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24/06/2010

La propagande antijuive du journal Ha'aretz

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Dans un livre passionnant qui vient de paraître en France [1], le politologue Pierre-André Taguieff analyse le phénomène de la propagande anti-israélienne et antijuive contemporaine, à la lumière de l'histoire des idées – son domaine de spécialisation – et de l'histoire de la judéophobie (terme qu'il préfère à celui, historiquement marqué, d'antisémitisme), à laquelle il a consacré plusieurs de ses précédents ouvrages. Contrairement à une idée communément admise, en effet, la propagande actuelle contre l'Etat d'Israël et contre les Juifs accusés de le soutenir, n'a rien inventé : elle ne fait que remettre au goût du jour des thèmes anciens et des poncifs éculés de la propagande antijuive séculaire, dont les deux principaux, selon Taguieff, sont celui du "racisme juif" et celui du crime rituel.

 

Une grande partie de son livre est consacrée à l'affaire Al-Dura, qu'il analyse méticuleusement, en montrant comment le "narratif" palestinien, repris sans la moindre distance critique par Charles Enderlin et diffusé dans le monde entier par France 2, constitue la réactivation du mythe du Juif tueur d'enfant. La propagande antijuive n'est pas l'apanage des ennemis extérieurs d'Israël, comme le montre l'affaire Al-Dura. Ceux-ci sont en effet aidés dans leur entreprise par des Juifs et des Israéliens renégats, qui défendent des opinions antisionistes radicales. Taguieff cite le cas de deux journalistes du quotidien israélien Ha'aretz, Amira Hass et Gideon Levy. Nous voudrions nous arrêter sur le cas de Gideon Levy, et l'illustrer par un exemple récent. Il s'agit d'un article paru vendredi 28 mai, dans le supplément de fin de semaine de Ha'aretz, dans lequel Levy décrit avec empathie les souffrances d'un jeune chameau, dont la mère a été abattue par deux soldats de Tsahal.

 

L'article s'intitule "Les chameaux aussi", ce qui sous-entend que les soldats israéliens ne tuent pas seulement des Palestiniens – thème habituellement abordé par Gideon Levy dans sa chronique hebdomadaire, au titre presque wagnérien, "Zone de crépuscule" – mais aussi des animaux. Extrait : "Un jeune chameau, dont la mère a été tuée deux jours auparavant par des soldats, erre impuissant dans le désert. Parfois, il s'approche d'une autre chamelle, qui allaite son petit, mais celle-ci le repousse en le mordant sauvagement…. Le chameau orphelin reste abandonné, rejeté et affamé. Spectacle qui vous fend le cœur… Une jeep de la Croix Rouge est garée près de la tente. Ils ont eux aussi entendu parler des tirs, vendredi dernier, au cours desquels deux soldats de l'unité du Nahal harédi [2] ont tué la chamelle de la famille Kabana. Ils sont venus recueillir des témoignages pour les transmettre au siège de l'organisation, en Suisse".

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17/06/2010

Le "coming out" anti-israélien de Mohamed Sifaoui

Nous reproduisons l'excellente analyse de P. LANDAU parue sur RIPOSTE LAIQUE. VdJ

SIFAOUI BARBU.jpgDepuis la guerre contre le Hamas à Gaza, nous assistons à des revirements idéologiques spectaculaires. Il y a quelques mois, j’avais décrit le "tournant eurabien" de Caroline Fourest, ex-militante antiraciste qui avait jadis défendu Israël à Durban, et qui s’est depuis alignée sur la meute des ennemis de notre petit pays [1]. Un nouveau revirement de la même espèce vient de se produire en France : un militant anti-islamiste, autrefois réputé pour son courage, vient de lâcher Israël aux chiens. Mohamed Sifaoui, journaliste algérien qui a pourtant subi dans sa chair la haine islamiste et a été souvent menacé et attaqué, vient de publier un article d’une virulence inouïe contre Israël et contre son Premier Ministre, Binyamin Nétanyahou [2].

Le coming out anti-israélien de Mohamed Sifaoui

"Magouilleur", "petit politicien ambitieux", "chef de gang", "petite frappe", "gardien de prison" : ce sont les qualificatifs dont Sifaoui affuble notre Premier Ministre, entre autres amabilités…. Et tout cela pourquoi ? Parce que Monsieur Sifaoui n’a pas supporté les images de l’arraisonnement de la flottille du Hamas par la Marine israélienne. Mohamed Sifaoui, comme Caroline Fourest, fait partie de ces gens qui dénoncent l’islamisme, mais qui dénoncent encore plus fort Israël lorsque celui-ci se défend contre le Hamas et ses alliés. Il critique la "sauvagerie" de l’intervention israélienne contre le bateau affrété par le Hamas et ses satellites et fait porter à Israël la responsabilité de la nouvelle vague de haine islamiste qui déferle aujourd’hui sur le monde entier.

Certains avaient vu le vent tourner : depuis quelques mois, Sifaoui réservait ses attaques les plus virulentes non plus aux islamistes et à leurs alliés français, mais aux militants de Riposte Laïque, coupables à ses yeux de "racisme" ou "d’extrémisme"… A la différence de Fourest, il ne siège pas dans une lucrative Fondation euroméditerranéenne. Sa détestation soudaine d’Israël est plus mystérieuse. Il est sans doute difficile de vivre en France et de ne pas subir l’effet de la propagande contre Israël [2]. En tant qu’homme de médias, il est tenu d’afficher son hostilité à Israël, pour ne pas être suspecté de tendances "sionistes" (comme dans l’ex-URSS)… Alors, comme Fourest, Sifaoui choisit de renvoyer dos-à-dos Israël et ses ennemis, le Hamas et le Likoud, établissant une symétrie morale entre le parti au pouvoir en Israël et l’organisation terroriste islamiste, qu’il prétend par ailleurs combattre.

S’il prenait le temps de s’instruire, Monsieur Sifaoui apprendrait que le Likoud est un parti démocratique, fondé par un des plus grands hommes d’Etat d’Israël, Menahem Begin, Juif et démocrate respecté par tous les Israéliens. Il apprendrait aussi que Nétanyahou, qu’il insulte sans le connaître, est un des premiers hommes politiques occidentaux à avoir mis en garde contre le danger de l’islam radical, bien avant que lui-même ne commence à s’intéresser au sujet. Quant au procédé rhétorique consistant à imputer au seul Netanyahou la responsabilité de l’opération contre la flottille de Gaza, il ne doit pas faire oublier que la décision a été prise conjointement par le ministre de la Défense – travailliste – et qu’elle est soutenue par l’immense majorité des Israéliens, de droite comme de gauche (y compris notre Président Shimon Pérès, qui n’est pas, quoi qu’en dise M. Sifaoui, un méchant "faucon" du Likoud…)

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On ne vaincra pas le Hamas ou Al-Qaida en écrivant des bandes dessinées

La guerre d’Israël contre le Hamas à Gaza, qui est loin d’être finie, a fait tomber bien des masques. Un adage dit que c’est dans les moments difficiles que l’on voit qui sont ses amis. Ceux qui prétendent "aimer" ou soutenir Israël, tout en lui déniant le droit de se défendre contre ses ennemis, ne nous aiment pas. Ceux qui, comme Fourest ou Sifaoui, refusent à Israël le droit de se défendre et qualifient chacune des ripostes isaéliennes de "disproportionnée" (comme si les attaques terroristes contre nos villes, nos autobus, nos restaurants et nos discothèques étaient, elles, "proportionnées"…), lui refusent en fait le droit de vivre. Car on ne vaincra pas les islamistes du Hamas ou d’Al-Qaida - même lorsqu’ils se déguisent en ’pacifistes’ – avec des pistolets à eau, ni en écrivant des bandes dessinées.

Le nazisme a été écrasé militairement par les Alliés, au prix de centaines de milliers de morts, à Berlin et à Hiroshima, et l’islamisme sera vaincu lui aussi politiquement et militairement, n’en déplaise aux belles âmes et aux idiots utiles qui comparent, comme Sifaoui, Israël et l’Iran. La posture "morale" de ceux qui veulent imposer à Israël la paix à tout prix, comme BHL et les signataires de l’appel européen JCall – auxquels Sifaoui emprunte l’expression de "faute morale" pour qualifier la riposte d’Israël – cette "posture morale" est une imposture, car c’est la guerre qu’ils encouragent ainsi.

Le masque de Mohamed Sifaoui est tombé, et il vient de rejoindre, avec d’autres intellectuels et membres des "élites" françaises et européennes, le camp des ennemis d’Israël. Mais dans le même temps, en France et ailleurs dans le monde libre, des milliers d’hommes et de femmes qui subissent eux aussi les attaques répétées, les humiliations quotidiennes et les agressions des islamistes et de leurs alliés, redressent la tête et regardent avec espoir le combat du petit Etat d’Israël, ilôt de liberté au milieu d’un océan de haine.

La trahison des élites politiques, souvent dénoncée dans les colonnes de Riposte Laïque, s’accompagne d’un réveil populaire et d’une prise de conscience, et nous savons, en Israël, que beaucoup de résistants à l’islamisation, en France et en Europe, ont envie de dire aujourd’hui, "nous sommes tous Israéliens" !

Paul Landau

Ecrivain et chercheur, a publié récemment Pour Allah jusqu’à la mort, enquête sur les convertis a l’islam radical (Le Rocher 2008).

[1] P. Landau, "Le tournant eurabien de Caroline Fourest", Riposte Laïque, 24/11/2009.

http://www.ripostelaique.com/Le-tournant-eurabien-de-Caro...

[2] M. Sifaoui, "Le petit Netanyahu", Blog de l’auteur.

[3] Voir sur ce sujet le dernier livre, essentiel, de Pierre-André Taguieff, La nouvelle propagande antijuive, du symbole Al-Dura aux mensonges de Gaza, PUF 2010.

10/02/2010

Est-ce illégal d'appeler au boycott des produits israéliens ?

Bon article qui rappelle que le boycott est illegal en France

http://www.rue89.com/2010/02/10/est-ce-illegal-dappeler-a...

NPA_Boycott.jpgAprès avoir appelé au boycott de produits israéliens élaborés dans les territoires occupés, une association pro-palestinienne est convoquée par la police judiciaire d'Orléans le 10 février. Boycotter est-il un acte illégal ?

Basile Safadi, président de l'association Palestine 45, n'en revient pas. En organisant une semaine d'exposition sur la Palestine à la Maison des associations d'Orléans, en décembre dernier, il ne s'attendait pas à finir au commissariat.

Il est en effet convoqué le 10 février à la police judiciaire de la ville. Objet de l'audition : un panneau que Palestine 45 a exposé durant la semaine d'exposition. Sur celui-ci, l'association appelait au boycott de fruits en provenance d'Israël produits dans les territoires occupés.

Le président de Palestine 45 assure pourtant que l'association a fait preuve de bienveillance :

« Le premier jour, des personnes nous ont demandé de retirer ce panneau qui les dérangeait. Nous nous sommes exécutés sur le champ. Mais le samedi suivant, des bénévoles qui n'étaient pas au courant de cet échange ont ressorti le panneau. Le Crif a alors demandé ma convocation au commissariat. »

 

La mairie, de son côté, précise qu'elle avait demandé dès le premier jour de l'exposition le retrait du panneau. Un employé précise :

« Le maire a reçu un courrier du Crif. Il lui a ensuite répondu, précisant qu'il avait avait fait le nécessaire pour que le panneau soit retiré et qu'il regrettait ce qui s'était produit. »

 

Les appels au boycott d'Israël sont pourtant nombreux et fréquents. Lors de la « guerre des 33 jours » en 2006 ou pendant l'offensive Plomb durci à Gaza l'an passé, de nombreux emails circulaient sur la Toile, encourageant le boycott de certaines marques finançant l'État d'Israël.

Le boycott, un acte puni par la loi française et la CEDH

Pour le Conseil représentatif des juifs de France (Crif), cette action est interdite par la loi. Il a donc envoyé une lettre au Garde des sceaux afin de lui faire part de son mécontentement. Le ministère de la Justice s'est montré très réceptif à sa demande, comme l'explique son porte-parole, Guillaume Didier :

« Nous avons la volonté d'être ferme contre les appels à la discrimination, il est normal que l'association soit convoquée au commissariat. »

 

Car pour l'État français, le boycott engendre bien une discrimination, acte puni par la loi. Selon l'article 225-1 du code pénal :

« [La discrimination] commise à l'égard d'une personne physique ou morale, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'elle consiste à entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque. »

 

Mais l'interdiction ne s'arrête pas là, et Guillaume Didier le précise que l'appel au boycott est également sanctionné par l'article 4, alinéa 8 de la loi du 25 juillet 1981.

C'est au nom de cet article de loi que l'ancien maire de Seclin (Nord), Jean-Claude Willem, avait été condamné en 2009 pour avoir appelé au boycott des jus de fruits israéliens dans les cantines de la ville. Condamné par la Cour de cassation, il avait ensuite fait appel à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'organe communautaire avait confirmé le verdict français, condamnant l'homme politique à une amende de 1 000 euros pour provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse.

Le porte-parole du ministère de la Justice assure que plusieurs enquêtes sont actuellement en cours en France pour le même motif :

« Il y en a à Bordeaux, Mulhouse, Paris et Pontoise. Je ne sais pas qui elles concernent exactement, mais la loi est claire : ni les personnes, ni les associations, ni les élus n'ont le droit de boycotter ou d'encourager cet acte. »

 

La convocation de Basile Safadi le désole. Pour lui, appeler au boycott est un moyen d'attirer l'attention sur les conditions de vie dramatiques dans lesquelles vivent les Palestiniens :

« Nous ne souhaitons que le dialogue. C'est mon devoir en tant que citoyen français de dénoncer les agissements de l'État d'Israël en Palestine. Si l'État veut nous empêcher de nous exprimer, c'est très grave. »

 

Pour le porte-parole du ministère de la Justice, l'argument n'est pas recevable :

« Les gens peuvent tout à fait critiquer la politique de l'État israélien. Mais il faut bien établir une distinction entre l'expression d'un point de vue et l'appel un acte de discrimination. »

 

 
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