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11/03/2012

Hallal-Casher : le retour du Juif bouc émissaire ? Pierre Itshak Lurçat

francois_fillon.jpgCe qui frappe de prime abord, dans la récente polémique sur l’abattage rituel juif en France déclenchée par les propos du Premier ministre François Fillon, c’est l’impression d’une formidable régression, d’un retour en arrière, comme si toute l’histoire récente des Juifs de France était mise entre parenthèses pour revenir à un discours ancien et vindicatif, qui voudrait interdire aux Juifs les pratiques les plus fondamentales de leur rite… Le plus choquant est sans doute qu’un tel discours réapparaisse à l’occasion d’une controverse sur la viande Hallal qui ne concerne pas directement les Juifs – et dans le contexte très sensible de la campagne électorale – comme si le Juif se trouvait à nouveau renvoyé à son rôle traditionnel, que l’on croyait aboli depuis des siècles, celui du bouc émissaire…

 

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Mais s’agit-il vraiment d’une régression, ou bien plutôt de la fin d’une illusion ? Lors du récent dîner du Crif, nous avons eu en effet l’impression désagréable d’assister à un grand « show » républicain, où tout était réglé comme du papier à musique pour donner l’illusion que tout va bien et que les Juifs n’ont jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui en France… Mais à peine le « show » était terminé que les masques tombaient et que la réalité reprenait ses droits, les Juifs se voyant sommés – aux côtés des musulmans – de mettre fin à leurs pratiques barbares et d’abolir leurs « traditions ancestrales », au nom du progrès de la science et de « l’état de la technologie ».

Bien entendu, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les Juifs ont toujours été confrontés, en Europe notamment, à des réactions hostiles touchant en particulier à leur culte et l’abattage rituel a souvent suscité des oppositions, quand il n’a pas été purement et simplement interdit, en Suisse par exemple (voir sur ce sujet le beau roman Melnitz, de Charles Lewinsky). En France même, des associations militent depuis des décennies contre l’abattage rituel au nom des « droits des animaux ».

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24/01/2012

"Dans la ville du massacre" : Le pogrome de Kichinev sous la plume des écrivains

Je dédie cet article inédit à la mémoire des victimes du pogrome d'Itamar, membres de la famille Fogel, dont nous marquerons demain la hazkara. P.I.L

pogrom_kishinev1.jpgOn connaît bien le rôle généralement attribué à l'affaire Dreyfus dans la genèse de la doctrine de Théodor Herzl, le fondateur du sionisme politique. Neuf ans après la rédaction de l'État juif, en 1903 – un an avant le décès du "Visionnaire de l'État" – un autre événement va secouer les consciences juives et avoir des répercussions considérables sur l'histoire juive. A Kichinev, en Bessarabie, un pogrome terrible se déroule pendant trois jours de suite, faisant plusieurs centaines de victimes, morts et blessés. Plus encore que l'ampleur du drame, c'est son impact sur plusieurs écrivains juifs – et notamment H. N. Bialik et Jabotinsky – qui va donner à cet événement une importance majeure.

 

 

« Les émeutes anti-juives de Kichinev, Bessarabie, sont pires que ce que le censeur autorisera de publier. Il y a eu un plan bien préparé pour le massacre général des Juifs, le lendemain de la Pâque russe. La foule était conduite par des prêtres et le cri général, "Tuons les Juifs", s'élevait dans toute la ville. Les Juifs furent pris totalement par surprise et massacrés comme des moutons. Le nombre de morts s'éleva à 120 et les blessés à environ 500. Les scènes d'horreur pendant le massacre furent indescriptibles. Les bébés furent littéralement déchiquetés par la foule frénétique et assoiffée de sang. La police locale ne fit aucune tentative pour arrêter le règne de la terreur. Au coucher du soleil, des piles de cadavres et de blessés jonchaient les rues. Ceux qui purent échapper au massacre se sont sauvés, et la ville est maintenant pratiquement vidée de ses Juifs ».

Cette description publiée dans le New York Times fin avril 1904 donne une idée de l'horreur du pogrome de Kichinev. Il ne s'agit certes pas du premier pogrome en Russie : les premières émeutes antijuives remontent à l'année 1881, date à laquelle le mot entre dans le vocabulaire politique moderne. Mais alors que les violences des années 1880 ont laissé de marbre l'intelligentsia russe et l'opinion occidentale, le pogrome de Kichinev va par contre susciter une vague de réprobation internationale. Des manifestations se tiennent ainsi à Paris, Londres et New-York. Les gouvernements occidentaux protestent officiellement contre la passivité de la police du Tsar, qui a laissé faire les pogromistes pendant trois jours.

 

 

bialik_1.jpgPourtant, ce ne sont pas les journalistes et les diplomates qui vont transformer Kichinev en événement marquant et en tournant de l'histoire juive, mais bien les écrivains. Au lendemain du pogrome, plusieurs écrivains russes publient ainsi des articles virulents, parmi lesquels Maxime Gorki et Léon Tolstoï. Ce dernier écrit notamment que "le crime de Kichinev est la conséquence directe de la propagande mensongère du gouvernement russe".

Mais c'est un autre écrivain, juif, qui va immortaliser l'événement dans un poème dont la force touchera les consciences et bouleversera les lecteurs. Haïm Nahman Bialik (PHOTO CI-CONTRE), âgé de trente ans, est envoyé sur les lieux du pogrome par la Commission historique de la communauté juive d'Odessa, pour y interviewer des survivants. Il en reviendra avec un de ses plus fameux poèmes, Dans la ville du massacre.

 

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27/11/2011

Passerelle des « Maghrébins »: nouvelle capitulation de Netanyahou

Je reproduis l'article de mon confrère Shraga Blum sur la nouvelle capitulation de Bibi, qui a une nouvelle fois eu peur de son ombre (attitude qui ne fait que conforter les Musulmans dans leur chantage et leurs théories du "complot juif pour détruire la mosquée"...). J'invite les lecteurs à regarder aussi l'excellent reportage de Corine Bodnev sur le Har Habayit (Mont du Temple) sur TSARFAT TV, la nouvelle télévision israélienne francophone qui monte... (à partir de la minute 18:30). Hodesh tov et que le mois de Kislev nous insuffle l'esprit des Makkabim! P.I.L.

La mosquee al-Aqsa-3.JPGComme cela s’est passé à plusieurs reprises, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a une nouvelle fois fait stopper au dernier moment les travaux indispensables à la sécurité de la «Passerelle des Maghrébins » qui relie le Kotel à l’entrée de la mosquée (photo ci-contre P.I.L) construite à la place du Temple de Jérusalem. Les équipes de travail ainsi que les machines étaient déjà sur place pour commencer les travaux mais tout a été arrêté par « ordre venu d’en haut ».
Le scénario est exactement le même a chaque épisode : l’ingénieur en chef de la Ville de Jérusalem, les responsables des Pompiers ainsi que ceux de l’Office National des Antiquités sonnent le signal d’alarme depuis un certain temps déjà sur les dangers d’effondrement de cette construction en bois et exigent sa destruction pour construire une structure solide. Immédiatement, la machine de propagande musulmane se met en branle, accusant Israël « d’atteinte à la Mosquée » et menaçant « d’embrasement du monde musulman » au cas où les juifs touchent à cette passerelle. Les autorités municipales font alors savoir qu’elles passeront outre ces menaces, premièrement parce qu’il s’agit d’une question de sécurité publique et deuxièmement parce qu’Israël est tout simplement souverain sur le Mont du Temple. Mais au dernier moment, le Premier ministre ordonne de tout arrêter « pour des raisons de sensibilité de la situation ».

Cette fois-ci, il s’agit d’avertissements venus à la fois de Jordanie et d’Egypte « sur des troubles dans le monde musulman que provoqueraient de tels travaux ». L’un des dirigeants des Frères Musulmans s’est même permis de menacer Israël à la télévision égyptienne, accusant « les sionistes de vouloir entrer en force pour saccager et profaner la mosquée Al-Aqsa ». Tout cela a suffi pour que le Premier ministre qui se fend toujours en déclarations enflammées pour Jérusalem de céder une nouvelle fois face au chantage inadmissible des usurpateurs musulmans.

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Tout comme la construction juive à Jérusalem, « ce n’est jamais le bon moment » pour faire ce que n’importe quel Etat ferait, à savoir agir en vertu de sa souveraineté et de son droit. Et lorsqu’on cède sur nos droits naturels, on donne raison à ceux qui nous les contestent.

par Shraga Blum

http://www.israel7.com/2011/11/passerelle-des-%C2%AB-maghrebins-%C2%BB-nouvelle-capitulation-de-netanyahou/

 
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