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  • De la compassion à l’égard des Juifs de la Shoah à la rage contre les Juifs de Tsahal

    Vladimir Zeev Jabotinsky redécouvert, par Fabrice Hadjadj

    Fondateur de la Légion juive et inventeur de la dimension militaire du sionisme, Jabotinsky a cristallisé la haine de nombreux ennemis du peuple Juif et celle de ses adversaires au sein du mouvement sioniste. Dans cette recension parue dans la revue Artpress, F. Hadjadj s'interroge sur les raisons de l'amour pour le Juif transi, concomitant à la haine pour le Juif qui se défend. Question on ne peut plus actuelle... P.I.L.

    jabotinsky,juifs,betarLe grand scandale, quand il pleut des cordes, c’est un Juif avec un parapluie. Une kippa, à la rigueur, éventuellement un sympathique shtreimel, mais son parapluie sous l’orage serait tout à fait hors de saison. C’est ce qu’explique Max Nordau à Vladimir Jabotinsky en 1915, alors que ce dernier lui explique la nécessité de l’autodéfense contre les pogromes et l’urgence de constituer une Légion Juive pour combattre auprès des Anglais contre les Turcs et « élargir les frontières de l’Europe jusqu’à l’Euphrate » : « Ce sont, mon jeune ami, des paroles logiques ; or la logique est la sagesse des Grecs, que notre peuple abhorre. Le Juif n’apprend pas par des raisonnements rationnels, il apprend par les catastrophes. Il n’achètera pas un parapluie “simplement” parce que les nuages s’amoncellent à l’horizon, il attendra d’être trempé et atteint de pneumonie… »

     

    Le Juif qui se laisse tremper sous la pluie battante, cette image est devenue encore plus forte après la Shoah. N’a-t-il pas été définitivement campé comme la pure victime emblématique de toutes les victimes ? C’est ainsi qu’on l’admire depuis nos salons au coin du feu : désarmé, transi, sans mur ni parapluie… Et c’est ainsi que notre philosémitisme se métamorphose en antisémitisme. Certes, nous ne voulons plus le contraindre à se convertir en masse au christianisme ; mais nous aimerions bien le forcer à être toujours christique, ne tirant jamais le glaive, offrant à l’ennemi une gorge d’agneau. Imaginez un seul instant que la « pure victime » ait l’audace de prendre les armes et de se protéger contre l’orage, cela ne colle plus du tout. Imaginez que cet écrasé des nations cherche à défendre une terre (promise) – alors que nous sommes aux temps où chacun mène une vie virtuelle et prétend n’habiter nulle part que derrière son écran – quelle arrogance ! quelle infâme régression vers les bas instincts territoriaux ! Et voilà comment notre compassion à l’égard des Juifs de la Shoah se change en rage contre les Juifs de Tsahal. Voilà comment notre amour pour les hassidim du pacifiste Martin Buber devient haine envers les soldats du militariste Jabotinsky…

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  • Théo Klein ou le dandy tragique, Pierre Itshak Lurçat

    Cet article écrit il y a tout juste dix ans n'a rien perdu de son actualité, si j'en juge par la dernière attaque de l'indécrottable Théo Klein contre Richard Prasquier, à propos de l'affaire Al-Dura, complaisamment relayée par Claude Askolovitch dans Le Point. Alors que la guerre fait rage dans le sud d'Israël, le vieil avocat n'a rien de mieux à faire pour occuper ses loisirs que de voler au secours de son ami Enderlin... A lire la prose de Klein, qui déshonora jadis le poste qu'il occupait en acceptant de rencontrer l'architerroriste Arafat, contre la volonté des Juifs de France qu'il était censé représenter, on se dit que le CRIF est mieux dirigé aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque de ce triste sire, qui serait presque comique s'il n'était pas tragique... P.I.L.

     NB Lire aussi sur le phénomène Théo Klein l'article de J.P. Bensimon dans le numéro de la revue Controverses consacré aux Alterjuifs.

    img-theo-klein-big-05.jpgLe ridicule ne tue pas, Théo Klein en est la preuve vivante. A plus de quatre-vingt ans, ce séducteur impénitent aime encore interpeller les jolies femmes dans la rue. C'est du moins ce qu'affirme la journaliste du Figaro, qui lui consacre un long article en dernière page (Le Figaro du 28 janvier 2002). En le lisant, j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un publi-reportage. Vous savez, ces articles publicitaires qui se font passer pour de l'information… Mais lecture faite, il s'avère que Théo Klein n'a rien à vendre. Rien, si ce n'est sa personne. A lire l'article d'Irina de Chikoff, on croirait qu'il est question d'un vieil acteur en retraite, ou d'un chanteur se penchant avec nostalgie sur une longue carrière de music-hall. Ce n'est pourtant qu'un avocat et ancien Président du Crif. La journaliste le décrit avec complaisance, se promenant dans Paris, ou "marchant seul, le long de la mer"… Théo Klein est comparé tour à tour à Swann, le personnage de Proust, puis à un Lord anglais, à un humaniste et enfin à Henri Bergson et Stefan Zweig… Diantre, cet homme là n'est pas n'importe qui! On se demande, en lisant ce panégyrique, ce qui justifie ce ton admiratif. Théo Klein, apprend-on, "lit l'hébreu, mais pense dans la langue de Molière" (lui arrive-t-il aussi de faire de la prose?). A la synagogue, nous révèle l'enquêtrice du Figaro, il "lisait la Torah en suivant chaque mot avec une sorte de sceptre"… Détail qui en dit long sur les ambitions du jeune Théo Klein…

     

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  • Hallal-Casher : le retour du Juif bouc émissaire ? Pierre Itshak Lurçat

    francois_fillon.jpgCe qui frappe de prime abord, dans la récente polémique sur l’abattage rituel juif en France déclenchée par les propos du Premier ministre François Fillon, c’est l’impression d’une formidable régression, d’un retour en arrière, comme si toute l’histoire récente des Juifs de France était mise entre parenthèses pour revenir à un discours ancien et vindicatif, qui voudrait interdire aux Juifs les pratiques les plus fondamentales de leur rite… Le plus choquant est sans doute qu’un tel discours réapparaisse à l’occasion d’une controverse sur la viande Hallal qui ne concerne pas directement les Juifs – et dans le contexte très sensible de la campagne électorale – comme si le Juif se trouvait à nouveau renvoyé à son rôle traditionnel, que l’on croyait aboli depuis des siècles, celui du bouc émissaire…

     

    diner-annuel-du-crif-637x0-3.jpg

    Mais s’agit-il vraiment d’une régression, ou bien plutôt de la fin d’une illusion ? Lors du récent dîner du Crif, nous avons eu en effet l’impression désagréable d’assister à un grand « show » républicain, où tout était réglé comme du papier à musique pour donner l’illusion que tout va bien et que les Juifs n’ont jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui en France… Mais à peine le « show » était terminé que les masques tombaient et que la réalité reprenait ses droits, les Juifs se voyant sommés – aux côtés des musulmans – de mettre fin à leurs pratiques barbares et d’abolir leurs « traditions ancestrales », au nom du progrès de la science et de « l’état de la technologie ».

    Bien entendu, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les Juifs ont toujours été confrontés, en Europe notamment, à des réactions hostiles touchant en particulier à leur culte et l’abattage rituel a souvent suscité des oppositions, quand il n’a pas été purement et simplement interdit, en Suisse par exemple (voir sur ce sujet le beau roman Melnitz, de Charles Lewinsky). En France même, des associations militent depuis des décennies contre l’abattage rituel au nom des « droits des animaux ».

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