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  • « Pro Armenia » : voix juives en faveur des victimes du génocide arménien, Pierre I. Lurçat

     

    I - Eitan Belkind, témoin du génocide arménien

     

    L’histoire des peuples n’est pas celle des Etats, avait coutume de dire le général Michel Darmon, à propos des relations entre la France et Israël. Cette réflexion vaut également au sujet des relations entre Israël et l’Arménie, d’autant plus que cette dernière n’a accédé que très récemment à l’indépendance. Si la question du génocide arménien et sa non reconnaissance officielle par Israël empoisonne jusqu’à ce jour les relations entre les deux pays, elle se trouve par contre au cœur des relations étroites que plusieurs figures juives ont entretenu avec la question arménienne…

    belkind.jpgParmi les témoignages directs du génocide arménien figure celui d’Eitan Belkind *, un des fondateurs du réseau d’espionnage pro-anglais en Palestine, le NILI. Né en 1897 à Rishon-le-Tsion, d’une famille originaire de Russie, il avait étudié au lycée Herzéliya de Tel-Aviv. En 1912, âgé de quinze ans seulement, il se rendit à Constantinople pour s’enrôler dans l’école navale. Lorsque la guerre éclata, il fut accepté à l’école des Cadets et obtint le rang d’officier, attaché au siège de la Quatrième Armée qui était installé à Damas, sous le commandement de Djamal Pasha.

    En mars 1915, lorsqu’une invasion de sauterelles frappa la Palestine, l’armée turque chargea Aharon Aharonson de combattre ce fléau. Belkind lui fut rattaché et se rendit à Jérusalem. Son rôle de tout premier plan dans la lutte contre les sauterelles lui valut plusieurs décorations militaires, dont le Croissant de fer turc et la Croix de fer allemande. A la même époque toutefois, Belkind fonde le NILI, aux côtés d’Aharon et Sarah Aharonson et d’Avshalom Feinberg. Plus tard, il sera membre de l’Etsel. Nous reviendrons sur la figure étonnante de Belkind dans un prochain article. Voici son témoignage, traduit de l’anglais par Georges Festa. P.I.L.

    * (Ce témoignage figure sur le site du Musée arménien du génocide, http://www.genocide-museum.am/eng/eye_witnesses1.php)

     

    Un témoin des massacres arméniens : « Voilà comment ça s’est passé » par Eitan Belkind


    « La majorité des Juifs d’Israël, le vieux Yishouv, de même que les nouveaux arrivants, avaient conservé leurs passeports non turcs, afin d’être protégés par les Capitulations de l’empire ottoman. Les Capitulations étaient des privilèges accordés aux citoyens européens résidant en Turquie en échange d’une aide apportée par les nations européennes à l’empire qui se désagrégeait.

    Durant la guerre, les forces militaires turques ne purent accepter le fait que des dizaines de milliers de gens, issus de pays hostiles, ayant une nationalité étrangère, vivent en Israël (les nouveaux arrivants provenaient principalement de l’empire russe, qui combattait les Turcs). Les Turcs exigèrent que les Juifs acquièrent la nationalité ottomane ou quittent Israël. Les Bilouim (les premiers immigrés en Palestine, venus de Russie) et d’autres fondateurs de la première Alya, dirigés par Eliezer Ben-Yehuda, lancèrent un appel public aux Juifs, les encourageant à adopter la nationalité ottomane. Toutefois, très peu leur répondirent, car la plupart des Juifs craignaient qu’une fois obtenus leurs passeports turcs, ils seraient enrôlés dans l’armée turque, ce qu’ils redoutaient le plus. Beaucoup de Juifs préférèrent s’exiler d’Israël, plutôt que de servir dans l’armée turque.

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