Avertir le modérateur

- Page 2

  • Un impératif d’élévation, par Kathie Kriegel

    51uNP9fPT6L._.jpg«Il faut être voyant », recommande Rimbaud. Lurçat a la voyance des poètes qui, d’un seul coup d’œil, pénètrent l’âme des êtres dans lesquels ils plongent leur plume, avec la prescience de leur tragédie. Un couple qui pleure la mort d’un fils unique mort dans un attentat, un soldat qui s’occupe de sa mère et n’arrive plus à être gai, Moshé qui n’a connu de la vie que la solitude, mais cachait une immense générosité, l’oncle Samuel victime d’une épouse méchante, et le mystérieux Rav Eliahou, ces instantanés de vie juive que l’auteur révèle, d’inconnus dont il croise le chemin, des membres de sa famille dont il se souvient ou de ceux qu’il imagine au détour d’une photographie, touchent à l’universel. « Ne soyez pas intelligents ; soyez justes » disent nos sages. L’auteur, par sa grande humilité, nous offre leur intimité, avec pudeur et justesse. Il ne fait pas du style. De sa descente au cœur de l’humain, d’un trait sobre et fin, il tire des pépites. Mais les va-et-vient du « Je » au « Il » comme s’il nous lâchait soudain la main pour nous tenir à distance, peuvent sembler déroutants. On aimerait rester tout au long du livre, le confident privilégié de sa voix intérieure qui dit « Je ».

    Pierre Itzhak Lurçat connaît l’exil. Né aux Etats-Unis, il a grandi en France avant de s’établir à Jérusalem, et se dit lui aussi victime de la confusion que ces allers-retours propres à l’aliya entretiennent et voit dans cette déchirure engendrée, le fil conducteur du livre. Mais n’est-ce pas aussi ce regret de ne pas être un Juif israélien « de naissance » qui nourrit cette nostalgie qui traverse ses pages et anime ce regard admiratif qu’il pose sur ces Juifs, qui jour après jour, de génération en génération, reconstruisent le foyer national juif. « Voilà, enfin ! Son fils était devenu Israélien à part entière, c’est-à-dire un juif fier, portant l’uniforme, et prêt à donner sa vie pour défendre son pays. A ce sentiment de fierté et d’orgueil se mêlait une sensation indescriptible, comme une douleur infime, qui ne pouvait dissiper sa joie, mais qui demeurait tapie en arrière-plan… il resterait toujours étranger… un Juif de la Galout, parlant hébreu avec un accent prononcé et ignorant tout des subtilités de l’argot militaire et de la camaraderie des soldats. »

     

    JERUSALEM.jpg


    Lurçat n’est pas un portraitiste phraseur. C’est l’amour du peuple juif qui le porte et il est contagieux. La Ville Sainte qui le fascine abrite ses émotions et offre un écrin à ces histoires. « A Jérusalem, qu’on le veuille ou non, on est porté vers le haut » confie Lurçat. La magnifique photo de Marc Israël Sellem en couverture du livre prend alors tout son sens. Ces destins qui traversent ces pages sont comme les cordes de cette harpe, tendus vers le ciel, qui vibrent en harmonie, traversés par un impératif d’élévation. 

    Jour de sharav à Jérusalem, de Pierre I. Lurçat, éditions L’éléphant, Jérusalem

    © Jerusalem Post Edition Française

     

    ____________________________________________________________________________________

     COMMENT TROUVER LE LIVRE

    - Sur Amazon

    - A la librairie Kohav de Jérusalem et chez VICE VERSA

    - A la librairie Chir Hadash et à la librairie du Progrès rue des Rosiers (St Paul) à Paris.

    - En envoyant un chèque de 16 euros ou de 75 NIS (port compris) à P. Lurçat, Shalom Yehuda 16/16 Jérusalem, ISRAEL 93395

  • Les années passées, par Liliane Lurçat

    86 années d'existence, 86 années passées, et quoi?

    La chose la plus difficile est de comprendre ce qui se passe,

    au fil  des longues années vécues dans ce pays.

    Comment prendre distance avec l'enchaînement déconcertant
    des évènements , comment les situer, les intégrer les raisonner
    en les situant dans des ensembles plus englobants.

    Il me reste beaucoup d' interrogations, dans ce  grand âge qui est le mien,
    dans ce pays qui n'en est plus un le mensonge  est généralisé et
    la confusion mentale est  entretenue. Ils fardent une réalité affligeante
    les grandes déclamations politiques ont un impact bien réel sur des esprits crédules
     les gens ressentent les effets du désastre social dans leur vie quotidienne
    et la dévastation   de ce qui fonde un pays autonome

    Mais les esprits sont constamment embrouillés par les médias
    omniprésents et cyniques

    En perdant la formation initiale  utilitaire de l'école de la troisième
    république, en introduisant une soi-disant culture  ,on veut
    donner l'esprit avant la lettre et on perd sur les deux tableaux
    Les illettrés insuffisamment instruits traîneront ce boulet
    toute leur vie: la crédulité pour bagage et non des connaissances

    On porte atteinte à la formation du jugement personnel
    qui ne peut émerger qu'avec les outils que ne peut plus fournir
    une école qui prétend donner l'esprit avant la lettre et
    souvent l'esprit sans la lettre.

     

    LILIANE LURCAT.jpg



  • Rencontres israéliennes - Le rav Yehouda Ben-Ishaï : une leçon de Émounah, par Pierre I. Lurçat

    Rav-Ben-Ishai-3-photo-P-I-Lurcat.jpgLe rav Yehouda Ben-Ishaï me reçoit dans son petit bureau, aménagé au rez-de-chaussée de l’immeuble où il habite, dans le quartier de Talpiot ha-yéshana, à Jérusalem. Rabbin bien connu du public francophone et enseignant respecté depuis 30 ans au Mahon Meir, il est devenu un personnage public dans des circonstances tragiques, après le terrible attentat d’Itamar au cours duquel ont été assassinés, il y aura bientôt trois ans, sa fille Ruth, son gendre Udi et trois de leurs enfants. Je le connais depuis longtemps, ayant suivi ses cours au sein de la communauté Émounah, mais c’est aujourd’hui en tant que journaliste que je le rencontre, pour aborder les sujets les plus brûlants et les plus personnels.

    Je l’interroge tout d’abord sur sa famille et son enfance en Algérie. « Mes parents sont originaires d’Oran. Mon grand-père paternel venait de Tlemcen ; je porte son nom. La famille de ma mère habitait le sud de l’Algérie. J’étais très lié, dans mon enfance, à mon grand-père maternel ; c’est lui qui m’a enseigné les fondements de la foi juive. Des émissaires d’Israël se rendaient dans son village. Je me souviens qu’il m’emmenait à la synagogue, et des longs séjours chez lui, pendant les vacances.

    Lorsque mes grands-parents ont quitté l’Algérie pour la France, avant 1962, je suis parti avec eux et mes parents nous ont rejoints plus tard. C’est ainsi que je suis arrivé en France, à l’âge de 11 ans. De manière presque miraculeuse, j’ai rejoint les rangs du mouvement de jeunesse sioniste, le Bné-Akiva, à Nice où nous habitions alors. Mon ‘madri’h’ était le rav Aviner.

    Plus tard j’ai fait la ha’hchara (année de préparation) en Israël dans le cadre du Bné-Akiva, au kibboutz Ein Hanatsiv, puis deux ans de service militaire dans l’unité du Nahal. Je suis ensuite rentré en France, toujours dans le cadre du Bné-Akiva, pour être le responsable du groupe local parisien. C’est à cette époque que j’ai connu le rav Manitou (Léon Ashkénazi), et que j’ai suivi son enseignement.

    Je suis revenu en Israël en 1972, à 22 ans et j’ai terminé mes études universitaires, en sciences sociales. Je me suis marié en pleine guerre de Kippour. J’ai participé à la guerre, d’abord sur le canal de Suez, puis dans le Nord. Lorsque la guerre a éclaté, je me trouvais dans la synagogue du rav Mordehai Eliahou, mon maître ». (Sa photo est accrochée au-dessus du bureau).

    « Après la guerre, j’ai commencé à étudier dans le Kollel qui se réunissait dans la maison du rav Kook, à Jérusalem. Mais c’est seulement après avoir achevé mes études générales que j’ai entrepris d’étudier la Torah de manière systématique, à Mevasseret Tsion, puis auprès du rav Tsvi Yehouda Kook. Il entretenait avec ses élèves des rapports presque paternels… Ses opinions étaient très tranchées, tant en matière de Émounah (P.I.L Mot difficilement traduisible, généralement traduit par « foi ») que sur les questions brûlantes. C’était un véritable guide spirituel… »

     

    ravovadiawithravzykook.jpg

    Le rav Tzvi Yehouda Kook entre le rav Ovadia Yossef et le rav Neriah



    Lire la suite

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu