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11/05/2016

Un Yom Hazikaron pas comme les autres : Sur les traces de Victor Soskice-Lurçat à Valençay

La sonnerie du Yom Hazikaron vient de retentir en Israël, unissant dans la prière et la douleur toute une nation, autour du souvenir sacré de ses soldats, morts pour qu’elle vive. De Paris, j’ai écouté moi aussi cette sonnerie lancinante et j’ai relié par la pensée la mémoire des héros d’Israël à celle d’un autre jeune soldat mort à 20 ans, Victor Soskice-Lurçat, assassiné par les nazis à Flossenburg en mars 1945.

 

victor soskice,jean lurçat,soe,résistance Victor était le cousin de mon père. J’ai relaté ici comment j’avais découvert il y a quelques années un visage méconnu de mon grand-oncle, Jean Lurçat, à travers le témoignage de son élève, Georges Goldstein, qui m’avait raconté comment Lurçat s’était rendu à plusieurs reprises en Israël, et avait participé aux débuts de la tapisserie israélienne, avec l’aide de Haïm Gamzu, directeur du musée de Tel-Aviv. Celui-ci organisa l’exposition des Tapisseries de France en présence de l'artiste français, et avec le soutien financier de l’industriel Ephraim Ilin. Cette aventure aboutit à la création du premier atelier de tapisserie, à Nazareth-Ilit, dont l’existence fut éphémère (1964-1966) en raison de la crise économique précédant la guerre des Six Jours…

 

La publication de ce récit sur mon blog m’a permis d’entrer en contact, de manière presque miraculeuse, avec André Simon z.l., ami de jeunesse du fils adoptif de Jean Lurçat, Victor. André m’a raconté leur rencontre à Aubusson, en 1940, et m’a donné envie de découvrir le parcours tragique de Victor Soskice-Lurçat, jeune homme promis à un avenir brillant, qui avait renoncé à des études prometteuses à l’université Georgetown pour s’engager dans les services secrets américains, avant d’être parachuté en France dans les rangs du SOE britannique (Special Operations Executive). Capturé par les Allemands, il a fini sa trop brève existence dans le sinistre camp de Flossenburg, le 29 mars 1945, à quelques semaines de la libération par les soldats de l’US Army.

 

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Le mémorial de Valençay

La semaine dernière, le 7 mai exactement, je me suis rendu à Valençay, pour participer à la cérémonie d’hommage annuelle au mémorial de la Section F du SOE. J’y ai rencontré d’anciens résistants - parmi lesquels Nooreen Riols, dernière survivante des agents féminins du SOE - et l’historien Paul McCue, spécialiste du SOE, qui m’a communiqué de précieuses informations sur le destin de Victor Soskice Lurçat. Par un ‘hasard’ du calendrier, la cérémonie de Valençay a eu lieu quelques jours seulement avant le Yom Hazikaron, jour du souvenir des soldats tombés dans les guerres d’Israël.

Victor Soskice, Jean Lurçat, SOE, résistance

Avec Noreen Riols

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20/04/2016

“Mir seinen Do” : Des combattants du ghetto aux soldats de Tsahal

IMG_20160420_101441.jpgEntre Acco et Nahariya, sur la côte de la Méditerranée, à quelques kilomètres de la frontière nord d’Israël, se trouve le kibboutz Lohamei Hagetaot (Les combattants des ghettos). Fondé en 1949, le kibboutz abrite aussi le Musée des Combattants des ghettos, qui a pour particularité d’être le premier musée de la Shoah fondé en Israël, la même année que le kibboutz, et d’avoir été créé par des survivants de la Shoah, parmi lesquels plusieurs anciens combattants du ghetto de Varsovie.

 

Venus passer trois jours en Galilée quelques jours avant Pessah, nous avons entamé notre tiyoul par une visite du Musée de Lohamei Hagetaot. Quand on arrive par la route venant de Haïfa, on remarque tout d’abord l’aqueduc romain qui longe le kibboutz sur son côté Ouest. Le musée, dont la structure impressionnante est due à l’architecte Samuel Bickels, est presque vide, en ce début d’après-midi.

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Sculpture de Samuel Willenberg z.l

Samuel_Willenberg_Paweł_Śpiewak_70th_anniversary_of_Treblinka_revolt.jpgNous parcourons les salles consacrées aux Justes des Nations et à la Résistance juive, avant de tomber en arrêt devant les sculptures réalisées par Samuel Willenberg, survivant de Treblinka (photo ci-contre). (Je l’ai souvent croisé, étant adolescent, chez mon oncle Menahem Giladi z.l dont il était le “mehoutan” - sa fille ayant épousé mon cousin). Willenberg était le dernier survivant de Treblinka ; il est décédé en février 2016. Un petit film émouvant le montre évoquant, la voix tremblante, la révolte de Tréblinka et ses compagnons d’infortune, dont les images n’ont cessé de le hanter jusqu’à son dernier jour, comme il l’explique, 70 ans plus tard : “Tréblinka zeh Ani!” (Treblinka, c’est moi!)

 

Nous prenons la route de Safed pour aller chercher ma fille, qui vit au kibboutz Moran. Ensemble, nous continuons en direction du lac de Tibériade (la “mer de Kinneret” en hébreu) pour rejoindre Ein Gev, sur la rive orientale du Kinneret. En chemin, nous prenons en stop une jeune fille qui vient tout juste d’achever la traversée d’Israël depuis Eilat, à pied, par le Chvil Israël (le “Sentier d’Israël”). Elle nous raconte son périple et nous parle des “mala’hé ha-shvil”, ces ‘“anges gardiens” qui accueillent les marcheurs et leur offrent le gîte et le couvert. L’hospitalité juive n’est pas un vain mot, aujourd’hui comme à l’époque d’Avraham…

 

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17/02/2016

« Aujourd’hui j’écris avec la plume, demain j’écrirai avec mon sang» : Le sionisme révolutionnaire d’Avraham Stern

lehi,avraham yair stern,sionismeLe petit musée de la rue Stern à Tel-Aviv est un bâtiment modeste, un petit immeuble dans le quartier de Florentine que rien ne destinait à abriter la mémoire d’un des plus grands héros juifs de la Renaissance nationale d’Israël : le fondateur et chef du Lehi, Avraham (Yaïr) Stern. C’est là, il y a 74 ans jour pour jour, dans sa petite chambre au mobilier spartiate, que Stern a été lâchement assassiné d’une balle dans le dos par des policiers anglais, qui avaient lancé une impitoyable chasse à l’homme contre celui qui était devenu « l’ennemi public numéro 1 » de la Puissance mandataire occupant Eretz-Israël.

Dans le petit appartement de la rue Stern, dont le mobilier est resté intact à sa place, on peut voir le lit où Yaïr a passé ses dernières nuits, la table où il a rédigé ses ultimes lettres à sa mère et à sa femme, Roni, et l’armoire où il s’est caché en entendant les coups frappés à la porte. La femme courageuse qui l’hébergeait, Tova Savoraï, s’est vainement interposée entre lui et les policiers anglais, pour tenter de protéger Yaïr contre les balles de ses assassins.

« Aujourd’hui j’écris avec la plume, demain j’écrirai avec mon sang ». Ces mots prémonitoires figurent dans le poème Soldats anonymes, rédigé par Yaïr et devenu l’hymne de l’Irgoun, puis celle du Lehi après la scission entre les deux mouvements de lutte nationale, le premier ayant fait le choix stratégique de ne pas poursuivre le combat contre l’occupant anglais après le début de la Deuxième Guerre mondiale.

Yaïr n’avait pourtant, comme la plupart des pères fondateurs de l’Etat juif, aucune prédisposition pour la violence et aucun goût pour la guerre et le sang. Il était avant tout un homme épris de liberté et un esprit assoiffé de connaissance. Il avait, comme on peut le voir dans le musée de la rue Stern, entamé de brillantes études à l’université hébraïque de Jérusalem, avant de les poursuivre à Florence, passionné de lettres classiques.

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