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Pourquoi le vote du Brexit est une bonne nouvelle pour Israël, Pierre Lurçat


2091Churchill.jpgDans un petit opuscule écrit en pleine guerre *, alors qu’il se trouve à Londres pour le compte de l’Agence juive, Albert Cohen parle avec empathie de ces Anglais silencieux “qui chérissaient la liberté et la justice parce qu’ils avaient lu le Livre…”. Relisant ces lignes au lendemain du vote du Brexit, on ne peut s’empêcher d’établir un parallèle entre l’Angleterre d’alors - celle de 1940, du Blitz sur Londres et de la résistance acharnée contre le nazisme - et celle d’aujourd’hui qui vient de dire un non retentissant à l’Union européenne.  

La plupart des commentateurs français déplorent le vote anglais et y voient une réaction populiste, lourde de conséquences pour la stabilité et l’avenir du Vieux continent, navire en perdition dont l’Angleterre vient de se séparer, en larguant les amarres qui la rattachaient - de manière sans doute artificielle et contraire à son histoire et à sa volonté profonde - à l’Europe continentale.

 

Mais en tant que Juif, on ne peut qu’être frappé de la concomitance de ce vote avec l’accueil triomphal réservé par l’Union européenne à Bruxelles au dirigeant corrompu de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, reçu comme un chef d’Etat pour prononcer devant un auditoire conquis d’avance un discours de haine contre Israël et le peuple Juif, accusé - comme au Moyen-Age - d’empoisonner les puits, sans qu’aucun député européen n’élève la moindre protestation.

 

Il est évidemment peu probable que les Anglais qui ont rejeté, dans leur grande majorité, l’Union européenne, aient eu à l’esprit l’attitude hostile de l’UE envers Israël lorsqu’ils ont voté, tout comme l’Angleterre de Churchill s’est battue contre Hitler pour ses raisons propres et non par amour des Juifs (même si Churchill lui-même était favorable au mouvement sioniste). Les Anglais qui ont voté le Brexit n’ont pas seulement rejeté une Europe devenue synonyme de bureaucratie et de réglementations abusives. Ils ont aussi voulu renouer avec leur histoire millénaire, étrangère au rêve européen, essentiellement franco-allemand.

 

L’Union européenne actuelle, qui est devenue un acteur hostile à Israël sur la scène internationale, a peu à voir avec le projet né au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Elle ressemble plus à l’Eurabia - entité politique décrite par Bat Ye’or, gagnée par l’idéologie palestiniste et par le rejet de ses racines judéo-chrétiennes - qu’à l’Europe pacifiée promise par Jean Monnet. Dans ces circonstances, on peut légitimement considérer que le vote anglais est une bonne nouvelle pour Israël.

 

Bat Ye'or Eurabia.jpg

Tout d’abord, comme le rappelle le député israélien Motti Yogev, parce qu’une Union européenne amoindrie et rendue plus modeste sera moins dangereuse pour Israël (« Cette Union européenne qui applaudit les discours d’Abou Mazen lorsqu’il calomnie Israël va devoir désormais s’occuper d’elle même et de ses nombreux problèmes au lieu de passer son temps à faire pression sur Israël”).

 

La réalité est que l’UE ne se contente pas d’applaudir les discours haineux de Mahmoud Abbas-Abou Mazen : c’est dans une large mesure elle qui les écrit et les finance! Comme l’a en effet révélé le site Palwatch, la calomnie moyen-âgeuse selon laquelle Israël empoisonnerait l’eau des Palestiniens n’est pas une invention d’Abbas : elle a été diffusée par une ONG israélienne anti-sioniste, “Breaking The Silence”, financée par l’UE dans le but avoué de calomnier l’armée israélienne et ses soldats**.

 

C’est donc l’argent de l’UE qui finance les calomnies antisémites répandues par cette ONG et repris à son compte par Mahmoud Abbas, selon un mécanisme bien huilé qui fonctionne depuis de nombreuses années. Même si le pronostic optimiste de Yogev s’avérait erroné et que l’Union européenne sans les Anglais poursuivait dans sa politique anti-israélienne, le Brexit aura néanmoins pour conséquence positive que l’Angleterre, délivrée des contraintes imposées par Bruxelles, pourra incarner une voix politique indépendante, qui sera probablement plus favorable à Israël que celle de l’UE propalestinienne.

 

Brexit, Union européenne, ChurchillDemain, d’autres pays européens, inspirés par l’exemple anglais, se libèreront à leur tour des chaînes de l’UE et deviendront peut-être des alliés d’Israël. Car l’Europe des nations, contrairement à ce que veulent faire croire les idéologues de la gauche européenne, n’est pas l’ennemie d’Israël. Elle a vocation, bien au contraire, à devenir la meilleure alliée du mouvement national juif, qui s’est inspiré à ses débuts des mouvements de libération nationale européens (ainsi, le dirigeant sioniste Jabotinsky était un admirateur de Mazzini et de Garibaldi).

 

L’Europe, libérée d’Eurabia, pourrait ainsi donner raison à Albert Cohen, qui écrivait en pleine Deuxième Guerre mondiale : “Enchaînés d’Europe, dites Hosannah avec nous. Demain, vos liens tomberont et le jour de bonté luira. Et vous, cloches, voix gentilles, voix lourdes, voix pieuses, portez vers le futur le nom de Churchill d’Angleterre”.

 

* Albert Cohen, Churchill d’Angleterre, éditions Lieu commun.

** http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=18211

 © Pierre Lurçat pour UPJF.ORG

 

Commentaires

  • https://m.youtube.com/watch?v=fc4tedQZECY

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