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Judaisme - Page 2

  • La révolution juive de la musique israélienne, P.I.Lurçat

    sHULI RAND2.jpgLa présence remarquée du chanteur Shouli Rand au festival de Césarée, le mois dernier, était sans doute un signe des temps : après avoir été longtemps considérés comme marginaux et tenus à l'écart de la scène musicale israélienne, les chanteurs religieux occupent aujourd'hui le devant de la scène. Enquête sur un phénomène de société, qui prend les allures d'une véritable révolution.

     

    Il ne s'agit plus en effet d'une simple téchouva individuelle chez certains artistes, qui a toujours existé, mais bien plutôt d'un phénomène collectif, qui touche à la fois des chanteurs – de plus en plus nombreux – mais aussi le grand public, aujourd'hui avide de musique juive. La musique juive n'est plus considérée comme "tabou" ou "ringarde" en Israël, et les disques hassidiques ou orientaux, autrefois relégués au fond des bacs dans les magasins, sont aujourd'hui en devanture, et figurent souvent sur la liste des meilleures ventes. Cette révolution musicale concerne des artistes aussi divers et talentueux qu'Amir Benayoun, Meir Banai, Chlomo Gronich ou Beri Sarahoff, pour ne citer qu'eux [voir encadré].

    Un retour aux racines juives

    Dans un pays d'émigration et de "kibboutz galouyiot" [Rassemblement des exilés] comme Israël, la scène musicale a toujours été très variée et traversée par des courants multiples. Pendant longtemps, les chanteurs populaires ont subi – tout comme leurs homologues du monde occidental – l'influence de la musique anglo-américaine. Beaucoup de chanteurs israéliens sont ainsi partis, dans les années 1960 et 1970 notamment, chercher l'inspiration ou tenter leur chance aux Etats-Unis ou en Europe, et en particulier en France (l'exemple le plus fameux est Mike Brant, mais il est loin d'être le seul. Nous avions évoqué dans ces colonnes le cas d'Ariel Zilber *).

    À une certaine époque, la recherche d'inspirations nouvelles s'est exprimée par le retour de certains chanteurs à leurs racines juives sépharades (David Broza), grecques (Yehouda Poliker) ou turques (Beri Saharof). Mais il s'agissait surtout de donner une "couleur locale" à leur musique, et de trouver des mélodies ou des rythmes exotiques. Le contenu de leurs chansons, lui, restait entièrement israélien et occidental, et les chansons à thème spécifiquement juif demeuraient confinées au secteur (et pour ainsi dire, au ghetto) hassidique et religieux. Tout commence à changer il y a environ une dizaine d'années. C'est l'époque où Shouli Rand travaille à son premier album, en collaboration avec Ehoud Banai (cet album ne sera finalement pas produit).

    Ety  Ankri aujourd'hui2.jpgShouli Rand et Etti Ankri, deux parcours emblématiques

    Le parcours spirituel et artistique de Shouli Rand est emblématique et représentatif de celui de sa génération. Ayant grandi dans un milieu sioniste religieux, il s'éloigne de la pratique religieuse à 18 ans et entame une carrière d'acteur de théâtre. En 1992, il joue dans le film d'Assi Dayan, La vie selon Agfa, qui lui vaut l'oscar israélien du meilleur premier rôle. En 1998, il fait téchouva et devient un adepte du mouvement hassidique Braslav. Après une interruption de 7 ans dans sa carrière, il revient au cinéma dans le film très remarqué, Ushpizin. En avril 2008, il sort son premier album, "Nékouda tova", dont les textes sont marqués par l'influence de Rabbi Nahman.

    Rand a commencé sa carrière musicale à peu près en même temps que sa téchouva, contrairement à d'autres artistes, qui se trouvaient déjà au sommet de leur carrière lorsqu'ils sont (re)venus à la pratique de la Torah et des mitsvot. C'est notamment le cas d'Etti Ankri, chanteuse israélienne qui a connu un grand succès dans les années 1990. Sa carrière a suivi au début un parcours classique : elle fait son service militaire dans une formation musicale, étudie la musique et sort son premier album en 1990. Le succès est quasiment instantané, et elle est proclamée "chanteuse de l'année" par la radio Reshet Guimel.

     Son processus de téchouva débute en 1994, sous l'influence de Yémima Avital (célèbre éducatrice et mystique). En mars 2009, après 5 ans d'interruption, elle sort son dernier album, florilège de poèmes du célèbre rabbin Yehouda Halévi, mis en musique par Ankri. Dans une longue interview au supplément culturel de Ha'aretz, à l'occasion de la sortie de son album, Etti Ankri explique son cheminement. Elle se produit désormais sur scène la tête entièrement couverte et avec des manches longues. Elle a même envisagé de réserver ses concerts à un public exclusivement féminin, mais elle affirme ne pas avoir encore franchi ce cap...

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  • Contre le Shaatnez idéologique, Vladimir Zeev Jabotinsky

    jabotinsky,bible,shaatnez,betarDans un article fameux publié par le journal en yiddish Haynt, en 1929, Jabotinsky reprend le concept biblique du "shaatnez", mélange interdit mentionné dans la paracha que nous lirons demain matin à la synagogue, pour lui donner un sens politique. Je publie ci-dessous quelques extraits significatifs de cet article. P.I.L

     

    Le Shaatnez est un tissu fait de fils mélangés – à moitié de lin et à moitié de laine ; la Bible l’interdit expressément. La raison de cette interdiction est claire. Dans l’Antiquité, l’économie mondiale se répartissait en deux branches importantes : le travail de la terre et l’élevage. Entre ces deux branches régnait, naturellement, une haine éternelle (dont on trouve une expression dès le conflit entre Caïn et Abel) – du fait que le berger a besoin de terres étendues. Par la nature des choses, le cultivateur avait l’habitude de s’habiller de vêtements de lin, tandis que le berger portait des vêtements de laine : ainsi on pouvait savoir immédiatement à qui on avait affaire. Mais une personne portant des vêtements faits d’un tissu mélangé n’appartient ni à un camp ni à l’autre. Elle n’est ni un proche parent ni un adversaire direct, et cela est considéré par la Torah comme inadmissible. Le Betar est une tentative pour éliminer le Shaatnez  de nos âmes...

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    le Lion de Tel-Haï

     

    De fait, c’est bien vrai : deux idéaux sont une absurdité, tout comme deux Dieux sont absurdes et deux autels différents dans le même Temple. Je ne veux insulter personne ; mais une âme qui veut « avaler » deux idéaux et en être heureuse, est une âme inférieure. Une âme entière ne peut être que moniste. Le mot « idéal », du point de vue de son contenu, ne comporte pas de pluriel. Une âme saine, dans laquelle réside un seul idéal, ne peut comporter de place pour un autre idéal. Si le sionisme est un idéal, il n’y a pas de place à ses côtés pour une quelconque autre aspiration indépendante et égale, et on ne peut établir avec elle aucune association, aucun « cartel » ou aucune « combinaison »..

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  • Une visite au tombeau de Rahel

    Rahel, litteratureDepuis combien de temps ne s’était-il pas rendu sur le tombeau de Rahel, notre mère, sur la route allant de Jérusalem à Beit-Léhem : dix, quinze ans ? La dernière fois, ce devait être lorsqu’il était encore étudiant, ou bien peut-être durant son service militaire, avec le programme de découverte du pays pour les soldats ? A l’époque, la route n’était pas encore coupée par un barrage de l’armée, et on n’avait pas encore érigé ces murs de béton hauts de cinq ou six mètres, qui défiguraient le site et l’avaient transformé en un véritable bunker !

    Qu’aurait dit notre mère Rahel – si elle avait pu parler – en voyant sa tombe, autrefois située dans un cadre pastoral qui avait inspiré des générations d’écrivains et de poètes, et devenue maintenant une place forte dont l’aspect évoquait plus l’ancien mur de Berlin que la dernière demeure d’une des matriarches ? Depuis des lustres, les Juifs venaient ici épancher leur cœur, car une tradition affirmait que Rahel intercédait en leur faveur auprès du Tout-Puissant et qu’aucune prière prononcée sur sa tombe ne demeurait vaine.

    En arrivant à proximité du Lieu saint, il comprit pourquoi il était aujourd’hui ainsi protégé : le sol était jonché de pierres jetées par-dessus la muraille par des habitants arabes des faubourgs de Beit-Léhem, la ville chrétienne jadis réputée pour sa relative tolérance envers les fidèles de toutes les religions, devenue maintenant une « zone autonome » et placée sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Sur le coup, la vue des projectiles éparpillés sur la route le plongea dans une colère noire.

    Le plus scandaleux à ses yeux n’était pas même le fait que des fidèles juifs furent la cible de pierres lancées par des jeunes Arabes, dont certains n’avaient sans doute pas dix ans – car il en avait toujours été ainsi : la lapidation des « infidèles » faisait pour ainsi dire partie de leur culture – et il n’avait jamais eu la naïveté de croire que les accords de paix signés par Israël pouvaient modifier de quelque manière cette réalité millénaire. La nature humaine était immuable ; elle n’avait pas changé depuis l’époque de la Bible, quand Caïn tuait son frère Abel !

    Rahel, litterature


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