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Inspiration - Page 2

  • Une visite au tombeau de Rahel

    Rahel, litteratureDepuis combien de temps ne s’était-il pas rendu sur le tombeau de Rahel, notre mère, sur la route allant de Jérusalem à Beit-Léhem : dix, quinze ans ? La dernière fois, ce devait être lorsqu’il était encore étudiant, ou bien peut-être durant son service militaire, avec le programme de découverte du pays pour les soldats ? A l’époque, la route n’était pas encore coupée par un barrage de l’armée, et on n’avait pas encore érigé ces murs de béton hauts de cinq ou six mètres, qui défiguraient le site et l’avaient transformé en un véritable bunker !

    Qu’aurait dit notre mère Rahel – si elle avait pu parler – en voyant sa tombe, autrefois située dans un cadre pastoral qui avait inspiré des générations d’écrivains et de poètes, et devenue maintenant une place forte dont l’aspect évoquait plus l’ancien mur de Berlin que la dernière demeure d’une des matriarches ? Depuis des lustres, les Juifs venaient ici épancher leur cœur, car une tradition affirmait que Rahel intercédait en leur faveur auprès du Tout-Puissant et qu’aucune prière prononcée sur sa tombe ne demeurait vaine.

    En arrivant à proximité du Lieu saint, il comprit pourquoi il était aujourd’hui ainsi protégé : le sol était jonché de pierres jetées par-dessus la muraille par des habitants arabes des faubourgs de Beit-Léhem, la ville chrétienne jadis réputée pour sa relative tolérance envers les fidèles de toutes les religions, devenue maintenant une « zone autonome » et placée sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Sur le coup, la vue des projectiles éparpillés sur la route le plongea dans une colère noire.

    Le plus scandaleux à ses yeux n’était pas même le fait que des fidèles juifs furent la cible de pierres lancées par des jeunes Arabes, dont certains n’avaient sans doute pas dix ans – car il en avait toujours été ainsi : la lapidation des « infidèles » faisait pour ainsi dire partie de leur culture – et il n’avait jamais eu la naïveté de croire que les accords de paix signés par Israël pouvaient modifier de quelque manière cette réalité millénaire. La nature humaine était immuable ; elle n’avait pas changé depuis l’époque de la Bible, quand Caïn tuait son frère Abel !

    Rahel, litterature


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  • "Il n'y a pas de désespoir dans le monde !" ou la Journée d'un soldat

    55909181_912aabf512_z.jpg"Soldat, tu oublies ton béret !" La voix du passager de l'autobus fit sursauter Alex. Il avait l'impression que le sort s'acharnait contre lui depuis plusieurs semaines. Tout avait commencé par la maladie de sa mère, qui avait été hospitalisée pour subir des examens. Alex avait demandé une permission spéciale pour pouvoir s'occuper d'elle et lui rendre visite. Il était fils unique et son père était parti une dizaine d'années auparavant, quelques mois seulement après leur installation en Israël, abandonnant femme et enfant pour retourner vivre en Russie.

    Son père avait disparu sans laisser d'adresse, comme si la terre l'avait englouti. La rumeur disait qu'il vivait avec une actrice de théâtre à Moscou et qu'il avait utilisé tout l'argent du "panier d'intégration" pour acheter un appartement dans le quartier des artistes. Il n'avait jamais versé le moindre kopek à sa femme, qui avait été obligée de travailler durement pour élever Alex, cumulant sa place de caissière au supermarché avec des ménages et se saignant aux quatre veines pour payer le loyer, les cours particuliers ou les leçons de judo de son fils.

    Alex avait fait de bonnes études, pour autant que cela était possible dans le quartier périphérique où ils habitaient, et il était entré dans une unite d'élite. C'était un bon soldat, courageux et taciturne, préférant la lecture aux conversations futiles. Mais son commandant l'avait pris en grippe – du moins le croyait-il – depuis que sa mère était tombée malade. Il le laissait partir une ou deux fois par semaine pour s'occuper d'elle, mais l'astreignait en contrepartie à des tâches fastidieuses dont les autres soldats étaient dispensés.

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    Alex avait eu une petite amie, une soldate d'origine russe elle aussi, mais elle l'avait quitté pour un officier des Renseignements, un beau parleur qui savait faire miroiter aux filles monts et merveilles... Il n'avait pas de chance en amour, ni ailleurs. Un proverbe en yiddish, que lui répétait souvent son grand-père en Russie, lui revint en mémoire : "Certains ont de l'argent, les autres ont les yeux pour pleurer…" Il sortit de la station centrale et bouscula au passage une femme âgée, qui maugréa contre ces jeunes qui ne respectaient rien ni personne.

    Comme tous les vendredis, il rentrait chez sa mère, et l'idée de passer le chabbat à dormir et à regarder la télévision le déprimait. Il repensa aux quelques bons moments qu'il avait connus en Israël, ces dernières années – sa rencontre avec Natalia, les weekend dans un "zimmer" en Galilée, la cérémonie de fin de l'entraînement de son unité… Descendant la rue Agrippas, il s'arrêta dans un petit restaurant populaire pour y manger un koubé – soupe aux légumes et aux boulettes de viande – un plat juif kurde que les soldats prisaient particulièrement. A la table voisine, un groupe de Golani riaient et se donnaient des tapes dans le dos en buvant de la bière. Pourquoi tout le monde semblait être heureux, sauf lui ?

     

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  • Au musée du Luxembourg

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    A la mémoire d'Alain Etchegoyen (1951-2007)

    « Quel bonheur de voir ces tableaux ! », lui dit Julia en sortant de l’exposition Chagall, qui venait d’ouvrir ses portes au Musée du Luxembourg. « C’est comme la musique classique, cela fait du bien à l’âme ! Ne trouves-tu pas ? » Ces mots simples réveillèrent en lui le souvenir d’une autre exposition – celle de Matisse, au Grand Palais – qu’ils avaient visitée ensemble, plus de vingt ans auparavant, alors qu’ils étaient tous les deux étudiants à Paris.

    L’exposition Chagall était disposée selon un ordre chronologique, qui permettait de suivre l’évolution de l’inspiration de l’artiste : ses débuts en Russie, son séjour parisien avant la Première Guerre mondiale, son retour au pays natal, puis ses pérégrinations jusqu’aux années de guerre et au-delà. Les tableaux – dont beaucoup lui étaient familiers, pour les avoir souvent vus en reproduction, dans des livres ou sur des cartes postales – avaient ravivé le goût des belles choses qui l’avait toujours habité, mais auquel la vie quotidienne laissait peu d’occasions de s’exprimer.

    En sortant du musée, ils prirent un thé puis firent quelques pas dans les allées du jardin du Luxembourg. S’arrêtant devant la statue de Bourdelle, représentant un Beethoven au visage fermé et délavé par la pluie, dont la tristesse était encore accrue par le temps maussade, inhabituel pour un mois de juin à Paris, il se remémora une rencontre récente avec son amie Aude à Jérusalem. Lorsqu’il lui avait demandé si elle avait déjà assisté aux concerts classiques gratuits, au théâtre de Jérusalem, elle lui avait répondu qu’elle y avait été une seule fois, mais qu’elle avait été déçue.

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    En effet, le violoniste qui interprétait le trio à cordes de Beethoven était un petit gros moustachu, alors qu’elle se l’était représenté, avant de se rendre au concert, sous les traits d’un beau jeune homme, mince et élancé… L’idée que le violoniste aurait dû être un bel homme, une sorte de Prince charmant, avait évidemment quelque chose de naïf et de presque enfantin ! Cela était d’autant plus surprenant dans la bouche d’Aude, que celle-ci manifestait en général une attitude très réservée, et quasiment pudibonde à l’endroit des choses de l’amour.

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