Marcos, de Chomsky à José Bové.

    Les mouvements anti-mondialisation dits « altermondialistes » ont pris la relève du « génial camarade Staline » et du « Grand Leader » Mao. Diverses combinaisons de positions anticapitalistes radicales, d’antiaméricanisme et d’antisionisme sont apparues dans les années 1990 et 2000.

    Une partie de la gauche française, par exemple, la plus engagée dans l’anti-mondialisation, est revenue à ses positions anticapitalistes et antijuives d’avant l’affaire Dreyfus.

    Quel intérêt réel a la gauche aujourd'hui à soutenir la cause arabe?

    P-A.T. En Europe, la gauche et surtout l’extrême gauche se sont engagées dans une stratégie de conquête de l’électorat musulman. Ce qui implique beaucoup de complaisance à l’égard des islamistes radicaux comme à l’égard du terrorisme palestinien, toujours excusé au nom de la « juste révolte des humiliés ».

    Les leaders de gauche, comme ceux de droite, croient pouvoir ainsi éviter l’Europe soit visé par le terrorisme. Illusion très répandue. En outre, la gauche, comme la droite, est saisie par la hantise d’être privée de pétrole. C’est la composante « réaliste » de son parti pris pro-arabe.

    Pourquoi l'Occident accuse-t-il Israël de racisme...

    SUITE SUR PRIMO

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