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Jabotinsky - Page 3

  • L’idée du « Yovel » dans la pensée sociale de Zeev Jabotinsky

     « Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent : cette année sera pour vous le Jubilé » (Lévitique 25-10).

     

    Dans la paracha que nous lirons samedi matin dans les synagogues figure le fameux verset du Lévitique qui définit l’institution du « Yovel », le Jubilé.

     

    Jabotinsky.jpgLa redistribution égalitaire des terres lors de la cinquantième année est une des conceptions sociales les plus originales de la Bible hébraïque, devenue pour beaucoup de commentateurs un symbole de l’esprit de justice inhérent à la tradition juive. Paradoxalement, c’est un des plus grands penseurs du sionisme laïc, Vladimir Zeev Jabotinsky, qui a remis au goût du jour cette institution tombée en désuétude depuis l’époque biblique, dont il a fait la pierre angulaire de ses conceptions sociales et économiques.

     

    Avant d’aborder succinctement la pensée économique et sociale de Jabotinsky, il convient de faire une remarque préliminaire concernant la place qu’occupe la Bible dans la pensée sioniste moderne. Beaucoup a été dit sur le caractère utopique de la société juive décrite par Herzl, le « Visionnaire de l’Etat », dans son ouvrage programmatique, L’Etat juif et dans son roman politique Altneuland. Homme du dix-neuvième siècle, Herzl croyait au progrès nécessaire de l’humanité, et son utopie est le fruit des conceptions de son époque (Paul Giniewski le compare judicieusement à Jules Verne, autre grand utopiste).

     

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  • « Homo homini lupus » : Jabotinsky pionnier de l’antiracisme en Amérique, Pierre Itshak Lurçat

    A Alain Sebban

    Jabotinsky.jpgA l’occasion du récent débat à la Knesset sur la proposition de loi visant à interdire l’utilisation du mot « nazi » comme insulte, le quotidien Ha’aretz rappelait que David Ben Gourion avait jadis qualifié Jabotinsky de « Vladimir Hitler ». L’animosité que Ben Gourion vouait à son grand rival de la droite sioniste n’a pas peu contribué aux stéréotypes négatifs entourant la figure du fondateur du sionisme révisionniste. Mais ceux qui se penchent sur la vie et l’œuvre du « Roch Bétar » découvrent un homme très éloigné du portrait peu flatteur qu’ont parfois dressé de lui ses adversaires politiques.

    Le professeur Rafael Medoff, directeur de l’institut Wyman de recherche sur l’antisémitisme à Washington, a rappelé récemment, fort à propos, que Jabotinsky avait été un des pionniers de la lutte contre le racisme aux Etats-Unis, en 1910, dans son fameux article « Homo homini Lupus » (« L’homme est un loup pour l’homme »).

    Cet article avait été écrit à la suite d’un combat de boxe, organisé le 4 juillet (Jour de l’Indépendance) à Reno, Nevada, entre Jack Johnson et Jack Jeffries, deux champions poids lourds qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant sur un ring. Le premier était en effet noir et le second blanc. Présenté comme le « Combat du siècle », le matche s’acheva par la victoire de Johnson, qui déclencha une vague d’émeutes raciales dans plus de 50 villes des Etats-Unis, faisant une vingtaine de victimes.

     

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    Le combat entre Jack Johnson et Jack Jeffries


    Jabotinsky décrit, dans son article pour le journal russe Odesskiye Novosti (Les Nouvelles d’Odessa), comment des foules en furie se jetèrent sur les habitants noirs, à cinquante contre un, attaquant même les femmes et les enfants. Aux yeux du jeune journaliste russe (âgé de 30 ans), c’était la preuve que les Etats-Unis, la « République la plus libre au monde », souffraient d’un mal quasiment incurable. « Un Juif russe peut encore se convertir », écrit-il, mais « la race ne peut être effacée ». Il décrivait ensuite le régime de ségrégation encore en vigueur aux Etats-Unis, près de cinquante ans après la fin de la guerre de Sécession et l’abolition officielle de l’esclavage.

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  • En lisant la correspondance de Jabotinsky : 1937, année tumultueuse, par Pierre Itshak Lurçat

    jabotinky,afrique du sud,bétar,ben gourion,georges bensoussanL’institut Jabotinsky de Tel-Aviv vient de publier, en collaboration avec la bibliothèque sioniste de l’Organisation sioniste mondiale, le 12e volume de la correspondance de Zeev Jabotinsky, qui couvre la période allant de janvier 1937 à février 1938. Ce livre est un document historique exceptionnel, qui permettra au lecteur hébraïsant de découvrir non seulement l’activité politique du grand leader sioniste, mais aussi ses relations épistolaires étendues avec de très nombreuses personnes, et ses réflexions sur toutes sortes de sujets.

    Il n’est pas toujours facile de lire un recueil de lettres : souvent, les correspondances n’offrent qu’un éclairage partiel, et parfois anodin ou trivial, sur la personnalité et l’action de leur auteur. Disons d’emblée que ce n’est pas le cas de la correspondance de Jabotinsky, pour deux raisons principales. La première est que le sujet des lettres publiées est toujours en rapport avec l’activité sioniste de l’auteur, et que les préoccupations qui l’animent ne sont jamais futiles. La seconde est que Jabotinsky possède un monde intérieur tellement riche que ses réflexions, même les plus banales, sont toujours intéressantes.

    Jabotinsky, écrivais-je dans la postface à la traduction de son autobiographie, a commejabotinky,afrique du sud,bétar,ben gourion,georges bensoussan Herzl, « largement sacrifié sa vie privée et familiale à la cause pour laquelle il a œuvré jusqu’à son dernier jour (son fils, Eri, s’est livré au calcul du total des rares périodes durant lesquelles ses parents ont été réunis durant leur vie…). Jabotinsky, comme Herzl, a passé des semaines et des mois entiers en déplacement autour du monde, infatigable voyageur et globe-trotter de la cause sioniste, dormant quelques heures par nuit et négligeant sa santé (la maladie de cœur à laquelle il a fini par succomber, à l’âge de soixante ans, était un secret bien gardé, y compris pour ses proches) ».

    Sa correspondance est le reflet de ces déplacements perpétuels : les lettres réunies dans ce volume sont adressées à ses correspondants aux quatre coins du monde, et envoyées tantôt de Londres (centre de l’Union sioniste révisionniste depuis 1935), de Zürich, de Paris (qui a été son port d’attache entre 1924 et 1934), d’Alexandrie (où Jabotinsky se rend notamment pour rencontrer sa famille demeurant en Eretz-Israël, où il est interdit de séjour par la puissance mandataire) ou de Johannesburg, où il effectue un long séjour entre mars et juillet 1937.

     

     

    jabotinky,afrique du sud,bétar,ben gourion,georges bensoussan

    Au milieu de Betarim à Capetown


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