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Livre - Page 2

  • Pierre-André Taguieff victime d’un « attentat journalistique » : Quand Le Monde se moque du monde…

     A Sarah, avec amour

                L’éditorial du Monde des Livres signé Jean Birnbaum et consacré au dernier livre du politologue Pierre-André Taguieff mériterait sans doute d’être traité par l’indifférence et le mépris, si l’on ne savait quelle influence ce journal réputé « sérieux » possède encore en France et ailleurs, à l’ère de la crise de la presse écrite et de l’essor d’Internet que nous vivons actuellement, pour le meilleur et pour le pire.

            

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        (J’ai personnellement compris combien des gens honnêtes et des esprits libres pouvaient être abusés par la lecture quotidienne de certains journaux, en parlant avec mon oncle, Menahem Giladi z.l., militaire de carrière et colonel de Tsahal à l’intelligence exceptionnelle, qui commençait invariablement sa journée, étant retraité, dans la maison d’Herzéliya Pituah où il a habité pendant plus de 50 ans, par la lecture très indigeste du journal Ha’aretz).

                Le Monde, comme Ha’aretz, appartient à la même famille de journaux que l’ancienne Pravda : on y trouve parfois des articles intéressants, mais on ne saurait les lire sans se poser, à chaque ligne, et même entre les lignes, la question suivante : « ne suis-je pas victime, à mon insu, de désinformation ? ». (Ce n’est pas sans raison qu’un Collectif contre la Désinformation, dont je fus jadis l’instigateur, avait décerné au journal Le Monde et à sa correspondante Mouna Naïm le « Prix Goebbels de la Désinformation »).

     

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    (Photo Irène Elster)

               

    Car ce que Jean Birnbaum tente de faire, dans son méchant petit éditorial, c’est ni plus ni moins que de discréditer définitivement, en quelques lignes écrites à la va-vite, l’un des auteurs les plus prolixes de la scène intellectuelle française, historien des idées et auteur de nombreux ouvrages importants sur des sujets aussi variés et essentiels que la judéophobie, l’islamisme ou le racisme.

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  • Limites et paradoxes de l'antilepénisme - Du diable en politique, de Pierre-André Taguieff


    A ma mère, qui m'a donné le goût de comprendre

    taguieff livre.jpgUn paradoxe réside au cœur du phénomène Le Pen, qui occupe une large place au sein de l'espace médiatique et politique français depuis trois décennies, paradoxe que l'on peut résumer ainsi : plus on dit vouloir « combattre » les idées de Jean-Marie et de Marine Le Pen, plus les scores électoraux de ceux-ci progressent dans l'opinion. Ou, comme l'écrit Pierre-André Taguieff dans son dernier ouvrage, consacré à ce sujet important : « Depuis le milieu des années 1980, la diabolisation est la stratégie qui, par défaut, a été suivie par tous les adversaires du Front national... Or, la diabolisation a au contraire provoqué une hyper-médiatisation du diabolisé, qui a profité au FN... »

     

    Pour analyser ce paradoxe, l'auteur dresse un état des lieux saisissant du discours politique français actuel (auquel il applique les mots prémonitoires de Georges Orwell : « Quand l'atmosphère générale est mauvaise, le langage souffre ») et il cherche les racines de ce phénomène dans l'histoire politique moderne de la France, et plus précisément dans celle du couple « droite-gauche », qui remonte à la Révolution française.

     

    La thèse centrale (si l'on peut employer cette expression, s'agissant d'un ouvrage de réflexion au contenu très riche), peut s'énoncer à travers ce que Taguieff appelle « l'erreur fondamentale de l'analyse politique », qui réside dans une « vision substantialiste de la 'droite' et de la 'gauche', conçues comme deux essences réellement distinctes ». « La pensée binaire est ainsi érigée en mode de pensée naturel et indépassable ».

     

    taguieff.jpg

    La gauche française, rappelle l'auteur en citant René Rémond, pratique « un amalgame à des fins polémiques, en donnant à entendre, par exemple, que les libéraux cosmopolites, les patriotes républicains et les nationalistes xénophobes ont une nature commune ». Ainsi, sous prétexte de « combattre le FN », la gauche (et même une partie de la droite) se livrent à un « catéchisme antidroite, adaptation au Zeitgeist du vieil antifascisme routinisé issu de la propagande soviétique ».

     

     

    Ce bref résumé, forcément réducteur, du livre magistral de Pierre-André Taguieff, n'épuise évidemment pas son propos : l'auteur, politologue et historien des idées, ouvre en effet dans ce livre un vaste champ de réflexion, qui dépasse largement les enjeux politiques immédiats et actuels du lepénisme et de l'antilepénisme.

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  • Lola Bensky, de Lily Brett : Un très beau roman autobiographique entre la Shoah et les Sixties

    lily brettQuand j'ai reçu le livre de Lily Brett, Lola Bensky, j'ai d'abord pensé le ranger dans un tiroir pour le ressortir plus tard, quand j'aurai l'esprit plus libre... Au chevet de ma mère, je n'avais pas le cœur à lire une histoire de « jeune journaliste de rock un peu naïve qui, lorsqu’elle n’interviewe pas Mick Jagger ou Jimi Hendrix, pense au prochain régime alimentaire qu’elle va suivre... » (présentation de l'éditeur).

    Mais il ne faut jamais juger un livre à l'aune de son descriptif, et rien ne remplace le fait de s'y plonger sans préjugés, en étant prêt à recevoir « un coup de hâche » rompant la mer gelée en nous, selon la fameuse définition de Kafka... C'est un peu ce que j'ai ressenti en lisant Lola Bensky.

    L'auteur, Lily Brett, est née en Allemagne en 1946 dans un camp de personnes déplacées. Ses parents se marient dans le ghetto de Lodz (Pologne), puis sont ensuite séparés à leur arrivée dans le camp d’Auschwitz. Ils survivent à la Shoah et se retrouvent quelques mois après la fin de la guerre. En 1948, la famille émigre en Australie, à Melbourne, où Lily Brett grandit.

    À l’âge de 19 ans, elle est embauchée par un magazine de rock australien et interviewe des dizaines de musiciens, y compris ceux qui deviendront des légendes du rock... Romancière et poète, elle est notamment l’auteur de six romans, dont le dernier, Lola Bensky, est sorti aux États-Unis en octobre 2013. Lily Brett vit aujourd’hui à New York.

    Il y a plusieurs manières de lire son livre : la plupart des journalistes et des lecteurs seront sans doute sensibles avant tout aux portraits des grands noms du rock des Sixties – de Jimi Hendrix à Mick Jagger, en passant par Brian Jones et Janis Joplin – portraits talentueux, émouvants et souvent surprenants, que dresse l'auteur.

    lily brett


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