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12/04/2013

« Hannah Arendt », de Margarethe von Trotta : un film ambitieux et captivant, par Pierre Itshak Lurçat

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A ma mère, grande lectrice d'Hannah Arendt

Adapter au cinéma la controverse fameuse suscitée par la couverture du procès Eichmann par Hannah Arendt : projet ambitieux et non dénué de risque, que la réalisatrice allemande Margarethe von Trotta, dont le film vient de sortir en Israël (à l’occasion du Jour du souvenir de la Shoah et de l’Héroïsme) et sortira en France le 24 avril a entrepris avec audace. Le résultat est un film intéressant et même captivant, servi par une interprétation talentueuse (en particulier celle de Barbara Sukowa, qui avait déjà incarné Rosa Luxembourg en 1986 et qui joue le rôle principal avec beaucoup de conviction).

Von Trotta a fait une œuvre de fiction qui colle assez étroitement à la réalité : concernant le procès Eichmann tout d’abord, dont on voit des images d’archives saisissantes (sans doute l’élément le plus intense du film) ; et concernant la vie d’Hannah Arendt ensuite. Les personnages principaux du film sont ceux de la vie d’Arendt : son second mari, Heinrich Blücher, son amie américaine Mary Mc Carthy, le philosophe Hans Jonas… Quelques écarts avec la réalité (ainsi le fameux reproche fait à Arendt de manquer d’« amour pour Israël » est attribué à Kurt Blumenfeld, alors qu’il fut formulé par Gershom Scholem), ne parviennent pas à remettre en cause la fidélité du récit.

Le nœud du film est la controverse déclenchée par les articles publiés par Arendt dans le New Yorker, après avoir assisté à plusieurs audiences du procès Eichmann. Il est évidemment difficile de rendre compte au cinéma d’une controverse dont les tenants et aboutissants sont complexes, et Margarethe Von Trotte s’en sort assez bien, même si sa sympathie penche visiblement plus pour la philosophe juive allemande que pour ses contradicteurs israéliens et juifs américains…

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31/03/2013

L’autre visage du cinéma israélien : au-delà des clichés et de la propagande, Pierre Itshak Lurçat

 

FESTIVAL ISRATIM.jpgL’ouverture cette semaine du 13e Festival du cinéma israélien à Paris et la mystérieuse affaire de l’agression du réalisateur Yariv Horowitz à Aubagne – qui ressemble à une provocation du journal Ha’aretz, lequel n’en serait pas à son coup d’essai – sont l’occasion de revenir sur un sujet rarement abordé, celui du double visage du cinéma israélien. Trop souvent en effet, les films israéliens présentés à l’étranger offrent un visage tronqué et déformé de la réalité du septième art israélien, en n’abordant que le sempiternel « conflit israélo-palestinien », de manière plus ou moins tendancieuse (c’est le cas du film de Yariv Horowitz, « Rock the Casbah », que je n’ai pas vu et sur lequel je ne me prononcerai donc pas).

Or le cinéma israélien est très différent de l’image qu’en donnent les films d’un Amos Gitaï – pour ne citer que lui – adulé en Europe mais méprisé par ses collègues et ignoré du grand public israélien.  Il est riche, novateur, original et optimiste et reflète fidèlement la vitalité et la richesse humaine de notre petit pays… Le cinéma israélien ne parle (presque) pas de guerre, d’« occupation » ou des autres leitmotive chers aux médias étrangers, qui ne connaissent notre pays qu’à travers le prisme déformant de l’idéologie palestiniste. Il parle de la vie, des gens et de l’amour… Car, contrairement à ce que croient les médias étrangers, Israël n’est pas seulement un pays en guerre, c’est un pays où il fait bon vivre ! J’invite ceux qui veulent découvrir cet autre visage du cinéma israélien (et d’Israël) à aller voir le beau film de Beni Torati, La ballade du printemps, dont j’ai récemment rendu compte dans les colonnes d’Israël Magazine. P.I.L

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"La ballade du printemps" : un film novateur, original et optimiste

Le deuxième film de Beni Torati, La ballade du printemps qui pleure (« ha-Balada shel ha-Aviv ha-bo’hé »), très remarqué dans plusieurs festivals internationaux et récompensé par quatre « Ophir » (oscars israéliens), est un film original et inclassable, servi par une excellente interprétation. Le film raconte le parcours initiatique d’un jeune musicien, Amram Mofradi (Doudou Tassa), qui tente de reconstituer le légendaire ensemble musical oriental « Turquoise », pour honorer le dernier souhait de son père mourant. Pour ce faire, il va devoir retrouver un à un les musiciens et notamment le fameux Yossef Tuila (Ouri Gabrielov), qui a été la cause d’un accident dramatique à la suite duquel il a renoncé à jouer. Cette histoire sert de prétexte à Torati pour entraîner le spectateur dans une épopée lyrique qui est aussi un hommage vibrant à un genre musical qui connaît actuellement un essor inattendu en Israël : la musique juive orientale.

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12:39 Publié dans CINEMA, Film | Lien permanent | Commentaires (1)

29/03/2013

Dictionnaire du cinéma israélien : Reflets insolites d’une société, d’Hélène Schoumann

 

cinema israelienLe cinéma israélien connaît depuis plusieurs décennies un essor spectaculaire, qui se traduit à la fois par la diversité et la qualité des films réalisés, et par le succès qu’ils rencontrent tant à l’intérieur des frontières d’Israël qu’à l’étranger. Depuis la fin des années 1990, les productions israéliennes sont en effet présentes dans les plus grands festivals internationaux, où elles obtiennent parfois des prix prestigieux (Lion d’Or à Venise pour Lebanon, Prix du meilleur scénario à Cannes pour Footnote, Prix du Jury pour La visite de la Fanfare…). Quant aux festivals de cinéma israélien, ils poussent comme des champignons, en France notamment.

Dans ce contexte, il faut saluer la parution d’un Dictionnaire du cinéma israélien, publié récemment par Hélène Schoumann aux éditions Cosmopole. Cet ouvrage comble un vide et réjouira tous les cinéphiles et amateurs du Septième Art israélien. L’auteur anime une émission de cinéma sur la radio parisienne Judaïques FM et préside le Festival du cinéma israélien de Paris. Comme elle l’explique dans sa présentation, la sélection des films abordés dans son livre est « absolument subjective », tout en se voulant le plus exhaustive possible.

Ce Dictionnaire est utilement précédé d’une chronologie, dans laquelle on découvre par exemple que la célèbre salle de cinéma Smadar, dans le quartier allemand de Jérusalem (la « Moshava Guermanit »), date de 1928 ! Agrémenté de nombreuses photographies en noir et blanc, le dictionnaire aborde tant les films et leurs réalisateurs que les grands acteurs israéliens, comme Guila Almagor – que l’on pouvait encore récemment admirer au théâtre – et que l’auteur qualifie de « Sophia Loren du cinéma israélien ». Le très beau film L’été d’Aviya, œuvre d’Eli Cohen sortie en 1988 et devenue un classique, était une adaptation du roman autobiographique d’Almagor, qui y évoque sa mère, survivante de la Shoah.

cinema israelien

La visite de la fanfare, avec Ronit Elkabetz et Sasson Gabai


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07:42 Publié dans CINEMA, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema israelien

 
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