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24/11/2011

Deux beaux romans sur le Retour – de la téchouva à l’alyah, par Pierre Itshak Lurçat

 

AMANDIER.jpgLe titre du beau roman de Yéochoua Sultan, Comme l’amandier en hiver, intrigue le lecteur. La couverture du livre – autoédité par l’auteur (yeochouasultan91@gmail.com) – est illustrée par deux photographies : au recto, des amandiers en fleurs, au verso, une forêt aux couleurs automnales. Ces deux images représentent les deux facettes ou plutôt les deux extrémités du parcours relaté dans le livre, qui raconte un voyage initiatique, de la banlieue parisienne aux monts de Judée. C’est donc le récit d’un retour, ou plutôt du Retour, celui que de nombreux Juifs nés dans des familles éloignées de la tradition ont vécu et ont accompli, certains allant, comme Sultan, jusqu’au bout de ce parcours en faisant leur alyah.

 

Ce livre est construit comme un roman et non comme une autobiographie, et le lecteur est agréablement surpris en découvrant un style romanesque à la fois simple et authentique, qui rappelle celui de romans juifs déjà oubliés, comme ceux de Roger Ikor (Les eaux mêlées).IKOR.jpg

Yeochua Sultan écrit bien et il sait camper ses personnages – Olivier, son héros, ses parents et ses camarades du lycée. Il y a même dans le livre des descriptions de paysages, chose que le roman contemporain a presque délaissé, tellement les écrivains actuels sont focalisés sur les personnages et sur leurs propres impressions.

Comme l’amandier en hiver se déroule presque entièrement à Flessy, petite ville de la grande banlieue où vit le héros et où il étudie. L’auteur réussit à nous plonger dans l’atmosphère d’un lycée français dans les années 1980, au moment de la guerre du Liban qui est celui du retour de l’antisémitisme. C’est précisément une banale discussion entre élèves qui va faire comprendre au personnage principal que son judaïsme n’est pas une chose anodine et qui va le conduire petit à petit à s’interroger sur son identité, interrogation qui le mènera à redécouvrir le judaïsme puis Israël.

 

DSCN3419.JPGLa force de ce roman est de parvenir à faire vivre au lecteur le cheminement – à la fois intellectuel et spirituel – du héros, et à lui permettre de s’identifier à lui. Beaucoup de Juifs ont connu des parcours similaires à celui d’Olivier Nizard, mais très peu de romanciers ont su raconter le Retour. C’est le talent de l’auteur de relever cette gageure, de manière simple et sans fioriture. Son livre est sous-titré « Un imprévisible retour », et de fait, la trame du livre réside dans ce caractère imprévisible du parcours du héros, ramené presque malgré lui à son peuple et à sa Torah, qui finit par comprendre que sa place est en Israël, sur la terre de nos ancêtres. Ce roman plein de fraîcheur fera sans doute plus que beaucoup de discours pour convaincre beaucoup de Juifs égarés, en France et ailleurs, que leur place est ici, en Israël !

 

Sur un thème très similaire, Laure Guetta publie De l’appel au retour (autoédité, laure.guetta@gmail.com). Ce roman bien écrit et émouvant relate le retour d’un couple de jeunes Juifs parisiens, Line et Franc. La première partie décrit leur retour à la pratique des mitsvot, et notamment au respect des lois de pureté familiale, à la suite des difficultés qu’ils rencontrent pour avoir un enfant. Dans la deuxième partie, ils se rendent en vacances en Israël et comprennent, après un périple à travers le pays, que l’alyah est l’aboutissement de leur cheminement spirituel.

 

Ces deux livres ont en commun une grande sincérité, des qualités d’écriture et aussi quelques défauts inhérents à l’autoédition. Ils souffrent de quelques longueurs, même s’ils ne sont jamais ennuyeux. Laure Guetta est plus convaincante à mon avis dans la seconde partie de son roman. Tous les deux ont écrit des livres forts qui montrent, de manière romancée et non didactique, que l’accomplissement de la vie juive authentique ne peut être trouvé que sur la terre d’Israël. Deux beaux romans qui ne laisseront aucun lecteur indifférent !

 

Comme l’amandier en hiver de Yéochoua Sultan et  De l’appel au retour de Laure Guetta.

 

Les deux livres sont vendus dans la sympathique librairie française Kohav, rue Mekor Haïm à Jérusalem. http://www.kodeshlibrary.com/

 

11/05/2011

Lettre ouverte à un rabbin qui ne célèbre pas Yom Ha’atsmaout

La population juive d’Israël, contrairement à l’image qu’en donnent souvent les medias (qui donnent presque toujours la parole aux franges ultra-laïque et ultra-religieuse minoritaires), est constituée dans sa grande majorité de Juifs traditionnalistes, pratiquant à des degrés divers mais respectueux de la tradition et des fêtes juives. Yom Ha’atsmaout est sans doute la fête la plus célébrée, qui unit dans une même ferveur et allégresse des Juifs de toutes obédiences, ‘datim et ‘hilonim, et même des Juifs orthodoxes parfois hâtivement qualifiés d’antisionistes. (Il suffit de voir le nombre de drapeaux bleu et blanc aux fenêtres des maisons de Bait Vegan à Jérusalem, pour s’en convaincre). En réalité, l’antisionisme juif religieux est largement, tout comme le sionisme marxiste du Hachomer Hatzair, une relique du passé…

 


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[Yom Ha'atsmaout a Tel-Aviv, photo P.I.Lurcat]

Dans ce contexte, il est affligeant d’écouter le cours du rabbin Ron Chaya, qu’un ami juif de France m’a envoyé hier, intitulé “Doit-on célébrer Yom Ha’atsmaout ?”. Je n’ai pas pour habitude de polémiquer avec des rabbins, sauf dans des cas exceptionnels. Ce cours, que j’ai visionné en plein jour de Yom Ha’atsmaout, m’a tellement choqué que j’ai décidé de faire exception à cette règle. Je ne ménage pas mes critiques envers certains dirigeants ou partis politiques israéliens, et pourtant je n’ai jamais pensé que l’on pouvait disqualifier certaines parties du peuple Juif en les qualifiant de “Erev rav”. Ce concept mystique doit être employé avec précaution, comme le rabbin Chaya devrait le savoir, et on ne peut s’en servir pour rejeter en bloc, comme il le fait, tous les penseurs sionistes et les dirigeants, actuels ou passés, de l’Etat d’Israël.

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La dernière partie du “cours”, dans laquelle il relate une ‘anecdote’ et compare Zeev Jabotinsky à Hitler (!), est une insulte aux disciples du fondateur du Betar, dont je fais partie, et au peuple Juif tout entier. Jabotinsky est aujourd’hui révéré par l’ensemble de la classe politique en Israël, y compris chez les héritiers de David Ben Gourion, qui avait autrefois employé les mêmes mots que le rabbin Chaya pour qualifier son redoutable opposant (alors même qu’il avait signé un accord avec lui en 1934, qui fut désavoué par son propre camp). Plus personne - sauf peut-être parmi les intellectuels d’extrême-gauche qui celèbrent la “Naqba” au lieu de Yom Ha’atsmaout - n’oserait aujourd’hui parler du Roch Betar en ces termes.

 

Je connais certes les légendes qui circulent dans le monde ‘haredi antisioniste sur nos grands hommes – Theodor Herzl notamment – qui sont décrits comme des Juifs assimilés détestant la religion dans le meilleur des cas, et comme des “faux Juifs” ou des représentants du “Erev rav”, pour reprendre les termes du rabbin Chaya. S’il prenait la peine d’étudier l’histoire du sionisme, au lieu de se contenter de colporter les rumeurs qui circulent dans certains milieux, il saurait que ces légendes ne valent pas mieux que celles que rapportaient autrefois les mitnagdim au sujet des Hassidim, ou que ces fausses rumeurs que nos ennemis ont diffusées à notre sujet pendant des millénaires, avec les conséquences que l’on sait.

herzl2.jpgHerzl était un grand Juif, un “nouveau Moïse”, comme l’a montré le Dr Weisz dans son ouvrage “Herzl, une nouvelle lecture”. Jabotinsky était lui aussi un Juif fier, certes éloigné de toute pratique religieuse (ce qui ne l’a pas empêché de se rendre chaque jour à la synagogue pendant l’année du décès de son père, mort alors qu’il avait seulement six ans, comme il le relate dans son Autobiographie, que j’ai eu le plaisir de traduire en français). Qualifier Herzl de “Erev rav”, ou accoler au nom de Jabotinsky celui du plus grand ennemi de notre peuple n’est pas seulement une insulte à tous les Juifs, disciples du Roch Betar ou non, c’est une insulte à l’intelligence. C’est une insulte qui porte atteinte au respect que l’on doit à nos grands hommes et, par ricochet, cette insulte rejaillit sur ceux qui prononcent de telles paroles.

M. Ron Chaya a le droit de ne pas fêter Yom Ha’atsmaout, de ne pas dire le Hallel, avec ou sans bénédiction, et de continuer à vaquer en ce jour sacré à ses occupations comme si de rien n’était… Il s’exclue ce faisant de la majorité de notre peuple qui, en Israël comme dans la Gola, se réjouit de voir la fin de notre exil et le début de notre délivrance, “Rechit Tsmi’hat Géoulatenou”. On m'objectera sans doute que ses propos sont des inepties ne méritant aucune réponse, mais cela serait une erreur. Car de nombreux jeunes Juifs qui ont soif de Torah et de connaissance vont étudier dans sa yéchiva, et ils sont exposés, entre deux pages de Guemara, à son fiel antisioniste. Le plus affligeant est de voir que le miracle de la création d’Israël et du Rassemblement des exilés est aujourd’hui reconnu par de plus en plus de personnes, juives ou non, et que ce sont précisément des rabbins de son obédience qui demeurent obstinément aveugles face aux Hauts faits de l’Eternel… Comme il est dit dans les Psaumes du Roi David, “Ils ont des yeux et ne voient pas, ils ont des oreilles et n’entendent pas..”. Hag Hatsmaout Saméa’h !

Pierre Itshak Lurçat

17/04/2011

Pessah, par Jacques Kupfer

Jacques KUPFER.jpgJe dois avouer que pendant de nombreuses années, la sortie d’Egypte resta un mystère à mes yeux. Non pas la sortie de l’esclavage vers la liberté mais le comportement de certains de ceux qui partirent avec Moise. Un mystère pour comprendre comment ces personnes qui eurent la chance de voir de leurs propres yeux les miracles de l’Eternel en faveur de son peuple, purent rejeter le destin qui leur était offert.

Ce mystère m’est apparu tout résolu en contemplant les arcanes de la vie publique israélienne et juive. Déjà, il est évident que l’Hébreu qui a accusé Moise d’avoir tué un égyptien a fait souche et trouve ses descendants dans les membres de l’organisme de délation « BeTselem ».

Ceux qui se montrèrent tellement impatients qu’ils n’ont pu attendre le retour de Moise et le don des dix commandements, ont construit un veau d’or. Il y avait certainement parmi eux de hautes personnalités qui de nos jours auraient mendié un Prix Nobel. Nous retrouvons leurs descendants dans les membres de « Chalom Akhchav », dans ces israéliens impatients de construire un nouveau veau d’or, une idole immédiate au doux nom de paix.

Parmi ceux qui paniquèrent à la vue des chars de Pharaon, ceux qui voulaient retourner en esclavage ou en Exil, ceux qui se mirent à prier passivement sans prendre de mesures de protection, ceux qui voulaient un « cessez le feu » avec les archers égyptiens, nous retrouvons ces partis israéliens antisionistes, asionistes ou stupidement et dangereusement pacifistes.

Quant aux explorateurs qui estimèrent qu’ils étaient trop petits par rapport à l’occupant trop puissant de la Terre promise, nous les retrouvons dans cette gauche israélienne étriquée et inconséquente.

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19:08 Publié dans Fetes juives | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pessah

 
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