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Musique - Page 2

  • Ariel Zilber, un chanteur israélien politiquement engagé du "mauvais côté", par Pierre Itshak Lurçat

    ariel zilber,rock israélien,pierre itshak lurçat[La polémique déclenchée par la décision scandaleuse de modifier le Prix qui devait être décerné au chanteur Ariel Zilber en raison de des opinions politiques - décision que notre ministre des Affaires étrangères qualifie justement de 'bolchévique" - est l'occasion pour moi de mettre en ligne de larges extraits de l'interview que Zilber m'avait accordée en 2009 dans ma rubrique "Rencontres israéliennes", pour Israël Magazine. Interview qui n'a rien perdu de son actualité. P.I.L]

     

    En Israël, où la politique est omniprésente, il est fréquent de voir des artistes et des écrivains proférer des opinions engagées, le plus souvent en faveur de la « paix », c’est-à-dire de concessions face à l’ennemi. Mais il est beaucoup plus rare de voir un artiste s’affirmer comme partisan du « camp national » et de la sauvegarde d’Eretz-Israël. Ceux qui le font prennent des risques, et s’exposent à être mis au ban par les médias, comme en atteste le cas d’Ariel Zilber. Chanteur très populaire depuis les années 1970, il s’est engagé politiquement au moment du retrait de Gaza et a même déménagé au Goush Katif, ce qui lui a valu beaucoup de déboires professionnel. Ses disques sont aujourd’hui boycottés par les grandes chaînes de magasins. Ariel Zilber, l’ancien rocker qui porte aujourd’hui la kippa, s’est confié à Israël Magazine.

    ariel zilber,rock israélien,pierre itshak lurçatAriel Zilber est né à Tel-Aviv en 1943, dans une famille de chanteurs et de musiciens. Sa mère, Bracha Zefira, était une chanteuse d’origine yéménite, très connue dans les années 1930 * (PHOTO ci-contre). Son père, Ben Ami Zilber, était violoniste. Après avoir étudié la musique et appris à jouer de la trompette, Zilber se met à écrire des chansons. Il voyage en Europe, tout d’abord en Angleterre, puis en France, où il atterrit en 1968, en pleine révolte étudiante.

    Son séjour en France se prolongera cinq ans, jusqu’à la guerre de Kippour. Pour gagner sa vie, il travaille au marché des Halles. A cette époque, Zilber est encore un débutant, mais il dispose d’un atout considérable, en la personne de sa mère. Celle-ci, décidée à promouvoir la carrière de son fils, envoie ses chansons au monde entier, avec une « Houtzpa » que seule une mère juive possède… C’est ainsi que les chansons d’Ariel parviennent aux oreilles de Ringo Star, et aussi à la chanteuse Esther Ofarim.

    C’est grâce à cette dernière que les portes vont s’ouvrir devant lui. Elle le met en contact avec plusieurs imprésarios juifs réputés, dont Alain Krief et les frères Marouani. En 1972, Ariel sort son premier disque. A la même époque, il chante aussi en première partie de Mike Brant, dont il se souvient comme d’un homme très seul et malheureux… De retour en Israël en 1973, il fait la connaissance de Matti Caspi, qui lui propose de constituer un groupe. C’est la naissance de « Tamouz », groupe très éphémère qui dure quelques mois à peine (que beaucoup considèrent jusqu’à aujourd’hui comme le plus grand groupe rock israélien de tous les temps).

     

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    Le groupe Tamouz, avec Chalom Hanoch, Meir Israel. Ariel Zilber est au centre


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  • « Ses chansons étaient des prières » : Arik Einstein et la culture israélienne par Pierre Itshak Lurçat

     A Rebecca, qui m’a suivi dans le désert, 1er décembre 1993 – 1er décembre 2013

     

    images.jpgLors de mon premier séjour en Israël, à l’âge de 17 ans, un des tout premiers disques que j’ai achetés était celui d’Arik Einstein, « Yoshev al ha-guader » (« Sitting on the Fence » en anglais). A l’époque, je ne comprenais presque rien des paroles de ses chansons, mais elles me parlaient quand même et trouvaient une résonance intime en moi (de même que j’ai su que ce pays était le mien, bien avant d’avoir compris que j’étais sioniste…). Ce souvenir personnel, qui ressemble sans doute à ceux de beaucoup d’olim, traduit à mes yeux le secret de l’affection que je portais – que nous portons – au chanteur qui vient de s’éteindre : ses chansons exprimaient, avec tant d’autres et peut-être plus encore que les autres, la quintessence de l’être israélien. Quel était son secret, et quel est le secret de cet « être israélien » ?

    Répondre à cette question, c’est tenter de définir ce qui constitue le cœur de la culture israélienne. Né à Tel-Aviv en 1939, Einstein appartient à la « génération de l’Etat », celle des sabras qui n’ont pas connu l’exil. Son père faisait partie du théâtre Ohel, troupe d’inspiration socialiste fondée en 1925 (dont un des plus grands succès fut l’interprétation du « Brave Soldat Schweik »). La carrière musicale d’Arik Einstein est impressionnante : sa discographie s’étend du début des années 1960 à la fin des années 2000, soit un demi-siècle de création et d’interprétation musicale (outre sa carrière d’acteur).

    Il est souvent considéré comme le fondateur du rock israélien (avec Shalom Hanoch) et comme celui dont l’œuvre a fait le lien entre les chansons hébraïques de l’époque d’avant l’Etat et la musique israélienne contemporaine. Mais dire que ses chansons figurent parmi les plus connues, et les plus jouées à la radio – jusqu’à ce jour, ce qui est remarquable pour un artiste de sa génération – ne suffit pas à décrire l’apport d’Einstein à la vie musicale et culturelle israélienne, et à la vie israélienne tout court.

    185418.jpgArik Einstein et Uri Zohar (avant sa téchouva)

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