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Heroisme juif - Page 3

  • « Aujourd’hui j’écris avec la plume, demain j’écrirai avec mon sang» : Le sionisme révolutionnaire d’Avraham Stern

    lehi,avraham yair stern,sionismeLe petit musée de la rue Stern à Tel-Aviv est un bâtiment modeste, un petit immeuble dans le quartier de Florentine que rien ne destinait à abriter la mémoire d’un des plus grands héros juifs de la Renaissance nationale d’Israël : le fondateur et chef du Lehi, Avraham (Yaïr) Stern. C’est là, il y a 74 ans jour pour jour, dans sa petite chambre au mobilier spartiate, que Stern a été lâchement assassiné d’une balle dans le dos par des policiers anglais, qui avaient lancé une impitoyable chasse à l’homme contre celui qui était devenu « l’ennemi public numéro 1 » de la Puissance mandataire occupant Eretz-Israël.

    Dans le petit appartement de la rue Stern, dont le mobilier est resté intact à sa place, on peut voir le lit où Yaïr a passé ses dernières nuits, la table où il a rédigé ses ultimes lettres à sa mère et à sa femme, Roni, et l’armoire où il s’est caché en entendant les coups frappés à la porte. La femme courageuse qui l’hébergeait, Tova Savoraï, s’est vainement interposée entre lui et les policiers anglais, pour tenter de protéger Yaïr contre les balles de ses assassins.

    « Aujourd’hui j’écris avec la plume, demain j’écrirai avec mon sang ». Ces mots prémonitoires figurent dans le poème Soldats anonymes, rédigé par Yaïr et devenu l’hymne de l’Irgoun, puis celle du Lehi après la scission entre les deux mouvements de lutte nationale, le premier ayant fait le choix stratégique de ne pas poursuivre le combat contre l’occupant anglais après le début de la Deuxième Guerre mondiale.

    Yaïr n’avait pourtant, comme la plupart des pères fondateurs de l’Etat juif, aucune prédisposition pour la violence et aucun goût pour la guerre et le sang. Il était avant tout un homme épris de liberté et un esprit assoiffé de connaissance. Il avait, comme on peut le voir dans le musée de la rue Stern, entamé de brillantes études à l’université hébraïque de Jérusalem, avant de les poursuivre à Florence, passionné de lettres classiques.

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  • « Pro Armenia » : voix juives en faveur des victimes du génocide arménien, Pierre I. Lurçat

     

    I - Eitan Belkind, témoin du génocide arménien

     

    L’histoire des peuples n’est pas celle des Etats, avait coutume de dire le général Michel Darmon, à propos des relations entre la France et Israël. Cette réflexion vaut également au sujet des relations entre Israël et l’Arménie, d’autant plus que cette dernière n’a accédé que très récemment à l’indépendance. Si la question du génocide arménien et sa non reconnaissance officielle par Israël empoisonne jusqu’à ce jour les relations entre les deux pays, elle se trouve par contre au cœur des relations étroites que plusieurs figures juives ont entretenu avec la question arménienne…

    belkind.jpgParmi les témoignages directs du génocide arménien figure celui d’Eitan Belkind *, un des fondateurs du réseau d’espionnage pro-anglais en Palestine, le NILI. Né en 1897 à Rishon-le-Tsion, d’une famille originaire de Russie, il avait étudié au lycée Herzéliya de Tel-Aviv. En 1912, âgé de quinze ans seulement, il se rendit à Constantinople pour s’enrôler dans l’école navale. Lorsque la guerre éclata, il fut accepté à l’école des Cadets et obtint le rang d’officier, attaché au siège de la Quatrième Armée qui était installé à Damas, sous le commandement de Djamal Pasha.

    En mars 1915, lorsqu’une invasion de sauterelles frappa la Palestine, l’armée turque chargea Aharon Aharonson de combattre ce fléau. Belkind lui fut rattaché et se rendit à Jérusalem. Son rôle de tout premier plan dans la lutte contre les sauterelles lui valut plusieurs décorations militaires, dont le Croissant de fer turc et la Croix de fer allemande. A la même époque toutefois, Belkind fonde le NILI, aux côtés d’Aharon et Sarah Aharonson et d’Avshalom Feinberg. Plus tard, il sera membre de l’Etsel. Nous reviendrons sur la figure étonnante de Belkind dans un prochain article. Voici son témoignage, traduit de l’anglais par Georges Festa. P.I.L.

    * (Ce témoignage figure sur le site du Musée arménien du génocide, http://www.genocide-museum.am/eng/eye_witnesses1.php)

     

    Un témoin des massacres arméniens : « Voilà comment ça s’est passé » par Eitan Belkind


    « La majorité des Juifs d’Israël, le vieux Yishouv, de même que les nouveaux arrivants, avaient conservé leurs passeports non turcs, afin d’être protégés par les Capitulations de l’empire ottoman. Les Capitulations étaient des privilèges accordés aux citoyens européens résidant en Turquie en échange d’une aide apportée par les nations européennes à l’empire qui se désagrégeait.

    Durant la guerre, les forces militaires turques ne purent accepter le fait que des dizaines de milliers de gens, issus de pays hostiles, ayant une nationalité étrangère, vivent en Israël (les nouveaux arrivants provenaient principalement de l’empire russe, qui combattait les Turcs). Les Turcs exigèrent que les Juifs acquièrent la nationalité ottomane ou quittent Israël. Les Bilouim (les premiers immigrés en Palestine, venus de Russie) et d’autres fondateurs de la première Alya, dirigés par Eliezer Ben-Yehuda, lancèrent un appel public aux Juifs, les encourageant à adopter la nationalité ottomane. Toutefois, très peu leur répondirent, car la plupart des Juifs craignaient qu’une fois obtenus leurs passeports turcs, ils seraient enrôlés dans l’armée turque, ce qu’ils redoutaient le plus. Beaucoup de Juifs préférèrent s’exiler d’Israël, plutôt que de servir dans l’armée turque.

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  • Gallipoli 1915 : la Légion juive, première armée juive depuis l’Antiquité Pierre Itshak Lurçat

    Jabotinsky_gallery2_big.jpgBien avant que le nom de Tsahal ne devienne synonyme de courage et d’exploits militaires, avant la création de la Haganah et de l’Irgoun – généralement considérés comme les prémisses de l’armée israélienne – des soldats juifs se sont battus, pour la première fois depuis l’Antiquité, sous un drapeau hébraïque. C’était en avril 1915, à Gallipoli, sur le front turc, pendant la fameuse bataille des Dardanelles qui se solda par un échec retentissant pour les armées alliées franco-britanniques. Mais pour le modeste bataillon juif qui prit part à ces opérations, dans le cadre du « Corps des muletiers de Sion », ce fut un épisode glorieux, prélude à la création d’un régiment juif qui prit part à la conquête de la Palestine (Eretz-Israël) par le général Allenby. Retour sur une page d’histoire oubliée.

    Dans son autobiographie, que j'ai récemment traduite et publiée en français sous le titre Histoire de ma vie *, Vladimir Jabotinsky relate ainsi le rôle essentiel que joua la Légion juive dans l’histoire du sionisme : « Le modeste bataillon de Gallipoli parvint à percer la première brèche dans cette muraille. Il pénétra, fut-ce avec un seul doigt, dans ce champ de vision ensorcelé du monde en guerre. Le bataillon juif fut mentionné par tous les journaux européens ; presque tous les correspondants de guerre qui parlaient de Gallipoli, lui consacrèrent une page ou un chapitre de leurs reportages, puis de leurs livres. De manière générale, au cours de la première moitié de la guerre, le bataillon tint lieu d’unique manifestation qui rappelât au monde – et en particulier au monde militaire anglais – que le sionisme était ‘‘d’actualité’’ et qu’il était encore possible de le transformer en un facteur capable de tenir son rôle, même au milieu du vacarme des canons ».

    Jabotinsky, Trumpeldor et les « Muletiers de Sion »

    En réalité, le Corps des muletiers de Sion (Zion Mule Corps, connu sous l’abréviation ZMC) fut la création de trois hommes, trois personnages exceptionnels qui mériteraient chacun de faire l’objet d’un article entier. Le premier, le plus connu des trois, est évidemment Jabotinsky lui-même, enfant terrible du sionisme russe, écrivain talentueux devenu un dirigeant politique, orateur hors-pair, fondateur du mouvement sioniste révisionniste et du Betar. De toutes les réalisations qu’il accomplit au cours de son existence mouvementée, la Légion juive est sans doute une des plus importantes et « Jabo » est passé à la postérité en tant que soldat juif, tout autant que pour son œuvre politique.


    TRUMPELDOR.jpgLe second est Joseph Trumpeldor, le héros de Tel-Haï, premier Juif devenu officier dans l’armée russe, qui perdit un bras dans la bataille de Port Arthur et fut récompensé par quatre médailles de la Croix de Saint Georges. Le troisième est un militaire irlandais protestant, le colonel Henry Patterson, grand soldat et chasseur de lions dont le livre « Les mangeurs d’hommes du fleuve Tsavo » était devenu une véritable bible dans l’empire britannique au début du vingtième siècle. Ce sont ces trois hommes remarquables qui furent les fondateurs du ZMC, premier embryon d’armée juive au vingtième siècle. La décision officielle fut prise à Alexandrie, en Égypte, où Jabotinsky et Trumpeldor séjournaient dans un camp de réfugiés juifs d’Eretz-Israël, expulsés du pays par les autorités ottomanes.

     

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    Bataille de Krithia, 4 juin 1915

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