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sionisme - Page 3

  • « Ses chansons étaient des prières » : Arik Einstein et la culture israélienne par Pierre Itshak Lurçat

     A Rebecca, qui m’a suivi dans le désert, 1er décembre 1993 – 1er décembre 2013

     

    images.jpgLors de mon premier séjour en Israël, à l’âge de 17 ans, un des tout premiers disques que j’ai achetés était celui d’Arik Einstein, « Yoshev al ha-guader » (« Sitting on the Fence » en anglais). A l’époque, je ne comprenais presque rien des paroles de ses chansons, mais elles me parlaient quand même et trouvaient une résonance intime en moi (de même que j’ai su que ce pays était le mien, bien avant d’avoir compris que j’étais sioniste…). Ce souvenir personnel, qui ressemble sans doute à ceux de beaucoup d’olim, traduit à mes yeux le secret de l’affection que je portais – que nous portons – au chanteur qui vient de s’éteindre : ses chansons exprimaient, avec tant d’autres et peut-être plus encore que les autres, la quintessence de l’être israélien. Quel était son secret, et quel est le secret de cet « être israélien » ?

    Répondre à cette question, c’est tenter de définir ce qui constitue le cœur de la culture israélienne. Né à Tel-Aviv en 1939, Einstein appartient à la « génération de l’Etat », celle des sabras qui n’ont pas connu l’exil. Son père faisait partie du théâtre Ohel, troupe d’inspiration socialiste fondée en 1925 (dont un des plus grands succès fut l’interprétation du « Brave Soldat Schweik »). La carrière musicale d’Arik Einstein est impressionnante : sa discographie s’étend du début des années 1960 à la fin des années 2000, soit un demi-siècle de création et d’interprétation musicale (outre sa carrière d’acteur).

    Il est souvent considéré comme le fondateur du rock israélien (avec Shalom Hanoch) et comme celui dont l’œuvre a fait le lien entre les chansons hébraïques de l’époque d’avant l’Etat et la musique israélienne contemporaine. Mais dire que ses chansons figurent parmi les plus connues, et les plus jouées à la radio – jusqu’à ce jour, ce qui est remarquable pour un artiste de sa génération – ne suffit pas à décrire l’apport d’Einstein à la vie musicale et culturelle israélienne, et à la vie israélienne tout court.

    185418.jpgArik Einstein et Uri Zohar (avant sa téchouva)

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  • Rahel, la bergère du matin, par Zalman Shazar

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    Zalman Shazar (Roubashov), troisième président de l’Etat d’Israël, était aussi un écrivain talentueux, auteur d’un livre autobiographique dont certaines pages comptent sans doute parmi les plus belles descriptions de l’époque de la 2e alyah. Dans l’extrait * qui suit, il décrit sa rencontre avec la poétesse Rachel Blaustein, dite Rahel. P.I.L.

    « Quinze ans se sont passé depuis la nuit où l’on me téléphona de l’hôpital  Hadassah de Tel-Aviv pour m’annoncer que la poétesse Rahel venait de s’endormir de son dernier sommeil. Si, pendant ces quinze années, je ne m’étais pas fait à l’idée que véritablement Rahel n’était plus avec nous, j’aurais eu la certitude qu’elle est venue me voir cette nuit dans ma chambre de malade, qu’elle s’est assise ici dans le fauteuil à bascule près de mon lit et qu’elle m’a pris la main. Je dois faire un effort pour me convaincre que cette dernière rencontre tant souhaitée n’a eu lieu que dans mon imagination. Mais ma mémoire garde très clairement, dans ses moindres détails, le souvenir de notre première rencontre.

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    A l’époque, j’étais persuadé que toute l’attention de ce cœur ardent se portait sur les camarades réunis autour d’elle ce jour-là et qu’elle ne pouvait se tourner vers moi, jeune et nouveau venu, apparu la veille et disparu le lendemain. Je croyais alors qu’elle ne s’était même pas aperçue de ma présence, et j’en avais éprouvé quelque chagrin. Pourtant, ce n’était pas pour elle que j’étais allé à Kinnereth : j’ignorais tout d’elle en y allant. Mon intention était de rencontrer Berl 1. Je mettais beaucoup d’espoir alors dans cette première entrevue avec Berl Katznelson. Ce qu’elle m’apporta dépassa toutes mes espérances. Mais ce même vendredi, avant de rencontrer Berl, je rencontrai Rahel. Et quand, le lendemain, Berl m’emmena faire une promenade en barque sur le lac de Tibériade, pour me montrer les monts du Golan, Rahel se trouvait dans notre embarcation, et c’est en notre compagnie que ce samedi-là elle grimpa sur les antiques hauteurs dénudées ; c’est avec nous encore qu’elle revint à la ferme par cette nuit de pleine lune. Quelle ne fut pas mon émotion d’apprendre que Rahel se souvenait de la barque, des montagnes et de l’écho qu’elles renvoyaient ! Mais elle fut bien plus surprise encore quand elle sut que je l’avais vue avant cette promenade, avant de savoir qui elle était.

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