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31/07/2012

Le violon de David Gritz, par Pierre Itshak Lurçat

david gritz,attentat,jérusalem[Je mets en ligne ce texte paru dans le Jerusalem Post en hommage à David Gritz, assassiné dans l'attentat de l'université de Jérusalem il y a tout juste 10 ans. יהיה זכרו ברוך]

Le destin existe-t-il ? Le nom de David Gritz m'était revenu en mémoire, alors que je descendais la rue Hillel avec mon ami Reuven, qui me parlait d'un jeune étudiant français, grièvement blessé dans l'attentat de la cafétéria de l'université hébraïque où David avait trouvé la mort. C'était en août 2002, en pleine Intifada, à l'époque où les autobus explosaient au centre de Jérusalem et de Tel-Aviv presque chaque semaine. Une véritable guerre se déroulait dans les rues, les cafés et les marchés des grandes villes d'Israël, guerre encore plus terrible que les précédentes, car pour la première fois depuis 1948, elle touchait presqu'exclusivement les civils – hommes, femmes et enfants – placés en première ligne face aux terroristes kamikazes.

 

Nous avions quitté le pays pour une année sabbatique en France et nous trouvions à Paris, lorsque la nouvelle de l'attentat de la cafétéria se répandit comme une traînee de poudre dans la communauté juive, suscitant une vague d'émotion sans précédent en plein mois d'août. Beaucoup de gens qui, comme nous, ne connaissaient pas David Gritz, s'étaient rendus spontanément à son enterrement, au cimetière du Montparnasse, et nos craintes de voir les parents du défunt presque seuls s'étaient avérées infondées : une foule considérable les entourait, amis, lointaines connaissances ou personnes qui, comme nous, avaient voulu rendre un ultime hommage à ce jeune homme qu'ils n'avaient jamais rencontré.

 

A la tristesse de circonstance s'ajoutait le sentiment d'une perte injuste et d'une douleur insondable. Les parents de David, drapés dans leur deuil comme les personnages d'une tragédie antique, avaient réussi à conserver une dignité exemplaire. Les regardant de loin, debout devant la tombe ouverte de leur fils unique, je repensais à d'autres scènes terribles dont Israël avait été le témoin ces dernières années. La “famille des endeuillés” – expression typiquement israélienne qui n'existe, à ma connaissance, dans aucun autre pays du monde – s'élargissait chaque semaine aux parents d'une nouvelle victime du terrorisme. Combien d'enfants avaient été enterrés par leurs parents, combien de frères, de fils, de petits-fils avaient été conduits à leur dernière demeure au cours de ces années sanglantes ?

 

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08/07/2012

Itshak Shamir, les combattants du LEHI et l'assassinat de Lord Moyne

groupe stern,lehi,shamirDans l'extrait du beau livre de Gerold Frank qu'on lira ci-dessous, le sergent Galili, chef du LEHI (Lohamé Hérout Israel = "les Combattants pour la Liberté d'Israël") en Egypte, rencontre Itshak Shamir à Jérusalem et celui-ci évoque le projet d'assassiner Lord Moyne, pour "secouer le monde", comme il le lui explique...

Je publie ces lignes à titre d'hommage au grand dirigeant d'Israël qui est disparu la semaine dernière, et aussi pour rappeler cette page d'histoire souvent méconnue: l'Etat d'Israël n'est pas né, comme on l'entend dire trop souvent, d'une décision de l'ONU, mais il est né dans le feu et le sang de la lutte des héros du LEHI et de l'IRGOUN, poignée de combattants qui ont réussi à vaincre l'Empire britannique, parfois au sacrifice de leur vie. P.I.L

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Yair STERN, fondateur du LEHI

"Le sergent Galili avait vu Shamir à Jérusalem. Shamir l'avait convoqué un mois auparavant; à l'heure convenue, la fiancée de Shamir, Shulamit, l'attendait en face du cinéma Orion au coeur de Jérusalem, pour le conduire à la dernière cachette de Shamir. Celui-ci était pourchassé avec tant d'acharnement qu'il changeait de logement tous les deux ou trois jours. Quand Galili le vit, Shamir était pâle et jaunâtre: il manquait d'air et de soleil. Il avait une barbe maintenant longue et noire, et il avait pris l'habitude de porter des lunettes cerclées d'or: elles accentuaient son allur de rabbin perdu dans ses méditations. Dans sa maison de pierre, Shamir était en train d'organiser la série d'attentats contre le Haut-Commissaire MacMichael...

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Le "rabbin" Shamir à l'époque du LEHI

Shaluamith [NB la future femme de Shamir], une Bulgare, lui apportait de quoi manger et s'occupait de lui. En sus de son courrier, elle lui sevait de contact avec le monde extérieur. Les chefs des Combattants pour la Liberté d'Israël ne vivaient jamais seuls, car ils pouvaient être jetés en prison sans que personne en le sût, et il suffisait qu'un détachement de policiers installât une souricière dans la cachette du chef démasqué pour que tout visiteur fût immédiatement appréhendé...

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06/07/2012

"Juifs, apprenez à tirer!" Jabotinsky et les débuts de l'autodéfense juive, de Kichinev à Jérusalem (1)

Jabotinsky, autodéfense, ToulouseDans l'extrait de son autobiographie * qu'on lira ci-dessous, le fondateur de la Légion juive et du Betar relate les débuts de l'autodéfense juive en Russie, au moment du pogrome de Kichinev. Les mots fameux du grand dirigeant sioniste - "Juifs, apprenez à tirer!" - n'ont rien perdu de leur actualité, alors que nos frères Juifs en France découvrent ou redécouvrent tragiquement la précarité consubstantielle à l'existence juive en diaspora. P.I.L

 NB Je donnerai une conférence mardi soir au centre communautaire francophone de Jérusalem sur le thème 'Que reste-t-il aujourd'hui du sionisme de Jabotinsky?'

Kichinev

 Le début de mon activité sioniste est lié à deux choses : l'opéra italien et l'idée d'autodéfense.

  Nous avons toujours eu, à la saison d'hiver, un opéra italien au théâtre municipal. Cet hiver-là, nous pûmes entendre chanter Armanda Degli Abati, l'amie de mon camarade Lebdnitsev, qui se rendait chaque soir au théâtre pour l'écouter. Un soir, à l'entracte, je le croisai dans le couloir accompagné d'un homme élégant, arborant une moustache noire et affichant des manières occidentales, que j'avais déjà vu plusieurs fois, toujours assis à la même place, à la deuxième rangée. Lebdnitsev nous présenta l'un à l'autre : ce monsieur était l'envoyé spécial d'un journal professionnel de Milan, consacré à la musique et au chant...

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