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Jabotinsky - Page 12

  • "Dans la ville du massacre" : Le pogrome de Kichinev sous la plume des écrivains

    Je dédie cet article inédit à la mémoire des victimes du pogrome d'Itamar, membres de la famille Fogel, dont nous marquerons demain la hazkara. P.I.L

    pogrom_kishinev1.jpgOn connaît bien le rôle généralement attribué à l'affaire Dreyfus dans la genèse de la doctrine de Théodor Herzl, le fondateur du sionisme politique. Neuf ans après la rédaction de l'État juif, en 1903 – un an avant le décès du "Visionnaire de l'État" – un autre événement va secouer les consciences juives et avoir des répercussions considérables sur l'histoire juive. A Kichinev, en Bessarabie, un pogrome terrible se déroule pendant trois jours de suite, faisant plusieurs centaines de victimes, morts et blessés. Plus encore que l'ampleur du drame, c'est son impact sur plusieurs écrivains juifs – et notamment H. N. Bialik et Jabotinsky – qui va donner à cet événement une importance majeure.

     

     

    « Les émeutes anti-juives de Kichinev, Bessarabie, sont pires que ce que le censeur autorisera de publier. Il y a eu un plan bien préparé pour le massacre général des Juifs, le lendemain de la Pâque russe. La foule était conduite par des prêtres et le cri général, "Tuons les Juifs", s'élevait dans toute la ville. Les Juifs furent pris totalement par surprise et massacrés comme des moutons. Le nombre de morts s'éleva à 120 et les blessés à environ 500. Les scènes d'horreur pendant le massacre furent indescriptibles. Les bébés furent littéralement déchiquetés par la foule frénétique et assoiffée de sang. La police locale ne fit aucune tentative pour arrêter le règne de la terreur. Au coucher du soleil, des piles de cadavres et de blessés jonchaient les rues. Ceux qui purent échapper au massacre se sont sauvés, et la ville est maintenant pratiquement vidée de ses Juifs ».

    Cette description publiée dans le New York Times fin avril 1904 donne une idée de l'horreur du pogrome de Kichinev. Il ne s'agit certes pas du premier pogrome en Russie : les premières émeutes antijuives remontent à l'année 1881, date à laquelle le mot entre dans le vocabulaire politique moderne. Mais alors que les violences des années 1880 ont laissé de marbre l'intelligentsia russe et l'opinion occidentale, le pogrome de Kichinev va par contre susciter une vague de réprobation internationale. Des manifestations se tiennent ainsi à Paris, Londres et New-York. Les gouvernements occidentaux protestent officiellement contre la passivité de la police du Tsar, qui a laissé faire les pogromistes pendant trois jours.

     

     

    bialik_1.jpgPourtant, ce ne sont pas les journalistes et les diplomates qui vont transformer Kichinev en événement marquant et en tournant de l'histoire juive, mais bien les écrivains. Au lendemain du pogrome, plusieurs écrivains russes publient ainsi des articles virulents, parmi lesquels Maxime Gorki et Léon Tolstoï. Ce dernier écrit notamment que "le crime de Kichinev est la conséquence directe de la propagande mensongère du gouvernement russe".

    Mais c'est un autre écrivain, juif, qui va immortaliser l'événement dans un poème dont la force touchera les consciences et bouleversera les lecteurs. Haïm Nahman Bialik (PHOTO CI-CONTRE), âgé de trente ans, est envoyé sur les lieux du pogrome par la Commission historique de la communauté juive d'Odessa, pour y interviewer des survivants. Il en reviendra avec un de ses plus fameux poèmes, Dans la ville du massacre.

     

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  • Le jour où la droite israélienne prendra le pouvoir… Pierre Itshak Lurçat

     

    AVEC YARIV LEVIN.JPGJ’ai rencontré ce matin à la Knesset le député Likoud Yariv Levin [photo ci-contre de Sarah Lurçat]. A 43 ans, il n’est pas seulement un des « jeunes loups » du parti de Bibi Nétanyahou et un des éléments les plus brillants et les plus prometteurs de la droite israélienne, mais il incarne aussi et surtout la volonté d’une nouvelle génération de « donner enfin le pouvoir » à la droite israélienne, trente-cinq ans après que Menahem Begin ait gagné les élections…

     

    Yariv Levin est, par sa mère, le rejeton d’une famille qui s’est illustrée pendant la période de la Tékouma (renaissance) et de la Guerre d’Indépendance : les parents de sa mère faisaient partie de l'Irgoun et l’oncle de celle-ci, Eliaou Lenkin, était le commandant de l’Altalena, le fameux bateau affrété par l’Irgoun qui fut bombardé, avec sa précieuse cargaison d’armes et des dizaines de Juifs à  bord – dont plusieurs survivants de la Shoah – sur l’ordre du commandant du Palma’h, un certain Itshak Rabin…

     

    ALTALENA.jpg


     

    Le contenu – passionnant – de mon entretien avec Yariv Levin doit paraître dans la prochaine livraison d’Israël Magazine et je ne vais pas en dévoiler ici la teneur. Je dirai seulement que le thème essentiel de notre conversation était la question, cruciale, de savoir pourquoi la droite ne dirige pas encore Israël, trente-cinq ans après le « Maapa’h » (renversement) de 1977, et comment faire pour remédier à cette situation.

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  • Redécouverte d'un des héros du sionisme: Vladimir Zeev Jabotinsky

    Je reproduis la belle recension de Nicolas Touboul dans le dernier numéro du Jerusalem Post en français. P.I.L.

    L'histoire de ma vie de Vladimir Zeev Jabotinsky, éditions Les Provinciales
    http://www.lesprovinciales.fr/

     

    jabotinski1903-jeune.jpg« Justice rendue. Redécouverte d'un des héros du sionisme relégué au second plan de l'histoire d'Israël et réduit à une étiquette inadaptée de fasciste» Par Nicolas Touboul, Jerusalem Post


    « Vladimir Zeev Jabotinsky est l'inconnu des pères fondateurs du sionisme. Certes, la plupart des villes d'Israël ont au moins une rue à son nom. Mais la figure proéminente du sionisme révisionniste, chronologiquement située entre Herzl et Ben Gourion, reste finalement à l'ombre de ces deux figures tutélaires. Une éclipse aussi due aux appellations de "fasciste" : il est vrai qu'écrire un livre intitulé Jeunes, apprenez à tirer ! n'est pas le meilleur moyen de passer pour un humaniste. Mais ce n'est qu'une raison de plus pour redécouvrir le personnage, en commençant par son autobiographie Histoire de ma vie. Une "histoire" qui dissipe tout d'abord quelques mythes au sujet de Jabotinsky. Notamment sur le fascisme justement : si l'homme était un nationaliste intransigeant, il est conceptuellement erroné́ de rattacher au mouvement mussolinien un homme auteur de ces lignes : "Je déteste à un point extrême, de manière organique, d'une haine qui échappe à toute justification, à la rationalité́ et à la réalité́ même, toute idée montrant une différence de valeur entre un homme et son prochain. [...] tout homme est un roi."
        
    Un fascisme qu'il critique d'ailleurs explicitement à la mention de son séjour de jeunesse à Rome : faisant l'éloge du libéralisme politique régnant dans le débat public local de ces premières années du XXe siècle, Jabotinsky l'oppose "à ce culte de la discipline qui s'exprima ensuite dans le fascisme", dont il tente ensuite de retracer les sources dans l'histoire italienne contemporaine. Individualiste et libéral donc, Jabotinsky, se méfiant des utopies, qualifie non sans ironie la sienne de "pan-basilisme".

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